44(2) – suite des commentaires de 44(1)

Suite des commentaires de :  44(1) – Schumpeter et la « création monétaire » par les banques commerciales

  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 02:04

    @clownblanc:
    sarkozy peut bien lancer son emprunt, même à 6%, il n’est pas certain qu’il trouve à le placer si facilement, car, en proposant 6% pour un pays comme la France, cela signe déjà à quel point la faillite est proche!

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  • logique dit :
    27 juin 2009 à 02:37

    @johannes finckh,

    Je pense avoir saisie votre discours. C’est d’ailleurs vous qui avez raison si j’ais compris que pour vous, les banques de commerces ne crée pas plus de monnaie crédit que ne l’autorise la banque centrale. Dans se cas chaque crédit devrait être référenécé a la banque centrale. Est ci c’est le cas, j’espère qu’ils savent bien compter ……

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  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 08:33

    @logique:

    Vous n’avez, hélàs, pas tout saisi mais vous êtes surement sur la bonne voie!
    Les banques commerciales distribuent autant de crédit qu’elles peuvent et se fichent pas mal de la banque centrale!
    En effet, tant que les banques commerciales peuvent prêter mieux qu’elles n’empruntent, elles vont faire des profit et ne s’en priveront pas! Je rappelle que c’est leur métier!
    Tout ce que l’on appelle “règles” fractionnaires”, “multiplicateur de crédit” et autres remarques, elles ne s’en soucient guère, comme nous l’avons vu ces dernières années!
    Et les banques ont agi comme elles ont agi parce que les volumes à placer (les dépôts) étaient surabondants jusqu’au milieu de l’année 2007. Ceci explique aussi pourquoi elles ont pris de tels risques en prêtant y comprs à des insolvables! En imaginant que les actifs, immobiliers américains notamment, allaient toujours s’apprécier…
    Mais, je répète, en prêtant tout cela, pas un centime de monnaie n’est créé, la titrisation de la dette le prouve amplement: les petits épargnants (et y compris les pigeons de natixis!) ont réellement refinancé largement. Ce qui posait problème à certaines banques c’est qu’au milieu de 2007, ces actifs “pourris” sont devenus invendables, et les banques ont dû les financer avec leurs fonds propres, et l’insolvabilité des très grandes banques menaçait en 2008, comme nous l’avons vu!
    D’où la Fed dans le rôle du “pompier” pompe à fric garantissant CONTRAINTE ET FORCEE ET APRES COUP en restaurant les fonds propres des banques à guichet ouvert quasiment, car les banques ne se faisaient plus confiance entre elles, vous vous souvenez?
    Où, dans ce scénario, y aurait-il une place possible pour cette aventureuse hypothèse de la création monétaire via la crédit bancaire?
    Il reste que les économistes doivent absolument foutre à la poubelle 100 ans de formation universitaire qui les a rendus si abrutis qu’ils ne saisissent plus des correlations simples!
    Qu’on me dise que je suis simpliste, je le revendique, en effet, mais qu’on me prouve comment une banque fait faillite alors qu’elle pourrait créer de la monnaie! Justement, elle ne crée pas de monnaie, c’est pourquoi elle peut faire faillite tout à fait en entraînant une crise systémique sans l’intervention centrale!

    Et c’est pourquoi je dis que la banque centrale a aussi parfaitement les moyens d’intervenir autrement et plus directement en émettant une monnaie anticrise qui irriguerait instantanément l’économe de monnaie nouvelle!
    Cette façon de faire autoriserait les faillites de se faire plus ou moins librement, mais empêcherait la crise systémique!
    Car la crise systémique n’est pas la conséquence directe d’une faillite d’une banque, même géante, mais seulement la conséquence de la crise de confiance qui est la conséquence d’une telle faillite menaçante.
    La monnaie anticrise, “crise de confiance ou pas”, chercherait toujours à se placer dans l’économie, car les “frais de garde” dont elle est grevée l’empêche d’être VALEUR REFUGE ULTIME!
    E c’est exactement l’effet qu’il faut obtenir pour que la monnaie circule comme il faut!
    Je répète: la crise de confiance est une autre façon de dire que la monnaie est “bloquée”, “gelée”, “thrombosée”, au niveu même de la banque centrale, et qu’elle ne circule effectivement pas!
    Et cette situation permet de calculer aux économistes de natixis et autres imbéciles un multiplicateur du crédit à la baisse!
    Ce qui prouve que l’on peut toujours appliquer des calculs savants à quelque chose comme on veut sans que cela fasse sens!
    On peut aussi additionner des pommes et des poires, mais dès le CP, c’est interdit!
    jf

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  • Allfeel dit :
    27 juin 2009 à 09:04

    @Johan finch
    La monnaie anticrise m’inquiète :Les valeurs refuges on les trouve partout en spéculant sur les matières premières
    Pour qu’une monnaie anticrise fonctionne il faudrait interdire toute alternative a l’utilisation de cette monnaie.
    Il faudrait nationnaliser toutes les matières premières, et fermer les bourses (car les détenteurs d’actions pourraient devenir encore plus riche tres vite dans une économie dopée a la monnaie anticrise ) Les monnaies alternatives et les valeurs refuges se créeraient d’elles meme. La raison d’exister des monnaies c’est la conservation de valeur et la rémunération du capital
    sinon , on s’en passe et on commece a faire du troc, et des échanges de services pour éviter la perte de valeur dans le temps.
    Et des banques d’échanges de services voient tres vite le jour et l’économie quantifiable (pib,pnb, etc )disparait.
    Donc il faudrait aussi interdire l’échange de services ,une police économique serait a mon avis nécessaire pour surveiller tout ca,
    valoriser la délation sous toute ses formes serait une bonne solution….

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  • Anne.J dit :
    27 juin 2009 à 10:22

    @johannes finckh

    Le fond de l’affaire c’est que vous n’avez absolument pas compris que TOUTE la monnaie scripturale – monnaie/dette – de faible illiquidité (comptabilisée M1) n’est QUE du crédit bancaire en quantité 4,6 fois plus importante que que la monnaie fiduciaire centrale. (DAV = 3417 G€, pour Monnaie banque centrale = 740 )
    Et si on accepte d’intégrer un monnaie moins « liquide » (utilisable dans un délai maximum de 2 ans), on obtient cette fois un multiplicateur de 11,7 ( M3 scriptural = 8687, monnaie banque centrale toujours = 740)

    Même lorsque les banques jouent un rôle d’intermédiaires entre l’épargne existante et de nouveaux emprunteur (40 à 50% de leurs octrois de prêts de mémoire), cette monnaie prêtée (l’épargne) vient bien, ex ante, d’une création monétaire par un crédit d’une quelconque banque dans le monde, crédit qui sera un jour remboursé et remplacé par un autre (sauf contraction, tragique pour les banques, de la masse monétaire ), puisque seules les banques commerciales disposent du droit de créer la monnaie scripturale par le crédit.

    Bien évidemment une banque ne peut pas se faire crédit à elle même et augmenter sa propre trésorerie par émission de monnaie/crédit (oubliez cet argument ridicule..)

    Mais bon, vous pouvez toujours croire que vous êtes seul à détenir « la vérité » et que les banquiers et universitaires n’écrivent que des sottises …Mais même Schumpeter, cité dans ce billet de Paul ne dit pas l’inverse en ce qui concerne la création de moyens de crédits (et donc monétaires) scripturaux par le système bancaire privé… ensuite, on peut bien discuter de la « solidité » (légale) de ces monnaies et des différents moyens de paiement.

    amen

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 11:50

    @ Anne.J: vous écrivez:
    « Même lorsque les banques jouent un rôle d’intermédiaires entre l’épargne existante et de nouveaux emprunteur (40 à 50% de leurs octrois de prêts de mémoire), cette monnaie prêtée (l’épargne) vient bien, ex ante, d’une création monétaire par un crédit d’une quelconque banque dans le monde, crédit qui sera un jour remboursé et remplacé par un autre (sauf contraction, tragique pour les banques, de la masse monétaire ), puisque seules les banques commerciales disposent du droit de créer la monnaie scripturale par le crédit.  »

    Réponse, jf:
    L’épargne vient, à mon sens, de l’épargnant!
    Les banques n’accordent un crédit à l’emprunteur que si celui-ci présente des sécurités suffisantes, en principe! Quand les prêts hypothécaires de type subprime avaient été mis en place, la supposée « sécurité », quelque peu absurde et sacandaleuse, était la hausse continue des valeurs immobilières US!
    Il n’y a donc jamais, un « ex ante » d’une « création monétaire par le crédit d’un quelqconque banque! » Cette affirmation ne repose sur aucune réalité pratique ni concrète!
    je maintiens, à tout moment, tous les jours en fait (via les compensations si nécessaire!) tous les crédits sont refinancés par l’épargne, et pas seulement 40 ou 50%! Je ne vois pas comment on peut affirmer autre chose!
    Et les avoirs des épargnants dépassent, évidemment, de loin, la monnaie circulante en volume!
    Mais les voirs monétaires NE SONT PAS MONNAIE quoi qu’on puisse entendre et lire là-dessus!
    Toutes ces notions d’agrégats monétaires (M1,M2,M3,Mx…) sont des construction théoriques inutiles!
    La contrepartie de l’épargne sont des richesses réellement créées.
    Par conséquent, quand les actifs se déprécient, les banques peuvent moins bien se refinancer en vendant ou en gageant leus actifs! Et ce sont les richesses réellement créées qui se trouvent dépréciées en valeur monétaire!
    Du coup, les épargnants détenant ces « valeurs » sont appauvris, évidemment!
    Cela est tellement vrai que même le refinancement des actifs « toxiques » via les banques centrales ne relance pas réellement beaucoup, alors qu’il s’agit, là, de création demonnaie centrale nette (ex nihilo, peut-on dire, car les actifs, de l’aveu même de natixis, sont « dépréciés », ce qui est un euphémisme quand il s’agit d’une action de natixis vendue à 20 qui ne vaut plus que 1!) et quand les titres subprimes et même, maintenant le T-bonds, se déprécient sur le marché.
    Quant à la contraction monétaire « tragique pour les banques », nous y sommes bel et bien, car les épargnants ont très fanchement développé une forte préférence pour la liquidité, pour m’exprimer comme Keynes.

    Et, encore une fois, répondez en quoi s’agit-il de création monétaire quand une banque accorde un crédit???
    Cela veut toujours dire que l’emprunteurs achète ou invesit dans des actifs ou des biens de consommation qu’il trouve sur le marché et que d’autres lui vendent! De plus, ces actifs et biens sont ceux que le prêteur ne détient pas ou plus, puisqu’il les a vendus!
    Il n’y a pas d’augmentation de revenu disponible via le crédit, car le revenu augmenté de l’emprunteur est strictement du même montant que le revenu diminué du prêteur, au moment du prêt, bien sûr!

    On trouve d’autre sottises dites à l’université et par les commentateurs économiques!
    Ainsi, on souhaite que les particuliers désépargnent pour relancer la consommation et mettre moins d’argent de côté!
    Je dis que de tels propos trahissent une totale incompréhension de la réalité économique!
    Il n’y a pas, macroéconomiquement parlant, d’épargne, car cette épargne corresopnd à tout moment à autant de dettes!
    Alors, si les épargnants consomment davantage, ils prêtent moins, et la consommation globale reste la même!
    J’ai entendu ce matin même que les consommateurs américains ont accru leur consommation en mai de 0,3%, ce qui est interprêté comme un bon signe (pourquoi pas!), mais, les commentateurs déplorent qu’en même temps leurs revenus, ayant augmenté de plus d’un pour cent, ont donc davantage épargné encore!
    Possible, les américains se déendetteraient ainsi vis à vis du reste du monde (très légèrement?) ou alors, les commentateurs confondent, comme c’est habituel aussi, épargne et rétention de monnaie!

    Par contre, ce qui fait chuter la consommation, c’est la non-consommation, autrement dit, la rétention de la monnaie ou, comme vous dites, la « contraction de la masse monétaire »! Celle-ci se contracte déjà quand la vitesse de circulation diminue, car, en changeant moins souvent de main, la monnaie achète moins!

    La relation entre épargne et rétention (ou thésaurisation ou préférence pour la liquidité) est évidemment la dite « prime pour la liquidité »que les banques versent, sous forme d’intérêts d’épargne, car, sinon, la « contraction de la masse monétaire » serait autrement violente!

    Une autre relation existe: la monnaie retenue n’est pas disponible pour les cédits!
    Peu importe qu’elle est retenue à la banque centrale sous forme de réserves fractionnaires ou dans les coffres forts!
    Et c’est bien ainsi que les économistes trouvent une baisse du dit multiplicateur du crédit!

    Je ne suis pas le « seul » à dire tout cela, mais j’admets que je suis très minoritaire et que j’aurais un zéro à la fac!

    vous dites, et nous sommes d’accord!:
    « Bien évidemment une banque ne peut pas se faire crédit à elle même et augmenter sa propre trésorerie par émission de monnaie/crédit (oubliez cet argument ridicule..) »
    J’irai plus loin: en cas de « crise de confiance » entre les banques, les autres banques ne peuvent pas, non plus, « créer » cette trésorerie pour ls autres banques! Seule la banque centrale peut le faire et l’a largement fait, avec l’efficacité toute relative!
    Car ces créations de monnaie centrale n’ont pas (ou pas encore) généré des revenus supplémentaires ni une circulation monétaire accélérée, a consommation rest donc en berne du fait que les revenus n’ont pas augmenté!
    Ce qui fait que, au Japon notamment, malgré le refinancement central illimité, vit une DEFLATION!
    Et que cela pourrait bien nous arriver!

    On pourrait donc théoriser sur le fait que la monnaie réellement circulante équivaut à celle qui fait acheter via les revenus (qui « reviennent » mensuellement par exemple!).

    Et là, notamment les hauts revenus, sont largement retenus via la thésaurisation moyennant, ils ne génèrent pas assez de prêts!

    Si je rejette si violemment la création de monnaie via le crédit bancaire, je le fais parce que cette hypothèse est totalement inutile et source de confusion pour bien articuler ce qui se passe réellement!

    Cette hypothèse reste une petition de principe qui ne peut être étayée sérieusement malgré la gigantesque masse des publications en ce sens!

    J’espère que vous sentez que derrière mon « simplisme » se révèlent d’autres distinctions plutôt subtiles qui écrivent une histoire monétaire fort différente!

    Je vous invite vraiment à lire Helmut Creutz (le syndrome de la monnaie, paru chez économica en décembre 2008,traduit de l’allemand)
    et Silvio Gesell (l’ordre économique naturel), vous découvrirez un autre monde, un moyen de mettre l’économie monétaire à l’endroit!
    Je me ferai un plaisir de vous envoyer, gratis et à mes frais, l’ouvrage de Gesell,publié en français en 1948,traduit de l’allemand, et dont j’ai encore quelque exemplres à ma disposition!
    Envoyez-moi un mail dans ce cas: johannes.finckh@wanadoo.fr

    Répondre
  • fujisan dit :
    27 juin 2009 à 11:56

    @johannes finckh

    Les banques commerciales distribuent autant de crédit qu’elles peuvent et se fichent pas mal de la banque centrale!
    En effet, tant que les banques commerciales peuvent prêter mieux qu’elles n’empruntent, elles vont faire des profit et ne s’en priveront pas! Je rappelle que c’est leur métier!
    Tout ce que l’on appelle “règles” fractionnaires”, “multiplicateur de crédit” et autres remarques, elles ne s’en soucient guère, comme nous l’avons vu ces dernières années!

    Jusqu’ici nous sommes d’accord. De même que les banques se fichent des ratios de solvabilité, règles comptables, qui sont d’ailleurs encore plus assouplies maintenant.

    Et les banques ont agi comme elles ont agi parce que les volumes à placer (les dépôts) étaient surabondants jusqu’au milieu de l’année 2007. Ceci explique aussi pourquoi elles ont pris de tels risques en prêtant y comprs à des insolvables! En imaginant que les actifs, immobiliers américains notamment, allaient toujours s’apprécier…
    Mais, je répète, en prêtant tout cela, pas un centime de monnaie n’est créé, la titrisation de la dette le prouve amplement: les petits épargnants (et y compris les pigeons de natixis!) ont réellement refinancé largement. Ce qui posait problème à certaines banques c’est qu’au milieu de 2007, ces actifs “pourris” sont devenus invendables, et les banques ont dû les financer avec leurs fonds propres, et l’insolvabilité des très grandes banques menaçait en 2008, comme nous l’avons vu!

    Là plus d’accord, mais plus du tout. Vous niez encore et toujours la réalité. Les banques se fichent bien de savoir si elles ont assez de dépôts avant d’accorder un prêt. Jamais un banquier ne va dire « Désolé, je vous accorde ce prêt mais je n’ai pas assez d’argent en dépôt en ce moment. Revenez plus tard quand suffisemment de clients auront déposé assez d’argent dans notre banque. » Les banques commerciales créent bel et bien les dépôts quand elles accordent un crédit, c’est une simple écriture comptable. Ensuite elles s’arrangent pour assurer la liquidité, satisfaire aux exigences de réserve, solvabilité… Et les banques centrales sont bien obligées de suivre le mouvement, assurer la liquidité au besoin, augmenter les réserves de banques commerciales… Les banques centrales vont exiger que la situation soit régularisée, mais elle ne vont pas obliger les banques commerciales d’annuler des crédits qu’elles auraient accordé en trop grand nombre sous prétexte qu’elles ne satisfont plus aux exigences de réserve ou solvabilité.

    Les causes de la surabondance de dépôts sont: 1/ les banques commerciales qui accordent trop de crédits et donc trop de dépôts. 2/ les taux des banques centrales qui sont maintenus trop bas trop longtemps, rendant le crédit « trop facile ».

    La titrisation n’est que la Pierre Philosophale qui a permis aux banques de transmuter le plomb en or (subprime en titres AAA). Leur permettre de se débarasser des risques auprès des investisseurs. Leur permettre de tromper les investisseurs, de cacher les risques sous-jacent. Donner l’illusion qu’un placement à haut rendement peut être sans risques. Leur permettre de rendre liquides des crédits hypothécaires illiquides.

    Ne confondez pas non plus liquidité et solvabilité. Une banque peut-être solvable, mais manquer de liquidités. La raison en est toute simple, ses crédits sont à LT, alors que ses dépôts sont à CT. Si trop de clients retirent leurs dépôts (bank run), elle manque de liquidités quelle que soit sa solvabilité, la « qualité » de ses crédits.

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    27 juin 2009 à 12:14

    @ JF
    C’est vrai qu’utilser l’argument : « qu’on me prouve comment une banque fait faillite alors qu’elle pourrait créer de la monnaie! » pour démontrer que ce ne sont pas elles qui créent la monnaie … montre surtout que vous avez une très mauvaise conception du ex-nihilo tel qu’il est concu par ses partisans.

    D’ailleurs si les banques ne pouvaient faire « faillite » dans le système ex-nihilo tel que vous vous le concevez, alors dans votre système à vous, où seule l’institution étatique ou para-étatique possède et concentre le pouvoir ex-nihilo au travers de l’emission de monnaie fiduciaire, et bien dans ce système là , les ETATS ne pourraient jamais faire faillite.

    Or les états font faillite, même s’ils ne disparaissent pas alors contrairement aux institutions privés.

    Répondre
  • nadine dit :
    27 juin 2009 à 12:14

    @LeClownBlanc

    Bonjour,
    J’ai bien lu votre commentaire intéressant, cependant juste quelques précisions: pour le créancier-déposant je dis presque la même chose que vous puisque que j’écris que lorsqu’un client fait un dépôt la banque utilise la base monétaire correspondante si elle existe! car ce que vous oubliez de préciser c’est que si le chèque que je dépose provient de ma banque je ne vois vraiment pas ce que je « prête » à celle ci, idem si mon chèque est compensé par un autre chèque. C’est tellement vrai que la base monétaire de la zone euros ne représente que 11,7% environ (en prenant les chiffres d’Anne) du montant de l’ensemble des dépôts de la zone Euros.
    J’ajoute que ce qui me surprend dans votre commentaire c’est que vous ne différentiez pas monnaie scripturale de monnaie centrale ce qui caricature un peu votre propos et embrouille les esprits.

    Plus loin vous écrivez: « Quant à la monnaie centrale c’est la dernière des préoccupations en la matière »
    D’un point de vue « poetico-clownesque » vous avez sans doute raison mais c’est un peu exagéré.

    Mais tout ceci vous le savez.
    Alors on est d’accord.

    Bonne journée.

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 12:14

    @alfeel
    Je vous démontre facilement que vous avez tort!
    Il est vrai que d’autres valeur refuges existent, mais celle-ci ne sont pas monnaie, justement!
    A ce mment-là,elles n’auront pas le même impact critique que quand il s’agit de la monnaie elle-même!
    Ceci dit, je ne suis pas contre le principe de taxer convenablement les ressources natuirelles, afin de géner la spéculation effrénée.
    Cela concerne en premier lieu la propriété foncière et les richesses du soussol, mais je vous en dirai plus ultérieurement, car mon petit-foils est arrivé!
    jf

    Répondre
  • Paul Jorion dit :
    27 juin 2009 à 12:16

    @ fujisan

    Jamais un banquier ne va dire “Désolé, je vous accorde ce prêt mais je n’ai pas assez d’argent en dépôt en ce moment. Revenez plus tard quand suffisemment de clients auront déposé assez d’argent dans notre banque.”

    Qu’est-ce qui vous fait croire ça ? C’est arrivé tous les jours durant la bulle de l’immobilier résidentiel américain, c’est ce qui a poussé IndyMac et Countrywide à se lancer comme des fous dans l’émission de certificats de dépôts et d’offrir des taux qui semblaient « irréalistes » aux banques commerciales mais qui pour elles étaient « faisables » dans le contexte de bulle. Ne me dites pas « Ce n’est pas vrai », je vous répondrais : « J’étais là ! »

    Les banques commerciales créent bel et bien les dépôts quand elles accordent un crédit, c’est une simple écriture comptable.

    Faux : l’écriture comptable n’est qu’une … écriture comptable. Si elle prétend enregistrer une opération qui n’a pas eu lieu elle est frauduleuse, c’est simple.

    Répondre
  • Anne.J dit :
    27 juin 2009 à 12:19

    @J.F. : Et, encore une fois, répondez en quoi s’agit-il de création monétaire quand une banque accorde un crédit???

    J’arrête ici la discussion sans trop d’espoir de vous faire comprendre que lorsqu’une banque accorde un crédit, elle crée ( »elle peut créer » si l’épargne disponible est insuffisante) dans « sa » monnaie (simplement à partir d’un engagement, d’une caution ou d’un actif présent ou futur sur lequel elle prendra une hypothèque à son profit) le montant qu’elle va prêter à l’emprunteur, simplement en augmentant à du concurrence le montant du compte curant de son emprunteur, qui pourra ensuite faire ce qu’il veut de ce qui, à ce moment là, est devenu son argent (scriptural)… la banque, évidemment, espère toujours que la plus grosse partie de cette monnaie que l’emprunteur va dépenser se retrouvera dans ses compte, auprès de ses propres clients (déterminé par la part de marché de la banque), et non pas sur les comptes de ses concurrents, ce qui l’obligerait à compenser en monnaie centrale qu’elle devrait se procurer (ahhh, s’il ‘y avait qu’un seul réseau banque commerciale, comme tout serait simple…)

    Ite missa est

    Répondre
  • fujisan dit :
    27 juin 2009 à 13:32

    @Paul Jorion
    Bien sûr que je vous crois!

    J’imagine que c’était exacerbé par la spécialisation de IndyMac et Countrywide dans l’immobilier. Que n’étant pas de grandes banques universelles avec assez de déposants, elles ont du faire face à pénurie de liquidités. Normalement, cela aurait du flasher tout rouge dans le milieu financier…

    Oui bien sûr, les banques ne peuvent pas faire vraiment n’importe quoi. Mais si une écriture comptable prétend enregistrer une opération frauduleuse? Et il y en a eu pas mal d’après ce que je sais: fausses déclarations de revenus, parfois modifiées après coup par les courtiers…

    Je parlais du fonctionnement des banques en temps « normal », ici on est dans la folie humaine.
    « Je peux calculer le mouvement des corps célestes, mais pas la folie des gens. » Sir Isaac Newton. A qui on doit la gravitation universelle et le calcul infinitésimal (pas le seul), mais qui a perdu plus de 20 000 livres à l’éclatement de la bulle des mers du Sud.

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 13:33

    @ anne.J:
    Aucune chance de me convaincre avc ce que vous avez écrit là!
    Tout crédit est toujours instantanément refinançable, on ne sort pas de là! Sinon, il n’est pas accordé comme le rappelle Paul Jorion!
    La « caution d’un actif présent ou d’une hypothèque » implique, justement, que la banque trouve, en échange d’un tel papier, de l’argent frais!
    Cela me rappelle qu’il y a une autreidée absurde à la fac: la « monétisation » des actifs!
    Il s’agit de la ventez ou d’un prêt de monnaie sur un actif gagé (à la BC par exemple), mais on n’aencore jamais vu se transformer une maison en billets de banque ni en ligne de compte!
    Il n’y a tout simplement rien à comprendre de plus!
    jf

    @ Paul: merci de m’apporter du soutien, je me sens moins « seul » comme dit Anne.J

    Je suis convaincu qu’Anne.J est une belle femme à qui on prête rien que pour ses beaux yeux (j’imagine!!

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    27 juin 2009 à 13:43

    @fujisan: je vous mets une lettre de helmut Creutz publié dans la süddeutsche Zeitung en octobre 2008 et que j’ai traduite qui indique que las banques ne pouvaient pas, dans les années 50 ou 60, prêter autant qu’aujourd’hui, simplement parce qu’elles avaient beaucoup moins de dépôts:Lettre adressée par Helmut Creutz, spécialiste de l’analyse monétaire (orientation gesellienne), aux grands quotidiens allemands, publiée le 16 octobre 2008 dans la Süddeutsche Zeitung), traduction française par Johannes Finckh, Bordeaux

    Les causes déclenchantes et les arrière-fonds de ces événements, à savoir l’accroissement surdimensionné des fortunes financières, n’ont été mentionnés à aucun endroit dans la Süddeutsche Zeitung (ndt.: quotidien de Munich à diffusion nationale en Allemagne), en dépit de toute l’exhaustivité des excellents rapports et commentaires publiés au sujet de la crise financière et bancaire . Ainsi les fortunes financières ont, par exemple en Allemagne doublé tous les dix ans depuis 1950, et elles ont donc été multipliées -soustraction faite de l’inflation- jusqu’en 2005 par 45, tandis que le PIB national réel n’a été multiplié « que » par huit! Ou, autrement dit: Au début des années 50, le montant des fortunes financières se situait à deux tiers du PINB, et elles ont, entre temps, atteint le le facteur multiple de 3,2 du PIB (actuel). Du fait des ces evolutions différentielles, il fallait, jusque dans les années 60, encore attendre souvent longtemps le versement des crédits, et ceux-ci seulement par fractions mensuelles. Depuis, la situation s’est inversée: Puisque les fortunes monétaires constamment croissantes ne pouvaient plus être placées sur les marchés normaux, les banques se voyaient toujours davantage contraintes, depuis la fin des années 80, des placer les avoirs des épargnants d’une façon spéculative et de plus en plus risquée, c’est-à-dire avec des méthodes affairistes auxquelles nous devons les problèmes des marchés financiers d’aujourd’hui.

