133 – Espace d’expression de F.J.

J’ouvre ce billet pour laisser un espace d’expression à la pensée fumeuse de François Jéru qui pourra peut être ainsi, au terme d’interminables pages clownesques, nous donner son opinion de qui ou quoi est à l’origine de la monnaie, celle qu’utilisent entre elles les banques centrales et celle qu’utilisent entre eux entreprises ou ménages,  qui sont dénommés dans toute la littérature « agents non bancaires », et par la même occasion comment font les banques pour remplacer les crédits qui arrivent à échéance, de telle manière que la masse monétaire puisse continuer à seulement exister 😉

Les clowns sont bien ici pour nous faire rire, non ?

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132 – La théorie quantitative de la monnaie

Extraits wikipédia

La théorie quantitative de la monnaie est une théorie économique fondée sur la relation de causalité entre la quantité de monnaie en circulation et le niveau général des prix. Cette théorie a été développée par différents auteurs dans différents pays. Les théories monétaires s’opposent sur le rôle de la monnaie dans l’économie. Les classiques et néoclassiques considèrent que la monnaie est neutre, les keynésiens affirment que la monnaie est active et qu’elle peut être utilisée pour améliorer les performances économiques, et les monétaristes pensent que la monnaie est active, mais que son utilisation est surtout nocive à l’économie.

MV = PT

Selon les monétaristes, la vitesse de circulation de la monnaie (V) est constante. De même pour le niveau de production (T) qui est supposé constant du fait de la situation de plein-emploi des facteurs de production dans l’économie. Selon ces deux hypothèses, toute augmentation de la quantité de monnaie (M) entraîne une augmentation des prix (P). Cela amène les monétaristes à penser que l’inflation n’est qu’un phénomène purement monétaire. S’il y a de l’inflation dans une économie, elle ne peut être due qu’à une création monétaire excessive par rapport au niveau de production du pays. La monnaie ne serait qu’un voile, c’est-à-dire que la sphère réelle de l’économie serait séparée de la sphère monétaire. La monnaie n’aurait aucun effet sur le niveau de production d’une économie (dichotomie classique).

Extraits du livre de Dominique Plihon « La monnaie et ses mécanismes »

La théorie quantitative de la monnaie (TQM) explique la hausse des prix par une émission excessive de monnaie par rapport à la production.

Soit M la masse monétaire, P les prix, T les quantités échangées pendant l’année et V la vitesse de circulation de la monnaie (nombre de paiements que chaque unité monétaire effectue en moyenne pendant l’année).

L’équation des échanges MV = PT, énoncée par l’économiste américain Fisher (1867-1947), est une évidence comptable : par définition, la valeur des transactions (c’est-à-dire les prix P multipliés par les quantités T, autrement dit une grandeur qui évolue comme la valeur de la production) est égale à la quantité d’unités monétaires (M, la masse monétaire) multipliée par le nombre moyen de paiements effectués par chaque unité.

La théorie quantitative soutient que :

–  T est exogène (T ne peut atteindre qu’un seul niveau parce que les « lois du marché » sont censées garantir le plein emploi des ressources, notamment du travail) ;

–  V est exogène (dépend des habitudes et des institutions) ;

– dans ces conditions, le niveau de M détermine le niveau des prix P et, si M augmente (par exemple, par suite de la création monétaire des banques), P augmente dans les mêmes proportions.

En conséquence, le niveau général des prix dépend directement et uniquement de la masse monétaire. Pour contrôler l’inflation, il suffit que la banque centrale contrôle l’évolution de la masse monétaire.

Selon la théorie quantitative, la monnaie est neutre : elle n’agit pas sur le niveau de la production et des échanges. Cette théorie correspond à une conception dichotomique de l’économie (séparation des phénomènes réels et des phénomènes monétaires).

Mais en fait la monnaie n’est pas neutre

On peut représenter la circulation de la monnaie dans l’économie par un schéma, comprenant trois pôles (les trois agents principaux : banques, entreprises, ménages) et six flux décrivant les opérations économiques de base qui se déroulent en deux périodes :

– première période (flèches rouges) : les entreprises cherchent à produire ; pour atteindre cet objectif, elles doivent résoudre un problème lié à un décalage inévitable entre leurs dépenses et leurs recettes : il leur faut obtenir des ressources pour engager la production (embaucher des travailleurs) avant de disposer des recettes liées à la vente de leur produit. Le rôle des banques est de prêter (1) aux entreprises pour leur permettre de combler ce décalage entre recettes et dépenses ; puis les entreprises vont payer les salaires (2) aux travailleurs ; enfin, ces derniers laissent leurs revenus en dépôt auprès des banques (3);

– deuxième période (flèches bleues) : les ménages utilisent leurs dépôts bancaires comme moyens de paiement (4) pour acheter des biens de consommation auprès des entreprises (5) ; ces dernières utilisent ces ressources pour rembourser leurs emprunts (6) auprès des banques.

Le circuit monétaire est bien bouclé : la création monétaire initiale, nécessaire pour amorcer le démarrage du circuit économique par la production des entreprises, se traduit in fine par une destruction de la monnaie créée au départ.

Plusieurs conclusions se dégagent de cette analyse en termes de circulation de la monnaie:

– Les banques ont une double fonction essentielle dans l’économie : d’une part, elles financent les agents économiques, et d’autre part, elles gèrent les moyens de paiement. Ces deux fonctions sont simultanées et indissociables, comme l’illustre le célèbre adage selon lequel «les crédits font les dépôts».

– Lorsqu’une banque accorde un crédit à une entreprise, cette opération se traduit immédiatement par deux écritures au bilan de la banque : le prêt accordé apparaît à l’actif, et le montant des liquidités ainsi créées figure au passif de la banque car elles constituent un dépôt dans cette banque sur le compte de l’entreprise emprunteuse ;

– La création monétaire est le privilège des banques : celles-ci créent de la monnaie en «monétisant» leurs créances et en émettant des dettes qui ont la particularité d’être acceptées comme moyens de paiement. La plupart du temps, les créances bancaires correspondent à des crédits : il s’agit de la monnaie de crédit, créée ex nihilo par les banques à l’occasion de leurs prêts.

– La monétisation de leurs créances par les banques ne se limite pas aux crédits bancaires, mais peut également concerner des créances détenues par les banques sous forme de titres financiers (actions, obligations). L’évolution de la masse monétaire résulte du décalage entre la création et la destruction de monnaie lié aux opérations de prêt et de remboursement (de même que la population évolue en fonction de la différence entre naissances et décès).