    Le fonctionnement de l’accroissement des ces fortunes financières se lit dans le rapport de Nikolaus Piper à propos des derniers placements de l’investisseur américain Warren Buffet qui vient d’acheter chez Goldmann Sachs des actions pour 5 Milliards de dollars: Le « dividende garanti de 10% » négocié à cette occasion fera crître cet investissement en dix ans à environ 13 Milliards de dollars, donc à plus que deux fois et demi! Du fait de cette « autoalimentation des fortunes financières », comme la Bundesbank décrivait déjà la situation en 1993, les effondrements boursiers, bancaires et financiers se suivront à un rythme toujours plus rapide. Les rapports sur les contrastes entre richesse et pauvreté deviendront de plus en plus criants et – sans aucune considération pour l’environnement – les appels à davantage de croissance se feront de plus en plus insistants.

    Bien que la destruction partielle de ces masses de fortune – qui vagabondent autour du monde et qui rechechent toujours encore leur autoalimentation – soit problématique et lourde de conséquences : cela reste néanmoins encore plus supportable que la dernière éventualité d’une destruction inflationniste via les endettements publiques, les dépenses militaires et des guerres! Malheureusement, cette alternative radicale de l’autodestruction recommence à se dessiner – sauf si on pouvait enfin avoir l’idée de mettre un terme enfin à cet effet tumoral d’autogrossissement dans notre système monétaire.

    en clair: il faut la monnaie anticrise!, cqfd!

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    27 juin 2009 à 14:18

    @ johannes finckh

    Je ne vois pas pourquoi vous vous imaginez être quasi le seul ou très minoritaire à penser que les banques ne peuvent pas créer de la monnaie à partir de rien.
    Sachez que non seulement c’est l’opinion la plus courante, celle ‘des gens’ à 95% ! , mais que , de plus, une partie du système bancaire ne conceptualise également pas les choses de cette façon là, tout occupée qu’ elle est à faire tourner la machine.

    Comme disait D. Schneiderman , incrédule, lors d’une discussion au sujet de la vidéo de P. Grignon, « comment peut-on prêter plus que l’on a sans s’en rendre compte ? »

    Et l’opinion courante, de plus, s’imagine plus ou moins confusément que la monnaie fiduciaire correspond à une sorte richesse existante, d’actif concret possédé par l’Etat. Qu’il y a derrière chaque billet une sorte de mystérieuse correspondance avec une valeur accumulée quelque part.
    Et que la production de monnaie fiduciaire ne deviendrait ‘planches à billet’ que lorsque cette relation mystérieuse ferait défaut !!!

    Ceci étant dit, l’opinion courante sent bien , et là cela montre son bon sens et son génie , que l’or ne se mange pas et que quelque part , en fin de compte, la richesse n’est adossée qu’à du travail … -avec un peu de soleil , tant qu’il existe!- (Quoique que si l’on décide de se contenter de peu, on peut alors vite être riche … et donc travailler moins !)

    Et je termine comme Anne ! Ite missa est.

    Répondre
  • nadine dit :
    27 juin 2009 à 15:32

    @johannes finckh

    J’ai beau essayé de vous comprendre en lisant vos très nombreux commentaires, je n’y arrive pas.
    Pouvez-vous, si vous le souhaitez, répondre à cette question pour m‘éclairer:
    Si une banque A accorde un crédit à X de 1000 euros qui finit en dépôt dans une banque B pendant la journée et que le même jour la banque B a fait un crédit à Y qui finit en dépôt le même jour aussi dans la banque A, est-ce que les banques A et B ont eu besoin de l’épargne de quelqu’un pour financer leur crédit respectif ?

    Même question avec une seule banque lorsque le crédit retourne sous forme de dépôt dans celle ci?

    Répondre
  • fujisan dit :
    27 juin 2009 à 15:57

    @johannes finckh
    Ce que Helmut Creutz explique surtout, c’est la concentration des richesses, le creusement des inégalités.
    Nous somme d’accord que c’est une des causes majeure de l’acroissement du crédit. On palie au manque de revenus par l’endettement. C’est encore plus criant aux USA. Travailler plus pour gagner moins.

    « Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus fatale maladie de toutes les républiques. » Plutarque.

    Mais depuis les années 50-60, il y a quantité d’autres raisons qui expliquent l’explosion de crédit. En 1971 Nixon a mit fin unilatéralement à la convertibilité du dollar en or pour les BC. A ce moment, il n’y a vraiment plus eu aucune limite au crédit. La dématérialisation de la monnaie, maintenant c’est surtout des bits dans des ordinateurs qui voyagent à toute allure. Les chocs pétrolier des années 70 et la forte inflation qui a suivit a aussi gonflé la dette publique et réduit le pouvoir d’achat par l’inflation, plus de chomage, de précarité. La mondialisation. Les délocalisations…

    Je ne connais pas les règlementations qui étaient applicables dans les années 50-60: taux de réserve, ratios de solvabilité… Mais je constate que maintenant les banques n’ont pratiquement plus de limite à la création de monnaie scripturale. A la BCE: taux de réserve de 2% sur les DAV et placements à terme 2 ans. Seulement 2% de réserve, ça veut dire que quand une banque a 1 milliard en réserve, elle peut prêter jusqu’à 49 milliards! Bien sûr il y a aussi les ratios de solvabilité Bâle I et II, mais ici encore c’est pour le moins très laxiste, encore plus laxiste maintenant que les règles comptables ont ou vont changer. Bien sûr les banques doivent assurer la liquidité, mais les grandes banques universelles peuvent presque fonctionner en autarcie. Alors quelle est la limite? Le bon vouloir ddes grandes banques.

    Répondre
  • Allfeel dit :
    27 juin 2009 à 15:57

    @Jphannes finch
    Il ne s’agit pas d’avoir raison ou tort ni de démontrer(ce n’est pas le sujet ni ce que vous avez fait)
    pour ca il faudrait que vous lisiez ce que j’ai écrit attentivement.
    Le fond de ce que je dis c’est qu’il est plus facile de règlementer le systeme financier existant que d’imposer une monaie de crise.
    Les memes raisons qui font que notre systeme financier cherche a s’échapper de la règlementation serraient seraient toujours aussi actives avec de la monaie fondante.
    Imposer toute les matières premières pose un probleme, ces matières ne produisent rien donc il faudrait payer meme si on n’a aucune liquidité un tribut a l’état (mais avec quel argent) sinon donner une partie du stock chaque année
    l’état payera le transport ou l’extraction…
    Dans ces conditions l’état devient vite propriétaire de tout et conaissant la nature humaine je dirais qu’une nouvelle oligarchie vientde naitre bien plus puissante que la précédente.
    Et le pompon c’est d’invoquer de nouvelles taxes! Si vous etes capable de taxer les matières premières, l’immobilier, et les transactions boursières au volume (taxe tobin), et éradiquer les paradis fiscaux, vous n’avez pas besoin de monnaie fondante.

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    27 juin 2009 à 16:08

    @ J. F.

    Vous écrivez « Cela me rappelle qu’il y a une autreidée absurde à la fac: la “monétisation” des actifs!
    Il s’agit de la ventez ou d’un prêt de monnaie sur un actif gagé (à la BC par exemple), mais on n’aencore jamais vu se transformer une maison en billets de banque ni en ligne de compte! »

    Effectivement , le mot recouvre mal la chose et ceci, pour une raison précise : dans les anciens systèmes de monnaie « pleine » (ou équivalent) c’est à dire contenant en elle même leur propre valeur qui tient lieu de sorte de gage , la monétisation pouvait effectivement se faire par transformation d’une marchandise : l’or .
    On pouvait ammener son or à celui qui frappait monnaie , et repartir avec de la monnaie : il y avait réellement monétisation. Le terme a subsisté.

    Nous sommes dans un système à monnaie symbolique où la monnnaie n’est ni pleine ni gagée.
    Cependant , il faut bien que la monnaie soit introduite à un moment donné, en des endroits donnés, selon des procédures et des règles faisant sens. La monétisation d’actif est l’une de ces possibilités , même si le terme est à présent mal choisi.

    Autre chose : H. Creutz , peut toujours affirmer ce qu’il veut concernant une comparaison avec les années 50, rien ne dit que c’est précisemment parce que les banques avaient moins de dépot qu’elles ‘prêtaient’ moins (ils pourraient y avoir de multiples autres raisons difficilement appréhendables 50 ans après) , et même si un lien d’une certaine causalité est concevable (se méfier des causalités) , il ne prouve en aucun cas que le ‘ex-nihilo’ du système bancaire n’existe pas.

    PS/ J.F : vous êtes extraordinaire dans le sens où on a l’impression que vous raisonnez courbe : on suit votre raisonnement , mais par une multitude de petites distortions ou brisures de raisonnement ou encore utilisation de termes légèrement inadéquats -si je peux me permettre-, ou enfin par affirmations d’évidences ou vérités … qui n’on aucun rapports clairs avec le fond de la question, on se retrouve, finalement, à l’envers des choses comme dans un ruban de Möbius ! Bon je dis cela sans malice et avec

    PS2/ Prochain film catastrophe :  » Le jour où la monnaie fiduciaire n’existera plus !  »
    …  » la monnaie scripturale disparaîtra ! »
    Amen

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 09:17

    @fujisan, vous écrivez:

    « Mais depuis les années 50-60, il y a quantité d’autres raisons qui expliquent l’explosion de crédit. En 1971 Nixon a mit fin unilatéralement à la convertibilité du dollar en or pour les BC. A ce moment, il n’y a vraiment plus eu aucune limite au crédit. La dématérialisation de la monnaie, maintenant c’est surtout des bits dans des ordinateurs qui voyagent à toute allure. Les chocs pétrolier des années 70 et la forte inflation qui a suivit a aussi gonflé la dette publique et réduit le pouvoir d’achat par l’inflation, plus de chomage, de précarité. La mondialisation. Les délocalisations… »

    JF vous réponds:
    Il est exact que Nixon a fait ça, je l’ai souvent rappelé moi aussi!
    Mais, au fond, il a aboli quelque chose qui n’était pas applicable ni pertinent! En effet, peu à peu, ons’est apercçu que la valeur de la monnaie ne devait surtout pas dépendre de l’or! L’étalon or est une « relique barbare » comme disait Keynes! Heuresement que Nixon a fait cela!
    L’absence de limite aux crédits ne vient absolument pas de cela! Le crédit pouvait se développer comme il l’a fait pour la simple raison que les dépôts (l’épargne) sont quasiment sans limites aussi!
    Et cela eût été vrai aussi en régime d’étalon or! Et si les USA avaient dû céder peu à peu tout l’or en leur possession, ils aur

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 09:56

    @fujisan, vous écrivez:

    « Mais depuis les années 50-60, il y a quantité d’autres raisons qui expliquent l’explosion de crédit. En 1971 Nixon a mit fin unilatéralement à la convertibilité du dollar en or pour les BC. A ce moment, il n’y a vraiment plus eu aucune limite au crédit. La dématérialisation de la monnaie, maintenant c’est surtout des bits dans des ordinateurs qui voyagent à toute allure. Les chocs pétrolier des années 70 et la forte inflation qui a suivi a aussi gonflé la dette publique et réduit le pouvoir d’achat par l’inflation, plus de chomage, de précarité. La mondialisation. Les délocalisations… »

    JF vous réponds:
    Il est exact que Nixon a fait ça, je l’ai souvent rappelé moi aussi!
    Mais, au fond, il a aboli quelque chose qui n’était pas applicable ni pertinent! En effet, peu à peu, on s’est apercçu que la valeur de la monnaie ne devait surtout pas dépendre de l’or! L’étalon or est une « relique barbare » comme disait Keynes! Heuresement que Nixon a fait cela!
    L’absence de limite aux crédits ne vient absolument pas de cela! Le crédit pouvait se développer comme il l’a fait pour la simple raison que les dépôts (l’épargne) sont quasiment sans limites aussi!
    Et cela eût été vrai aussi en régime d’étalon or! Et si les USA avaient dû céder peu à peu tout l’or en leur possession, ils auraient aboli ce repère de toute façon!
    La « monnaie dématérialisée » que vous signalez, il s’agit de transferts d’avoirs « à toute allure », d’un placement financier et d’une place financière à une autre. Mais je maintiens, tous ces milliards sont des placements, c’est-à-dire de l’épargne liquide et mobile! Donc des promesses de monnaie!
    Ces montants, en tant que promesses, justement, ont toujours autant de dettes. Il est vrai, cependant, que ces montants, fonctionnant selon un circuit extraéconomique et purement financier, ont impact sur l’économie réelle, mais pas au sens de la stimuler, mais au sens de la rançonner. Les commissions et primes prélévées par certains sont effectivement des méthodes d’enrichissement au passage qui prouvent que les avoirs financiers, en générant des intérêts et des gains spéculatifs, prélèvent, sur un mode de prédation, de la richesse en continu.
    Et il est vrai que ces montants croissent en volume et prélèvent toujours davantage!
    En croissant, la dette publique et privé enace s’accroît d’autant!
    Et les crédits doivent, néanmoins, être accordés, car, sinon, ces avoirs sortiraient complètement du système et ne pourraient plus être « servis » comme capital profitable. Et de cela, nous avons e un aperçu avec les « actif toxiques » ou, déjà, à chaque éclatement d’une bulle spéculative!
    A ce moment-là, en effet, la rente capitaliste trouve une limite du fait de l’insolvabilité en face!
    Cette situation génère la « crise de confiance » et la mise au sommeil d’une grande quantité de capital qui, certes, ne rapporte plus guère d’intérets, mais en restant inemployé (sur les comptes des banques centrales ou via des retraits liquides de la part des fortunés), l’économie ne trouve plus les financements et les refinancements nécessaires. Nous assistons dès lors à des dépréciations d’actifs, et cela permettra aux capitaux en attente (thésaurisés) de se « refaire » aisément en achetant alors des actifs dépréciés au moment le plus opportun!
    En clair, la « limite » actuelle du crédit (depuis octobre 2008) vient du fait de l’asence d’emprunteurs solvables suffisamment nombreux!
    Nous rejoignons l’analyse de Creutz et de beaucoup d’autres sur ce point.
    On peut donc constater une chose: tant que le crédit pouvait être recyclé en trouvant toujours des emprunteurs solvables en quantité suffisante, nous avions une croissance eponentielle des créances et des dettes (strictement symétrique!). Cette situation maintenait cependant grosso modo toute la monnaie en circulation (aussi grâce à une augmentation régulière de la masse, car une inflation « faible » et « maîtrisée » s’est révéle nécesaire pour favoriser et stimuler les transactions).
    Or, depuis le « credit crunch », il en va autrement: La monnaie émise circule nettement moins bien (ralentissement de la vitesse de circulation) et, malgré les émissions supplémentaires massives de monnaie centrale, cette nouvelle monnaie n’aliment quasiment pas l’économie, et, à la stupéfaction générale, le climat rest quasi déflationniste! Voir le Japon, notamment!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 10:17

    @fujisan(suite) vous écrivez:

    « Je ne connais pas les règlementations qui étaient applicables dans les années 50-60: taux de réserve, ratios de solvabilité… Mais je constate que maintenant les banques n’ont pratiquement plus de limite à la création de monnaie scripturale. A la BCE: taux de réserve de 2% sur les DAV et placements à terme 2 ans. Seulement 2% de réserve, ça veut dire que quand une banque a 1 milliard en réserve, elle peut prêter jusqu’à 49 milliards! Bien sûr il y a aussi les ratios de solvabilité Bâle I et II, mais ici encore c’est pour le moins très laxiste, encore plus laxiste maintenant que les règles comptables ont ou vont changer. Bien sûr les banques doivent assurer la liquidité, mais les grandes banques universelles peuvent presque fonctionner en autarcie. Alors quelle est la limite? Le bon vouloir ddes grandes banques. »

    JF réponds!:
    Le message que j’essaye de faire passer, c’est que toutes les limites réglementaires, y compris celles de Bâle I et II, les règles fractionnaires, etc., n’ont aucun sens économique! Je dirais même que les banques s’en foutent totalement!
    Elles arrangent les bilans pour faire semblant de s’y conformer(en attribuant par exemple aux actifs qui ne valent plus rien une valeur fictive!), afin de faire leurs affaires tranquillement!
    Tout le monde le sait! Nous l’avons bien vu, comment, en cas de dépréciation d’actifs, plus rien ne tient!
    En réalité, les banques rémunèrent l’épargne et la prêtent plus cher, c’est leur travail, et elles essayent de faire des profits ainsi!
    Dans les années 50 et 60, les capitaux accumulés par les plus riches étaient moins extravagants que maintenant, d’où les limites! Et on pouvait éviter des placement trop risqués!
    Ces derniers temps (depuis les années 80-90), Helmut Creutz le dit clairement, beaucoup de placements sont devenus si risqués que les risques se sont (trop) souvent réalisés! D’où les problèmes systémiques. Respecter les ratios de solvabilité est facile quand tout va bien! Et les banques ont agi ainsi parce qu’elles ne pouvaient faire autrement! C’est inscrit dans la logique monétaire et financière capitaliste elle-même! Les capitaux DOIVENT générer des intérêts!
    La réalité du monde financier écrit ainsi une tout autre histoire que les a priori réglementaires et théoriques! Je pense que les faits me donnent raison!
    Et c’est seulement si on met en circulation une monnaie qui ne génère plus génériquement et « génétiquement » des intérêts que cela pourra changer! D’où mon exigence répétée de la monnaie anticrise!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 11:07

    @alfeel qui écrit à jf ceci:@Johannes finckh
    « Il ne s’agit pas d’avoir raison ou tort ni de démontrer(ce n’est pas le sujet ni ce que vous avez fait)
    pour ca il faudrait que vous lisiez ce que j’ai écrit attentivement. »
    JF: je vous ai lu attentement, mais je vous avais promis une réponse plus exhaustive, la voici.

    alfeel: »Le fond de ce que je dis c’est qu’il est plus facile de règlementer le système financier existant que d’imposer une monnaie de crise. »

    Question de jf: pourquoi ce serait plus facile? En tout cas, cela n’est pas fait! De plus, je le démontre souvent aussi, ces réglementations sont contournées, on pourrait dire, du fait des nécessités et de la logique capitalistes corollaires de la monnaie telle qu’elle est! Si on ne peut supprimer certaines règlementations, c’est l’argent lui-même qui « gèle », qui se retire et impose une contrainte absolue, au point que la rente capitaliste est versé de toute façon, histoire d’éviter l’effondremen total! C’est un chantage permanent! Comment comprendre autrement que l’on trouve des centaines de milliards pour le système financier en une nuit et que l’on ne peut financer la recherche, coûtant quelques millions, sur le paludisme par exemple?
    Visiblement, ce que vous écrivez n’est pas si facile!

    alfeel: »Les mêmes raisons qui font que notre système financier cherche a s’échapper de la règlementation seraient toujours aussi actives avec de la monaie fondante. »

    jf: il faut être un peu plus précis ici, à mon avis! L’être humain est ce qu’il est, l’épargnant et le capitaliste cherche à protéger son bien du mieux qu’il peut! La logique de la monnaie anticrise (fondante, comme vous dites) vise ceci: pour se prémunir des frais de garde liés à la détention liquide, il est évident que l’épargnant cherchera d’autres valeurs refuges que la monnaie elle-même, comme il peut le faire actuellement assez aisément! C’est le principal objectif visé, et nous n’aurons plus, comme actuellement, de grandes quantités de monnaie « gelées » sur les comptes des banques à la banque centrale ni dans les coffres forts! La monnaie elle-même circulerait rapiement et d’une façon très stable! Cela serait déjà un élément de stabilisation essentiel et supprimerait définitivement tout risque systémique!
    Qu’il n’est pas facile d’obtenir cela tient au fait, je vous l’accorde, que ceux qui profitent du système actuel n’en veulent à aucun prix! L’immense majorité doit-ele continuer à se soumettre et à obéir à la dictature des milliardaires? Il me semble que si les économistes et les politiques, qui ne sont pas ces milliardaires ni tous à leur botte, se mettaient à se ranger à cette cause, la monnaie anticrise pourrait certainement s’imposer et en finir ainsi tranquillement et sans violence avec le capitalisme rentier: « en une nuit! »

    alfeel: « Imposer toute les matières premières pose un probleme, ces matières ne produisent rien donc il faudrait payer même si on n’a aucune liquidité un tribut a l’état (mais avec quel argent) sinon donner une partie du stock chaque année
    l’état payera le transport ou l’extraction… »

    jf: Je vous ai répondu un peu rapidement sur des points effectivement un peu délicats, mais clairement solubles:
    Pourquoi dites-vous que ces matières premières ne produisent rien? Faux pour le pétrole, le blé, etc, car les achats spéculatifs que vous dénoncez sont précisément faits pour générer une forte plus-value à la revente! pourquoi l’état ne prélèverait-il pas une part substantielle de ces plus-values? En quoi serait-ce illégitime? Précisément, si cela oblige les spéculateur à revendre leurs stocks, l’objectif que ces stocks soient disponibles serait atteint! Au moment de la vente, il y a bien de l’argent!

    alfeel: « Dans ces conditions l’état devient vite propriétaire de tout et conaissant la nature humaine je dirais qu’une nouvelle oligarchie vient de naître bien plus puissante que la précédente. »
    jf: j’accepte en partie cette remarque, mais il me semble que l’état-propriétaire, disons sous contrôle démocratique (c’est imparfait, mais il n’y a pas mieux sans doute), est censé en fair bon usage! De plus, les taxes, dûment prélevés en monnaie anticrise, seraient réinvestis pour désendetter l’état et pour réaliser les infrastructures nécessaires. Acessoirement, tous les impôts pourraient baisser par ailleurs, ce qui ne pourrait que stimuler l’économie. pour les recettes d’un état, il faut simplement veiller que les ressources et les dépenses s’ajustent. Nous en sommes loin actuellement, les déficits sont devenus ingérables!

    alfeel: »Et le pompon c’est d’invoquer de nouvelles taxes! Si vous êtes capable de taxer les matières premières, l’immobilier, et les transactions boursières au volume (taxe tobin), et éradiquer les paradis fiscaux, vous n’avez pas besoin de monnaie fondante. »

    jf: il me semble que de telles taxes sont en effet marginales si on les compare à la « taxe » que prélèvent les capitalistes actuellement! Avec la monnaie anticrise (fondante comme vous dites), l’économie se trouve très soulagée, et instaurer ensuite des taxes qui nous protègeraient d’autres situations monopolistiques ne serait qu’un pas de plus, nécessaire, vers un meilleur équilibre durable.
    Au fond, où est écrit que les biens naturels doivent profiter seulement à quelques uns?
    Le principal reste toujours ceci: en évitant les blocages inhérents au système monétire actuel, prtiquement tous les problèmes, écologiques et sociaux, deviennent facilement solubles durablement!
    jf

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    28 juin 2009 à 11:23

    « En effet, peu à peu, on s’est apercçu que la valeur de la monnaie ne devait surtout pas dépendre de l’or! L’étalon or est une “relique barbare” comme disait Keynes! Heuresement que Nixon a fait cela!  »

    C’est vrai que les systèmes de monnaie pleine sont un peu archaïque et traduise des systèmes ou la confiance ne règne pas vraiment. En clair, celui qui détient une monnaie ne parait pas complêtement sûr qu’avec, il pourra obtenir un bien/service équivalent … il veut donc un gage supplémentaire : c’est precisemment l’or contenu dans cette monnaie , sorte de gage supplémentaire au contrat social contenu dans cette monnaie (Contrat qui stipule qu’avec , on peut obtenir ce que l’on souhaite)

    Bref la monnaie pleine est une nécéssité dans les pays où l’état de droit est absent ou bien où règne la confusion économique.

    De plus, en monnaie pleine, on soumet la quantité de monnaie à celle de l’or (quoique qu’on pourrait décider que l’or ait précisemment la valeur de la totalité des richesses et donc mon argument tombe !)

    Mais le problème est, me semble-t-il que dans ce système la collecte de l’épargne pouvait être un problème : car tout projet d’envergure tel qu’on est habitué à le concevoir (dans nos sociétés capitalistes) nécéssite au départ une concentration d’épargne ! Sans concentration d’épargne rapide pas de dynamisme économique (Rend-il plus haureux est une autre affaire)

    Et si le capitalisme nait au XVIe siècle en Italie c’est parce que c’est là que les banquiers se sont affranchis , de façon génialement malhonnête et astucieuse , de cette contrainte, en décorrelant le crédit d’une épargne pré-existante puisqu’ils ont prêté plus qu’il n’avaient en dépôt !

    Ils sont ainsi allés à l’essence conceptuelle de la monnaie : un droit anticipatif à prendre à condition de rendre

    (Ex-nihilo/Destruction , pour aller vite et de façon globale , car dans le cas d’un prêt spécifique, n’est ‘détruit’ du crédit que la partie assise sur la propre ‘monnaie de la banque’ : autrement dit , bien sûr, on n’a jamais une banque bruler et faire disparaître la part de dette que vous lui remboursez en monnaie sonnante et trébuchante, sous prétexte de respecter le retour au néant de toute monnaie créée ! )

    Alors bien sûr, l’idéal de la monnaie moderne c’est d’avoir un ‘crédit’ en quantité suffisante avec les variations idéales pour une économie à developpement optimale , d’être donc au service d’une économie croissante , donc de l’homme !

    Mais ça c’est l’idéal. (Encore qu’on puisse discuter cet idéal du progrès permanent qui consiste surtout à consommer de l’inutile inutile -car il y a un inutile très utile-)

    C’est l’idéal , mais la réalité est en fait autre
    Car à Bretton Woods Keynes a perdu et que toutes les monnaies ont été de fait rattaché au dollar , lui même rattaché à l’or. Et que cette période a plutôt été faste et sans problèmes issus de la monnaie, qui a donc bien été un outil.

    Et par contre, depuis le coup de force de Nixon, on observe que la succession de politique monétaire n’est pas maîtrisée. Et qu’elle a abouti , au contraire à faire du dollar la nouvelle relique barbare, piètre relique qui a donné aux USA une suprématie puisque que cela les a affranchi de toute obligation du « rendre » après le « prendre » . Les USA ont bien ‘volé’ le reste du monde puisqu’ils ont financé leur train de vie par simple émission de leurs bons du Trésor.

    La réalité c’est aussi que le contrôle général du crédit bien plus bridé avant les années 75 n’a jamais abouti à un excès d’endettement généralisé et permanent. Le crédit sert d’abord à investir . Il est aborbé par l’économie de production.
    Par contre , à partir du moment ou la culture du crédit se répand, la production ne pouvant ‘absorber’ cet excès de monnaie, c’est le début des effets de bulle (variété cancéreuse de l’inflation) , de fausse richesse illusoire, alimentant donc de nouveaux crédits produisant de la spéculation et une croissance malsaine à plus d’un titre , et nous amenant à la pyramide de dettes d’Allais

    Voilà la conclusion de la politique monétaire du couple infernal Friedmano-keynésien.