– Dans une économie en croissance, dépenses et recettes des agents économiques progressent ainsi que leurs besoins de financement, ce qui amène une augmentation de la monnaie de crédit, les nouveaux crédits étant supérieurs aux anciens crédits venant à échéance ;

– La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l’économie : elles sont endogènes l’économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l’offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises). La création monétaire est déterminée par le niveau de l’activité économique. Par leurs prêts, les banques permettent aux entreprises d’anticiper sur leurs revenus à venir. Elles partagent de ce fait les risques pris par les entreprises et qui sont liés à l’incertitude du futur. Les banques et la création monétaire jouent donc un rôle actif dans le développement de l’activité économique : la monnaie n’est pas neutre.

Cette conception de la monnaie et de son rôle dans l’économie est à l’opposé de celle défendue par la théorie quantitative de la monnaie

 

Comme l’écrit Jean Bayard

Mais, enfin, où est l’inflation aujourd’hui dans nos pays dits « civilisés » ? Les banques centrales n’ont jamais déversé autant de monnaie, fabriqué ex-nihilo, pour une inflation et des taux d’intérêt voisins de zéro. Elles ne maîtrisent rien du tout, cela devrait se voir tellement ça crève les yeux. Mais, elles font semblant et ça marche.

Qu’il soit le fait de causes naturelles ou artificielles : tout déséquilibre macroéconomique pouvant exister entre l’offre et la demande est la seule cause d’inflation des prix par l’inflation monétaire.

Par déséquilibre entre l’offre et la demande, il faut entendre déséquilibre entre les moyens de production de l’offre et les moyens financiers de la demande.

En fait, la masse monétaire n’a aucune incidence sur les prix dès lors que l’offre et la demande sont équilibrées, c’est-à-dire quand l’offre fournit la demande. Ce qui est le cas dans nos pays industrialisés où la structure et l’outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante et où l’ajustement entre les quantités demandées et les quantités offertes est rapide sinon quasi-instantané (produits agricoles et matières premières exceptés), en raison de l’existence même de puissants moyens de production et d’habitudes de consommation bien connues et maîtrisées.

Et puis, de quelle masse monétaire s’agit-il ? Là, règne la plus grande incertitude. On sait ce que vaut l’agrégat M3 en tant qu’indicateur, servant de référence et de base à l’objectif chiffré de l’inflation et de la croissance, alors qu’il n’existe aucune corrélation entre eux.

La structure et l’outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante. Les systèmes modernes de perception du marché (études de marché, enquêtes de comportement, etc..) n’y sont pas étrangers.

C’est la rareté d’un produit qui fait son prix. La théorie semble l’oublier.

Dans nos sociétés modernes, la véritable cause de la hausse des prix se trouve plus simplement dans l’attitude des entrepreneurs n’hésitant pas à modifier, qui les tarifs, qui les pancartes, qui les étiquettes pour faire leur profit et améliorer leur pouvoir d’achat. Il s’agit-là pour eux de l’une des deux voies qui conduisent au profit, sans doute la plus directe, la seconde étant la réduction des coûts.

Quel que soit l’environnement économique, que l’offre et la demande soient ou non équilibrées, le comportement de l’entrepreneur est la seule cause d’inflation des prix, en l’absence d’inflation monétaire. Et dans nos pays industrialisés, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus d’inflation monétaire. Voilà résumé tout ce que la théorie monétariste de l’inflation est incapable de traduire parce qu’elle ne prend pas en compte la réalité.

Il s’est trouvé par le passé et il se trouve encore des situations économiques critiques dans lesquelles l’émission inconsidérée de signes monétaires produit, à coup sûr, la hausse des prix. Ce n’est pas une raison suffisante pour en faire une règle absolue.

 

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131 – Coût du logement

Encore une fois, un schéma vaut mieux qu’un long discours…

Il n’y a peut être pas d’inflation des biens de consommation, mais on ne peut dire la même chose des actifs immobiliers, sans doute du en partie au déficit de 900 000 logements

 

 

Le coût du logement, rapporté aux revenus des ménages est excessif: le prochain président devra prendre ce problème très au sérieux.

Que faire d’après vous ?

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130 – Quatre articles de J.Sapir

Sont retranscrit ici 4 articles de Jacques Sapir parus sur ces jours derniers sur Marianne 2

Ils méritent une lecture suivie tant ils sont complémentaires les uns les autres.

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1 – Marché, monnaie, commerce, la France a été naïve

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

Cette volonté collective est même absente au sein de l’Europe, qui aujourd’hui meurt de la transposition à 27 pays du cadre imaginé pour en gérer 5 à 10, et où il faut constater la montée des égoïsmes nationaux, et en premier lieu celui de l’égoïsme allemand.

L’Europe est d’ailleurs moins une solution qu’une partie du problème. D’après les discours tenus par ses thuriféraires, elle est censée nous protéger de la globalisation. Elle a été au contraire un puissant vecteur de la globalisation, qu’il s’agisse de la globalisation marchande ou de la globalisation financière. Aujourd’hui, on peut démontrer que l’Euro a, en raison de son mode actuel de fonctionnement et d’organisation, accéléré la contamination des banques européennes par les produits dits « toxiques » en provenance du marché américain. C’est bien par la dépression relative engendrée par l’Euro, combinée avec la règle de l’ouverture et le primat de la concurrence qui règne sur l’Europe, que les banques européennes ont été poussées à prendre, directement ou indirectement, de grandes quantités de ces titres. Bien entendu, si l’on avait suivi une politique différente, si la zone Euro avait adopté une politique monétaire favorisant une forte croissance et si l’on avait introduit aux frontières de cette zone les contrôles de capitaux nécessaires, le bilan que l’on pourrait tirer de ces dernières années pourrait être différent. Mais il n’en a rien été et il est trop tard pour le regretter.

Si la coopération et la coordination des politiques peuvent être avantageuses, encore faut-il que cette coopération et cette coordination soient au service d’un objectif commun. Dès lors nous voyons le dilemme dans lequel se trouve notre pays. S’il persiste dans la voie qu’il s’est fixée depuis le début des années quatre-vingt, il va clairement à la ruine. Peut-il tout seul espérer rompre avec ces politiques ? Et peut-il espérer convaincre ses partenaires de changer de politique ?