    Bref si la relique barbare n’a conceptuellement plus lieu d’être, elle conserve toutefois cet avantage de brider la création monétaire de façon peut-être plus efficace et plus saine qu’ une politique monétaire basée sur des tripotages anarchiques des taux et des déficits budgétaires qui s’accumoncellent sans fin (produisant toutefois de bonnes affaires pour certains)

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 11:38

    @opposum qui a écrit:

    « Nous sommes dans un système à monnaie symbolique où la monnnaie n’est ni pleine ni gagée.
    Cependant , il faut bien que la monnaie soit introduite à un moment donné, en des endroits donnés, selon des procédures et des règles faisant sens. La monétisation d’actif est l’une de ces possibilités , même si le terme est à présent mal choisi. »
    jf: oui, il est mal choisi, et comme vous écrivez: « il faut bien que la monnaie soit introduite à un moment donné », et ceci sefait par la vente ou le age d’un actif! Cet actif a un prix, celui du marché, et rien ne peut le garantir! D’où le problème de dire qu’une maison est monnaie! Pour ce qui est de l’or, je suis d’accord avec ce que vous rappelez;

    oppossum « Autre chose : H. Creutz , peut toujours affirmer ce qu’il veut concernant une comparaison avec les années 50, rien ne dit que c’est précisemment parce que les banques avaient moins de dépôts qu’elles ‘prêtaient’ moins (ils pourraient y avoir de multiples autres raisons difficilement appréhendables 50 ans après) , et même si un lien d’une certaine causalité est concevable (se méfier des causalités) , il ne prouve en aucun cas que le ‘ex-nihilo’ du système bancaire n’existe pas. »
    jf: En tout cas, cela est confirmé par Paul Jorion qui a travaillé dans les prêts immobiliers américains: sans fonds en dépôt, pas de preêt! Et les documents bancaires allemandes de ces années l’ffirmet clairement aussi!
    Il n’est un secret pour personne que les avoirs monétaires ont cru beaucoup plus vite que la croissance économique (le PIB) depuis 1949, ceci prouve, au moins, que les fonds à prêter sont devenus très abondants.
    Que voulez-vous que les banques fassent avec ces dépôts que, dûment, elles remunèrent aux épargnants? Elles doivent les prêter, donc placer! Sinon, elles perdraient beaucoup d’argent!
    Rien ne prouve cependant le « ex nihilo » des banques, car elles pourraient alors « s’en foutre » d’être remboursées! D’autre part, quelle confiance pourrait-on accorder à un banquier magicien? Je le répète: le refinancement est permanent, c’est un fait têtu!
    Le « ex nihilo » a seulement germé dans l’imaginaire de quelques économistes, mais cela ne fait absolument pas sens! J’ai très envie de « capituler » sur ce point, car je sens bien que la croyance en le pouvoir « magique » des banquiers est telle que tous les arguments de bon sens ne peuvent être reçus! Cette même croyance, une sorte de « supposé savoir » comme dirait la psychanalyse, accorde alors les salires extravagants aux banquiers, alors même que les banquier n’auraient qu’à créer « ex nihilo » tout ce qu’ils veulent?

    oppossum: « PS/ J.F : vous êtes extraordinaire dans le sens où on a l’impression que vous raisonnez courbe : on suit votre raisonnement , mais par une multitude de petites distorsions ou brisures de raisonnement ou encore l’utilisation de termes légèrement inadéquats -si je peux me permettre-, ou enfin par affirmations d’évidences ou vérités … qui n’ont aucun rapport clair avec le fond de la question, on se retrouve, finalement, à l’envers des choses comme dans un ruban de Möbius ! Bon je dis cela sans malice et avec

    PS2/ Prochain film catastrophe : ” Le jour où la monnaie fiduciaire n’existera plus ! ”
    … ” la monnaie scripturale disparaîtra !”
    Amen »
    jf: je suis désolé de cet effet, je reconnais que je glisse et dérive parfois, me laissant entraîner par mon élan!
    N’hésitez-pas pas à me pointer ce défaut, je l’admets.
    La comparaison avec la bande de moebius me plaît assez, car, c’est vrai, tout est ainsi lié, et on glisse de l’endroit à l’envers sans se rendre compte!
    Au moment où on raisonne avec une monnaie qui doit toujours passer de main en main pour être monaie, tout s’articule ainsi autour!
    merci beaucoup pour vos remarques!jf

    pour le lien entre monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale: c’est bien « moebiusien! »

    Répondre
  • Allfeel dit :
    28 juin 2009 à 12:12

    @johanne Finch
    Merci d’avoir pris le temps de me répondre plus précisément
    D’apres ce que j’ai lu de gesel la monaie anticrise revient tout simplement dans les faits a imposer le capital quelqu’il soit.
    Ca n’a a mon avis rien de révolutionnaire et ca n’est pas pret d’arriver vu que nos gouvernements sont ultraconservateurs
    a gauche comme a droite.Ca revient a valoriser le travail et a dévaloriser le capital.Et donc a rendre inutiles les banques vu que le particulier aurait plus interret a se faire verser des traites chaque mois plutot qu’un capital a la suite d’une vente immobilière comme ca pourrait etre le cas en cas de forte inflation (une traite revalorisée serait nécessaire).
    Cela dit l’impot sur le capital c’est ce qui se passerait en cas de création massive de monnaie par les états dans les fait c’est sans doute ce qui va finir par arriver , sans monnaie de crise ni nouvelle taxe , en prolongeant ce traitement indéfiniment on obtient le meme résultat qu’une monaie de crise seul le travail permettrait de vivre et la monnaie deviendrait quelque chose dont on doit se débarasser au plus vite, et les dettes seraient vite remboursées comme aux meuilleurs jours de la république de weimar

    Répondre
  • fujisan dit :
    28 juin 2009 à 14:43

    @johannes finckh
    Votre entousiasme vous fait déborder du sujet…
    Les années 50-60, c’était en plein dans les 30 glorieuses. Forte croissance économique, plein emploi… Qui permettait à chacun, riches comme pauvres, d’avoir sa part du gâteau, car celui ci gonflait vite. Il n’était pas nécesaire de s’endetter au delà de toute raison pour satisfaire à ses besoins (ou envies instiguées par les publicitaires). Après on connait l’histoire. J’arrête ici la discussion stérile sur ce point.

    Pour revenir au sujet, à savoir la création monétaire, Paul Jorion m’a objecté ce qu’il a observé. Je continue à penser que c’est une cas particulier. C’était en pleine bulle immobilière qui s’apparente assez à la fraude pyramide de Madoff: Prêts Ninja, « liar loans »… Les « teaser rate » dont les faibles rentrées ne permettent pas de financer les énormes besoins en liquidités. On tel empilement pyramidal est toujours voué à s’ecrouler dès qu’on ne trouve plus assez de nouveaux venus.

    Mais on ne peut généraliser ce cas particulier. Encore moins si on considère l’ensemble du système bancaire, après consolidation, toutes banques confondues, y compris les BC. Ici la question de liquidités n’a plus lieu d’être.

    Je constate que vous ne répondez pas à nadine [27 juin 2009 à 15:32]. Dont les deux exemples montrent qu’il n’est nul besoin d’avoir une épargne préalable. Soit les dépôts sont compensensés entre les 2 banques, soit cela reste au sein de la même banque.

    Répondre
  • logique dit :
    28 juin 2009 à 20:51

    @johannes finckh,

    vous avez raison de dire que les banques ne prettent que ce qu’elle peuvent emprunter. Par contre comment être sur qu’elle ne prette pas de l’argent issus d’un crédit. Je vous propose le petit scénario suivant pour essyaé de vous convaincre qu’il y a bien création monnaitaire a partir du crédit.

    La banque 1 a 1000 de dépot, elle fait un credit a A qui achete a B. B va poser sont chéque dans la banque 2 et la banque 2 fait un crédit a C qui achéte a D. D depose son chéque dans la banque 3.

    Dans se petit example ont se rends bien compte que les 1000 de depart ont deja permis de faire 2 crédit de 1000. La somme total des dépots et toujours 1000 alors que le crédit et deja a 2000. Hors B et D ont chacun 1000 qui peuvent depenser a tout momment. Il y a bien eu création monnaitaire.

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    28 juin 2009 à 21:40

    @ Logique
    Je crois que JF ne nie pas la création monétaire ex-nihilo mais qu’il la réserve uniquement à la à la banque Centrale
    Et il pense que la banque ‘privée’ n’est qu’un recycleur d’épargne.
    Bon finalement , c’est ce que pense aussi ma coiffeuse . Et quand elle me parle et que ses seins font la voltige autour de moi, elle me fait douter de tout …

    @ johannes finckh
    Merci de votre lecture!

    Je suis bien d’accord avec vous : toute banque « utilise » la base de ses dépôts. Mais il me semble clair que la banque ne subordonne pas l’octroi d’un crédit à la présence d’un dépôt de même montant .

    Je ne conteste pas le fait, également, que la monnaie se dépréciant avec le temps, chaque ‘propriétaire’ aura tendance , lorsqu’il ne s’en sert pas, à la prêter avec intérêt, et que donc, une partie du ‘crédit’ est bien assis sur une épargne préalable volontaire.
    Et donc que oui, l’argent a une tendance naturelle à se recycle lui-même dans ses laps de temps dormants : la proportion de ce recyclage dépend de la disponibilité que je tiens à garder sur lui …

    Mais vous conviendrez qu’il faut bien initier le mouvement , car par définition une épargne préalable ne peut pas sortir du néant pour assoir du crédit , et qu’il faut bien un ex-nihilo de départ.

    Je suis d’accord avec vous que c’est sur la base de ce ex-nihilo de départ que ce construit la masse monétaire par prêts successifs . Mais cet ex-nihilo fonctionne bien au travers des banques , en permanence et je dirais, de façon invisible : car lorsqu’ un prêt est accordé , comment savoir à l’avance quelle en sera la partie à abonder en monnaie fiduciaire externe à la banque ? , la partie qui fuira dans une autre banque ? et la partie qui restera en monnaie de banque propre ?

    Bien entendu, vous pourriez (puisque cet ex-nihilo vous gêne) considerer le ex-nihilo comme une étourderie de la façon suivante :
    Posons que le banquier croit qu’il fait du ex-nihilo ! , mais qu’ en fait dans la pratique, de multiples contraintes l’obligent en réalité à ne prêter que ce qu’il aurait en « dépôt » … mais comme il est persuadé de faire du ex-nihilo, il prêterait finalement , en fait, plus … de la même façon que les banquiers italiens du XVIe arrivaient à prêter sous forme de lettres de créances ou autres certificats, bien plus qu’ils n’avaient en quantité d’or.

    Il y a bien « fausse » monnaie d’une certaine façon , mais une fausse monnaie qui est correctement « détruite/remboursée » devient par là même de même nature que de la monnaie officielle. L’important étant uniquement que les signes monétaires prêtés soient rendus : par ce retour l’emprunteur signfie qu’il a rendu à la société l’équivalent de biens et services dont il avait profité en utilisant la monnaie du prêt.

    Le ex-nihilo n’est donc pas réservé à la Banque Centrale qui fournirait la base sur laquelle tout serait édifié. C’est même le contraire plutôt. Sauf que , cette monnaie ayant une sorte de préférence du public, et un statut légalement supérieur, la BC peut effectivement , par son prix et le jeu des reserves fractionnaires ou autre coefficient , contrôler les variations du crédit accordé à l’économie.

    Bien entendu , globalement il y a toujours une certaine égalité ou équivalence entre l’ensemble des créances et des dettes, entre les dépôts et les crédits. Mais cela ne nous dit rien du mouvement du petit moteur qui donne sa logique à l’ensemble et qui est bien situé au niveau des banques .

    C’est vrai que c’est difficile à conceptualiser . Mais comme dit Paul, il faut chercher un modèle explicatif qui rende compte du maximum de choses.

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 22:33

    réponse à alfeel qui a écrit: @johannes Finckh

    « Merci d’avoir pris le temps de me répondre plus précisément
    D’apres ce que j’ai lu de Gesell, la monnaie anticrise revient tout simplement dans les faits a imposer le capital quel qu’il soit. »
    Réponse jf:
    Il faut voir de cela de près:
    Puisque vous avez lu Gesell, ce sera peut-être plus facile pour échanger. J’essaye d’exposer ce qui se passe avec la monnaie anticrise.
    En fait, la monnaie anticrise fait une seule chose, qui n’est pas mince: Cette mesure obtient tout d’abord que la monnaie ne soit plus capital, plus précisément, elle pourra toujours être capital, mais elle ne sera plus le capital éternel et « absolu »!
    Je m’explique: Tant qu’un individu a besoin d’un crédit pour investir, la banque lui demandera certainement un intérêt pour couvrir ses risques et pour « profiter » d’une situation de marché où le demandeur serait l’emprunteur.
    Si, en même temps, la monnaie circulante est construite comme la monnaie anticrise, cela implique que le détenteur de monnaie réduira autant qu’il pourra les frais de garde inhérents à cette monnaie, et il portera ce dont il peut se passer à la banque pour épargner. La banque souhaite recevoir cette monnaie, car elle a un emprunteur.
    La banque sait aussi que le déposant souhaite déposer ses liquidités disponibles, on peut donc raisonnablement supposer que le souhait du déposant d’être rémunéré et celui du banquier de soulager le déposant débouchera sur une sorte de négociation d’un compromis qui tournera sans doute autour d’un zéro% (+ou-1 selon le « marché » sans doute, mais là, il faudrait surement « expérimenter un peu » pour voir ce qui se passerait en pratique.
    Il reste vrai que la « rémunération » pour le déposant serait déjà une rémunération appréciable quand la banque lui propose de lui réstituer l’intégralité de son dépôt au terme convenu, disons un an par exemple. Le déposant aura ainsi réussi à passer le « mistigri » à la banque qui, elle, se trouvera avec le dépôt grevé de frais de garde, tout en conservant son avoir intact (sans intérêts cependant).
    Dans la situation donnée, la banque a cependant un emprunteur susceptible de le soulager de ce dépôt, car l’emprunteur a besoin de cette monnaie pour réaliser son projet d’investissement.
    Il y aura alors, là aussi, une sorte de négociation où la banque veut prêter « pour ne pas avoir les frais de garde » et l’emprunteur veut emprunter et accepte donc de soulager le banquier, et en tant qu’utilisateur rapide de cet emprun, il ne craint pas trop les frais de garde, évidemment. Il y a, evidemment aussi des risque au niveau de la somme prêtée indépendamment des frais de garde, car l’emprunteur peut aussi faire de mauvaises affaires.
    Quoi qu’il en soit, le banquier a en dépôt ce dont l’emprunteur a besoin, et il lui laissera cette somme alors moyennant un intérêt plus réduit qu’avec la monnaie traditionnelle, car le banquier a obtenu lui-même ce dépôt moins cher, et il cherche seulement à facturer l’assurance risque (et une éventuelle inflation, mais celle-ci aura disparu, en principe, avecla monnaie anticrise comme vous le savez, puisque vous avez lu Gesell).
    Il subsiste donc certainement un faible intérêt résiduel en régime anticrise, cette hypothèse me semble la plus réaliste.
    Ceci dit, tout le capital n’est pas pour autant dans cette situation, car l’investisseur dans un projet porteur fera toujours ses même profits commerciaux et productifs! Il aura simplement moins de frais financiers, ce qui n’est pas négligeable quand on mesure à quelpoint les frais financiers sont souvent le principal obstacle pour qu’un investissement soit rentable ou non!
    Il en résulte, qu’avec des frais financiers plus faibles, certains investissements à plus faible rendement mains néanmoins positifs pourraient se faire. cela est spécialemet le cas pour des projets durables et économes en termes environnementaux qui ne peuvent se faire en raison des frais financiers élevés.
    Il en résulte aussi un effet de relance économique indéniable, car les frais financiers plus réduits éviteront à eaucoup d’entreprises l’étranglement financier et permettrait aussi de sauvegarder davantage d’emplois et les revenus qui vont avec. Cela serait un effet de relance supplémentaire!
    A terme, cependant, on ne peut pas nier que le rendement du capital productif pourrait bel et bien fléchir comme c’est toujours le cas quand le climat des affaires est bon, simplement parce qu’il y aura es phénomènes de saturation sur le marché (Keynes avait exposé cela en terme de « baisse de l’efficacité marginale du capital » et Marx évoquait la « baise tendancielle des taux de profit ») Gesell expose cela à sa façon en disant que le phénomène de « rattrappage » de l’offre de biens et services par rapport à une demande stable en régime de monnaie anticrise sans inflation poussera inexorablement les marges des entreprises a voisinage de zéro.
    Il y aurait bien une chute du rendement du capital productif avec Gesell, mais il ne s’agit pas, selon moi, d’une taxation de la même nature que celle de la monnaie circulante.
    Et le travail ne s’arrêtera pas pour autant, car il s’agira tut de même de mintenir le niveau de production.
    Par contre, nous nous dirigerions vers une situation de plein-emploi sans croissance et sans décroissance! Je vous l’exposerai mieux une autre fois.
    Je dis, en effet, la nature du capital et du capitalisme changerait de tout au tout avec la monnaie anticrise sans que le travail ou les bonnes idées ne soient pénalisées.
    Bien au contraire, les progrès technologiques et les bonnes idées subisteraient sans doute comme des sources de profit mérité!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 22:53

    réponse à alfeel (suite): alfeel écrit:
    « Ca n’a a mon avis rien de révolutionnaire et ca n’est pas prêt d’arriver vu que nos gouvernements sont ultraconservateursa gauche comme a droite. Ca revient a valoriser le travail et a dévaloriser le capital. Et donc a rendre inutiles les banques vu que le particulier aurait plus interêt a se faire verser des traites chaque mois plutôt qu’un capital à la suite d’une vente immobilière comme ça pourrait etre le cas en cas de forte inflation (une traite revalorisée serait nécessaire). »
    JF répond:
    Votre analyse me semble correcte en partie, vous avez raison quant au conservatisme ambiant que j’étendrais notamment aux intellectuels et aux économistes qu’il faut sans doute convaincre en premier, afin que ces idées puissent devenir « populaires ». Si on obtient un succès populaire et médiatique, je parie que des hommes politiques sont susceptibles de s’en saisir, car leur rôle est d’être élu, je suppose…
    Quant au rôle des banques, je pense qu’un système monétaire aura toujours besoin d’un bon système bancaire, et la monnaie anticrise n’est aucunement « antibanque »!
    Il me semble qu’il y a là encore de la clarification à faire!
    Les « errements » des banques actuellement ne sont pas dues, à mon sens, à la « perversité » ou à la « mauvaiseté » congénitale et intrinsèque des banquiers qui seraient « les profiteurs exclusifs » du système capitaliste! Mon analyse ne valide absolument pas cela! Je l’ai souvent répété, les banques ont agi et agissent encore comme elles font parce que les rendements monétaires exigés par les déposants (les plus fortunés notamment) exigent d’être servis en intérêts. Et tout homme est soucieux de ses acquis et de ses avantages, ce qui implique aussi que les plus riches ne sont pas des personnes plus mauvaises ou meilleures que les autres, à mon sens. Mais ils sont en position de profiter! Vous et moi, nous en ferions peut-être autant si nous étions à ce point riches (ce qui nest pas mon cas!). Tout ce que nous observons est une conséquence directe et exclusive de la monnaie actuelle, thésaurisable et VALEUR REFUGE ULTIME! Cet état de fait entraîne tous les effets capitalistes et nous mènent directement dans le mur!
    Il me semble dangereux de stigmatiser les banques comme la cause du mal quand c’est la monnaie actuelle elle-même qui est cette cause là!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 23:13

    @ fujisan et à nadine:
    c’est vrai que je m’absentais (il fait très beau et chaud à bordeaux aujourd’hui), mais mon intention était bien de répondre aussi à nadine! Merci à Fujisan de prendre soin de Nadine, c’est très galant!

    Nadine a écrit ceci:
    « J’ai beau essayé de vous comprendre en lisant vos très nombreux commentaires, je n’y arrive pas.
    Pouvez-vous, si vous le souhaitez, répondre à cette question pour m‘éclairer:
    Si une banque A accorde un crédit à X de 1000 euros qui finit en dépôt dans une banque B pendant la journée et que le même jour la banque B a fait un crédit à Y qui finit en dépôt le même jour aussi dans la banque A, est-ce que les banques A et B ont eu besoin de l’épargne de quelqu’un pour financer leur crédit respectif ?
    Même question avec une seule banque lorsque le crédit retourne sous forme de dépôt dans celle-ci? »

    JF répond ceci:
    1)Le même jour, cela veut dire que A a bien pu se refinancer grâce au dépôt effectué par Y, si j’ai bien lu. Je pense que nous sommes d’accord.
    2)Quant à la banque B, elle aussi a ainsi pu se trouver en équilibre, apparemment
    3)Bilan: X doit 1000 à A et B doit 1000 à X; Y doit 1000 à B et A doit 1000 à Y.
    Pour une seule banque, cela donne: X ne doit rien, et Y ne doit rien, car ils ont emprunté et remboursé le même jour.
    Je ne vois pas dans de tels exercices une quelconque créattion monétaire! Ni même, sérieusement de crédit, car un emprunteur ne redépose pas aussitôt ce qu’il emprunte mais réalise un achat par exemple. Financer des crédits remboursables dans la journée ne me semble pas faire sens!
    Et dès que vous allongez les délais à plusieurs jours, cela nécessitera des compensations entre les banques, vous le savez bien!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    28 juin 2009 à 23:33

    @ fujisan qui écrit ceci:
    « Votre entousiasme vous fait déborder du sujet…
    Les années 50-60, c’était en plein dans les 30 glorieuses. Forte croissance économique, plein emploi… Qui permettait à chacun, riches comme pauvres, d’avoir sa part du gâteau, car celui ci gonflait vite. Il n’était pas nécesaire de s’endetter au delà de toute raison pour satisfaire à ses besoins (ou envies instiguées par les publicitaires). Après on connait l’histoire. J’arrête ici la discussion stérile sur ce point. »
    JF: Dommage, car, dans ces années-là, on a dû emprunter néanmoins beaucoup pour reconstruire par exemple l’Allemagne! Et Creutz rappelle que les capitaux manquaient bien souvent! Mais ok, revenons au présent!

    fujisan:
    « Pour revenir au sujet, à savoir la création monétaire, Paul Jorion m’a objecté ce qu’il a observé. Je continue à penser que c’est une cas particulier. C’était en pleine bulle immobilière qui s’apparente assez à la fraude pyramide de Madoff: Prêts Ninja, “liar loans”… Les “teaser rate” dont les faibles rentrées ne permettent pas de financer les énormes besoins en liquidités. On tel empilement pyramidal est toujours voué à s’ecrouler dès qu’on ne trouve plus assez de nouveaux venus. »
    JF: je remarque que vous pointez pertinemment « les faibles rentrées », et vous accordez à Paul qu’il a raison dans ce cas

    fujisan:
    « Mais on ne peut généraliser ce cas particulier. Encore moins si on considère l’ensemble du système bancaire, après consolidation, toutes banques confondues, y compris les BC. Ici la question de liquidités n’a plus lieu d’être. »
    JF: c’est encore vrai et vous le dites: les BC sont intervenus massivement dans tous les cas de risque systémique! Il n’empêche que la seule « création ex nihilo » est celle des BC, la Fed notamment qui a acheté des actifs « toxiques », c’est-à-dire du VENT! en échange de vrais dollars! Des liquidités supplémentaires existent donc bel et bien maintenant sans contrepartie sérieuse. Cette situation serait HYPRINFLATIONNISTE si ces liquidités devaient quitter les comptes des banques tenus dans les banques centrales, ce qui n’est guère le cas actuellement!
    Autrement dit, ces liquidités créées sont gelées! On peut même dire qu’elles n’existent pas pour l’instant d’une certaine façon! Cette façon d’agir revient à autant de thésaurisé!
    Mais, encore une fois, les banques elles-mêmes n’ont rien créé, mais je vous concède que la situation a contraint les banques centrales d’intervenir comme elles ont fait!
    Tout cela parce qu’elles n’émettent pas une monnaie anticrise!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    29 juin 2009 à 00:11

    @logique qui écrit ceci:

    « vous avez raison de dire que les banques ne prêtent que ce qu’elles peuvent emprunter. Par contre comment être sûr qu’elles ne prête pas de l’argent issu d’un crédit. Je vous propose le petit scénario suivant pour essyer de vous convaincre qu’il y a bien création monnaitaire a partir du crédit.
    La banque 1 a 1000 de dépôt, elle fait un credit à A qui achete à B. B va poser son chéque dans la banque 2 et la banque 2 fait un crédit à C qui achéte à D. D depose son chéque dans la banque 3.
    Dans ce petit exemple ont se rend bien compte que les 1000 de départ ont deja permis de faire 2 crédits de 1000. La somme totale des dépôts est toujours 1000, alors que le crédit est deja à 2000. Or, B et D ont chacun 1000 qu’ils peuvent dépenser a tout momment. Il y a bien eu création monétaire.

    JF répond:
    B va poser son chèque à la banque 2. Notons que la Banque 1 doit donc payer ce chèque. La banque 1 n’a donc plus le dépôt! Comment payerait-elle, sinon, ce chèque?
    La banque 2 prête alors son dépôt (reçu de 1!) à C. C achète à D qui dépose le chèque à 3! Cela implique que la banque 2 a payé le chèque à la banque 3, et le dépôt est dans la banque 3!
    Dans ce petit exemple, rectifié ainsi, on se rend bien compte que les 1000 de la banque 1 sont passés à la banque 2, puis à la banque 3.
    On note aussi que A doit les 1000 à la banque 1 que la banque 1 a payé à la banque 2! logique, non?
    On note aussi que C doit les 1000 à la banque 2 que la banque 2 a payé à la banque 3!
    B a un crédit de 1000 auprès de la banque 2, exact
    D a un crédit de 1000 auprès de la banque 3, exact aussi!
    B et D peuvent dépenser ces crédits, oui, mais ils ne l’ont pas encore fait! En vendant, B et D récupèrent ce qu’il ont avancé, sous forme d’avoir bancaire (monnaie girale).
    Les situations de B et de D ne sont cependant pas identiques
    Si B veut acheter avec ses 1000, la banque 2 doit payer et sortir 1000 aussitôt! Elle doit donc les récupérer AILLEURS!
    Pour D, la banque 3 peut payer, car elle a reçu les 1000 de la banque 2.
    Pour accorder les 2000 en crédit, cela ne marche que si B n’achète pas. Si B achète, il est certain que 1000 entrent aussitôt dans la banque 2 en venant d’AILLEURS!
    CQFD!
    Il n’y a pas de création monétaire possible via le crédit! logique, non?

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    29 juin 2009 à 01:06

    @oppossum: je vis la même expérience avec ma coiffeuse, elle est délicieuse! Vous voyez, j’ai du succès avec ma théorie!

    Oppossum écrit ceci:
    « Je suis bien d’accord avec vous : toute banque “utilise” la base de ses dépôts. Mais il me semble clair que la banque ne subordonne pas l’octroi d’un crédit à la présence d’un dépôt de même montant. »
    JF répond:
    Vous avez tort! La banque se renseigne TOUJOURS si, oui ou non, elle peut financer tel ou tel prêt et dans quelles conditions! Iterrogez votre banquier, vous verrez bien! La banque dit NON si elle ne peut pas, ne trouvant pas à se refinancer dans des conditions acceptables pour elle!

    oppossum écrit
    « Je ne conteste pas le fait, également, que la monnaie se dépréciant avec le temps, chaque ‘propriétaire’ aura tendance , lorsqu’il ne s’en sert pas, à la prêter avec intérêt, et que donc, une partie du ‘crédit’ est bien assise sur une épargne préalable volontaire. »
    JF: pas une partie, la TOTALITE est simultanément épargné par d’autres via les banques!
    Oppossum:
    « Et donc que oui, l’argent a une tendance naturelle à se recycler lui-même dans ses laps de temps dormants : la proportion de ce recyclage dépend de la disponibilité que je tiens à garder sur lui … »
    JF: vous faites allusion à la thésaurisation. En effet, l’argent dehors (dans ma poche) ne peut être prêté, tout comme ne sont visiblement pas prêtés au public les avoirs bancaires enregistrés à la BC.
    oppossum:
    « Mais vous conviendrez qu’il faut bien initier le mouvement , car par définition une épargne préalable ne peut pas sortir du néant pour asseoir du crédit , et qu’il faut bien un ex-nihilo de départ. »
    JF: oui la dotation de la part de la BC! Je l’ai toujours soutenu! La monnaie centrale est émise pour amorcer le système!
    oppossum:
    « Je suis d’accord avec vous que c’est sur la base de ce ex-nihilo de départ que ce construit la masse monétaire par prêts successifs . Mais cet ex-nihilo fonctionne bien au travers des banques , en permanence et je dirais, de façon invisible : car lorsqu’ un prêt est accordé , comment savoir à l’avance quelle en sera la partie à abonder en monnaie fiduciaire externe à la banque ? , la partie qui fuira dans une autre banque ? et la partie qui restera en monnaie de banque propre ?  »
    JF: vous n’ignorez pas que les compensations sont quotidiennes voire plus pour des sommes importantes! Crise de confiance oblige!
    oppossum:
    « Bien entendu, vous pourriez (puisque cet ex-nihilo vous gêne) considerer le ex-nihilo comme une étourderie de la façon suivante :
    Posons que le banquier croit qu’il fait du ex-nihilo ! , mais qu’ en fait dans la pratique, de multiples contraintes l’obligent en réalité à ne prêter que ce qu’il aurait en “dépôt” … mais comme il est persuadé de faire du ex-nihilo, il prêterait finalement , en fait, plus … de la même façon que les banquiers italiens du XVIe arrivaient à prêter sous forme de lettres de créances ou autres certificats, bien plus qu’ils n’avaient en quantité d’or. »
    jf: je suis content que vous abordez le thème des banquiers italiens du XVIème siècle! Car cela démontre que, déjà, en dépit de la garantie qu’était l’or, ce n’était pas l’or qui circulait. Ce que les banquiers italiens prêtaient, comme nos banquiers aujourd’hui, c’étaient bien des créances, des sommes que les épargnants (déposants) déposaient chez eux et qu’ils evaient récupérer contractuellement à une date future! Comme pour nos banques maintenant! En attendant, les épargnants n’achetaien RIEN avec ces dépôts, car les emprunteurs achetaient avec les prêts consentis. Pour y voir clair, il convient de noter que tous les achats sont successifs dans le temps et que l’on ne peut acheter que ce qui existe réellement! Cette successivité des achats implique que la lettre de créance a changé de main à chaque échange! Et les lettres de créance circulaient bien à la place de l’or, tout comme les virements opèrent à la place de billets de banque, pas en même temps pour le même achat! Il est exact que la quantité de monnaie centrale nécessaire, tout comme autrefois la quantité d’or, serait beaucoup plus importante sans la monnaie girale, cela est évident!
    Mais la quantité de monnaie achetant effectivement est déterminée par es REVENUS, c’est-à-dire par les sommes qui « reviennent » aux particuliers. Pas de création monétaire supplémentaire via le crédit, car ce sont nécessairement des sommes que les épargnants n’ont pas utilisées tout de suite, ils ont donc sousconsommé par rapport à ce qu’ils auraient pu consommer!
    oppossum:
    « Il y a bien “fausse” monnaie d’une certaine façon , mais une fausse monnaie qui est correctement “détruite/remboursée” devient par là même de même nature que de la monnaie officielle. L’important étant uniquement que les signes monétaires prêtés soient rendus : par ce retour l’emprunteur signfie qu’il a rendu à la société l’équivalent de biens et services dont il avait profité en utilisant la monnaie du prêt. »
    JF: vous le dites très bien, en remboursant, le crédit est éteint (ou détruit!), mais cela implmique que le remboursé pourra à son tour consommer ou prêter à nouveau! Toujours pas de création monétare, ni vraie, ni fausse!
    oppossum:
    « Le ex-nihilo n’est donc pas réservé à la Banque Centrale qui fournirait la base sur laquelle tout serait édifié. C’est même le contraire plutôt. »
    JF: C’est faux! Le prêteur n’utilise pas lui-même la part prêtée! Vous savez très bien que les banques doivent « compenser » tous les jours!
    oppossum:
    « Sauf que , cette monnaie ayant une sorte de préférence du public, et un statut légalement supérieur, la BC peut effectivement , par son prix et le jeu des reserves fractionnaires ou autre coefficient , contrôler les variations du crédit accordé à l’économie. »
    JF: les banques aussi ont une préférence pour cette monnaie! Quant aux réserves fractionnaires, c’est encore un autre mythe! Il s’est totalement effeondré avec la crise systémique! Les banques prêtent ce que l’on leur prête! Et elles ont recours à la BC quand ça craque!
    Ce qui fait varier le crédit, ce sont les retraits massifs ou le ralentissement de la circulation monétaire dans la consommation des ménages!
    oppossum;
    « Bien entendu , globalement il y a toujours une certaine égalité ou équivalence entre l’ensemble des créances et des dettes, entre les dépôts et les crédits. Mais cela ne nous dit rien du mouvement du petit moteur qui donne sa logique à l’ensemble et qui est bien situé au niveau des banques . »
    JF: ce « petit moteur », comme vous écrivez, je ne le situe pas au niveau des banques mais au niveau de l’insolvabilité croissante des pls pauvres qui ne peuvent tout simplement plus emprunter, moyennant quoi les sommes disponibles « gèlent » en haut, faute de rendement suffisant! Actuellement, il vaut mieux parler de « frein »!
    oppossum:
    « C’est vrai que c’est difficile à conceptualiser . Mais comme dit Paul, il faut chercher un modèle explicatif qui rende compte du maximum de choses. »
    jf: Cela est peu-être plus simple que vous croyez! Si vous pouviez retenir que les banques ne créent pas et ne doivent pas créer de la monnaie, vous trouveriez bien plus simplement et plus logiquement les réponses!
    Je vous assure, pour expliquer tous les phénomènes monétaires, il n’est absolument pas nécessaire de solliciter ce pouvoir « magique » de la création monétaire via le crédit! Au nom de quoi les banques auraient-elles acquis un tel pouvoir régalien? J’irai plus loin: Elles ne l’auront JAMAIS, car cela serait la fin de la monnaie! Quand bien même toutes les universités du monde l’affirment, cela ne peut pas être! Encore plus loin: je crois que les banques ne voudraient surtout pas de ce pouvoir-là! Que vaudrait une telle monnaie?
    Le mystère vient du volume KOLOSSAL des avoirs montaires des uns, si colossal que les pauvres ne peuvent plus « jouer »!
    C’est comme le monopoly: le jeu s’arrête quand le gagnant a tout!
    jf

    Répondre
  • nadine dit :
    29 juin 2009 à 01:21

    @johannes finckh
    Merci, pour votre réponse mais vous ne répondez pas à la question.
    Ce n’est pas X qui fait le dépôt à la banque B c’est le bénéficiaire du crédit de X, je pensais que c’était évident! Idem pour Y.

    D’après vous en reconsidérant l’exemple donné les banques ont-elles eu besoin de l’épargne de quelqu’un pour financer leur crédit?

    Je vous mets sur la voie : Attention avec le refinancement, dans cet exemple il n’y en a pas besoin car les compensations interbancaires de fin de journée pour l’exemple des deux banques évitent à celles ci d’avoir à financer leur crédit en monnaie centrale.

    Essayer de répondre du mieux que vous pouvez et je pourrai vous aider à comprendre car je pense que j’ai compris où ça coince (pour vous).

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    29 juin 2009 à 02:00

    @nadine:
    ok, j’essaye!
    le bénéficiaire du crédit de X dépose dans la banque B, ok
    Il me semble que la banque A devra dès lors tranférer cette somme à la banque B.
    Il en résulte que la banque A a une créance sur X et a donc payé à la banque B cette somme qui a alors ce dépôt en plus.
    B prête à Y qui achète, et son vendeur dépose à A!
    A se fait alors payer par la banque B et tout semble en ordre! Pour les banques, c’est le point de départ!

    Par ailleurs, nous avons « le bénéficiaire du crédit de X » (a qui X a acheté quelque chose) qui a une créance sur la banque B.
    Le vendeur qui a vendu à Y détient alors une créance sur la banque B!
    Bilan:
    X+Y = somme des crédits accordés par les banques
    bénéficiaire du crédit de X + vendeur à Y = somme des avoirs bancaires.
    Ces deux montants sont identiques! Effectivement, les dépôts ont augmenté au même rythme que les prêts.
    On peut dire encore que ces crédits ont opéré deux transactions sans intervention de la monnaie centrale!
    Cela vous plaît ainsi?
    Si vous voulez m’apprendre que le commerce et l’économie peuvent tourner avec très peu de monnaie centrale, cela est évident!
    Si vous voulez dire qu’il y a création monétaire, cela est faux!
    Car cela tient du fait que les acheteurs ont acquis ce que les vendeurs ont vendu et que les vendeurs ont donc préfinancé ce qu’ils ont vendu, autrement dit, ils n’ont pas (encore) acheté autre chose avec!
    la demande effective reste rigoureusement stable lors de l’octroi d’un crédit!
    Le prêteur n’achète pas tant qu’il prête, l’emprunteur s’en charge!
    Il faut noter que les transactions sont des événements successifs, et un billet peut changer de main dix fois en une journée.
    Même chose pour une créance bancaire (c’est sans doute plus lent, mais peu importe!)
    Cela prouve que la vitesse de circulation de la monnaie peut être élevée ou basse.
    Cela prouve aussi que ce qui achète effectivement, ce sont des revenus, à savoir des sommes suie reviennent (de main en main). Toujours aucune création monétaire en vue!
    Les banques ne sont QUE DES INTERMEDIAIRES!
    J’admets que je bloque totalement là-dessus, car cela défie tout bonnement l’arithmétique! Je coince donc grave!
    Lisez ce que j’ai écrit à oppossum, et verrez où ça coince (pour vous).
    Très amicalement, jf

    Répondre
  • Paul Jorion dit :
    29 juin 2009 à 07:44

    Schumpeter le dit très clairement : la « création monétaire par les banques commerciales » est une image inventée pour offrir une façon « plus naturelle » (?) d’évoquer la vitesse de circulation du numéraire (voir mon billet).

    Cette image n’était pas innocente : les économistes de l’École autrichienne en avaient besoin pour une raison théorique : pour pouvoir justifier le (peudo-)théorème fondamental de l’équilibre : l’intérêt (taux monétaire) tend à être égal au profit marginal d’investissement attendu (efficacité marginale du capital) (voir Schumpeter [1954] 1983, Tome II : 457).

    Répondre
  • Anne.J dit :
    29 juin 2009 à 10:04

    @J.F . et P.J.

    Un vieil ouvrage, quelques points ont changé, mais le principe reste valable…
    Je tiens l’ouvrage complet à votre disposition ! « La banque de France et la monnaie »

    Extrait de l’introduction

    C’est pourquoi les pages qui suivent exposent, aussi simplement qu’il a paru possible, les bases et les principes de la politique monétaire, en même temps que les activités de la Banque de France.
    1er octobre 1977

    Extrait du CHAPITRE II

    LA CREATION MONETAIRE

    La création monétaire s’effectuait traditionnellement par l’intermédiaire d’opérations de crédit bancaire consistant à transformer des créances en moyens de paiement. Ce phénomène de monétisation des créances apparaît encore de façon parfaitement claire lorsqu’il est réalisé par l’escompte d’une lettre de change — ou traite — tirée, par exemple, à l’occasion d’une vente, par un industriel sur un commerçant en gros. L’industriel qui a besoin de monnaie cède la lettre de change à son banquier qui le crédite en compte de son montant, déduction faite d’intérêts.
    Actuellement la prédominance de l’escompte commercial a disparu, les banques préférant, pour des raisons de simplicité et d’économie, financer un ensemble de besoins plutôt que des opérations particulières. II n’en reste pas moins que, ce faisant, elles continuent à anticiper des rentrées de fonds dont elles versent aux créanciers une fraction plus ou moins importante.
    La monnaie ainsi créée est résorbée quand le débiteur principal fait face à ses engagements. La création monétaire se développe cependant car la progression de l’activité économique détermine un accroissement continuel du montant des concours acco -dés.
    Les organismes créateurs de monnaie sont les banques, le Trésor public et la Banque de France. Les développements qui suivent s’attachent à définir les rôles respectifs de ces divers organismes ainsi que celui d’institutions financières qui, sans créer à proprement parler de la monnaie, participent cependant au processus d’expansion monétaire. Le problème de la responsabilité de la création monétaire sera enfin évoqué.
    I – LES BANQUES
    A – LEUR POUVOIR DE CREATION MONETAIRE
    Contrairement à une idée encore trop répandue, la fonction des banques consiste beaucoup moins à collecter des dépôts dans le public qu’à créer de la monnaie au profit des entreprises, des particuliers et de l’État.

    Une banque pourrait même créer indéfiniment de la monnaie si les crédits qu’elle consentait servaient à régler des particuliers ou des entreprises ayant un compte chez elle. Le crédit accordé, inscrit à l’actif du bilan de la banque au fur et à mesure de son utilisation, a alors pour contrepartie l’augmentation, au passif, des disponibilités de la clientèle.

    Cette hypothèse extrême semble, à première vue, un peu caricaturale ; elle est cependant proche de la réalité si l’on considère l’ensemble du système bancaire car une très large part des paiements s’effectue bien en créditant des comptes bancaires. Il reste que, dans les faits, existent deux limitations.

    La première provient des transferts de fonds opérés lors de la création monétaire. Les comptes des bénéficiaires des règlements opérés par l’emprunteur seront parfois situés dans la banque qui a accordé le crédit mais, le plus souvent, ils le seront dans d’autres établissements.

    La seconde limitation provient de la transformation en billets de banque d’une partie de la monnaie créée. Le public, conformément à ses habitudes de règlement, maintient, du moins à court terme, un rapport relativement stable entre la monnaie qu’il confie aux banques et celle qu’il conserve en billets. Si la monnaie additionnelle est généralement créée sous forme de ‘dépôts, le comportement du public tend à rétablir rapidement la répartition habituelle entre billets et dépôts.

    Ces deux limitations n’ont pas la même portée. La première comporte une contrepartie : si la création monétaire d’une banque entraîne des transferts vers d’autres banques, les opérations de crédit réalisées par ces dernières provoquent un flux de sens opposé. Néanmoins, pour une banque déterminée, il n’y a pas nécessairement égalité entre les fonds reçus des autres banques et les virements qu’elle doit effectuer à leur profit, ce qui peut poser un problème de trésorerie. Mais si, au lieu de considérer une seule banque, on prend en compte l’ensemble du système bancaire, la limitation se borne aux transferts réciproques avec les chèques postaux ou le Trésor public et elle n’a guère d’effet contraignant ; parfois même la trésorerie bancaire est, au contraire, alimentée par des fonds originaires du secteur public. Tel est notamment le cas lorsqu’un déficit budgétaire est couvert par un concours direct de la Banque de France à l’État.

    Il en va autrement pour les billets que seule la Banque centrale émet et que les banques doivent se procurer auprès d’elle en lui cédant certains actifs. A la contrainte exercée sur les banques par les prélèvements en billets s’ajoute l’obligation, qui sera évoquée ultérieurement, de constituer des avoirs en compte à la Banque centrale.

    B – LES OPERATIONS BANCAIRES

    La création monétaire par les banques se réalise par trois voies principales : les crédits aux entreprises et aux particuliers, les concours à l’État, les achats de devises étrangères. Dans les deux premiers cas il s’agit de création monétaire interne directe par le crédit, dans le troisième de la transformation en moyens de paiement intérieurs de créances monétaires sur l’étranger.

    Répondre
  • Oppossùm dit :
    29 juin 2009 à 10:17

    @ JF
    Je vous avais écrit :
    “Je suis bien d’accord avec vous : toute banque “utilise” la base de ses dépôts. Mais il me semble clair que la banque ne subordonne pas l’octroi d’un crédit à la présence d’un dépôt de même montant.”

    Et vous m’avez répondu :
    « Vous avez tort! La banque se renseigne TOUJOURS si, oui ou non, elle peut financer tel ou tel prêt et dans quelles conditions! Iterrogez votre banquier, vous verrez bien! La banque dit NON si elle ne peut pas, ne trouvant pas à se refinancer dans des conditions acceptables pour elle! »

    JF, s’il en était ainsi, le mystère n’existerait pas ! Vous savez bien qu’il ne suffit pas d’interroger le banquier. Et je dirais même que beaucoup de banquiers ayant un peu théorisé leur pratique , penchent pour le ex-nihilo.
    Mais je veux bien vous concéder que la présentation explicative « excessive » par le ex-nihilo , arrange peut-être le banquier en justifiant qu’il soit récipiendaire de l’intérêt.

    Mais l’ambiguïté est dans votre réponse même : vous ne me dites pas que la banque vérifie qu’elle a en caisse la somme exacte pour laquelle un crédit est sollicité , mais qu’elle s’assure simplement qu’ « elle peut financer » … dans des « conditions acceptables ».
    Effectivement , la banque s’assure qu’elle dispose des munitions nécessaires et qu’elle est dans des conditions telles qu’elle peut faire face aux « fuites ». Et donc elle peut dire « non », bien sûr. Comme elle peut aussi dire « non » pour d’autres raisons liées à la solvabilité ou au risque pris …

    Ce mot d’ailleurs ,  » financer » est une partie de la clé de l’énigme et montre bien le flou qui entoure l’opération de ‘crédit’ ou de prêt. Il y a décorrelation entre le crédit et l’épargne. Le principe de conservation des quantités n’ est respecté que dans le temps, après coup.

    Enfin, vous créditez le ex-nihilo d’un caractère « magique » -pour mieux le réfuter ensuite- , qu’il n’a pas, même s’il est effectivement déconcertant de simplicité. On n’a l’impression que vous n’avez pas saisi que la banque ne peut pas se créer de l’argent à elle même. Une créance sur soi-même est vide de sens.

    Quoique je ne sois pas sûr que sur de très courts laps de temps, le système bancaire ne crée pas de la « monnaie » pour effectuer de la spéculation pure : la notion de ‘financement’ étant à présent reine, on finit par ne plus savoir sur quoi est assis un crédit. Bien entendu, il s’agit là , à mon avis, de préemption de valeur sans contrepartie d’aucune utilité : c’est donc du vol. Du vol basé probablement sur du ex-nihilo.

    Pas le temps de vous répondre pour le reste. Sur pas mal de points je suis d’accord avec vous
    Mais vous êtes dans l’erreur concernant la BC. D’ailleurs il est facile d’imaginer un système dont elle serait absente.

    Répondre
  • Moi dit :
    29 juin 2009 à 10:25

    @Anne.J : si je peux me permettre, ce que vous faites c’est comme brandir les saintes écritures face à quelqu’un qui vous explique par des arguments que la Terre remonte à plusieurs millions d’années..

    Répondre
  • Paul Jorion dit :
    29 juin 2009 à 10:33

    @ Oppossum

    « … beaucoup de banquiers ayant un peu théorisé leur pratique, penchent pour le ex-nihilo »

    Croyez-moi, ce ne sont pas ceux qui opèrent les transferts de crédits !

    Répondre
  • logique dit :
    29 juin 2009 à 11:04

    @JF,

    M’enfin si maintenant ont rajoute a ce qui a deja été dit que le montant des réserve de banque et une unité fractionnaire. Une banque qui a 1000 en depot peut emmettre pour 10000 de credit avec un ratio de 10. Hors si tout les banques en fond autant dans une même période données. Cela commence a faire beaucoup. Surtout que maintenant nous savons que le crédit se transforme en argent pour le vendeur. Ce qui revient a dire que la masse monnaitaire possible d’être mise en circulation aura été multiplié par 10.

    Ensuite ont peut facilement comprendre le role de l’augmentation des prix des actifs afin que le ratios des banques puisse s’équilibrer. Hors lorsque les actifs perdent de leur valeur le ratio de réserve va diminuer et nous amenner la ou nous en sommes actuellement. Devoir faire appel aux banques centrales pour qu’elle ré-équilibre le ratio de depot de réserve des banques

    Vue sous cette angle là, il devient maintenant trés difficille de ne pas voir de création monnaitaire. Pour qu’il ne puisse pas y avoir de création monnaitaire il faudrait que les ratio soit de 100% hors avec des ratio de 10%. Le banquier ne peut qu’être tenté de faire fonctionner la machine du crédit a plein régime et en flux tendu, un peut comme la production industriel.

    M’enfin je vous accorde que lorque les crédit sont remboursé, tout revient a la normale. Mais pour des crédit sur 20 ans par example. L’augmentation monnaitaire commence a la date ou le crédit a été accordé. Se qui implique que dans les 20 prochaine année l’augmentation de la masse monnaitaire impliquera une inflation. Hors aujourd’hui l’inflation est créer en même temps que l’augmentation des crédit, surtout en immo. Et que dans 20 ans ont risque d’avoir les mêmes prix. Ceci afin d’équilibrer quantité monnaitaire et quantité de produit dispo.

    m’enfin je ne rentre pas dans les produits a duré de vie trés courte comme les voitures, qui auront elle aussi fait monter la masse monnaitaire mais ou la contrepartie physique aura disparu. dans se cas il faut calculer l’inflation par rapport aux bien non durable.

    Répondre
  • fujisan dit :
    29 juin 2009 à 11:11

    @johannes finckh
    Je suis un peu trop jeune pour avoir connu les années 50-60, mais la structure, le paysage financier et économique a énormément évolué depuis. On manque de pleins d’autres éléments qui sont loin d’être négligables, entre autres le taux de réserve, les ratios de fonds propres, les transactions n’étaient pas (aussi) informatisées et prenaient plus de temps (dates valeur)… Voilà pourquoi je pense qu’il est stérile de vouloir décrire la situation actuelle comme celle de l’époque.

    Votre vision des banques, s’apparente assez à un fonds de placement qui n’aurait pas le status bancaire et qui est donc obligé de récolter tout l’argent avant tout financement. Mais les banques ont justement ce privilège de n’être pas obligées de récolter tout l’argent au préalable. Il y a bien une différence, ce privilège leur permet de prêter plus qu’elles ne récoltent.

    Savoir ce qui vient en premier épargne/dépôt ou prêt, c’est le problème de la poule et l’oeuf. Vu la multiplicité des transanctions, l’un et l’autre vont de pair. L’argent prêté est dépensé et redéposé par le vendeur. Pour une grande banque universelle, une grande partie de l’argent prêté lui revient, soit directement, soit indirectement par compensation.

    Le 29 juin 2009 à 01:06 vous dites:
    « on ne peut acheter que ce qui existe réellement »
    Là encore c’est la poule et l’oeuf. Néanmoins on peut financer que ce qui n’existe pas encore:
    Avant de construire une maison à crédit, on contracte d’abord l’emprunt qui sert à financer au fur et à mesure sa construction.
    Le marché des Futures sur les MP.
    On peut peut aussi emprunter pour payer des services sur mesure. Par ex: une opération chirurgicale, un prêt étudiant.

    Répondre
  • nadine dit :
    29 juin 2009 à 13:54

    @J.F

    Merci pour votre réponse:
    On sent que ce n’est pas facile pour vous mais c’est normal, ce n’est facile pour personne!
    Le système des compensations existe pour minimiser au maximum les besoins en monnaie centrale des banques c’est la raison pour laquelle dans l’exemple, en fin de journée, les banques A et B annulent leur dette respective l’une envers l’autre et n‘ont pas besoin d‘emprunter de la monnaie centrale.
    Donc je pense que vous avez compris qu’il n’y a pas eu besoin de l’argent d’un quelconque épargnant pour financer ces deux crédits. (Mais attention si une des deux banques venait à perdre les dépôts de ses clients, elle serait obligée de se refinancer). Tout ceci ne fonctionne que si les banques avancent au même pas comme disait Keynes.
    Les chiffres sont là pour le prouver : 10% environ de base monétaire pour 90% de monnaie scripturale, la vitesse de circulation de la monnaie ne peut pas expliquer pourquoi la monnaie scripturale totale est presque 10 fois plus importante que la base monétaire. (Je peux le démontrer).

    Vous écrivez: « Les banques ne sont QUE DES INTERMEDIAIRES!
    J’admets que je bloque totalement là-dessus, car cela défie tout bonnement l’arithmétique! Je coince donc grave!»

    Est-ce que c’est plus clair ?
    Je suis à votre disposition pour approfondir.
    Amicalement

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    30 juin 2009 à 00:08

    à annej.:Anne.J dit : 29 juin 2009 à 10:04 :

    Merci pour l’extrait que vous citez! je m’abstiens de le commenter, cela me dépasse!
    Je dis simplement que, tant que l’on confond « monnaie » et « avoir monétaire » (crédit, on peut tout dire et le contraire!
    Mais c’est comme additionner pommes et poires, ce qui reste interdit!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    30 juin 2009 à 00:14

    à oppossum: je sens que nos points de vues se rapprochent!
    vous écrivez:
    « Mais l’ambiguïté est dans votre réponse même : vous ne me dites pas que la banque vérifie qu’elle a en caisse la somme exacte pour laquelle un crédit est sollicité , mais qu’elle s’assure simplement qu’ “elle peut financer” … dans des “conditions acceptables”.
    Effectivement , la banque s’assure qu’elle dispose des munitions nécessaires et qu’elle est dans des conditions telles qu’elle peut faire face aux “fuites”. Et donc elle peut dire “non”, bien sûr. Comme elle peut aussi dire “non” pour d’autres raisons liées à la solvabilité ou au risque pris …  »
    jf: le risque pris, vous le dites! Pourquoi rembourser du « ex nihilo? »
    En fait, ne s’agissant JAMAIS du ex nihilo », la nécessité de rembourser est vitale! Sinon, la banque est de sa poche!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    30 juin 2009 à 00:28

    @oppossum qui écrit:

    Mais vous êtes dans l’erreur concernant la BC. D’ailleurs il est facile d’imaginer un système dont elle serait absente.

    jf: on peut imaginer un autre mode d’émission monétaire qui reste une fonction rgalienne, nous somme d’accord! Les banques centrales sont des créations récentes, encore exact! pourquoi ne créditerait-on pas à cahque nouveau-né, en signe de bienvenu, 1000 euros?
    Ce serait une façon sympathique de mettre la monnaie en circulation!
    Ceci dit, j’aimerais que vous m’expliquiez un peu mieux, je ne comprends sans doute pas tout là-dessus!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    30 juin 2009 à 00:36

    @fujisan qui écrit:

    Le 29 juin 2009 à 01:06 vous dites:
    “on ne peut acheter que ce qui existe réellement”
    Là encore c’est la poule et l’oeuf. Néanmoins on peut financer que ce qui n’existe pas encore:
    Avant de construire une maison à crédit, on contracte d’abord l’emprunt qui sert à financer au fur et à mesure sa construction.
    Le marché des Futures sur les MP.
    On peut peut aussi emprunter pour payer des services sur mesure. Par ex: une opération chirurgicale, un prêt étudiant.

    jf: oui, on paye le travail effectué au fur et à mesure, mais en payant cela, on n’achète pas autre chose, par contre, le chirurgien ou ‘étudiant peuvent s’acheter rapidement quelque chose avec la monnaie ainsi avancée!
    Je maintens donc: la monnaie achète toujours ici et maintenant, même s’il s’agit la confinance que l’on fait au chirurgien, à l’étudiant ou à l’avocat!
    En empruntant, le prêteur n’achète pas autre chose que l’espoir d’être remboursé.
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    30 juin 2009 à 00:47

    @ logique:
    vous continuez à confondre « monnaie » et « avoir monétaire! »

    L’avoir monétaire dépasse de loin la monnaie circulante, c’est évident! Mais cet avoir monétaire des uns est la dette d’autres!
    En achetant avec un tel avoir (pourquoi pas!), cela implique que les créances se déplacent, la banque paye dûment un chèque de 100 000 si mon compte est crédité d’une telle somme, mais doit se refinancer absolument.
    Toutes les opérations sont successives, les montants ne sont jamais crédité à deux personnes en même temps, alors,je refuserai toujours l’idée d’une « création monétaire »!
    Que les transferts de créances opèrent une très grande partie des éhanges, notamment les plus gros projets, n’impliquent pas la création monétaire! Le refinancement est toujours assuré, on ne peut sortir de ce cadre sous peine de tout confondre!
    jf

    johannes finckh dit :
  • 30 juin 2009 à 00:49

    @nadine:
    je capitule provisoirement! Je maintiens seulement qu’un avoir monétaire doit être distingué de la monnie en tant que revenu!
    jf

    Anne.J dit :
  • 30 juin 2009 à 07:57

    @johannes finckh
    Ne me dites pas que vous êtes dépassé par cet extrait de
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=3451#comment-30507 # La banque de France et la monnaie , je ne vous croirai pas! Dites seulement que vous êtes « ébranlé »…

    Ce que vous n’arrivez pas à intégrer c’est que, de la même manière qu’un fabriquant de chaussures a le « droit » de fabriquer des chaussures, une banque (catégorie des banques pouvant recevoir des dépôts bancaires à moins de 2 ans) a le droit de fabriquer, par un crédit ex nihilo (ce qui ne veut pas dire que c’est sans conditions ou obligations légales), « son » argent que vous accepterez ou non.
    (ce qui n’est pas exclusif d’un rôle complémentaire d’intermédiaire entre une épargne existante et un emprunteur, sur lequel elle a moins de risques en tant qu’entreprise)

    Pour pouvoir fabriquer cet argent, elle va devoir disposer néanmoins d’au moins 4 choses:
    – une demande d’un acteur non bancaire
    – une garantie équivalente (qu’elle portera en actif)
    – un contrat de prêt
    – un rapport de monnaie centrale (allez, 2% pour les R.O. , 12% pour les demandes de billets, et X% suivant sa position sur le marché; si elle a peu de retour dans ses caisses de sa monnaie scripturale X sera important… faible dans le cas contraire; c’est la nécessité de monnaie centrale pour assurer la compensation avec ses concurrentes)

    Denis Clerc (fondateur d’ »Alternatives économiques » ) écrit dans « déchiffrer l’économie »(p.163):

    Les banques créent de la monnaie très simplement. Lorsque le titulaire d’un compte obtient un prêt à court terme […] la banque inscrit au crédit du bénéficiaire la somme demandée (d’où le terme de crédit). Elle crée de la monnaie scripturale à partir de rien. Une inscription sur un compte lui a suffit.