On oppose alors l’action unilatérale à l’action concertée. Mais, c’est un magnifique contre-sens, produit tant par une pression idéologique qui veut nous faire abaisser notre pays et magnifier les autres (comme en témoignent les discours sur le « mal » ou le « retard » français), que par l’abandon ou l’absence de toute réflexion logique. Il faut ici le réaffirmer : action unilatérale et action concertée sont au contraire profondément liées. L’action concertée démultiplie les effets de l’action unilatérale, et cette dernière permet de dépasser les blocages qui surgissent dans l’action concertée en imposant des modifications de contextes, et donc de priorités, aux autres décideurs.

Ainsi, c’est en articulant les deux, en les plaçant au service d’objectifs ambitieux, que l’on pourra trouver la solution à la crise, à la fois économique, mais aussi politique et en fin de compte morale que nous connaissons.

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129 – Les mesures des « économistes atterrés »…

Voici les mesures préconisées (ça vaut Jorion, non ? ;) ) dans le « Manifeste d’économistes atterrés » que vous trouverez en intégralité sur le site de l’AFEP

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Mesure n°1: cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs

Mesure n°2: Réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières

Mesure n°3: limiter les transactions financières à celles répondant aux besoins de l’économie réelle (ex.: CDS uniquement pour les détenteurs des titres assurés, etc.)

Mesure n°4 : plafonner la rémunération des traders

Mesure n°5: renforcer significativement les contre-pouvoirs dans les entreprises pour obliger les directions à prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes

Mesure n°6: accroître fortement l’imposition des très hauts revenus pour décourager la course aux rendements insoutenables

Mesure n°7: réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers, en développant une politique publique du crédit (taux préférentiels pour les activités prioritaires au plan social et environnemental)

Mesure n°8: les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser arbitrairement sur les taux d’intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d’un État : on devrait réglementer leur activité en exigeant que cette note résulte d’un calcul économique transparent.

Mesure n°8bis : affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publiques par la BCE.

Mesure n° 9: Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus.

Mesure n°10: Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage, logement…) ;

Mesure n°11: accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche, d’investissements dans la reconversion écologique… pour mettre en place les conditions d’une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.

Mesure n°12: redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…)

Mesure n°13: supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi

Mesure n°14: autoriser la Banque centrale européenne à financer directement les États (ou à imposer aux banques commerciales de souscrire à l’émission d’obligations publiques) à bas taux d’intérêt, desserrant ainsi le carcan dans lequel les marchés financiers les étreignent

Mesure n°15: si nécessaire, restructurer la dette publique, par exemple en plafonnant le service de la dette publique à un certain % du PIB, et en opérant une discrimination entre les créanciers selon le volume des titres qu’ils détiennent: les très gros rentiers (particuliers ou institutions) doivent consentir un allongement sensible du profil de la dette, voire des annulations partielles ou totales. Il faut aussi renégocier les taux d’intérêt exorbitants des titres émis par les pays en difficulté depuis la crise.

Mesure n°16: remettre en cause la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’Union européenne et le reste du monde, en négociant des accords multilatéraux ou bilatéraux si nécessaire

Mesure n°17: au lieu de la politique de concurrence, faire de « l’harmonisation dans le progrès » le fil directeur de la construction européenne. Mettre en place des objectifs communs à portée contraignante en matière de progrès social comme en matière macroéconomique (des GOPS, grandes orientations de politique sociale)

Mesure n°18: assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens

Mesure n°19 : compenser les déséquilibres de paiements en Europe par une Banque de Règlements (organisant les prêts entre pays européens)

Mesure n°20: si la crise de l’euro mène à son éclatement, et en attendant la montée en régime du budget européen (cf. infra), établir un régime monétaire intraeuropéen (monnaie commune de type « bancor ») qui organise la résorption des déséquilibres des balances commerciales au sein de l’Europe

Mesure n°21: développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices, …) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres sur la base des meilleures pratiques.

Mesure n°22: lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux d’intérêt faible mais garanti, et/ou par création monétaire de la BCE, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.

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128 – B.Lemaire: A la recherche du bien public …

Bien public, bien public : cela devrait être ‘commun’ de s’y intéresser, puisqu’il en va de notre vie en société, et pourtant …

En fait, tout se passe comme si les débats de société, sur ce que pourraient être, devraient être les biens mis à la disposition de tous – les biens communs – sont de plus en plus gommés par des oppositions frontales de type dilemme du prisonnier : un accord des deux partis, ou parties, en présence, s’il rapporte plus à chacun qu’un refus de chacun, est moins intéressant pour la partie qui cède que pour la partie qui s’arcboute sur ses positions. C’est vrai pour la question des retraites, ce peut l’être aussi pour la question sécuritaire, cela aurait pu l’être sur la question du refinancement des banques.

Quelques définitions :

Rappelons tout d’abord que nous devons à Samuelson la notion de bien public : c’est un bien ou un service dont l’utilisation est non-rivale et non-exclusive (cf http://www.senat.fr/rap/r03-233/r03-23319.html ou http://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_public )

Comme exemple de bien public, on peut prendre celui de l’éclairage d’une rue, c’est un bien « public », au moins pour les habitants de la rue (quoique certains habitants puissent ne pas le voir comme un bien : les ‘malfrats’, voire les aveugles). C’est non-exclusif (tous les passants de cette rue y ont accès), ce n’est pas un bien rival : si Dupont y a accès, Martin y a accès aussi. Les « services » ou les biens « immatériels » semblent plus facile à définir comme biens publics que les produits matériels, en particulier du fait du caractère « non rival ».

Par ailleurs, ce qui intéresse, ou devrait intéresser tous ceux qui se préoccupent – ou disent se préoccuper – du bien-être matériel et moral de leurs concitoyens est un concept assez différent, à savoir celui de bien commun, ou ‘bonus communis’.

Il s’agit en fait de déterminer, pour une société ou une communauté donnée, ce dont chacun devrait pouvoir disposer (mais pas nécessairement gratuitement, du fait de ce que l’on a appelé la « tragédie des biens communs », thèse selon laquelle tout bien gratuit qui serait en quantité limitée – l’eau potable par exemple – serait gaspillé). Parmi quelques exemples de biens communs, on peut citer l’éducation, la sécurité, la santé, voire l’énergie, .. biens communs qui sont hélas souvent des biens rivaux, de fait de la limitation des ressources disponibles, limitation qui interdit de les considérer comme des « biens publics ».