    La banque est une société de services, dont le principal est de créer de la monnaie scripturale… c’est aussi simple que cela, même si le fonctionnement est un peu plus compliqué comme l’expriment les « vrais banquiers » (je ne parle pas du chef d’agence de Trifouillies les Oies ou à l’autre bout de la chaine des traders ou ingénieurs financiers)

    logique dit :
  • 30 juin 2009 à 11:10

    @johannes finckh,

    M’enfin un avoir monnaitaire reste aussi liquide que la monnaie qui est dans votre porte monnaie. Et le problème reste bien le fait que les avoirs monnaitaire ne fond qu’augmenter. Donc a partir du moment une une chose croit, c’est que sa quantité augmente. Et pour faire augmenter une quantité il faut bien passer par un acte de créations.

    Nier la création monnaitaire c’est invalider l’augmentation de la masse monnaitaire. Hors, je le répète si il y a augmentation il y a création. Sinon il va falloir que se qui est logique deviennent illogique. Et de continuer a créer la confusion alors que les choses sont malheureusement d’une évidence simple et logique de surcroit.

    Oppossùm dit :
  • 2 juillet 2009 à 08:58

    @ johannes finckh
    30 juin 2009 à 00:14
    Vous écrivez cette chose étrange en réponse à un de mes commentaires

    « jf: le risque pris, vous le dites! Pourquoi rembourser du “ex nihilo?”
    En fait, ne s’agissant JAMAIS du ex nihilo”, la nécessité de rembourser est vitale! Sinon, la banque est de sa poche! »

    J’ai l’impression que vous ne comprenez pas le ex-nihilo (pourtant celui de la BC fonctionne de la même manière)
    La nécéssité de rembourser du ex-nihilo découle du fait que sinon celui à qui on aura prêté aurait ‘pris’ (biens/services) sans ‘rendre’ à la société bien/service en valeur équivalente.
    Sinon , c’est du vol tout simplement. Dont la banque supportera le coût, ou plutôt, bien sûr dont elle cherchera à faire supporter le coût aux autres … si elle le peut.

    Dans le cas d’un prêt, celui qui supporte le coût d’un non remboursement est spécifiquement celui qui a prêté et en général il lui est beaucoup plus difficile de faire glisser ce déficit sur les autres.

    La planche à billet c’est quoi ? Du ex-nihilo qui ne sera jamais remboursé . Donc du vol au travers de l’inflation. En douceur. Bien sûr l’Etat volant un peu tout le monde , c’est tout le monde se volant … donc personne … enfin il faut analyser en finesse les transferts de valeurs car ce n’est surement pas neutre
    Bien entendu si l’état distribue ce surplus monétaire au système bancaire sans obligation de rembourser … ou à un terme tellement éloigné que ça n’a plus de sens , c’est le secteur bancaire, par expl, qui vole (encore ! ) le reste de la société .

    La nécéssite de rembourser est vitale. Tout signe monétaire . Sinon c’est du vol, la victime étant plus ou moins désignée suivant l’origine du ‘crédit’.

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    2 juillet 2009 à 13:57

    @je sens ue vous comprenez enfn!
    Juste encore une précision!
    Les renflouements des banques par la BC va sans doute, comme vous dites, dans les poches des banques en tant qu’institution!
    Physiquement, cependant, les banques ne sont que des intermédiaires, elles ne sont pas à protéger en tant que telles, mais plutôt le fait que les crises systémiques liées à leurs faillites pénaliserait les déposants, c’est-à-dire les créanciers de la banque!
    Et puisque ce sont surtout les plus fortunés, leur influence fait que l’on sauve les banques, car cela sauve leurs biens à eux!
    Et le non-remboursement lié aux débiteurs insolvables est ainsi « socialisé » comme il se doit dans le capitalisme: privatiser les gains, socialiser les pertes!
    Il faut cesser, à mon goût, de « taper » sur les banques comme si elles incarnaient la « mauvaiseté » comme telle! Cela est absurde!
    Je maintiens que les renflouements, qui ne servent guère à refaire des crédits nouveaux, serviront surtout à financer des retraits liquides et des positions d’attente en vue d’autres bulles spéculatives à venir! Toujours pour presser un peu plus le citron!
    En toute rigueur, les détenteurs d’actifs « toxiques » auraient dû être de leur poche comme les investisseurs dans madoff!
    Mais s’agissant des banques endettées auprès de leurs plus gros déposants (les vrais investisseurs, personnes physiques!) Warren Buffet par exemple!), les créanciers ont tout fait pour sauver les banques, car, cela, ils savent faire!
    Autrement dit, le « ex nihilo » consenti par la BC est tout à fait différent que l’ex nihilo des banques qui n’existe tout simplement pas!
    Et tant que les économistes s’embrouillent avec cela, ils restent les complices « à l’insu de leur plein gré » du grand capital et de la non réforme monétaire!
    Par leur incompréhension de ce qui se passe, il continueront encore longtemps à poser de mauvais diagnostics, du genre « personne n’a vu venir la crise »! et autres inepties, et à proposer de mauvais remèdes qi ratent l’essentiel, à savoir qu’il faut en finir avec la monnaie RESERVE DE VALEUR, notion incompatible avec le fait que la monnaie doit circuler inconditionnellement, pour en finir avec les crises systémiques, gigantesque organisation de racket et de chantage exercé par les plus riches!
    Si ma position est si marginale, le scandale est bien là, les universités, de par leur méconnaissance systématique des faits, sont les meilleurs alliés du capitalisme agissant!
    Tout comme le commuisme était, en son temps, un bon rempart et un exemple suffisamment repoussant pour conforter le capitalisme de la guerre froide!
    Autrement dit, le savoir universitaire actuel des siciences économiques, stérile et sans conséquences pratiques sur l’économie réelle, contribue à protéger puissamment la perversité capitaliste en n’éclairant pas les politiques!
    Dois-je rappeler que Nixon, ce voyou, a accompli un acte économique d’une vraie grandeur en rayant d’un trait la couverture or du dollar!
    Si on avait écouté les économistes, on y serait encore, et la crise systémique serait encore autrement plus violente si n devait encore s’emmerder avec l’or!
    jf

    Répondre
  • logique dit :
    2 juillet 2009 à 20:50

    @johannes finckh,

    Trés bon post. Vous m’avez mis la puce a l’oreille. Mais il faut que je réfléchisse un peut.

    Répondre
  • fujisan dit :
    3 juillet 2009 à 10:17

    jf dit: « Dois-je rappeler que Nixon, ce voyou, a accompli un acte économique d’une vraie grandeur en rayant d’un trait la couverture or du dollar! »

    Je dois m’inscrire en faux. L’abadon unilatéral de la convertibilité du dollar en or pour les BC est une forme de faillite des USA. La cause en est le manque de rigueur budgétaire et commerciale. Déjà à l’époque, les USA vivaient au delà de leur moyens, guerres ruineuses, dépenses somptuaires genre course à l’espace, déficit commercial depuis fins des années 1960… Cet abandon leur a permis de continuer à guerroyer, imposer leur empire, vivre au delà de leurs moyens. D’autant plus que Bretton Woods avait consacré le dollar lui-même comme « relique barbare » (monnaie de réserve mondiale) ce qui a permis aux USA d’abuser de leur « privilège exorbitant », priviliège qui s’est par la suite renforcé par les pétrodollar (pour acheter du pétrole, il faut acheter du dollar). A Bretton Woods, les devises mondiales avaient un taux de change fixe par rapport au dollar, ce qui s’est avéré intenable ensuite à cause des balances commerciales excessives et a donc été abondonné pour les devises flottantes, l’instabillité économique, le risque de change pour les entreprises. Bel acte de « vraie grandeur » en vérité que cet abandon qui a donné guerres, instabillité économique, géopolitique, sociale, risque de change, endettement au delà de toute raison… ! Si les USA avaient été forcés de vivre selon leurs moyens on n’en serait pas là.

    Répondre
  • fujisan dit :
    3 juillet 2009 à 10:34

    jf dit: « il faut en finir avec la monnaie RESERVE DE VALEUR, notion incompatible avec le fait que la monnaie doit circuler inconditionnellement, pour en finir avec les crises systémiques, gigantesque organisation de racket et de chantage exercé par les plus riches! »

    Moi, petite fourmi qui gagne durement ma vie à la sueur de mon front, je revendique (et je proteste) le droit à ce que mes économies ne soient pas soumises à la dévaluation systématique orchestrée délibérément par les autorités (à savoir l’inflation), me forçant ainsi à placer mes économies, à prendre des risques, à soumettre mes économies aux aléas économiques, aux paris pris par les banques…

    Répondre
  • fujisan dit :
    3 juillet 2009 à 10:56

    @jf
    Vous êtes bien naif à croire qu’une monnaie « anticrise » empêcherait les grandes fortunes de se former et s’accroître. En admettant que la monnaie perde réellement son status de réserve de valeur, ils trouveront d’autres réserves de valeur, comme les MP, le foncier… Je leur fait confiance pour les trouver. D’ailleurs c’est déjà en cours, il suffit de voir vers quoi s’orientent les BRIC.

    Répondre
  • Anne.J dit :
    3 juillet 2009 à 11:06

    @Fujisan
    Un pays ne vit pas au dessus de ses moyens si son solde de balance des échanges est au moins équilibré.
    La « course à l’espace » par exemple, si toutes les études et fabrications sont restées « internes » au pays, n’a rien coûté aux américains… les dépenses des uns faisant les revenus des autres, et vice versa.
    J’aime d’ailleurs assez cette « démonstration » : http://tinyurl.com/lmjunb

    Répondre
  • fujisan dit :
    3 juillet 2009 à 12:58

    @Anne.J
    Je n’ai pas la même lecture que vous. La course à l’espace n’était pas un investissement très productif, mais surtout des dépenses somptuaires, de perstige. Quel bénéfice en a retiré la population américaine? Certes il y a eu quelques avancées techniques, mais toute cette force de travail, la recherche & développement mobilisé dans ces programmes spaciaux et donc détournée des autres secteurs n’aurait-elle pas été mieux utilisée à d’autres fins que simplement avoir le prestige d’être le premier à marcher sur la Lune?
    C’est encore plus criant en ce qui concerne les dépenses militaires, la course aux armements.
    Non, décidément, dépenser sans compter dans des projets non productifs n’est pas la voie vers la prospérité.

    Répondre
  • Anne.J dit :
    3 juillet 2009 à 13:57

    @fujisan

    Je répondais seulement à  » Déjà à l’époque, les USA vivaient au delà de leur moyens  » en signalant que le « coût » n’est que celui des importations (bien sur, il faut rajouter les coûts en capital, celui des matières non renouvelables ou des effets polluants d’une production, ce qui n’est pas encore réellement pris en compte dans notre économie comme le pinte du doigt le rapport Stiglitz)

    Vous avez tout à fait raison d’écrire » mais toute cette force de travail, la recherche & développement mobilisé dans ces programmes spaciaux et donc détournée des autres secteurs n’aurait-elle pas été mieux utilisée à d’autres fins ? »

    Certainement .. ce qui montre bien que les choix politiques priment. Ceci dit, il est difficile de savoir si les retombées de la recherche ou technologiques ne permettent pas un bilan globalement positif pour l’humanité (pile à combustible par exemple ?)

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    6 juillet 2009 à 22:32

    @oppossum:
    ce n’est pas faux, ce que vous dites la! les USA avaient déjà vécu au-dessus de leurs moyens à l’époque, ok!
    Néanmoins, je maintiens que l’étalon or était une « relique barbare », mais le dollar lui-même, en tant que « réserve de valeur », est aussi bien une relique barbare!
    En fait, la monnaie comme telle utilisée comme « réserve de valeur » ou « valeur refuge » est précisément la relique barbare que je ne cess de dénoncer!
    je dis que la monnaie est circulante ou n’est pas (monnaie!)!
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    6 juillet 2009 à 22:40

    erreur, toutes mes ecuses! laréponse précédente était destinée à fujisan!
    @ fujisan (encore):
    Non, la monnaie aticrise n’empêche en rien l’épargne, comme je l’ai démontré de nombreuses fois!
    Si vous distinguiez (enfin! comment le dire et le répéter encore?), si vous distinguiez enfin épargne (en banque) et thésaurisation (le bas de laine!), vous comprendriez enfin!
    Pour expliciter: les banques, laissant leurs réserves à la BC, pratiquent elles-mêmes la thésaurisation!
    Ces sommes ne seraient pas gelées (oui, elles le sont, même si anneJ. nie l’évidence!), si cela était coûteux pour les banques, par un taux négatif par exemple!
    Et ce taux pourrait devenir négatif en imputant à la monnaie liquide des frais de garde!
    bref, la monnaie anticrise!
    CQFD
    jf

    Répondre
  • johannes finckh dit :
    6 juillet 2009 à 22:53

    @fujisan:
    c’est vrai ce que vous écrivez pour les autres valeurs refuges, mais aucune autre valeur refuge n’aurait un impact aussi absolu que la monnaie elle-même, car, pour « réaliser » les gains, les « thésauriseurs » (spéculateurs) d’autres valeurs seraient toujours forcés de passer par la case « monnai ainticrise »!
    Et, de toute façon, lacquisition même de ces valeurs refuges libère ipso facto la monnaie pour de nouveaux achats, en tout cas pour le vendeur!
    De plus, en taxant, ne serait-ce qu’un peu, créerait l’obligation d’utiliser les autres « valeurs » selon un usage économiquement sensé et utile, et cel en limiterait l’usage spéculatif!
    Il faudra bien produire sur la terre! Le pétrole doit bien être consommé, sinon, quel intérêt?
    La monnaie, par contre, comme nous le voyons, peut générer à elle seule une contrainte absolue sur absolument tous les secteurs économiques en même temps!
    La monnaie, surtout la monnaie anticrise, n’est pas destinée à être travaillée (comme la terre) ou consommée (comme tout le reste), mais à circuler!
    Et si elle ne le fait pas (comme c’est le cas de plus en plus pour la monnaie actuelle!), elle cesse d’être monnaie pour devenir une réserve de valeur contraignante qui enfonce le monde dans la crise systémique que nous vivons actuellement!

    jf

  • Publié dans Banques, Débat monétaire | 9 commentaires

    43 – L’actualité de la crise: Colmater ou démanteler la finance ? , par François Leclerc

    Un billet tout à fait intéressant de François Leclerc sur son blog

    Publié par François Leclerc  le 23/10/2009

    Billet invité.

    COLMATER OU DEMANTELER LA FINANCE ?

    Nous en étions hier au doute, qui apparaissait au sein de l’establishment. A celui qui se manifeste de plus en plus dans des déclarations d’hommes importants, car dans la tête de ceux qui le sont moins, c’est plutôt une certitude qui semblerait s’être installée, pour s’en tenir aux apparences : on ne peut rien y faire ! Les deux résultant de l’étonnant et quasi incompréhensible spectacle qu’offrent les mégabanques, ainsi que leurs plus illustres mandataires, paradant comme ces généraux d’antan sur les champs de bataille encore fumants. Impudiques ou inconscients ?

    Le propre du doute, comment chacun sait, est de s’insinuer, de saper les convictions les plus établies. Dans le cas présent, il butte sur une question sans réponse : quoi faire ? Deux conceptions s’opposent à ce sujet dans l’intelligentsia de la finance : le colmatage et le démantèlement. La première, qui donne largement le ton, projette d’adopter des mesures réglementaires, encore très floues, au prétexte de mieux prévoir le nouveau sinistre, reconnu implicitement comme inévitable (si ce n’est dans la nature même des choses), afin de diminuer son ampleur. La seconde, fortement minoritaire, considère que cet exercice est illusoire et qu’il n’y a d’autre ressource que de radicalement restructurer le système financier, en l’occurrence en séparant le diable du bon Dieu, la banque d’investissement de celle de dépôt.

    Aussi méritoire soit-elle (et signe que cette crise n’a pas fini de produire ses effets dans les esprits), cette nouvelle prise de conscience a le grand défaut de rechercher dans le passé une solution dont l’application ne résoudrait pas dans sa totalité le problème. De préconiser une sorte de marche arrière en revenant sur le concept de banque universelle (faisant tous les métiers de la banque), qui s’est désormais imposé. Ce qui n’est pas en soi un obstacle, mais revient à vouloir faire la part du feu et à ignorer qu’en cas de crise, c’est en réalité toute la forêt qui flambe, comme on le constate ! Les deux remèdes sont donc tout aussi illusoires l’un que l’autre.

     Les grandes têtes de chapitre de la réforme du capitalisme financier sont dûment répertoriées par ceux qui s’emploient à y procéder : hedge funds, produits dérivés, centres non coopératifs (paradis fiscaux). Ces derniers ont déjà donné lieu à un simulacre de mise en ordre, tandis que l’actualité donne quotidiennement toutes les raisons de penser que les autres connaîtront le même destin, si la tendance actuelle se poursuit. Le point principal de blocage est identifié, c’est le Congrès des Etats-Unis d’Amérique. Sur lequel prennent appui et dans lequel fondent leurs espoirs tous ceux qui veulent limiter, de leur point de vue, les dégâts. En mettant en garde les institutions communautaires à propos de la réglementation des hedge funds, qui aurait pour conséquence de faire émigrer ceux-ci vers des cieux plus cléments, la BCE vient ainsi de donner une parfaite illustration de ce qui est en train de se passer. A la manière de tout système, dont la performance finale est donnée par celle du moins performant de ses éléments, la réforme financière s’achemine sur une ligne de moindre efficacité globale, les mesures les plus laxistes faisant nécessairement loi. Un mot revient de plus en plus dans les commentaires de la presse américaine, dans sa couverture des débats du Congrès sur la réforme de la régulation financière : loophole, faille, dont la traduction littérale par trou rend mal compte du caractère détournement ou de contournement de ce dernier. Sans doute, pour mieux la cerner, faut-il se rappeler que to find a loophole signifie trouver une échappatoire !

    Martin Wolf, chroniqueur au Financial Times, n’arrête pas de surprendre, ayant rejoint depuis déjà longtemps les rangs de ceux qui doutent. Il n’en est même plus là, exposant régulièrement son profond scepticisme quand à la portée des mesures de régulation qui seront prises, ou plutôt qui ne le sont pas ! Son dernier papier intitulé : « Pourquoi est-il si difficile de mettre un frein à la finance  ? » mérite de s’y arrêter. Son raisonnement est simple. Regrettant que la solution dite de démantèlement n’en soit pas une (car il considère que la ligne de frontière est plus que malaisée à tracer), il ne cherche pas en tirer argument pour dire qu’il n’y a rien à faire, afin que « la finance devienne sûre ». Mais cet objectif supposerait, pour y parvenir à coup sur, d’être selon lui « bien plus radical ». Les dépôts devraient être couverts à 100% par les réserves des banques, et les engagements évalués en permanence au prix du marché. Autant dire, remarque-t-il, que l’activité bancaire disparaîtrait ! (Note de Postjorion : de plus en plus d’économistes et de politiques soutiennent cette idée de « 100% monnaie centrale », la  » Full-reserve banking »  , système bancaire à réserves pleines, , est, comme défini sur wikipedia «  a banking practice in which the full amount of each depositor’s funds are available in reserve (as cash or other highly liquid assets) when each depositor had the legal right to withdraw them. Full-reserve banking was practiced historically by the Bank of Amsterdam and some other early banks but was displaced by fractional reserve banking after 1800. Proposals for the restoration of full-reserve banking have been made, but are generally ignored or dismissed by mainstream economists, who believe that the costs of such a change would outweigh any benefits.The reserve ratio of all banks operating in such a system would be 100%, making the deposit multiplier equal to one (1xM=M). »)

    Ne pouvant se résoudre à cette éventualité, Martin Wolf s’efforce de dessiner, « d’une manière plus subtile » s’accorde-t-il, les contours d’une solution possible. A commencer par « l’adoption d’un ensemble de lois et la création d’institutions qui rendraient possible de mettre en faillite toute institution, même en cas de crise », pour poursuivre avec quatre autres mesures : « rendre les institutions financières plus sûres en demandant une plus grande couverture en capital pour toutes les activités », « empêcher les activités hors-bilan », « imposer des provisions dynamiques » et enfin « exiger un énorme coussin de fonds propres ». Avec ce qui est actuellement prévu, nous sommes loin du compte, mais nous resterions néanmoins dans l’optique du colmatage. Sauf qu’il est ensuite ajouté à cette liste initiale de mesures qu’il faudrait également « cesser de favoriser dans toute l’économie les activités financières reposant sur la dette », afin de conclure  : « Tant que nous permettons aux gens de faire des paris à effet de levier sur l’avenir, des effondrements se produiront. » Ce dernier point de vue, au final, est tout aussi radical, si on veut bien en considérer toutes les conséquences ! Car il impliquerait notamment l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix, prônés par Paul ! (note de Postjorion: et par beaucoup d’autres)

    Parallèlement au débat sur le démantèlement, qui va à n’en pas se douter se poursuivre, une autre mesure suit sous les fortunes les plus diverses son petit bonhomme de chemin. Il s’agit du dossier de plus en plus à tiroir de la taxe sur les activités financières. Il a fallu une conférence organisée ce jour vendredi à Chatham, par la Federal Reserve de Boston, pour que Ben Bernanke, le président de la Fed (un homme qui ne doute pas), y apporte sa contribution pour le moins inattendue. Il a en effet estimé à cette occasion qu’une taxation des établissements financiers était nécessaire afin d’instituer un mécanisme de règlement en cas de faillite et de démantèlement ordonné de grands établissements financiers. Celui-ci devant selon lui entraîner des pertes pour les actionnaires et les créanciers et faire appel à des fonds qui ne pourront provenir que du secteur financier lui-même, et non des contribuables. C’est en quelque sorte la reproduction à plus grande échelle du financement de la FDIC, cet organisme qui garantit les dépôts et qui a géré dans la dernière période les faillites de 98 banques régionales, en attendant d’autres qui vont intervenir. Car la FDIC est financée – difficilement par les temps qui courent – par les banques elle-mêmes, ce qui représente dans les faits une mutualisation du risque (tant qu’elle sera possible, ce qui n’est pas garanti).

    Cette annonce, dont on jugera mieux de sa portée effective quand elle sera concrétisée, illustre les tensions grandissantes qui traversent aux Etats-Unis le débat à propos de la régulation financière, dans un contexte où les mégabanques agissent comme si tout leur était dû et allait continuer à leur être permis. Concernant les entreprises financières les plus importantes, dont la faillite pourrait mettre en péril l’ensemble du système financier, le président de la Fed a également proposé qu’il leur soit imposé de disposer de contingent capital, des fonds à disposition en cas de circonstances prédéterminées, afin d’accroître les fonds propres, et pour lesquels un « loyer » serait payé. Une rustine de plus sur le sarcophage, tandis que d’autres s’acharnent à y faire des trous.

    Toutes ces propositions, ces débats et même ces polémiques, témoignent à la fois d’une grande confusion et d’un réel malaise devant l’avenir. Celui-ci est appelé à croître, non seulement en raison de l’attitude des banques, mais également au fur et à mesure que va continuer de se révéler l’ampleur du désastre qu’elles ont causé. La France, l’Allemagne ou le Japon se targuent certes d’être sortis de la récession, mais de sérieux doutes subsistent sur la pérennité de leur rétablissement, qui s’appuie sur des plans de relance publics. Les Etats-Unis n’échapperont pas à de nouvelles mesures de relance et d’aide sociale, quand bien même elles n’apparaîtront pas sous la forme d’un plan d’ensemble. L’économie britannique entre dans son sixième trimestre successif de récession reconnue. On s’attend à ce que la Banque d’Angleterre poursuive au-delà de novembre son programme d’achat d’actifs aux banques, déjà d’un montant de 185 milliards d’euros, alors que la livre sterling accuse encore plus le coup. En Chine, présentée il y a encore peu comme le point d’appui d’un nouveau départ, les élèves s’apprêtent à rejoindre leur maître et, après avoir constitué leur propre bulle financière, s’engagent dans le périlleux apprentissage de la titrisation afin de soulager le bilan de leurs banques qui ont prêté à tout-va.

    Les problèmes rencontrés sont aujourd’hui sans solution et nous sommes en suspens. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, ne dit pas autre chose quand il déclare ce jour vendredi : « Le soutien à la demande reste nécessaire aussi longtemps que la demande privée n’est pas suffisante pour prendre le relais ». Mettant les points sur les « i », il précise qu’il ne devra cesser que lorsque la certitude sera acquise que « le redressement est assuré, ce qui signifiera un début de recul du chômage ». Considérant, enfin, qu’environ un an s’écoule entre le retour à la croissance et l’amélioration de l’emploi.

     

     

    Publié dans Banques, Croissance, Débat monétaire, Propositions | 2 commentaires

    42 – La dimensionnalité de la monnaie (Reconnaissance de dette et monnaie)

    14 05 2009 Publié par Paul Jorion  

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Je terminais « La dimensionnalité de la monnaie (Introduction)  » en écrivant :

    Certains – dont je ne suis pas – considèrent une reconnaissance de dette comme l’une des manifestations possibles de la monnaie. Pour eux, la monnaie présente dans le village avant la venue de la Dame se montait à A + 600 € et s’est réduite à A à son départ, en raison de l’action qu’on pourrait appeler « catalytique » du billet de 100 € de la Dame sur l’économie du village.

    De mon point de vue, une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie, le terme tendant à suggérer qu’il y aurait une identité de nature entre la marchandise privilégiée dans la fonction d’échange qu’est l’argent et une « trace de transactions » contenant l’annonce de deux transactions à venir qu’est une reconnaissance de dette. Les deux phénomènes sont à mon sens incomparables, une reconnaissance de dette étant un objet d’une toute autre nature que les pièces et billets constituant l’argent « liquide » que l’on assimile spontanément à « la monnaie ». Bien sûr une reconnaissance de dette a un prix (reflétant son « degré de liquidité » et son risque de crédit) et peut être traitée comme une marchandise, au même titre que l’argent, mais chacun s’accordera à dire que toute chose à laquelle est associée un prix n’est pas pour autant une monnaie, sans quoi presque tout dans ce bas-monde serait de la monnaie.

    Vos commentaires m’ont conduit à développer ce sommaire exagérément bref avant que je ne passe à la troisième et dernière partie où j’expliquerai exactement ce que j’entends par dimensionnalité de la monnaie. Voici.

    Personne certainement ne prétendra que toute chose ayant un prix peut être considérée comme une monnaie. Pourtant toute chose ayant un prix possède à un degré ou à un autre cette fameuse qualité de liquidité que j’ai déjà souvent évoquée : sa transformation en argent par la vente est en principe possible, le seul aspect qui soit en question étant la difficulté qu’il y a à réaliser cette opération de « monétisation » et on pourrait très bien imaginer un agrégat monétaire, que l’on appellerait par exemple « M14 », et dont la définition serait précisément : « somme du prix de toutes les choses ayant un prix ». Mais quel serait l’intérêt d’un tel agrégat puisqu’il est évident qu’une telle masse monétaire ne pourrait jamais être mobilisable, couvrant par définition, tout ?

    Où se situe alors la limite de ce qui constitue une monnaie aux yeux de celui qui considère qu’une reconnaissance de dette représente bien « de la » monnaie ? Il me semble que ce qui justifie pour lui l’extension de la notion de monnaie de l’« argent » – sa manifestation sans conteste la plus typique – à la reconnaissance de dette, c’est que

    1) le contrat que constitue une reconnaissance de dette peut être traité comme une marchandise dont le prix est à peu de choses près le montant mentionné comme la somme due par l’emprunteur,

    2) le contrat que constitue une reconnaissance de dette ne porte pas sur une marchandise quelconque mais sur la marchandise privilégiée qu’est l’argent.

    Le rapport entre l’argent – dont chacun reconnaîtra qu’il constitue bien la monnaie sous sa forme la moins contestable – et la reconnaissance de dette est alors le suivant :

    1) l’argent est une marchandise dont la seule fonction est d’être un moyen d’échange (ses autres « fonctions » généralement admises, d’être une réserve de valeur et un instrument de compte, ne sont pas à proprement parler des fonctions : l’argent est réserve de valeur à tout autre moment que celui, instantané, où il sert dans l’échange, le fait qu’il soit réserve de valeur est donc une simple conséquence du fait qu’il ne se déplace pas de manière continue, mais discrète : par à-coups, quant au fait qu’il soit unité de compte, c’est parce qu’il est calibré : parce que chaque pièce et chaque billet a pour prix le nombre d’unités monétaires mentionné sur lui).

    2) une reconnaissance de dette est une marchandise portant sur de l’argent, à savoir constituée de deux transactions en argent à venir, l’une consistant dans le remboursement de la somme initialement empruntée, et la seconde dans le « cadeau » que constituent les intérêts (si j’écris « cadeau », c’est que dans les sociétés africaines où j’ai eu l’occasion de vivre, l’emprunteur aura à cœur de faire un cadeau en monnaie pour remercier le prêteur bien qu’il n’existe pas d’intérêts prescrits).

    Entrons un peu dans les détails. On a vu qu’une reconnaissance de dette peut être transférable : il suffit pour cela que l’identité du bénéficiaire soit définie comme indifférente au contrat. On détermine que X a contracté une dette envers Y mais que ce Y peut être remplacé par un tiers quelconque. Le « marché primaire » d’une reconnaissance de dette est celui où prêteurs et emprunteurs se rencontrent, à savoir le marché du crédit. Mais la cessibilité d’une reconnaissance de dette fait d’elle une marchandise pareille à toutes les autres, dont le commerce se fait sur un « marché secondaire » où l’identité du nouvel acheteur est indifférente. Le prix d’une reconnaissance de dette sur son marché secondaire dépend de trois facteurs : de la somme à rembourser, du taux d’intérêt convenu à l’origine, et d’une prime de risque reflétant le fait que la dette ne sera pas nécessairement honorée.

    Une reconnaissance de dette a donc un prix et ce prix a un rapport direct avec le montant dû par l’emprunteur mais le fait qu’un contrat porte sur une somme d’argent ne fait pas automatiquement de ce contrat une monnaie : la seule monnaie impliquée est celle utilisée dans l’achat de ce contrat. X a promis à Y de lui payer 100 € le 1er août, la reconnaissance de dette est cessible et je l’achète moi à Y pour la somme réduite de 97 €. C’est une marchandise (et non une monnaie) qui a été payée 97 €. Le 1er août je me présente à la porte de X. Soit il est là et me verse les 100 € prévus par le contrat, me laissant un bénéfice de 3 €, soit il a disparu sans laisser d’adresse, créant pour moi une perte sèche de 97 €. Les 3 € constituaient ma prime de risque : le calcul statistique que j’avais fait sur un très grand nombre de transactions du même type, évaluant mon risque sur le grand nombre – j’ai expliqué cela quand j’ai présenté initialement le mécanisme de la reconnaissance de dette, dans Argent et reconnaissance de dette : de faux jumeaux, prenant l’exemple d’un voyageur dans le désert.

    La monnaie dans cet exemple, ce sont les 100 € reçus par X de Y, les 97 € reçus par Y de moi, et au bout du compte, soit les 100 € que je reçois de X, me laissant un bénéfice de 3 €, ou avec lesquels X s’est enfui, conduisant pour moi à une perte de 97 €. Aucune autre monnaie n’a été créée durant tout ce processus : des transactions ont eu lieu autour d’un contrat portant sur une somme d’argent, c’est tout. La seule confusion qui puisse intervenir résulte du fait que dans une reconnaissance de dette, l’argent intervient à deux niveaux : 1) comme somme due, spécifiée à l’intérieur du contrat, et qui sera dégagée lors du remboursement, et comme versement d’intérêts pour un montant spécifié, 2) comme prix du contrat sur un marché secondaire où l’on vend et achète des reconnaissances de dette. Le contrat se dénoue le 1er août et c’est donc ce jour-là – et ce jour là seulement – qu’il y a « communication » entre le prix de contrat tel qu’il a circulé comme marchandise et les sommes versées dans les deux transactions à venir qu’il stipulait, à savoir le remboursement de la somme empruntée et les intérêts convenus.

    C’est cette présence de l’argent à deux niveaux dans le commerce des reconnaissances de dette qui fait qu’on peut être tenté d’assimiler argent et reconnaissance de dette, sous le même label de monnaie. Mais qu’il y ait là une simple confusion se comprend très bien si l’on établit un parallèle avec un autre marché, par exemple et pour que le parallèle ait un impact visuel, celui des futures du lard de porc. Il existe à Chicago, sur le CME (Chicago Mercantile Exchange) un marché à terme du lard congelé où chaque contrat porte sur vingt tonnes du produit. Le contrat a un prix, qui reflète le prix postulé du lard de cochon. Mais ni les contrats à terme portant sur une certaine quantité de lard, ni le lard lui-même ne constituent une monnaie. Une reconnaissance de dette est une marchandise du même type qu’un contrat à terme sur vingt tonnes de lard au Chicago Mercantile Exchange, le fait qu’elle porte sur de l’argent plutôt que sur du lard ne change rien à sa nature fondamentale, qui est d’être un contrat ayant un prix du fait que la marchandise sur laquelle il porte, a elle-même un prix.

    (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.

    ==============================================================================================

    52 réponses à “La dimensionnalité de la monnaie (Reconnaissance de dette et monnaie)”
    1.  
       pitalugue dit :
      14 mai 2009 à 21:28

      que dire de plus ?

      que je peux avoir un coffre plein de reconnaissances de dettes et vide de monnaie.
      que je peux donc être illiquide.
      et que la monnaie issue de la reconnaissance de dette peut ne jamais me parvenir si mon débiteur fait défaut.

      Répondre
    2.  
       Mikael EON dit :
      14 mai 2009 à 22:07

      Quelle différence y a-t-il essentiellement entre une reconnaissance de dette et un chèque, un billet à ordre, une traite ?
      Ce sont des papiers libellés dans une devise donnée, qui peuvent immédiatement ou à terme être échangés, contre une écriture dans les comptes d’une banque ou de la monnaie fiduciaire, et dans la devise libellée.
      La qualité de la signature (la confiance qu’on lui accorde) est essentielle.
      La qualité de la devise est essentielle.
      Une monnaie, disons heu, très fondante, comme celle du zimbaboué sera peu prisée à Landerneau, une monnaie non convertible, comme le Silly ou l’Ouguiya, pas plus.
      Qu’il soit conventionnel à Landerneau d’utiliser le Silly n’est pas pour demain, on accepte l’euro, les dollars dont on connait la parité, quelques autres… l’usage de la devise, qu’elle soit d’un usage conventionnel est essentiel pour qu’on lui fasse confiance comme instrument de transaction.
      Pour qu’on lui fasse confiance comme réserve de valeur il convient qu’elle ne fonde pas comme le reichsmark en 1923 ou le marc et l’armagnac qui perdent chaque année la « part des anges ».
      Si la monnaie est convertible (même si des coefficients permettent des réserves partielles) en un bien rare et quantifié dans les réserves de la banque centrale, comme ce fut le cas avec l’or, la confiance est aisée.

      Nous ne sommes pas dans ces conditions, et l’or n’est pas une monnaie mais une valeur refuge.

      Comment se calcule la somme des « valeurs » qu’est sensée représentée la masse monétaire exprimée en euro, ou en dollar etc????? M14????

      Et si ces valeurs se dépréciaient tout à coup (plus de pétrole par exemple et tout ce qui s’en suivrait dans l’organisation et la hiérarchisation des valeurs de nos sociétés) ?

      Qu’est-ce qui permet à telle devise de représenter une réserve de valeur?

      Répondre
    3.  
       Mikael EON dit :
      14 mai 2009 à 22:09

      correction: « qu’est sensée représentée » oulala! représenter of course.

      Répondre
    4.  
       johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 23:11

      @intéressant exposé de Paul Jorion, l’aalyse est très convaincante, quasi « gesellienne »!
      Pour ce qui est de la monnaie non « couverte » par le métal comme avant:
      Ce qui fait sa « valeur » (son prix), c’est ce que je peux acheter avec!
      L’émission de monnaie centrale est bien une dotation initiale quelque peu « arbitraire » qui tente tout juste à se référer à une certaine « tradition » des prix.
      En aucune façon, ce n’est une dette! Un billet est échangé contre un billet par la BC, c’est tout, ou, comme disait Gesell: contre cent coups de bâton!
      A part ça, il est échangé contre ce que je peux acheter avec!
      jf

      Répondre
    5.  
       Gérard P. dit :
      14 mai 2009 à 23:28

      Dans l’évolution de l’histoire de la monnaie, les billets n’ont-ils pas été un temps équivalent à la monnaie scripturale ?

      Répondre
    6.  
       Charles dit :
      14 mai 2009 à 23:37

      Peut-on dire: une reconnaissance de dette est adossée à de l’argent et l’argent n’est adossé à rien?

      Répondre
    7.  
       johannes finckh dit :
      15 mai 2009 à 00:20

      @charles:
      l’argent est « adossé » à son pouvoir d’achat
      jf

      Répondre
    8.  
       Cécile dit :
      15 mai 2009 à 01:42

      autre:
      quelle différence entre une mensualité d’emprunt, …. et une location, un bail, un forfait, un prélèvement automatique…?

      Dissonance dit :
    9. 15 mai 2009 à 02:07

      @Cécile:

      Je vais pouvoir rebondir sur une de nos anciennes conversations en vous répondant: La différence, c’est le temps ;)

      Une échéance d’emprunt est une fraction d’une somme totale connue à l’avance. Par conséquent dès signature d’un contrat de prêt, on sait à quelle date les remboursements auront pris fin.

      Le cas d’un bail est similaire en première approximation, on sait dès la signature à quelle date il expire. Toutefois dans ce cas précis, le contrat peut être reconduit (tacite reconduction par exemple). Je ne suis en revanche pas assez fin juriste pour dire si un contrat de location valide peut exister sans bail.

      Le forfait (je suppose qu’on parle ici d’abonnement) est de nature très différente puisque contrairement aux cas précédents, il ne comporte aucune date d’expiration. L’abonnement se poursuit tant que l’abonné paye ou que le fournisseur de service continue à fournir le service.

      Enfin, j’avoue que pour ce qui est du prélèvement automatique, je ne vois pas trop le rapport, si ce n’est qu’il peut s’appliquer à toutes les opérations pré-citées.

      Igor dit :
    10. 15 mai 2009 à 05:45

      Entièrement d’accord avec vous, M.Paul Jorion, l’argent n’est qu’un moyen d’échange, mais je préfère le terme moyen de payer, échange ayant une connotation top commerciale, celle de paiement, à mes yeux, un aspect social.
      La plus grande erreur intellectuelle est de confondre les causes et les conséquences, dans le cas de la monnaie, il y lieu de bien distinguer les deux : sa définition (très difficile à apprécier) et ses techniques de création, comptabilité, circulation….
      Pour ma part, la monnaie, l’argent au sens courrant, n’est qu’un contrat social, c’est l’instrument de la justice distributive propre des sociétés humaines. Par voie de conséquence, elle est devenue également la valeur de mesure de la hiérarchisation sociale. Ce qui rend son débat très passionnel.
      Les sociétés occidentales, par trop matérialistes, peuvent confondre l’objet acquis avec de l’argent, on peut parler alors de valeur, et l’autorisation sociale leur permettant d’acquérir ce bien.
      Une fois admise la définition contractuelle et juridique de la monnaie, on peut se poser le problème politique, philosophique de sa création et de sa répartition. On s’aperçoit rapidement qu’il ne repose sur rien de rationnel et n’est que pure idéologie.
      Egalement entièrement d’accord avec vous, la reconnaissance de dette, n’a strictement rien à voir avec de la monnaie, il s’agit bien d’un autre contrat dont l’objet porte sur le cautionnement.

      JJJ dit :
    11. 15 mai 2009 à 06:53

      Je ne partage pas le raisonnement de Paul. Les reconnaissances de dettes dont il est question dans ce billet ne sont pas intégrées dans le calcul de la masse monétaire. Seules figurent dans M3 les créances émises par les institutions financières, sous leur propre signature. La qualité de ces créances est directement liée à la solvabilité du système bancaire, laquelle dérive, en effet, de la solvabilité des emprunteurs qui se sont adressés aux banques, et pour lequels ces dernières ont bien créé de la monnaie en contrepartie d’une reconnaissance de dettes.
      De ce fait, pour une part significative, la masse monétaire telle qu’elle est comptabilisée apparaît plutôt comme une dérivée des reconnaissance de dettes sur les agents économiques. Lesquelles figurent au rang de contreparties de la masse monétaire. De la même façon que, à l’origine des banques centrales en système métallique, la monnaie fiduciaire émise avait pour contrepartie le stock d’or détenu par la Banque. Sans pour autant que tous les billets en circulation fussent instantanément convertible en métal, bien entendu. La monnaie (les billets) étaient alors une reconnaissance de dette de la Banque centrale, laquelle s’engageait à la conversion en or à la demande du porteur (sous certaines conditions, tout de même).
      Aujourd’hui, la monnaie serait ainsi une
      dérivée des créances sur l’économie du pays qui l’émet, que la loi impose comme instrument d’échange exclusif à la valeur nominale (le cours forcé)… à tout le moins dans son espace légal de circulation obligatoire.
      Mais cela ne change pas la nature des difficultés : au bout du compte, la contrepartie de la monnaie est bien constituée de dettes (pour l’essentiel), c’est-à-dire d’un engagement collectif des agents économiques à honorer leur contrat. S’ils le veulent et… s’ils le peuvent.

       JJJ dit :
    12. 15 mai 2009 à 07:04

      @ johannes finckh

      Mieux encore pour une définition de la monnaie : tout pouvoir d’achat remis entre les mains d’un agent économique

      johannes finckh dit :
    13. 15 mai 2009 à 07:58

      @jjj
      Le pouvoir d’achat peut-il être comme une dette sociale?
      En un sens, la société me « doit » ce que je peux acheter avec, pourquoi pas!
      S’agissant d’avoir bancaire (y compris les DAV), la banque me doit contractuellement le montant de cet avoir, soit à tout moment (DAV), soit à un terme convenu (comptes d’épargne). Le statut des livrets A en France me semble intermédiaire, car on peut en retirer en espèces (pour des sommes supérieures à 800 euros, je crois, un délai de 48 heures est prévu) ou faire virer sur son CAV le tout rapidement.
      Ceci dit, pour être pleinement monnaie, l’immédiateté dans l’extinction d’une dette est requise sans doute, ce qui n’est pas le cas avec un chèque par exemple. Même une carte bancaire, si elle peut dégager l’acheteur instantanément quand la banque accepte le paiement en créditant la somme aussitôt (en temps réel) au vendeur, le vendeur aura, au sens strict, une créance sur sa banque créditée sur son DAV.
      En dehors du paiement liquide, il subsistera toujours une dette contractuelle personnelle.
      Les billets et les pièces restent donc bien le seul mode de règlement complet d’une transaction, en laissant, pourquoi pas, le détenteur dernier du billet comme un « ayant droit » ou un « créancier » sur autant qu’il peut obtenir pour ce billet où et quand il veut.
      Les autres « avoirs » valent auprès du débiteur nommé, fût-il ma banque!
      On comprend qu’en pratique et en dehors de crises aigues, les transferts de créances via les grands réseaux bancaires s’approchent du paiement liquide (sans y parvenir totalement tout à fait, mais ceci peut être considéré comme une « nuance » que beaucoup négligent).
      On peut cependant observer que l’usage étendu des transferts de créances via les banques et les DAV impose une REDUCTION DE LA MASSE LIQUIDE (EN BILLETS ET EN PIECES) MISE EN CIRCULATION, car nous aurions, sinon, une augmentation des moyens de paiement en face d’un volume de biens et services donné pour l’instant considéré.

      Et cette réduction est bien accompli par le retour de billets vers les BC ou, de plus en plus aussi, vers des stocks privés de détention liquide.
      Les stocks liquides privés en particulier peuvent représenter un risque inflationniste sans doute, risque qui peut bien, un moment donné, se réaliser…
      La banque centrale est-elle encore en mesure de contrôler un tel risque? Il faut la supposer assez réactive…
      jf

      JJJ dit :
    14. 15 mai 2009 à 08:16

      Quelle que soit la représentation de la monnaie utilisée en paiement, il y a un risque : pour le chèque, bien sûr, pour la CB (un peu moins) et pour le billet… qui peut être faux ! Finalement, la seule monnaie qui soit incontestable est celle qui est inscrite sur les comptes bancaires, ce qui ne manque pas de piquant. Et elle n’est soumise qu’à un seul risque, mais de taille : celui de la solvabilité de la banque elle-même. Mais c’est finalement cohérent : la fiabilité de la monnaie dépend de la solidité de ceux qui l’émettent (pour sa plus large part).

      Anne.J dit :
    15. 15 mai 2009 à 08:35

      Il y a moins de risques avec la garantie à 70000 € (maximum) par compte qu’avec la même somme en « billets de banque » sous son matelas.

      Ce n’est évidemment pas la garantie de vous verser ces 70000 € en espèces (monnaie centrale), mais c’est la garantie qu’ils ne disparaitront pas en fumée dans une faillite d’une banque : l’État garanti en fait que les dépôts sont votre argent (qui est garanti par la richesse nationale), et non celui de la banque, et que ces dépôts qui ne sont que lignes d’écritures, « compensées » au bilan des banques par des actifs qui peuvent ne plus rien valoir (ce ne sont évidemment pas vos actifs qui compensent vos dépôts, mais vos dépôts ont bien été « compensés » antérieurement quelque part, dans une banque quelconque, par un emprunteur puisqu’il s’agit de monnaie scripturale bancaire privée émise par le crédit)

      Oppossùm dit :
    16. 15 mai 2009 à 09:11

      (Passionnant, ce matin!)

      @ johannes finckh
      Je me demande si c’est pertinent de dire que monnaie est « adossée » à quelque chose et si ça ne crée pas encore plus de confusion en disant qu’ elle serait adossée à « un pouvoir d’achat ».

      La monnaie peut être gagée sur quelques chose ayant de la valeur pour la SECURISE et , en quelque sorte, imposer ainsi son cours, sa circulation : ça peut-être en elle même lorsqu’elle est en or, ou bien en assurant de cette convertibilité , ce qui revient au même (à un poil près).

      La monnaie non gagée, comme celle sur laquelle nous fonctionnons (historiquement depuis peu de temps en fait) , n’est pas gagée et n’est donc « adossée » à rien du tout. C’est un jeton.

      Bien entendons, quelque part , il faut avoir conscience que la monnaie n’est pas une richesse en soi (d’un point de vue global), et qu’elle n’a de « valeur » réelle que s’il y a en magasin des produits et services, quelque chose à prendre ( La vraie richesse est notre travail, oui , et créer de la monnaie peut stimuler la création de richesse mais en aucun cas en créer -ex-nihilo, comme on en a l’illusion au travers de produits financiers sophistiqués …)

      Mais, analyser la monnaie comme un droit juridique à prendre ou bien comme une dette qui serait un dû, ne me parait pas exact. Je veux dire par là que vous ne pouvez pas opposer ce droit qui que ce soit pour obtenir avec de la monnaie quoique ce soit si l’article n’est pas en magasin …
      De plus la ‘valeur’ de la monnaie non plus n’est pas ‘garantie’

      Il ne s’agit donc pas d’une dette au sens classique jurique, ni même d’un droit complet.

      La seule ‘juridicité’ de la monnaie est qu’elle a cours forcé. De là découle pas mal de choses capitales . Pour le reste rien n’est garanti.

      Et même considérer la monnaie comme un contrat social me parait fragile : la monnaie n’est un droit à prendre que dans la mesure où il y a un respect de la parole de l’autre parti à céder un bien ou service au prix où il l’a déclaré (Et ça aussi, c’est ‘imposé’ par la loi qui interdit le refus de vente)

      Tout ceci dit, il y a une violence de la monnaie au travers de la fascination de puissance qu’elle représente (qui la fait fonctionner sans qu’on ait à rappeler d’ailleurs aucune des deux obligations légales du cours forcé et de la vente obligatoire au prix affiché)

      TARTAR dit :
    17. 15 mai 2009 à 09:26

      Ces 70000€ ne sont garantis qu’en « écriture ».
      L’état est bien incapable de les compenser en cas de faillite de toutes les banques/
      Ils sont garantis mais pas liquides du tout…en attendant que les affaires reprennent.

      Anne.J dit :
    18. 15 mai 2009 à 10:04

      @Tartar
      Et pourquoi l’État serait « bien incapable de les compenser en cas de faillite de toutes les banques » ?
      Mais si vous voulez remplacez « État » par « collectivité », pourquoi pas.

      S’il n’y a pas « d’affaires » , il n’y a pas de richesses : en billets ou en écritures, votre monnaie ne vaut pas grand chose.
      Si plus aucun actif ne valait quelque chose, il est évident que la monnaie ne vaudrait plus rien Mais pour que plus aucun actif ne vaille quelque chose, il faudrait que plus personne n’en veuille d’aucun (probablement exact donc à la suite d’une guerre nucléaire ayant rayés tous les habitants de la Terre)

      Oppossùm dit :
    19. 15 mai 2009 à 10:05

      « chacun s’accordera à dire que toute chose à laquelle est associée un prix n’est pas pour autant une monnaie, sans quoi presque tout dans ce bas-monde serait de la monnaie. »

      C’est certain. Mais si je pars de la définition que la monnaie est l’outil permettant d’échanger des biens et services, on peut théoriquement admettre que si un bien autre que la monnaie officielle sert de jeton d’échange , il quitte son statut de marchandise pour devenir monnaie …
      De même que la monnaie officielle qui se vend ou s’achète devient alors l’espace d’un instant ‘marchandise’ . ET que la monnaie thésaurisée , elle aussi, devient une presque marchandise puisqu’elle n’est plus considérée que sous sous angle de réserve de valeur.

      La reconnaissance de dette est-elle « monnaie » ?
      A priori, effectivement, c’est plutôt la trace d’une potentialité de monnaie . On peut la considérer comme une monnaie que parce que sa fonction est d’être très rapidement et plutôt fiablement transformée en monnaie.

      Et lorsque qu’une reconnaissance de dette circule , le raisonnement de Paul est impeccable : c’est une marchandise

      Ceci étant, si la reconnaissance de dette sert, soit à un moment donné soit de façon permanente , à échanger concrètement biens et services, de fait elle devient bien alors ‘monnaie’ . Mais je pense (corrigez moi) que cela est rarement ainsi.

      Mais le problème vient du fait que lorsqu’ existe une reconnaissance de dette, même si l’argent n’est réellement qu’à un seul endroit à la fois, tout se passe comme si des échanges de biens et services pouvaient s’organiser à deux endroits différents , de façon presque concomitante, l’important étant juste qu’au moment précis de la transaction on soit sûr que l’argent est bien là …
      Donc d’un certain point de vue, une reconnaissance de dette se comporterait presque comme de la monnaie.

      Fumeux hein.

       Paulo dit :
    20. 15 mai 2009 à 16:58

      Voici un texte qui se propose d’éclairer (enfin) la notion de monnaie, ce qui n’est pas une mince ambition.
      Mais cette tentative est faussée dès le départ par une CONFUSION permanente entre « MONNAIE » et « ARGENT », comme si ces deux termes étaient de parfaits synonymes. Ils ne le sont pourtant pas. Sans même aller plus loin, observons que la « grammaire » de ces deux termes diffère de manière tout à fait significative. Le terme « monnaie » ne supporte pas les adjectifs possessifs. On ne dit pas, sinon de manière laxiste et quasi argotique, « ma » monnaie, « ta » monnaie, etc. SAUF si l’on entend par « notre monnaie » celle qui a cours dans notre espace monétaire (notre monnaie, c’est l’euro)… De l’argent, on dit au contraire tout naturellement : mon argent, ton argent, son argent. La monnaie n’est pas APPROPRIABLE, alors que c’est au contraire une caractéristique essentielle de l’argent. En d’autres termes, la monnaie est un BIEN PUBLIC, l’argent une forme de richesse PRIVEE. Encore une fois : lorsque Gainsbourg brule un billet de 500F devant les caméras, il détruit « matériellement » son argent (ce qui est son droit et nous indiffère, même si nous pensons qu’il aurait pu en faire meilleur usage), mais, en même temps, il détruit symboliquement « notre monnaie » (notre monnaie à tous, pas la sienne) et cela, c’est évidemment moins pardonnable.
      Précisons : l’argent est une forme de richesse privée qui exploite la prétendue « troisième fonction » de la monnaie, celle de constituer une « réserve ». Fonction donc très discutable. Rigoureusement, la bonne monnaie c’est celle qui circule (la « mauvaise » selon Gresham) tandis que celle que l’on conserve (la « bonne » selon Gresham), c’est en réalité la « mauvaise ». En fait, ce n’est plus du tout de la monnaie.

       Anne.J dit :
    21. 15 mai 2009 à 17:04

      Base (monnaie) et masses monétaires (dépôts):

      Crapaud Rouge dit :
    22. 15 mai 2009 à 18:07

      Pour ma part, ce billet, difficilement contestable, m’inspire les réflexions suivantes:

      1) Son 1er corolaire, c’est que la monnaie n’est pas une marchandise, même si beaucoup de marchandises ont pu être utilisées comme de la monnaie. C’est le moment ou jamais de rappeler ce principe de Wittgenstein : les choses ne sont pas ce qu’elles sont par elles-mêmes, mais par notre comportement à leur égard. Quand on utilise des coquillages comme monnaie, ce ne sont plus vraiment des coquillages, mais vraiment de la monnaie. Quand Bernard Palissy, selon la légende, brûle ses meubles pour découvrir une recette d’émail, ses meubles ne sont plus que du bois, (ou, dans son esprit, de la menue monnaie pour honorer la passion qui le brûle). Enfin, quand Serge Gainsbourg brûle en public un billet de 500 francs, le ministère des finances porte plainte contre lui pour atteinte à la propriété de l’état. En effet, si tout le monde en faisait autant, la monnaie officielle ne serait plus que du papier.