De l’accès aux biens communs :

D’où la question éminemment politique de l’accès à ces biens communs : ainsi, décréter que l’accès à la santé, ou à l’éducation, doit être gratuit ne peut se concevoir que si, par ailleurs, on a défini la façon de financer ‘collectivement’ cet accès individuel à la santé et à l’éducation.

Et c’est ici que nous retrouvons la lutte « a-sociale » que se livrent depuis des décennies les « forces vives » de la nation, ce que j’ai dénommé plus tôt le dilemme du prisonnier, et que l’on peut schématiser ainsi. Il concerne deux forces ou parties, en présence (ce peut être l’UMP et le PS, le gouvernement et les syndicats). Pour simplifier, considérons que les deux évènements (notés ‘accord/désaccord’, ce pourrait être ‘paix/conflit’ ou deux autres évènements antagonistes) qui peuvent se produire simultanément – d’où 4 possibilités : (accord, accord), (accord, désaccord), (désaccord, accord), (désaccord, désaccord) -s’accompagnent des ‘récompenses’ suivantes (ce peut être du prestige, du pouvoir, une réélection possible, voire des rémunérations financières) : (5,5), (0,8), (8,0), (2,2).

Dit autrement, le meilleur résultat ‘collectif’ – de valeur 10 – serait (accord, accord), mais, d’un point de vue individuel, si l’un cède et pas l’autre, c’est celui qui ne cède pas (accord, désaccord) ou (désaccord, accord) qui s’en sort le mieux – avec une valeur de 8 : le pire, bien sûr, c’est quand personne ne cède – d’où une valeur de 4. Dans le cas des retraites, ce peut être le statu quo, et une réforme pourtant indispensable http://www.contre-feux.com/debats/economied/retraites-probleme-economique-ou-societal/retraites-la-solution-est-plus-societale-queconomique.php – sous une forme qui reste à déterminer (cf aussi : http://tolerance.solidairesdumonde.org/archive/2009/04/28/du-bien-commun-au-bien-public-en-2025.html) – renvoyée aux calendes grecques, à une « après élections » : 2012, 2022, 2030 ?

La véritable richesse : celle d’hommes éduqués et informés :

Les médias font leur travail, ou ce qu’ils pensent être leur travail : ils « informent » sur les dessous de ces luttes sinon fratricides, du moins co-citoyennes, en « notant » les récompenses obtenues dans ce jeu à somme sous-optimale : « moins 2 pour le gouvernement » « plus 3 pour les syndicats ».

Mais ils ne font pas grand-chose pour véritablement « éduquer » leurs lecteurs ou auditeurs, en oubliant le plus souvent de parler des véritables enjeux de société, qui ne sont ni la victoire de l’UMP, ni celle du PS. Ce sont pourtant des hommes, à la fois éduqués et (bien) informés, qui forment la véritable richesse d’un pays, pas des spectateurs plus ou moins passifs qui se contentent d’applaudir aux coups bas donnés entre les divers protagonistes censés travailler au bien être et au ‘progrès’ collectifs.

Il est certain que si nous avions des Socrate à la tête de nos différents partis et représentations syndicales, la question des retraites aurait été réglée depuis longtemps, et la question des déficits publics serait sûrement abordée bien différemment.

Mais le monde étant ce qu’il est – en particulier en France – comment faire en sorte que nos dirigeants politiques ou syndicaux pensent davantage aux biens communs, voire aux biens publics, et à leurs concitoyens qu’aux prochaines échéances électorales ? Comment remettre à l’ordre du jour le fait que nos leaders devraient être irréprochables, tels la femme de César ?

Peut-on sauver la res publica ?

Une première piste pourrait être de s’inspirer de l’exemple anglais, qui évite, ou tente d’éviter, les confusions de genre entre le public et le privé, ainsi que les conflits d’intérêts et les abus de biens sociaux. Ainsi, un fonctionnaire anglais ne peut se présenter à la députation s’il n’a pas démissionné de sa fonction pour éviter toute tentation d’être à la fois juge et parti. En France, il est simplement mis en disponibilité, mais ses ‘droits à l’avancement’ ne sont pas diminués, bien au contraire.

Eviter tout cumul de mandats serait aussi une bonne chose, et empêcher qu’un ministre retrouve quasi automatiquement son siège éventuel d’élu pourrait être aussi envisagé.

Mais une solution plus radicale pourrait être l’engagement désintéressé de ne pas se présenter à l’élection suivant un « grand débat de société » pour les personnes engagées dans le débat, pour s’assurer de la sincérité de leurs prises de position. Ainsi, sur la question des retraites, tous ceux qui ont des positions radicales, dans un sens ou dans l’autre, N. Sarkozy d’un côté, F. Hollande ou M. Aubry de l’autre devraient annoncer ne pas se présenter en 2012 aux élections présidentielles. On peut toujours rêver …

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126 – bilans, actifs et passifs

Qu’est ce qu’un bilan (principe général) ?

Un bilan comptable est un document qui synthétise ce que l’entreprise possède (terrains, immeubles… : l’actif) et l’ensemble de ses ressources (capital, réserve, crédits… : le passif) à un moment donné.

Imaginons un individu curieux de faire le bilan de son patrimoine. Il peut se dire en toute vérité:
Mon patrimoine = ce dont je dispose + ce que l’on me doit – ce que je dois
soit PATRIMOINE = AVOIRS + CRÉANCES – DETTES.
ou encore AVOIRS + CRÉANCES = DETTES + PATRIMOINE.
soir en langage comptable ACTIF = PASSIF

En clôture du bilan (fin d’année), les bénéfices (affublés du signe « plus ») ou les pertes (avec le signe « moins » ) sont portées au passif du bilan

Ressources (financières) = Passif = Droite du Bilan
Emplois (physiques ou virtuels: exemple du know how) = Actif = Gauche du Bilan

RETENIR que dans un bilan de banque, les créances, c’est à dire les dettes des clients de la banque envers elle, sont à l’actif, et les « dépôts » (de la clientèle; dépôts à vue ou dépôts à terme) sont au passif, de même que le « capital » (c’est une dette de la personne morale « banque » envers ses actionnaires).

À l’origine, le bilan de cette banque est vide:

Actif
(Les dettes à la banque) Ce que les banquiers appellent « les emplois »
Passif
(Les dettes de la banque) Ce que les banquiers appellent  » les ressources »
0 0

Lorsqu’une banque émets de la monnaie (« sa monnaie » scripturale) par un prêt, elle porte à l’actif le montant de la créance (qui est en principe représentée par une ou des garanties que lui offre l’emprunteur) et au passif, en compte courant au nom de l’emprunteur, le montant correspondant. A partir de cet instant, l’emprunteur pourra utiliser cette monnaie comme il le souhaite (payer ses fournisseurs, retirer des espèces), faisant ainsi varier le poste passif de la banque et l’obligeant éventuellement à se « refinancer » auprès de la banque centrale..

Admettons que cette banque accepte la demande d’un client (Mr X) emprunteur de lui fournir 100000 € en échange d’une créance (créance garantie par exemple par une hypothèque ou une assurance) comprenant l’obligation de rembourser aussi les intérêts…

Le bilan de cette banque devient:

Actif
(Les dettes à la banque)
Passif
(Les dettes de la banque)
100000 €
(créance de Mr X)
100000 €,
(nouveau montant du compte courant de Mr X)

… à partir de cet instant, Mr X pourra se servir de son compte courant comme il lui plait (payer des fournisseurs, effectuer des virement, retirer des espèces, ou même rembourser une partie de son prêt, sans oublier les intérêts…)
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Bilans consolidés

Les dimensions des zones ne sont pas significatives de la réalité des volumes

(cliquez sur l’image pour accéder à une image de meilleure qualité, ou ce lien : http://monnaie.wikispaces.com/file/view/bilans-consolides.gif/75804367/bilans-consolides.gif )

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125 – B. Lemaire: Retraite(s), une question societale

Retraite(s), une question sociétale s’il en est

Quelques préliminaires tout d’abord:

1 – la question des retraites est un vrai problème, mais abordé de très mauvaise manière, car, pour moi, il fait partie d’un problème bien plus vaste, vieux sinon comme les débuts de l’économie politique, du moins vieux de deux siècles, en prenant D. Ricardo comme le représentant le plus avisé et le plus connu de cette « économie politique »

2 –  la question des retraites, d’après moi, est à relier au problème « de base » de la production et de la répartition des richesses produites.

3 –  la seule « nouveauté », si l’on peut dire, qui fait qu’on s’intéresse de plus en plus à la question des retraites c’est – lapalissade s’il en fut – que, au moins dans les pays dits développés, l’allongement de la durée de vie est un phénomène majeur (ainsi que la question de la dénatalité dans ces m^mes pays)

Après ces préliminaires, à quelle question faut-il donc s’attaquer (sans mettre la charrue avant les boeufs, et sans proposer telle ou telle solution avant l’analyse du problème)

De fait, si l’on propose l’allongement de la durée du travail comme seule solution (c’est peut être le cas, mais cela ne peut se décréter ainsi), c’est un peu comme si l’on disait que la seule solution était de noyer tous les vieux, dont l’espérance de vie devient un problème, voire de pendre tous ceux qui n’ont plus de contribution « réelle » à la production (pas simple de définir une contribution « réelle », c’est plus simple la solution imaginée par Asimov dans « cailloux dans le ciel »).

Je force le trait: pas forcément. Bien sûr, il n’est pas politiquement correct de s’en prendre aux vieux (qu’on met parfois dans des mouroirs, faute de familles ou de revenus suffisants pour s’en occuper), surtout qu’ils votent encore (ce n’est pas le cas des embryons, et il est donc plus facile de s’en débarasser, pour s’attaquer à la question, elle aussi très sérieuse, de la misère dans le monde causée, partiellement, par la surpopulation)

Revenons donc à notre analyse de base, consistant à dire que la question des retraites est « simplement » un problème sociétal, un problème socio-économique.

Il s’agit de répartir « au mieux » la richesse produite, sachant, hélas, que la production n’est pas indépendante de la répartition (sinon, il suffirait de « nationaliser » la production, puis de « nationaliser » la répartition).

Question 1:

l’allongement de la durée de travail va t-elle augmenter la production de richesses. Pas évident que ce soit la seule solution, voire une solution, vu la situation de chômage actuel

Question 2:

les « vieux » qui seraient ainsi remis au travail sont-ils plus productifs, dans l’absolu, que les jeunes qui ne trouvent pas de travail, ou qui sont déjà au travail dans l’entreprise. DAns le contexte français actuel, un « vieux » au travail coûte plus cher qu’un jeune: est-il plus « productif »? Cela dépend, bien sûr. Mais il est plus simple, et plus rentable, pour une entreprise, de mettre à la retraite un « vieux » qui rapporte – peut être – moins qu’il ne coûte que de continuer à le payer. L’augmentation à l’ancienneté, m^me si elle est faible, n’a jamais vraiment été remise en question, alors que ce pourrait, peut être, être une autre solution que la retraite ou la préretraite.

4 –  Mais la véritable question est celle-ci. La France, ou tout autre pays développé dans lequel la question des retraites se pose avec de plus en plus dacuité, est-elle prête à repenser entièrement la question de base : production-répartition-consommation, en sachant qu’un tel équiilibre demanderait aux « forces vives de la nation » beaucoup de courage et d’abnégation – politiciens, syndicalistes, entrepreneurs… – pour poser le vrai problème. Que faut-il produire, comment le produire, comment l’attribuer, dans quelles conditions.

La question de la retraite, qu’il est quasi impossible d’occulter peut être une grande chance pour l’humanité, comme la question des changements climatiques ou celle de la pollution. Le bon sens montre que c’est une question à prendre globalement. Sera t-on assez suicidaire pour s’y refuser encore, ou pour rester dans nos vieilles querelles idéologiques, en se rangeant chacun derrière une bannière ou des slogans éculés: « travailler davantage » « faire payer les riches » « je fais ce que je veux quand je veux où je veux » « vive le prolétariat » « sauvons les banques » …

Bien à vous, Bruno.

PS. j’avais commencé à parler de cette question dans contre-feux.com il i a deux ans, mais, apparemment, je n’ai plus accès à ce site (ayant égaré mon mot de passe, raison officielle, et n’arrivant pas à en obtenir un nouveau), en dépit du fait que des questions m’y ont été posées – je n’ai donc pu y répondre.