      2) Tout le monde parle de la monnaie comme simple moyen d’échange et s’étonne qu’on la thésaurise. C’est que l’apanage de cet étrange objet est d’être « ce que l’on ne jette pas par la fenêtre ». On voit toutes sortes de gaspillages, mais celui de monnaie est le seul qui fasse de vous un « flambeur ». Les marchandises se consomment, la monnaie se consume.

      3) Si l’analyse conduit à affirmer qu’une « reconnaissance de dette » est une marchandise, c’est peut-être bien à cause ou grâce aux innovations financières récentes. Quand on prête un livre, donc une marchandise, il n’y a pas apparition d’une dette. Alors, pourquoi une dette devrait-elle susciter l’apparition d’une marchandise ? Je pense que les capitalistes ont acquis l’art et la manière de percevoir, dans une réalité qui leur préexiste, tout ce qui pourrait être transformé en marchandises. De sorte que ce statut de marchandise est ambigu pour une dette : elle est marchandise particulière pouvant changer de mains, dont la possession donne droit à la perception d’une certaine quantité de monnaie équivalente à de la marchandise au sens général. L’ancêtre de la dette est peut-être l’impôt, cette dette perpétuelle qu’on doit au souverain.

      3) La nature de cette marchandise

      « un objet d’une toute autre nature que les pièces et billets »

      me semble relever de l’information, comme le mot « reconnaissance » y invite, et du fait que la description de cette marchandise suffit à la constituer.

      4) Pour y voir clair, il faudrait raisonner comme les scientifiques face à la nature qui est muette. On raisonne par exemple en disant : « X a tant d’euros sur son compte », mais comment le savoir ? En faisant confiance au banquier ? C’est pas du tout scientifique. En toute rigueur, il faut vider le compte pour savoir ce qu’il contient, car on ne peut être sûr que d’une chose : le banquier ne vous donnera jamais un centime qu’il devrait sortir de sa poche. Or, s’il faut vider un compte pour être sûr de son contenu, la réalité que l’on voulait mesurer a été changée : comme en physique quantique. Voilà qui promet bien des spéculations !

      johannes finckh dit :
    23. 15 mai 2009 à 18:20

      @jjj

      sauf que les DAV ne sont pas « monnaie », mais avoirs, donc des créances ; quant au faux billet, c’est vrai, il n’y a donc pas de garantie à 100%, c’est incontestable ; ceci dit, le faux billet, tant qu’il est accepté, est « vrai »!
      jf

      johannes finckh dit :
    24. 15 mai 2009 à 18:24

      @oppossum,
      je crois que je suis d’accord avec ce que vous avez écrit là!
      On ne peut acheter ce qui n’existe pas!
      jf

       
    25.  johannes finckh dit :
      15 mai 2009 à 18:28

      @oppossum
      vous raisonnez très bien à mon goût!
      Je me ferais un plaisir de vous offrir, si vous ne l’avez déjà, l’ouvrage de Silvio Gesell, à mes frais et gratis, s’entend !
      envoyez-moi un mail dans ce cas : johannes.finckh@wanadoo.fr

       johannes finckh dit :
    26. 15 mai 2009 à 18:35

      @paulo:
      vous raisonnez bien à mon goût!
      Votre distinction est pertinente, entre « monnaie » et « argent »!
      Ceci dit, je dirais que le billet circulant est un bien public, mais le seul pouvoir d’achat est privé!
      Brûler un billet de monnaie centrale est parfaitement punissable selon les textes! La non-poursuite de gainsgourg n’était que du laxisme regrettable!
      Je peux gaspiller mon argent ou le donner, mais le support appartient à tout moment à l’autorité monétaire!
      C’est bien pourquoi je souhaite que l’on en finisse avec la thésaurisation qui est soustraction de monnaie circulante très nuisible au bon fonctionnement de l’économie!
      jf

       johannes finckh dit :
    27. 15 mai 2009 à 18:45

      @crapaud rouge:
      vous dites des choses intéressantes, mais aussi imprécises!
      Emprunter un livre veut bien que l’on le doit!
      La marchandise peut changer de mains, souvent parfois! Ceci dit, vous avez raison qu’elle est destinée à être consommée, elle est produite pour disparaître plutôt vite dans la consommation (le pain par exemple!)
      La monnaie qui se « consume »: cela me plaît bien, car cela me fait penser à la monnaie fondante, à cette nuance près:
      La monnaie qui se « consume » devra être reproduite, reconstituée par de la monnaie nouvelle, sinon, le terme de l’échange se modifie, comme vous le remarquez d’ailleurs que cela serat le cas quand nous aurions des retraits liquides massifs à la banque en vue d’une thésaurisation étendue par exemple!
      jf

       Crapaud Rouge dit :
    28. 15 mai 2009 à 19:18

      @jf : « La monnaie qui se “consume” devra être reproduite, reconstituée par de la monnaie nouvelle,… » : là, vous embrayez sur votre dada, à l’opposé du mien ! Chacun son truc, je respecte le vôtre, mais permettez que je m’amuse de votre tentative de rapprochement. Mon dada à moi, c’est que les mots ne sont pas neutres, et que leurs liens sémantiques sont le reflet linguistique de nos us et coutumes. C’est du reste pourquoi la « monnaie fondante » a peu de chance de s’implanter : le mot « fondant » n’évoque rien en rapport avec la pratique millénaire de la monnaie. Le « fond » relève de l’informe, au contraire de la forme, de l’information et du signe que l’on perçoit en contraste sur un fond indifférent. Une monnaie vouée à disparaître (dans le fond ?) n’est pas de la monnaie. Trouvez-lui un autre nom.

       johannes finckh dit :
    29. 15 mai 2009 à 20:55

      @crapaud rouge
      ok, allons-y pour la « monnaie consumante »?
      Silvio Gesell parlait de Freigeld (monnaie franche), car son invention est bien la monnaie qui soit monnaie en toute circonstance, au sens où elle circule indéfiniement et sans arrêt!
      J’ai trouvé le mot de « monnaie anticrise » qui me plaît bien!
      Vous avez sans doute raison, la monnaie « fondante » (Schwundgeld en allemand) avait plutôt été ainsi nommée par les adversaires qui polémiquaient avec cela et inventaient des choses inexcactes autour de cette invention pour ensuite mieux réfuter leurs inexactitudes polémiques et de parfaite mauvaise foi!
      Procès en sorcellerie en somme: on accuse la monnaie franche de tares qui ne sont pas pour mieux la condamner!
      jf

       Crapaud Rouge dit :
    30. 16 mai 2009 à 00:09

      @jf : vous devriez dire « monnaie brûlante », vous seriez totalement en phase avec un inconscient collectif aussi vieux que la monnaie elle-même ! Car elle consume tout sur son passage, les êtres et les choses, à cause de son pouvoir quasi magique : celui de se convertir en n’importe quel objet de vos désirs. Quelques euros en poche ? Vous entrez dans un café et les voilà transformés en un un bon verre de vin. Un petit million ? Vous faites surgir une Ferrari dans votre garage ! La monnaie brûlante est précisément celle dont on veut se défaire pour quelque chose que l’on estime plus précieux ou plus utile. Mais nul n’ignore qu’elle est aussi le mal : la chose pour l’accumulation de laquelle les êtres sans scrupule « brûlent » tout sur leur passage, détruisent toute valeur non marchande pour accaparer la valeur marchande. C’est la monnaie corruptrice.

       johannes finckh dit :
    31. 16 mai 2009 à 00:17

      @jf: message reçu, d’où mon idée d’une monnaie qui ne serait que circulante et non réserve de valeur!
      jf

       dJuLs dit :
    32. 16 mai 2009 à 02:05

      J’attends avec impatience le wiki Constitution pour l’économie: un dispositif économique pourrait-il participer à une meilleure gestion des ressources limitées de notre planète?

      toute chose ayant un prix

      Je vais essayer de mieux comprendre ce qu’est le prix.

       Crapaud Rouge dit :
    33. 16 mai 2009 à 08:36

      @jf: « d’où mon idée … » : non, c’est l’inverse. C’est la mienne, « monnaie brûlante », qui provient de la vôtre : « monnaie qui ne serait que circulante et non réserve de valeur! »

       Anne.J dit :
    34. 16 mai 2009 à 08:57

      Entre le moment où on la reçoit et le moment où on l’utilise une monnaie est toujours réserve de valeur: la question serait donc de savoir à partir de combien de temps « en possession » (réserve de valeur) la monnaie doit commencer à fondre parce qu’elle brûle? 1 seconde, 1 minute, 1 heure, 1 journée, 1 semaine, 1 mois, 1 an, plus, ?????
      Et pourquoi ce délai plutôt qu’un autre ?

       johannes finckh dit :
    35. 16 mai 2009 à 13:52

      Cher Bruno, cher Paul, et les autres!
      Décidément, vous me poussez dans mes retranchements, je vous en remercie!

      La banque centrale émet de la monnaie parce qu’il en faut bien une!
      Les banques commerciales, comme nous tous, sont usagers de la même monnaie!
      Oui, c’est vrai, au fond de moi, vous interprêtez juste, la seule vraie monnaie reste bien la monnaie centrale!
      Tous les autres biens et services s’échangent grâce à elle, et elle seule! Et parce qu’elle existe et est réputée!
      Les DAV, pour lesquels je veux bien faire des concessions langagières, sont néanmoins, en toute rigueur, seulement des avoirs, des promesses de tant de monnaie (centrale).
      Et, en tant que promesses, elles fonctionnent souvent et sont acceptées très largement dans les échanges, mais ces transactions sont, en toute rigueur, des échanges entre marchandises:
      Une promesse (de tant de monnaie) contre un bien!
      Il y a un autre détail qui a son importance, sans doute, on verra bien!
      Le billet et la pièce sont anonymes, la « promesse » qu’ils comportent sont d’une nature radicalement différente des autres promesses, car il s’agit d’une garantie légale.
      L’extension de cette garantie légale jusqu’à 70 000 euros sur les comptes bancaires est, par contre, un aveu de faiblesse du système, car, avant 2008, nul n’aurait osé ou même imaginé devoir faire une telle promesse qui n’engage que ceux qui la reçoivent! Et qui est un formidable aveu de fragilité!
      En toute rigueur encore, la monnaie centrale circule véritablement sans aucune contre partie, cela va de soi, et c’est bien pourquoi c’est bien l’économie dans son ensemble qui en est la seule « contrepartie » de fait, à savoir son pouvoir d’achat.
      La chose « semblait » différente quand nous avions la couverture or, car l’émission de billets se faisait alors, en principe, en fonction de l’or en stock dans les BC. Le résultat était une grande instabilité des prix en fonction des stocks d’or disponibles. Les banques centrales n’avaient pas alors la possibilité de s’orienter aux prix des choses.
      On peut dire, a posteriori, que le souci de prix stables (indice des prix) peut et doit être retenu comme le « besoin » de l’économie en monnaie centrale, à distinguer de la « demande » de monnaie que font tous les acteurs en échange de biens.
      J’insiste ici encore un petit peu sur la question de l’or qui avait été tranchée, en fait par le président Nixon, événement qui a permis à l’économie de fonctionner mieux!
      Gesell l’avait dit depuis toujours, l’or comme base monétaire est totalement inutile, l’a , en fait et rétrospectivement, toujours été! Sauf que l’on ne le savait pas et que l’on ne savait sans pas faire aussi facilement de la monnaie en papier!
      Il le montre d’ailleurs en constatant que la monnaie frappée se détachait toujours sensiblement de la valeur en teneur du metal, car, en fait, le sceau du roi « monétise », rien d’autre! La monnaie frappée valait (en terme de pouvoir d’achat) en général plus que son poids en or.
      Les pièces ayant cours légal étaient toujours préférées à l’usage aux lingots qui restaient, au fond, de la marchandise (un peu spéciale, mais tout de même).
      Comme le signale Gesell, besoin et demande n’ont rien en commun. Lacan le dit dans une autre contexte concernant le sujet, mais cela nous mènerait un peu ailleurs.
      Cela nous amène aussi à méditer sur les conditions de son émission!
      C’est vrai, bien sûr, les banques obtiennent, selon des règles précises, autant de la monnaie centrale dont elles ont besoin, mais les instruments de politique monétaire se distinguent des politiques des banques commerciales par un but distinct, bien sûr!
      Le souci des banques centrales est bien celui d’obtenir des rapports de prix les plus stables possibles, et quand elles visent une fourchette d’inflation annuelle entre 0 et 2%, leur « idéeal » serait sans doute 0% inflation par une émission de monnaie centrale à tout moment adéquate. Les BC se soucient des besoins de monnaie centrale, les autres banques tentent de satisfaire la demande de monnaie!

      Avec la réforme de l’émission du numéraire telle que la préconise la réforme gesellienne, il s’agit, au fond, d’une proposition qui concerne en premier lieu les banques centrales!
      En partant de ce point, peut-être que la logique de ce que j’essaie d’exposer s’imposerait sans doute mieux.
      Pour saisir, on peut laisser de côté le comportement des banques et des acteurs dans un premier temps, pour s’en soucier ensuite bien entendu, quand ce sera le moment, et, à mon sens, tout s’éclairera assez facilement.

      Votre question:
      « Pourquoi la banque centrale pourrrait créer de la monnaie, et pas les banques commerciales. Ou sous une autre forme, si les banques commerciales ne peuvent créer de la monnaie, pourquoi la banque centrale pourrait-elle en créer? »
      Avec la distinction entre besoin de monnaie et demande de monnaie, peut-être que cela passe mieux?

      Les banques commerciales font demande de monnaie auprès du public et de la banque centrale ainsi qu’auprès des autres banques. Elles proposent pour ce la un intérêt, sans quoi, le détenteur du billet du moment ne cède guère celui-ci. Cela serait différent en régime de monnaie anticrise.

      Nous pouvons aussi considérer que le taux directeur de la banque centrale, instrument de sa politique monétaire, porte mal son nom, car ce taux ne dirige quasiment plus le niveau des taux d’intérêt pratiqués du marché. Nous le constatons aisément, car même à taux nul, l’intérêt de la monnaie ne disparaît pas et ne passe jamais en dessous de 3% pour les prêts, un peu moins pour l’épargne.
      Et ce différentiel se maintient toujours, même en situation de restriction d’émission de monnaie centrale via une hausse des taux directeurs.
      Malgré cela, sauf à taux directeur nul sans doute, les banques préfèrent se refinancer sur le marché, car elles vivent bien du différentiel entre les intérêts à payer et les intérêts obtenus (ou attendus? ex ante?)
      Et les banques préfèrent aussi, actuellement, le retour et le dépôt à la BC des pièces et billets destiné à « atténuer » les frais liés au taux directeur.
      Car, il y a là une autre distinction qui se révèle: l’obtention de monnaie centrale implique, via le taux directeur (même faible) toujours un coût, car la BC ne fait pas « commerce » de cela, elle en a de toute façon le monopole!
      C’est seulement avec la monnaie obtenue sur le marché que le commerce est possible qui dégage le différentiel (en principe) entre prêt bancaire et dépôt bancaire dont vivent les banques en tant qu’entreprises.

      La crise de confiance actuelle vient bien du fait que ce commerce souffre, précisément, de la crise de confiance. le crédit est le marché de la confiance, pourrait-on dire.
      Et ce fait déclenche la préférence massive pour la liquidité que nous observons actuellement!

      En résumé, on doit bien admettre que la BC ne fait pas « crédit », mais qu’elle « dote » l’économie de monnaie dont elle a besoin, alors que les banques sont les marchands de la confiance (du crédit), et avait d’augmenter le besoin, elles font demande, autant que popssible, sur le marché.
      Les exigences de retour de monnaie centrale sont, en fait « élastiques », car la BC a le souci de ne pas assécher les liquidités nécessaires (le besoin de monnaie!).

      La mauvaise circulation de la monnaie centrale émise en très grande quantité depuis fin 2008 reflète la préférence pour la liquidité des acteurs économiques en relation avec la crise de confiance. Autrement dit, le BC n’ont plus les moyens de leur politique!

      Suis-je plus clair?

      Bien amicalement, jf

       oppossùm dit :
    36. 16 mai 2009 à 16:06

      @ johannes finckh

      Merci de votre proposition de l’ouvrage de Gesell, ça me touche vraiment. Mais pour l’instant c’est vraiment inutile.
      Bravo pour vos contributions.

      Sur cette dernière vous dites « la seule vraie monnaie reste bien la monnaie centrale » . Bon ça va faire plaisir à Paul, mais c’est un peu flou : voulez vous dire qu’in fine le système repose sur la monnaie centrale parce que , en cas de problème , c’est la plus ‘certaine’ …. ou bien que d’autres ‘monnaies’ existent, qui ne seraient que des fragmentations temporelles de celle ci, qui serait donc la base de tout , …. ou bien que réellement n’existe que celle ci …

      Dans votre cosmogonie monétaire où est le principe créateur dynamique (l’introducteur du jeton) . Où est le principe régulateur ? (Qui n’est pas forcément sis au même endroit).
      Etes vous capable d’imaginer un système sans monnaie centrale ? Théoriquement on doit pouvoir l’imaginer : et dans ce cas où est la vraie monnaie ?)

      Bon, on en revient à de vieux débats , je sais …
      Au plaisir de vous lire, vous ou bien un autre …

       johannes finckh dit :
    37. 16 mai 2009 à 17:08

      @merci pour vos questions excellentes!
      1)oui le système repose bien sur la monnaie centrale pour son aspect de sécurité, mais ce n’est pas la seule raison!
      2)la deuxième raison est que, comme je l’ai dit, cette monnaie est une dotation! Si on voulait absolument « conserver » l’expression « ex nihilo », elle s’appliquerait là et seulement là! La monnaie centrale est tout simplement faite avec du papier et de l’encre!
      3) Elle l’est, certes, selon des quantités précises! Ces quantités se déterminent en relation avec un indice de prix le plus stable possible; c’est ce que j’ai appelé le « besoin de monnaie »!
      4)donc, dans ma « cosmogonie », comme vous dites, la BC émet de la monnaie, éventuellement supplémentaire pour accompagner une croissance économique, elle en retire pour limiter des inflations
      5)les moyens régulateurs actuels des BC sont cependant insuffisants et n’agissent qu’avec un certain décalage sur la circulation monétaire, un décalage parfois un peu long!
      *ces moyens sont: les taux directeurs, l’achat de devises, la prise en pension d’actifs et les réserves obligatoires, et l’achat d’or; s’ajoutent à cela à la féd le quantity easing, et à la BCE le fait que les entreprises pourraient peut-être se refinancer directement (mais là, je ne suis pas sûr), au Japon, c’est le cas, et pour les banques, c’est le cas partout.
      Ces moyens permettent de faire varier, parfois fortement, la quantité de monnaie centrale mise à la disposition de l’économie
      6)Cependant, ces moyens régulateurs, comme je le dis, agissent avec des décalages dans le temps de plusieurs semaines ou plusieurs mois! Leur effet conjoncturel pro-ou anticyclique vient de là. Pour expliquer ces décalges, il convent de noter que la préférence pour la liquidité des acteurs varie très fortement selon le « climat de confiance » lié au crédit bancaire. C’est ce qui fait croire que la « théorie quantitative » des monétaristes ne marche pas, c’est ce décalage parfois étiré sur des années, et comme disait Keynes à ce propos: « àlong terme, nous sommes morts! »
      7)Or, ce climat est très fortement dégradé, car les débiteurs sont « kaputt »; cela vient du fait que les créanciers ont déjà quasiment tout et qu’il n’y a, après l’affaire des subprimes, tout simplement plus assez d’entrants nouveaux dans ce système pour pouvoir emprunter les énormes créances (avoirs monétaires) disponibles en face! Les banques ne trouvent donc tout simplemet plus assez d’emprunteurs « solvables »! On ne prête qu’aux « riches », or les « riches » ont tellement qu’ils n’en veulent plus, et les pauvres sont trop pauvres!
      Comme je l’ai dit aussi, les banques s’occupent du crédit, les BC de la gestion de la monnaie! Et je maintiens absolument que le crédit n’est pas, jamais!, monnaie!
      8)D’autre part, dans ce contexte, le meilleur placement devient, souvent, la prise de bénéfice à la bourse dès qu’une hausse dite « technique » se pointe! Du coup, les actions et autres actifs encore davantage, baissent,y compris l’immobilier bien sur, et la « valeur » de la monnaie augmente: c’est la déflaion des actifs qui précède la déflation tout court, comme c’est le cas avéré au Japon, alors que la Banque du Japon refinance à guichets ouverts et gratis depuis bientôt 20 ans!
      9)Seule une monnaie anticrise (franche ou « fondante » comme disent le railleurs) pourrait constituer le moyen de régulation de la monnaie centrale pleinement efficace pour enrayer des évolutions déflationnistes; mais je vous en dirai certainement davantage un autre jour!

      10)Quant à « imaginer un système sans monnaie centrale? » J’ai du mal! Quand l’Euro fut créé en 1999, il n’existait pas sous forme de billets et pièces jusqu’au 1.1.2002, nous nous en souvenons tous! Il était alors sensiblement sousévalué face au dollar. L’usage des monnaie anciennes continuait jusqu’au 31.12.2001 sans faiblir! Au contraire, même, car des sommes thésaurisées sortaient des bas de laine en raison de la perspective du change imminent!
      Par ailleurs, l’euro était faible face au dollar. Cela a changé depuis!
      11) En pratique, j’ai donc du mal avec cela, tentons la théorie: je crois que la qualité anonyme et universelle de la monnaie n’existerait plus, ne serions-nous pas passés alors dans un système où les créances (toujours nominatives!) circuleraient tant bien que mal! Et seraient bonnes ou moins bonnes! Ce serait du TROC, à mon sens, et la catastrophe serait certaine à brève échéance!
      Au cas où des politiques un peu « fous » essayeraient, ce serait une monnaie étrangère qui circulerait!
      Le dollar sans doute, avant, dans les balkans, ce fut le Mark, maintenant, au Kosovo, c’est l’euro!
      En Allemagne, lors de la grande inflation en 1923, les affaires se faisainet avec des dollars!
      Idem, souvent dans les pays communistes, etc…
      12)Donc, personnellement, je ne crois pas une minute que la monnaie fiduciaire disparaîtrait un jour! Et encore moins si nous l’améliorons en émettant sa version gesellienne anticrise, à savoir des billets qui circuleraient tellement mieux!
      bien amicalement, jf

       Crapaud Rouge dit :
    38. 16 mai 2009 à 17:50

      Réflexion faite, ce billet me semble devoir être amendé. Paul y oppose l’argent,

      dont chacun reconnaîtra qu’il constitue bien la monnaie sous sa forme la moins contestable

      , à la reconnaissance de dette comme

      marchandise portant sur de l’argent, à savoir constituée de deux transactions en argent à venir.

      Puis, après avoir justifié l’existence de cette marchandise par celle du marché secondaire où les dettes peuvent s’échanger, Paul en arrive à cette conclusion : C’est cette présence de l’argent à deux niveaux dans le commerce des reconnaissances de dette qui fait qu’on peut être tenté d’assimiler argent et reconnaissance de dette, sous le même label de monnaie. Mais qu’il y ait là une simple confusion se comprend très bien (…) Pour Paul, « une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie ».

      On pourrait même dire, pour enfoncer le clou, qu’une reconnaissance de dette n’est pas du tout de la monnaie, et que l’argent en est totalement. Mais, de l’état « pas du tout » à celui de « totalement », je vois que s’intercale tout le processus socio-économique qui permet de reconnaître, dans le grand fatras des choses, d’une part des marchandises, d’autre part de la monnaie, et enfin un phénomène de transmutation des unes dans les autres. Cela dit, je soutiens qu’une reconnaissance de dette est déjà de la monnaie, car elle naît dans la sphère monétaire en tant que « trace de transactions contenant l’annonce de deux transactions à venir ». Et, oubliant l’intérêt qui lui est lié, je dirais que, de ces deux transactions, l’une est passée : c’est le paiement par le créancier d’une certaine quantité de monnaie totalement constituée, en argent supposé de bon aloi. Il semble que la seconde transaction, à venir et douteuse, différencie radicalement la dette et l’argent, mais il n’en est rien. On peut symétriser, dans le temps, la première et le second : l’argent aussi n’existe que sous forme de deux transactions, l’une passée et l’autre future. La première est celle par laquelle on en devient propriétaire : elle est aussi douteuse, a priori, que la transaction future de la dette, car cette monnaie est peut-être fausse. La seconde, qui permet de provoquer un échange, est considérée comme aussi « certaine » que celle qui est à l’origine de la créance. Pour nous résumer:

      dette paiement certain par créditeur → remboursement incertain par débiteur (fausse promesse)

      argent acquisition incertaine (fausse monnaie) → paiement certain par propriétaire

      Par « certain », il faut entendre : a priori incontestable, sauf vice caché, car on suppose que les agents sont honnêtes. Incertain signifie a priori contestable, même si les agents sont honnêtes, car des aléas peuvent surgir ou même ont déjà surgi : l’inflation par exemple. Enfin, la symétrie est complète si l’on pense que l’argent acquis a pu l’être en plusieurs fois, comme on rembourse une dette en plusieurs traites.

      Une dette n’est pas de la monnaie, mais déjà de la monnaie, tout comme les contours de la future Rome, tracés par Romulus, sont déjà remparts. (La preuve par la mort de Rémus qui eut tort de s’en moquer.) Dire qu’« une dette est de la monnaie » est absurde, (on pourrait payer n’importe quoi avec du vent), mais l’ajout de l’adverbe introduit le futur dans le présent : je peux déjà me servir d’une reconnaissance de dette pour payer un achat à crédit : il suffit que j’inspire confiance.

      Paul ne reconnaît qu’une fonction à la monnaie : servir de moyen d’échange. On ne lui en voit pas d’autre, en effet, mais est-ce une raison pour faire de la monnaie-réserve-de-valeur

      une simple conséquence du fait qu’il ne se déplace pas de manière continue, mais discrète ?

      Je crois plutôt que la monnaie-réserve est la condition sine qua non de l’échange. Aucun paysan, aucun artiste, n’échangerait sa production contre une monnaie de pacotille : une monnaie n’existe qu’à condition d’avoir de la valeur, et une valeur susceptible d’être conservée : comme celle d’une dette. La monnaie a un « rang social » à tenir, sinon elle déchoit, elle cesse d’être monnaie. D’ailleurs, si on la thésaurise, (au grand dam de johannes finckh), c’est parce qu’on a peur de déchoir soi-même par manque de monnaie. Ce faisant, on lui reconnait sa valeur et ainsi on contribue à son maintient. Le jour où les pauvres jetteront l’argent par la fenêtre, c’est qu’il ne vaudra pas un clou.

      Mon idée est que la monnaie n’est pas une marchandise, même particulière, mais un objet spécifique qui résulte du fait que la population lui reconnaît la qualité de monnaie. Une marchandise qui se mange peut servir au troc, mais pas de monnaie, sinon, à la première disette venue, la population mangerait sa monnaie ! De cela il ressort qu’une dette, puisqu’elle est déjà monnaie, n’est pas une marchandise. Qu’elle puisse s’échanger sur un marché secondaire n’empêche pas qu’elle reste ontologiquement une dette, et n’est marchandise que sur un plan axiologique. De façon analogue, les billets ne sont vraiment marchandise qu’entreposés par palettes entières, comme des journaux que l’on prépare à être distribués. Dans un échange, on peut payer aussi bien de 5 billets de 100 que d’un seul marqué 500 : c’est la preuve que la marchandise n’entre pas en ligne de compte.