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124 – Bilan de la BCE

Il faut noter que la BCE inclue dans son bilan 8% des billets en circulations, les BCN se partageant le solde au prorata de leurs parts dans le Système Européen des Banques Centrales (SEBC)

Actif BCE 2009

Actif BCE 2009

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passif BCE 2009

Passif BCE 2009

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Compte de résultat BCE 2009

Compte de résultat BCE 2009

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123 – Condition de l’homme moderne (Hannah Arendt)

A la demande générale 😉

Copie d’un article Wikipédia

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Condition de l’homme moderne (titre original The Human Condition) est un ouvrage d’Hannah Arendt paru en 1958.

Hannah Arendt y étudie la vita activa (titre initialement prévu pour ce livre et qui fut ensuite choisi pour l’édition allemande) pour elle-même, indépendamment de la vita contemplativa : cela l’amène à rétablir la hiérarchie parmi les différentes activités de la vita activa, et plus précisément à réaffirmer la priorité de l’action sur le travail et l’œuvre. Cette affirmation du rôle primordial de l’action vise à redonner aux hommes le souci de laisser une trace dans le monde au-delà de leur propre mort, à sauver de l’oubli la quête de l’immortalité. Autrement dit, Hannah Arendt redonne dans ce livre tout son sens à l’action politique en s’appuyant sur une pensée conceptuelle précise de la condition humaine et en particulier de la question philosophique par excellence, le rapport à la mort.

Le livre est composé de deux parties. Une étude systématique, assise sur la distinction conceptuelle entre le domaine public et le domaine privé, permet de préciser la signification politique des trois principales activités de la vita activa, le travail, l’œuvre et l’action ; leur rôle quant à la quête d’immortalité. Puis une étude historique, assise sur la présentation les deux événements de l’époque moderne que sont le progrès scientifique et la sécularisation, qui permet de comprendre « ce que nous sommes en train de faire » à la condition humaine : la menace de l’inertie totale, de la disparition progressive de toute action, rend particulièrement important pour l’avenir de l’homme de sauver de l’oubli la quête de l’immortalité.

Prologue

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122 – Hors sujet

Pour poursuivre vos discussions diverses et variées… 🙂

(si vous pouviez commencer à résumer vos diverses positions, ce serait bien pour s’y retrouver…)

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121 – A-J Holbecq: populations soutenables

Parce qu’il y a un lien tout à fait évident avec l’économie…

A partir d’aujourd’hui, le monde vit à crédit

Comment sensibiliser le public aux enjeux environnementaux cruciaux sans passer pour l’éternel rabat-joie de service ? C’est la question que se posent quotidiennement les écologistes. L’une des solutions : simplifier la complexité des problèmes en diffusant un message de communication global et percutant.

C’est le but du “Jour du dépassement” (Earth Overshoot Day), qui tombe cette année ce samedi 21 août. Calculé tous les ans par l’ONG Global Footprint Network, il a pour but de déterminer le moment où l’humanité vit à crédit, après avoir consommé la quantité de ressources naturelles que la nature peut produire en une année.

“Il aura fallu moins de neuf mois pour épuiser le budget écologique de l’année 2010. Si vous dépensez votre budget annuel en neuf mois, vous allez probablement être extrêmement inquiet : la situation n’est pas moins grave quand il s’agit de notre budget écologique”, alerte  le président de l’ONG, Mathis Wackernagel. Pour inverser la tendance, il n’y a qu’une solution, selon l’écologiste : “Arriver à ce que la population mondiale commence à décroître. Les gens pensent que ce serait terrible. Pour nous ce serait en fait un avantage économique. C’est un choix mais on n’en veut pas encore.”

En 1960, la planète consommait seulement la moitié de ses ressources. A partir de 1987 – date à laquelle a été publié le rapport Brundtland sur le développement durable – le rapport entre la consommation mondiale et la biocapacité s’est inversé et ne cesse de se réduire depuis. Les hommes consomment aujourd’hui 50 % de ressources naturelles de plus qu’il y a trente ans, avec environ 60 milliards de tonnes de matières premières par an, d’après un rapport des Amis de la Terre.

En 2009, le Jour du dépassement avait été fixé au 25 septembre, soit un mois plus tard que cette année. Mais on ne peut pour autant pas en conclure que notre consommation a à ce point augmenté en un an, a expliqué Mathis Wackernagel. “C’est juste que cette année, on a révisé toutes nos données et on s’est rendu compte que jusqu’ici, on avait surestimé la productivité des forêts et des pâturages : en clair, on avait exagéré la capacité de la Terre à se régénérer et à absorber nos excès.”

Si ce message se révèle plutôt efficace, il pose toutefois la question de la méthode de calcul pour parvenir à un jour si précis, en englobant des problèmes aussi divers que la destruction des forêts primaires, la fonte des glaciers ou le déclin de la biodiversité. La solution, selon l’ONG, réside dans la notion d’“hectare global”. Cette unité, qui sert aussi de base à la définition d’empreinte écologique, représente la biocapacité d’un hectare moyen, à savoir un hectare avec une capacité de production de ressources et d’absorption de déchets correspondant à la moyenne mondiale.

Comme elle l’explique, l’ONG utilise plus de 5 400 données de 200 pays, mises à jour chaque année et provenant d’organismes internationaux reconnus (FAO, division des statistiques de l’Onu, GIEC ou encore Agence internationale de l’énergie).

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120 – A-J Holbecq: La monnaie maintenant

L’épisode numéro 1 n’a plus de secret pour vous, vous avez compris quand et comment les orfèvres devinrent  banquiers

Et aujourd’hui,  comment  « pousse » la monnaie?

Nous considérerons pour commencer que les banques commerciales forment un ensemble,
une structure unique : le système bancaire commercial

En effet, si on analyse la création de monnaie par chaque banque prise individuellement, il faut immédiatement expliquer la « compensation » entre elles, ce qui est complexe dans le cadre de ce petit résumé.

Nous avons, à l’heure actuelle, un système hiérarchique qui est le suivant:
1 – La banque centrale
2 – Les banques commerciales et coopératives

La banque centrale est « la banque des banques » Elle est la dépositaire des « réserves obligatoires » que doivent détenir les banques, en « monnaie de banque centrale », chez elle.

La banque centrale dispose de l’exclusivité de l’émission de la monnaie fiduciaire (billets de banque), seule monnaie banque centrale en circulation dans le public.

Les banques commerciales et coopératives peuvent, seules, créer la monnaie de crédit:  ce sont elles qui nous intéressent dans cet exposé.

Imaginons qu’aucune monnaie n’existe préalablement.
Un entrepreneur Monsieur X ouvre la porte d’une banque et demande « un crédit de 100 000 € ».

En échange (en garantie) il apporte une reconnaissance de dette, une hypothèque, un nantissement, la caution de sa belle-mère, etc…

Le banquier lui fait confiance: il ouvre un compte au nom de Monsieur X et crédite ce compte de 100 000 €.

Sur son bilan de banque, il écrit :

Actif

Dette de Monsieur X: 100 000 €

Passif

Compte de Monsieur X: 100 000 €

Cette double inscription à l’actif et au passif de la banque constitue l’acte créateur de la monnaie.
C’est ce qu’on appelle « monétiser ».

Monétiser c’est injecter de la monnaie qui n’existait pas auparavant, en contrepartie d’une créance, d’une obligation, d’un actif, ou d’une reconnaissance de dette.

Seules les banques ont évidemment le droit de procéder ainsi.

Profitons-en pour remarquer que si Monsieur X rembourse sa dette à la banque il n’y a simplement plus de monnaie qui existe (la monnaie est détruite).

Remarquons aussi que la banque n’a pas, simultanément, créé la monnaie des intérêts qu’elle réclame pour son service. Ces montants n’existent donc pas pour le moment

Reprenons…

Monsieur X va pouvoir, à partir du moment où son compte est crédité par la banque, régler ses achats à ses fournisseurs : Monsieur Y pour 30 000 €,  et Monsieur Z pour 60 000 €

Puisque nous sommes dans l’hypothèse d’une banque unique, ces paiements vont se retrouver sur les comptes de Y ou Z, toujours au passif de la banque. Le bilan de la banque restera en équilibre:

Actif

Dette de Monsieur X:100 000 €

Passif

Compte de Monsieur Y :30 000 €
Compte de Monsieur Z: 60 000 €
Solde du compte de Monsieur X : 10 000 €

On voit donc qu’une banque n’a aucun besoin de disposer d’argent, de dépôts préalables d’épargnants ou de déposants, pour « faire un prêt ».

Elle va se contenter de  « monétiser une créance » en créant de la monnaie.

Mais, s’il ne s’agissait pour un banquier unique que de « faire crédit » et en l’absence de toute autre obligation, il pourrait donc créer toute la monnaie qui lui est demandée par les « agents non financiers »

Trois règles importantes limitent néanmoins la possibilité de création de monnaie par les banques et le système bancaire commercial.

1 – disposer de fonds propres équivalents à 8% des crédits (règle de « Bâle II »),

2 – fournir en monnaie centrale (billets de banque) les demandes de la population. Statistiquement ces demandes représentent environ 13% des nouveaux crédits: or, seule la Banque Centrale peut fournir ces billets,

3 – disposer sur leur compte en Banque Centrale de réserves obligatoires (actuellement 2% des dépôts)

En considérant que le système bancaire dispose des fonds propres suffisants (8% des crédits), les « fuites » en monnaie centrale qui représentent donc 15% (13% de billets et 2% de réserves obligatoires) limitent sa capacité créatrice de nouvelle monnaie scripturale bancaire (monnaie secondaire).

On démontre facilement que, s’il dispose ou peut disposer de 100 de monnaie centrale, le système bancaire peut, avec les données précédentes, créer 678 de monnaie scripturale secondaire (le rapport n’est pas exactement 100/15 , donc 666, du fait que les 2% s’appliquent sur les dépôts et les 13% sur les crédits) et, bien sur, demander des intérêts sur celle-ci.

La capacité multiplicatrice de l’ensemble des banques augmente:

– si les pourcentages de réserves obligatoires diminuent,

– si les demandes de billets diminuent,

Chaque réseau bancaire pris séparément voit ses capacités d’émission de monnaie augmenter si sa part de marché de dépôts augmente.

Mais outre la « monétisation » d’une demande de prêt de la part d’un ménage ou d’une entreprise dont nous venons de voir l’exemple avec Monsieur X (créances sur l’économie qui représentent la plus grosse part de l’émission monétaire # 75%), il existe deux autres sources de création monétaire:

– lorsque le Trésor Public émets des « bons de Trésor » dans le but de financer un déficit, l’achat par les banques se fait directement par création monétaire (monétisation de la dette publique par le système bancaire): ce sont les créances sur les administrations publiques (# 20% du total)

– lorsque les banques prêtent de l’euro à l’extérieur de la zone euro, elles créent de la monnaie à cette occasion (créances sur l’extérieur, # 5% du total)

Je précise bien que nous avons parlé ici de la création de «monnaie» bancaire privée scripturale et non du second rôle des banques, celui de «circulateur d’épargne».

En effet, en tant qu’intermédiaires, les « établissements de crédit » (y compris les banques commerciales) peuvent en plus prêter l’épargne existante : c’est « l’intermédiation ».

Mais, d’où vient cette épargne préalable ? Qui l’a « fabriquée » à l’origine ? Je vous laisse y réfléchir …

En résumé:

« Avant », les orfèvres / banquiers s’engageaient à remplacer les certificats de dépôts par des valeurs (or ou argent) équivalentes.
« Maintenant » les banques s’engagent à remplacer sans délai leur monnaie de crédit par de la monnaie centrale (billets de banque) sur simple demande.

La monnaie, ce sont donc ces engagements des banques qui circulent dans l’économie et sont reconnus comme moyens de paiement.

Ces engagements sont eux mêmes représentatifs des créances des agents économiques non bancaires (entreprises, ménages, administrations).

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Pour info

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119 – A-J Holbecq: 100% monnaie sur wikipedia

J’ai mis sur wikipedia un petit article  » 100% monnaie« ,  mais vu les réactions de certains administrateurs très « libéraux » (hum!) , je crains qu’il ne disparaisse; je le recopie donc ici…

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Le « 100 % monnaie » (100% money) est une proposition initiale de l’économiste américain Irving Fisher de 1935 qui consiste en un transfert de la création monétaire depuis les banques privées vers la banque centrale, en imposant aux banques commerciales des réserves de 100 % des dépôts monétaires.

Ce projet a été fortement défendu par les économistes Maurice Allais, David Ricardo, Milton Friedman ou Ludwig Von Mises et dans une certaine mesure (narrow banking) par James Tobin pour défendre ce qui devrait être une prérogative de l’État et seulement de l’État : l’émission de toute nouvelle monnaie.

Il s’agit d’une réforme radicale du système bancaire fondée sur la dissociation entre la monnaie et le crédit

Rappel

Dans le monde moderne, il existe plusieurs types de monnaie :

  • la monnaie centrale (monnaie de base), créée par la Banque Centrale et prêtée aux banques commerciales. Elle comprend d’une part les espèces (pièces et billets) ou monnaie fiduciaire, mais aussi les réserves obligatoires que les établissements financiers doivent détenir dans une certaine proportion (2 %, dans la zone Euro) du montant des dépôts qu’elles gèrent. Dans la zone Euro, la BCE (Banque centrale européenne) ne peut prêter qu’aux établissements financiers (le « refinancement »), à un taux d’intérêt qu’elle ajuste en fonction de la conjoncture (de 0,5 % à 1 % actuellement), mais la monnaie centrale peut ensuite être achetée par les agents non bancaires sous forme d’espèces ou monnaie fiduciaire.
  • la monnaie scripturale (monnaie secondaire) créée par les banques commerciales, par simple jeu d’écriture lorsqu’elles accordent un prêt à une administration, un particulier ou une entreprise, et qu’elles inscrivent le montant correspondant sur le compte de leur client, sans disposer nécessairement initialement de monnaie centrale ni de dépôts d’épargne. Cette forme de monnaie représente plus de 92 % du montant total des euros comptabilisés en tant que monnaie (Agrégat M3).

Passage au 100 % monnaie : deux mesures qui doivent être prises simultanément

Séparation des banques en trois types distincts selon les fonctions assurées

a – Banques de dépôts; Gestion des moyens de paiement (ces banques n’auraient la possibilité que de gérer la vraie monnaie en dépôts à vue)

b – Banques de prêts ou de financement; intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs

c – Banques d’affaires ou d’investissements; Proposition supplémentaire de Maurice Allais au plan initial d’Irving Fisher

Notes :

  • Tout rapprochement des trois fonctions serait interdit.
  • Il ne faut pas confondre cette proposition avec le Glass-Steagall Act qui distingue deux métiers bancaires et les déclare désormais incompatibles :
    • la banque dont l’activité est celle de dépôts et de prêts, lesquels sont séparés dans la proposition « 100 % monnaie »,
    • la banque d’investissement (investment banking, en anglais), c’est-à-dire les opérations sur titres et valeurs mobilières.

Couverture à 100 % des dépôts à vue par de la monnaie de base dans les banques de dépôts avec le soutien de la Banque Centrale

Les dépôts à vue dans les banques de dépôts devront être couverts à 100 % par de la monnaie de base. La banque Centrale émettra autant de monnaie de base que nécessaire sous une forme à déterminer (achat d’actifs, prêt, don)

Le rôle des banques de prêts serait limité à la seule intermédiation financière Dans leurs opérations de crédit, les banques devraient trouver des ressources à terme pour les financer

Par rapport à la situation d’aujourd’hui, trois points importants

  • D’une part, les ressources à temps des Intermédiaires Financiers ne devraient pas être confondues avec de la monnaie et se différencieraient des caractéristiques de celles d’aujourd’hui soit par une liquidité moindre (Dépôts à terme), soit par des prix de sortie avant l’échéance plus aléatoires.
  • La transformation financière doit être interdite.
  • Les banques de dépôts n’ayant plus les bénéfices de la création monétaire pour se rémunérer, les services monétaires seront payants. Les soldes de dépôts à vue ne pourront pas être considérées comme une épargne, même temporaire. Elles ont à être traitées comme de la « monnaie stockée » utilisé par les agents économiques pour harmoniser leurs flux d’entrée et de sortie de fonds dans le temps. Elles n’ont aucun besoin d’être rémunérées.

Une telle réforme permettrait

  • À l’Etat, donc au peuple dans son ensemble, de bénéficier intégralement des bienfaits des émissions monétaires, aussi bien concernant le choix de la quantité de monnaie en circulation, sa répartition et les intérêts qui représentent des sommes considérables sur les créances détenues par les banques (environ 100 à 120 milliards d’euros par an, pour la France).
  • De mettre fin au chaos monétaire que nos économies capitalistes subissent depuis des siècles.
  • De détruire le lien artificiel et pervers entre création et destruction de monnaie et le mécanisme de crédit bancaire – De permettre à nos économies de procéder à l’inévitable processus de désendettement public et privé sans passer par une phase destructrice de déflation subie ou d’hyperinflation organisée.
  • Que le taux d’intérêt puisse enfin jouer son rôle autorégulateur sur les marchés financiers et ainsi freiner les phénomènes de boom et de dépression.

Liens externes

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118 – Qui détient la dette de qui? (2)

Ce qui suit est la suite logique de l’article 87: Qui détient la dette de qui?

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A fin mars 2010 la dette de l’État français s’établit à 1206 Md€. La dette totale des Administrations publiques au sens de Maastricht  atteint elle 1535 Md€
( http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=40 )

Nous savons, par les graphiques de l’Agence France Trésor que les non résidents détiennent 62% de la dette de l’Etat en OAT (long terme), et que les 38% restants, détenus par les résidents, le sont pour 18% par les assurances et fonds de pension, 15% pour les établissements financiers , 5 % divers.

Nous pouvons donc, avec une certaine probabilité de ne pas nous tromper, extrapoler et dire que :
1 – En ce qui concerne la dette de l’Etat français elle est globalement (en faisant la proportion résidents et non résidents) détenue pour (18 % + 30%) = 48% par les assurances et fonds de pension, (15% + 25%) = 40% par les banques, et 12% par des « divers », ce qui nous donne:

* 579 Md€ par les assurances et fonds de pension (48% de 1206)

* 482 Md€ par les banques (40% de 1206)

* le solde 145 Md€ par « divers »

Il n’y a pas de raison de ne pas extrapoler au niveau de la dette au sens de Maastricht qui dans ce cas serait détenue à hauteur de

* 737 Md€ par les assurances et fonds de pension
* 614 Md€ par les banques et établissements financiers
* 184 Md€ par divers autres détenteurs.

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