      Aux origines, sans doute, la monnaie était aussi une marchandise, réputée précieuse, mais, au fil de l’évolution, elle s’est réduite à n’être que signes. Cet or, dont jadis elle était faite, avait autant pour fonction d’exprimer une quantité que l’authenticité de ladite quantité. Une problématique toujours d’actualité qui ne vaut pas que pour la monnaie, mais pour l’information en générale, comme le montre l’apparition des cartes d’identité « infalsifiables » et du passe-port biométrique. Ce qui s’échange, dans un acte d’achat/vente contre monnaie, c’est une marchandise réelle contre un pouvoir d’achat potentiel. C’est pourquoi la question de l’authenticité de la monnaie est cruciale : le paysan qui vendrait sa récolte contre de la mauvaise monnaie serait ruiné. (C’est pourquoi aussi la « monnaie fondante » est plus que douteuse : elle pousse les grosses quantité d’argent à circuler aussi vite que les petites.) Mais l’histoire de l’inventeur du bluejean, celle d’un commerçant qui ne savait que faire de son stock de tentes, montre que la question de l’authenticité ne se pose pas (de façon ontologique) pour les marchandises : de ses tentes il a fait des pantalons, et leur valeur a décuplé. Ce qu’il y a de commun, en revanche, entre monnaie et marchandise, c’est le fait que leur valeur ne peut que décroître en raison inverse de leur abondance. La monnaie qui s’échange est indissociable de la monnaie-réserve-de-valeur : celle-ci n’est pas un « produit dérivé ».

      L’argent en circulation, la monnaie fiduciaire, est toujours fait de deux choses : sa constitution matérielle d’une part, les signes qui disent sa valeur d’autre part. Ces signes ne peuvent pas être contestés : un billet de 500 euros vaut 500 euros même s’il est faux : parce qu’il faut savoir qu’il est faux pour dire qu’il vaut zéro. Et pour savoir qu’il est faux, il faut lire d’autres signes, (par exemple en filigrane), inscrits dans le billet au cours de sa fabrication : ces signes remplacent la matière précieuse que l’on mettait autrefois dans les pièces. C’est donc bien l’incertitude quant à l’origine de la monnaie qui se trouve ainsi révélée, incertitude symétrique à celle du remboursement d’une reconnaissance de dette. De manière générale, la monnaie ne tire sa valeur, comme une reconnaissance de dette, que de signes inscrits dans le passé que l’on s’efforce d’interpréter pour estimer sa « valeur future ». Mais c’est un pléonasme : sa valeur ne peut se réaliser, se révéler ou se transformer en marchandise, que dans le futur.

       Paulo dit :
    39. 16 mai 2009 à 18:12

      @johannes finckh

      Merci pour votre réaction. Cette distinction capitale a décidément du mal à passer.
      Les Anglo-Saxons font pire : ils disent money pour argent ! (et currency pour monnaie ?)
      Quand elle s’écrie « I want my money back » cette chère Mrs Thatcher réclame bien entendu « son » argent
      et pas… « sa » livre sterling. Cela, ce sont les citoyens dépouillés par l’inflation ou la dévaluation
      qui pourraient l’exiger !
      Par ailleurs, il faudrait sans doute introduire une autre distinction, cette fois entre monnaie et instrument monétaire.
      Mais c’est encore une autre histoire.
      Enfin, si au lieu de considérer l’intérêt comme « le prix du temps » ou « le prix du risque » ou encore « le prix de la liquidité », on l’assimilait au prix d’un service rendu par le prêteur à l’emprunteur, je pense que ça changerait pas mal les choses… C’est juste une suggestion.
      L’article monnaie de l’Encyclopaedia Universalis, 2eme partie « Monnaie et création monétaire » signé Bernard SCHMITT
      (du moins jusqu’à l’édition 2007) me paraît excellent.

       Crapaud Rouge dit :
    40. 16 mai 2009 à 18:25

      @Paulo:

      Enfin, si au lieu de considérer l’intérêt comme “le prix du temps” ou “le prix du risque” ou encore “le prix de la liquidité”, on l’assimilait au prix d’un service rendu par le prêteur à l’emprunteur, je pense que ça changerait pas mal les choses…

      Tout à fait d’accord avec cette suggestion. Ce « prix d’un service rendu » devrait être soumis à l’offre de la loi et de la demande, ce qui aurait des tas d’effets, en effet.

       Paulo dit :
    41. 16 mai 2009 à 18:30

      Encore une petite précision pour corser le débat.
      Le dollar est le moyen légal d’éteindre une dette… pour un citoyen américain.
      Ce n’est donc pas, en effet, une reconnaissance de dette
      de l’Etat ou de la Fed envers le citoyen détenteur,
      puisque l’Etat (ou la Fed ?) c’est « nous » (nous les Américains en l’occurrence)
      Or, on ne saurait s’endetter envers soi-même.
      En revanche, les dollars détenus par des Chinois
      (ou autres acteurs n’appartenant pas à la « zone dollar »)
      ne sont rien d’autre qu’une reconnaissance de dette…
      Je ne sais pas si Paul a donné cette précision.

       johannes finckh dit :
    42. 16 mai 2009 à 18:53

      @ Paulo,
      vous êtes trop gentil,
      mais je maintiens: l’intérêt est la rente du temps qui passe!
      Il ne s’agit pas d’un « service rendu mais d’un asservissement, d’un esclavage par l’intérêt! En fait, d’un « sévice! »
      C’est une spoliation permanente, c’est la racine même du capitalisme!
      Rien ne peut le justifier quant au plan d’un service rendu!
      Ce qui le cause, c’est la monnaie elle-même qui ne circule jamais sans prélever de l’intérêt, car en tant qu’objet convoité et VALEUR REFUGE ULTIME gardant sa valeur nominale, elle impose sa loi et exige son tribut.
      C’est bien pourquoi la monnaie anticrise (franche) telle qu’elle est proposée par Silvio Gesell est en tout premier lieu une exigence de justice sociale!
      Deuxièmement, cette réforme ara pour effet la stabilisation de l’économie et la disparition de toute crise systémique possible!
      jf

       johannes finckh dit :
    43. 16 mai 2009 à 18:58

      @crapaud rouge:
      relisez ce que j’ai écrit:
      seule la monnaie centrale PEUT être monnaie!
      C’est comme dit Paul, monnaie est monnaie, et marchandise est marchandise!
      La monnaie centrale est émise comme monnaie et le reste exclusivement!
      Aucune « transmutation » n’existe!
      Cela vaut pour des objets volumineux comme pour des bouts de papiers comme des reconnaissances de dettes, voire des chiffres tout juste:
      La ttransmutation relève de la sorcellerie!
      Vous lisez sans doute harry Potter!
      jf

       Crapaud Rouge dit :
    44. 17 mai 2009 à 11:08

      @jf:
      1) « Il ne s’agit pas d’un “service rendu mais d’un asservissement, d’un esclavage par l’intérêt! » :

      Vous ne faites rien d’autre que substituer l’idéologie du rentier, qui dit « je prends un risque », par la vôtre : un esclavage. Mais qu’y a-t-il « en fait », sous de tels discours ? On ne le sait toujours pas. Paul raconte au demeurant que, dans certaines sociétés africaines, cet intérêt est/était un « cadeau » : on est loin de l’esclavage, non ? Mais il est vrai que des Africains n’ont pas hésité, à l’époque de la traite, à vendre leurs frères… De quoi jeter un doute sur la valeur, ou la spontanéité, du « cadeau ». Aujourd’hui encore, des histoires de prostitution suggèrent qu’en Afrique on possède l’art et la manière d’asservir une personne par la suggestion, en jouant sur ses croyances et craintes superstitieuses. Le « cadeau » servait peut-être, (hypothèse), à payer le retour d’ »objets personnels », (cheveux ou autres), que le créancier avait préalablement requis pour s’assurer un pouvoir sur son débiteur en cas de non remboursement. Les Africains ont certainement beaucoup de charmes et de mérites, mais certainement pas celui d’avoir inventé la philanthropie.

      2) « seule la monnaie centrale PEUT être monnaie! C’est comme dit Paul, monnaie est monnaie, et marchandise est marchandise! » :

      Autrement dit : un chat est un chat. Certes, mais les humains n’ont jamais fabriqué l’espèce des chats, à l’inverse de la monnaie qui, elle, n’existe pas dans la nature. « La monnaie » n’est pas un objet constitué préalablement à son étude, à la manière de l’espèce chat, ou de l’espèce or. De plus, l’usage de la monnaie a des effets rétroactifs sur elle-même, l’inflation en est l’exemple le plus trivial.

      3) Puisque vous en parlez, de l’intérêt, ce qui précède me suggère les 2 seules certitudes à son sujet : 1) C’est un effet rétroactif, sur la monnaie, de l’usage de la monnaie. Cette vague définition a le mérite d’être indépendante des interprétations d’ordre culturel. 2) L’intérêt est constitutif du « phénomène monnaie » : une société où l’intérêt n’existerait plus aurait une autre pratique de la monnaie, et s’en ferait une autre conception, de sorte que sa monnaie serait très différente de la nôtre : une espèce mutante.

      4) « Aucune “transmutation” n’existe! »

      Vous en êtes sûr ? Il n’y a pas si longtemps, les organes du corps humain étaient les organes du corps humain : un chat est un chat. Aujourd’hui, il faut « lutter contre » les trafics d’organes à grand renfort de lois « bioéthiques », contrôles divers et traques policières. Les organes humains sont devenus, de facto, des marchandises. Donc, pas de transmutation alchimique, certes, mais nombreuses transmutations socio-économiques.

      5) « relisez ce que j’ai écrit: seule la monnaie centrale PEUT être monnaie! »

      Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que nous sommes aux antipodes l’un de l’autre. Je suis entièrement dans le questionnement : j’affirme pour essayer de progresser, pour le plaisir de chercher à voir clair dans ce qui est a priori obscur. Vous êtes au contraire dans la révélation, la transmission d’un savoir acquis. Vous ne cherchez pas à comprendre la monnaie, mais à faire comprendre une conception préconçue de la monnaie. Je ne doute pas qu’elle soit intéressante, mais je n’ai pas du tout envie de m’y intéresser. Je n’ai donc pas du tout envie de vous relire, même si j’apprécie ce que vous pouvez écrire, puisque ça me permet de rebondir. Chacun son dada.

       Crapaud Rouge dit :
    45. 17 mai 2009 à 15:57

      J’ai trouvé un nouvel argument pour dire que l’argent n’est pas marchandise. Un argument qui n’a rien de scientifique, mais qui n’est pas bête pour autant. Personne, de ne nos jours, n’aurait l’idée saugrenue de soutenir que les signes qui font une langue écrite sont des… dessins! Un signe écrit n’est pourtant rien d’autre qu’un « dessin signifiant quelque chose », mais raisonner comme s’il était fondamentalement un dessin, voire le réduire à l’état de dessin, c’est échapper à l’essentiel : le signe est signe. Il a une manière d’être qui lui est propre, sa vie de signe n’est pas celle d’un dessin, et tout un chacun fait spontanément la différence entre l’un et l’autre.

      On peut soutenir que l’argent et la monnaie sont des marchandises mais, ce faisant, on s’interdit d’envisager la monnaie comme un phénomène spécifique et autonome par rapport à celui des marchandises. A mon avis, si la monnaie est marchandise, c’est à la façon d’un dessin pour le linguiste, cad de façon signifiante. Les marchandises aussi sont « signifiantes », (de moult façons, la richesse est signe de statut social, etc.), mais c’est l’apanage de la monnaie de signifier explicitement une quantité de richesse. Autrement dit, avoir 100 euros, c’est pouvoir signifier à autrui que l’on possède 100 euros, et « l’argent liquide » n’est jamais que le moyen le plus sûr, le plus commode et le plus consensuel de se faire comprendre. (Voire de convaincre : une valise de billets vaut souvent plus qu’un long discours et, réciproquement, une sérieuse menace permet d’avoir de l’argent à bon compte, par le chantage ou le racket.) Bref, la monnaie est un signifiant avec son signifié qui s’élabore au cours d’un processus spécifique et collectif. Lequel réserve parfois des surprises : on peut s’enrichir subitement en gagnant dans une loterie, mais les Chinois, qui croyaient s’enrichir en accumulant des dollars, se retrouvent désormais à la tête d’un stock dont ils ne savent pas encore comment ils vont s’en débarrasser sans provoquer sa dépréciation.

      La monnaie n’est « simple moyen d’échange » qu’à un niveau individuel et pacifié. Collectivement, elle est un moyen de calcul de la répartition des richesses, étant entendu que d’autres contraintes, plus connues sous le nom de « rapports de force », provoquent les transferts de fonds qui conviennent afin que les calculs soient conformes à la réalité… Les racketteurs corroborent ce schéma, mais aussi la dette des fameux emprunts russes : quand les bolcheviks déclarent ne pas la reconnaître, ils provoquent un transfert de fonds implicite. Un transfert imprévu et illégal, certes, puisqu’on l’attendait dans l’autre sens, mais transfert quand même par changement de statut de ces emprunts. Pourquoi ce seraient-ils gênés puisqu’ils haïssaient les capitalistes qui leur avaient prêté du blé : leur reconnaissance de dette était bel et bien déjà de la monnaie : il leur suffisait de gommer un mot : reconnaissance.

       johannes finckh dit :
    46. 17 mai 2009 à 17:44

      @crapaud rouge:
      Merci pour votre franchise!
      Votre dernier message implique que vous m’avez mieux compris que vous ne le savez déjà!
      Votre réference au signifiant est très forte, et je suis tout à fait d’accord, d’autant que je suis assez familier de l’enseignement de Lacan, vous aussi, me semble-t-il.
      Ceci dit, quand j’attribue au numéraire ce privilège comme le fait aussi Paul Jorion, c’est que le numéraire est seul émis par la seule BC comme une dotation initiale et finalement adapté à l’usage selon des critères tentant à maintnir les prix aussi stables que possibles.
      Ce qui n’est pas le cas de tout ce qui est crédit et reconnaissance de dette que Paul assimile justement à une marchandise.
      Bref, je ne cherchais pas à vous offenser, soyez-en sûr!

      La propriété signifiante du signe monétaire est celle de signifier tour à tour tout ce qu’il achète. Malheureusemnt, cette proriété signifiante est bel et bien compromise quand la monnaie ne circule plus ou mal, comme actuellement, car, à ce moment-là, de signifiant général, la monnaie évolue vers signifiant (particulier) de la seule richesse de son détenteur! Et ces deux fonctions portées par un seul et même objet sont absolument pas compatibles! C’est comme en logique, que vous devez connaître, puisque vous êtes familier de Lacan, un catalogue ne peut s’inclure comme comptant comme un élément de ce même catalogue. Par analogie, si la monnaie est le catalogue de tout c qui peut être échangé contre elle, elle ne saurait, sans s’annuler elle-même en tant que catalogue, devenir un objet du catalogue, en tant que réserve de valeur!
      De cette situation, pourtant réellement ainsi existante dans le monde capitaliste, résulte tout l’instabilité que nous connaissons. La « révolution signifiante » d la monnaie est incomplète!

      D’autre part, nous changerions effectivement de « société » en adoptant une monnaie qui ne serait plus que « catalogue » sans pouvoir être compté comme l’un de ses éléments! C’est ce que vise la réforme monétaire de la monnaie anticrise (gesellienne)!

      L’intérêt est constitutif du phénomène monnaie, oui, mais cela veut dire exactement que cette monnaie inclut en elle-même la rente du capital, et de ce fait, en la possédant pour elle-même, il s’agit bel et bien d’un asservissement des autres! C’est précisément ce qu’il convient de dégager pour le changer, sans quoi, il n’y a plus moyen de stabiliser l’économie!
      jf

       Oppossùm dit :
    47. 18 mai 2009 à 08:55

      @ johannes finckh

      – Bien sûr , la monnaie est monnaie et la marchandise est marchandise … et un contrat est un contrat

      Pour avoir les idées un peu claire (moi en tout cas) , Il me faut mettre de la subtilité là où il est intéressant d’en avoir c’est à dire pas partout quand même.
      Dans sa fonction d’organisatrice des échanges la monnaie n’est pas une marchandise, car elle n’est pas désirée pour elle même : le concept nucléaire de la monnaie est le jeton (et même pire ce n’est qu’un signe opératoire dynamique)
      Mais sitôt créée la monnaie peut devenir marchandise. Dans le contrat de la reconnaissance de dettes, la monnaie devient alors marchandise. (D’un certain point de vue la monnaie empruntée est marchandise, la monnaie qui sera rendue à terme est monnaie)

      Si la monnaie est marchandise, comme toute marchandise, elle a un prix qui correspondra à sa valeur (Facile puisqu’elle contient en elle même sa valeur nominale étant en elle même l’unité de compte), augmentée d’un quelque chose qui est la commission , le petit surplus pour que « je » vive : et ceci comme toute marchandise.

      La monnaie a alors un prix et ce prix dépasse sa valeur : cette commission (intérêt/rente etc …) , le prix du temps ? Oui mais le prix du temps ne veut rien dire car en réalité c’est le prix de l’activité économique consistant à effectuer un prêt, donc c’est ce qu’il (me) faut pour vivre pendant ce temps …. (enfin pas ‘concrètement’ mais … en moyenne)

      – Donc la reconnaissance de dette suppose que la monnaie est devenue marchandise. Ce contrat est d’abord un contrat. C’est à dire un objet. Je veux dire qu’il n’est pas d’emblée ‘marchandise’ c’est à dire objet faisant l’objet de transactions marchandes. Néanmoins il peut le devenir.
      Bien entendu ce contrat , d’abord objet puis ensuite marchandise lorsqu’on le considère comme un actif cessible, n’est jamais monnaie.

      – Cependant , le fait que cette marchandise-contrat contienne de la marchandise-monnaie , faisant donc ce cet objet un produit financier , le rend facilement ‘liquéfiable’, mobilisable. Il est de la même nature , de nature financière et donc sa transformation en monnaie est plus facile psychologiquement et concrètement puisque son prix est de par nature plus cernable.
      Il s’ensuit que cette nature de ‘quasi-monnaie’ peut entraîner de la part de son détenteur un comportement tel que si il avait réellement cette monnaie en poche, immédiatement disponible. Et que sur cette base psychologique, il va organiser une transaction marchande , quasiment dans le même temps que la monnaie que représente sa reconnaissance de dette, circule ailleurs. Il lui suffira de mobiliser sa reconnaissance de dette quelques instants, le temps d’acheter puis revendre, et il pourra reprêter la même somme dont il n’aura la trace que par une reconnaissance de dette , comme dans la situation initiale.

      Bon je retombe sur la vitesse de circulation de la monnaie. La monnaie n’est effectivement qu’à un seul endroit à la fois mais psychologiquement elle est presqu’à deux endroits … et il y a presque deux monnaies distinctes sur une même base. La reconnaissance de dette devient monnaie.
      Enfin … si tout va bien.
      Car si un cygne noir apparait, et bien c’est la crise.

      Mais je découvre peut-être l’eau tiède.

       oppossùm dit :
    48. 19 mai 2009 à 00:01

      A bien y réfléchir , une reconnaissance de dette n’est jamais monnaie.

      Cependant plus cette dette est mobilisable facilement et rapidement , de façon certaine pour un montant certain et sûr, plus elle prend les caractéristiques de la monnaie, en ce sens que je vais la considerer comme monnaie certaine et donc bâtir et organiser une ou des transactions avec.
      On pourrait dire que la vraie monnaie arrivera au dernier moment, comme une fée magique permettant l’échange, avant de disparaître ailleurs.

      Le mécanisme de la dette tend donc à créer une sorte de masse supérieure à la quantité intiale de monnaie. Bien entendu, à un moment T , la monnaie ne se trouve pas à 2 endroits , MAIS le problème est qu’ humainement nous ne fonctionnons pas au moment T , MAIS dans une épaisseur de temps , le temps d’un projet, d’une reflexion, donc en réalité nous existons réellement sur la bande T/T+1 … et dans cette bande passante de vie, la monnaie , d’un certain point de vue non comptable , s’est démultipliée.

      D’ailleurs un DAV (Le relevé de banque constituant bien un reconnaissance de dette de la banque) est considéré comme de la quasi monnaie pour son détenteur, alors qu’en fait , son argent réel est utilisé ailleurs. Mais lorsque je l’utiliserai , il faudra impérativement qu’elle soit là, provenant d’un autre compte de la même banque, d’une autre banque ou en monnaie banque centrale …

      Mais dans mon exemple et celui de Paul, le dette n’a pas tout à fait le même sens que la dette provoquant d’un emprunt de l’économie au système bancaire sans l’assurance ni le sousci préalable que cet argent existe déjà . La il s’agit de la dette fondatrice de la monnaie , qui peut être effectivement financé par de la monnaie pré-existante, mais dont la partie qui reste en monnaie de la banque ayant émis le prêt, sans transformation (en une autre monnaie) , constitue bien une création ex-nihilo.

      Avec mon système chmilibliqué , j’ échoue sur l’idée asez bizarre que la monnaie ex-nihilo réelle est celle qui ne circule pas. Et la partie qui circule réellement , soit entre banques pour les compensations, soit en demande de monnaie fiduciaire, est ‘financé’ par la monnaie banque centrale.
      Et donc lorsqu’on parle de destruction de la monnaie lors du remboursement, cela ne peut concerner que la partie de l’emprunt qui n’a pas circulé , la partie de l’emprunt assise et tiré par la banque sur elle même …
      Je fais don de mon observation de pataphysique monétaire à Paul !

      Je reviens à ma bande passante T/T+n , pour continuer dans mon délire, en disant que plus la bande passante s’élargit vers le futur (Tout autre direction est impossible), plus on fragilise le système, plus on fait porter au futur un risque : celui que l’argent ne se trouve pas au rendez-vous et que la dette n’offre le visage hideux de la promesse à payer qu’on ne peut pas tenir. C’est la pyramide de dettes d’Allais.

      Voilà, la file est fermée, ma construction personelle est terminée, passons à la constitution.

       johannes finckh dit :
    49. 19 mai 2009 à 07:48

      @tous:
      que faut-il penser de ceci?
      On m’a rapporté une histoire dans laquelle une jeune fille avait été chargée par son employer escroc d’encaisser sur son compte un certain nombre de chèques d’un faible montant pour un total de 10 000 euros.
      Les montants des chèques étant faibles (de l’ordre de 50 euros chacun), la banque les a crédités sans vérifier.
      Ensuite, elle a retiré le crédité de son DAV rapidement en espèces!
      Peu après seulement, la banque s’est aperçue de son erreur!
      Elle a alors bloqué le compte de la jeune fille et contraint, par intimidation, les parents, des gens simples, à faire un emprunt de 10 000 euros qu’ils ont du mal à payer, étant donné qu’ils n’ont que les minima sociaux!
      En fait, dans cette histoire de vol, la banque se comporte comme l’escroc, elle est son complice objectif!
      Mais, en fait, cela prouve une chose: Pour ne pas être de sa poche, la banque vole à son tour par intimidation!
      S elle avait pu, soi-disant, « créer » quoi que ce soit, l’histoire aurait pu trouver une autre fin!
      Et si la banque avait eu affaire à un citoyen plus combatif, elle aurait bien été de sa poche!
      Car elle a payé les espèces sur un compte dûment crédité!
      Le seul recours juridiquement impeccable pour la banque aurait dû être la poursuite de l’escroc qui lui a fait des chèques en bois! La jeune les a seulement portés à encaissement!
      Ainsi va le monde des voleurs et des rapports de force!
      jf

       Oppossùm dit :
    50. 19 mai 2009 à 13:38

      @ johannes finckh dit :

      « Si elle avait pu, soi-disant, “créer” quoi que ce soit …  »

      Que voulez vous dire Johannes ? La banque ne peut jamais créer comme cela : elle ne crée que si en face il y a un agent extérieur à elle même qui valide la création par une promesse de rembourser.
      Ceci étant oui, il un a quelque chose de pourrie au royaume des banques.

       Crapaud Rouge dit :
    51. 20 mai 2009 à 19:12

      Paul dit :

      Une reconnaissance de dette est une marchandise du même type qu’un contrat à terme sur vingt tonnes de lard au Chicago Mercantile Exchange, le fait qu’elle porte sur de l’argent plutôt que sur du lard ne change rien à sa nature fondamentale, qui est d’être un contrat ayant un prix du fait que la marchandise sur laquelle il porte, a elle-même un prix.

      Se basant sur les faits constatés, et vérifiables puisqu’il touche au fonctionnement de marchés réels, Paul a évidemment raison : une reconnaissance de dette est une marchandise et n’est pas de la monnaie. Ces assertions sont d’autant plus difficiles à contester qu’elles se fondent sur le fonctionnement des marchés dont le propre est d’être connu du public et de faire consensus.

      De mon côté, quand je dis que je pourrais faire un achat à crédit en arguant que je possède une reconnaissance de dette, – l’argent destiné à ma caisse le justifiant -, j’utilise hypothétiquement ce titre d’une façon différente : je ne le vends pas comme une marchandise, il reste ma propriété. Dans cette hypothèse, une reconnaissance de dette est comme de la monnaie, (ou « déjà » de la monnaie), puisqu’elle justifie et provoque la vente d’une marchandise.

      Cette hypothétique construction, née de mon expérience personnelle, peut paraître fantaisiste et sans rapport avec la réalité, mais il n’en est rien. A une certaine époque, j’avais dans mes relations un monsieur qui me tapait régulièrement de petites sommes, mettons tous les trois mois, et ne les remboursait jamais. La chaleur de notre relation m’interdisait bien sûr d’exiger un intérêt, et plus encore de lui mettre le couteau sous la gorge pour obtenir remboursement. Mais son manège m’agaçait de sorte que j’ai réfléchi à la façon dont il s’y prenait pour me convaincre à chaque fois de lui accorder un nouveau crédit.

      Le résultat est surprenant. Il ne niait pas ses dettes, au contraire, il les mettait en valeur. Il prenait grand soin de les récapituler mais assorties de moult possibilités de remboursement qui, à l’en croire, ne devaient faire aucun doute. Autrement dit, l’argent qu’il me devait allait rentrer dans sa caisse, ce n’était plus qu’une question de jours, comme s’il avait possédé une reconnaissance de dette de quelqu’un d’autre. Et de par cette reconnaissance, bien entendue fictive, j’étais censé me laisser convaincre de sa solvabilité. Ça marchait à tous les coups, non parce que j’étais dupe, mais parce qu’il était sympa.

      On peut dire qu’il me louait de l’argent en me payant de mots.Les réalistes diront qu’il me l’extorquait en me racontant des balivernes, donc que ce genre de faits relèvent de l’exception (malhonnête) qui confirme la règle contraire (honnête et réaliste). Donc, pour qui s’efforce de dire scientifiquement ce que sont les entités de base, (monnaie, dette, reconnaissance de dette, titres divers, marchandises, etc.), dans une économie supposée honnête, ce genre de faits n’est pas à prendre en compte.

      Je doute que cette conclusion soit la meilleure. En réalité, tout le monde baratine tout le monde, car personne ne peut emprunter sans faire croire qu’il va rembourser et qu’il peut le faire. Donc, quand un créancier se déleste de son argent, il acquiert en échange une croyance et, de son propre point de vue, il peut dire que son argent a changé d’état : de « sonnant et trébuchant », il est passé à celui de « reconnaissance de dette ». Certes, il est toujours « sonnant et trébuchant » dans la poche de l’emprunteur, mais tant qu’il ne le dépense pas ! Car, à cette condition, il peut théoriquement le rendre au créancier : la « reconnaissance de dette » ne joue pas encore. Mais aussitôt qu’il le dépense, cet argent « sonnant et trébuchant » devient « reconnaissance de dette » à part entière : il y a bel et bien changement d’état. De son point de vue, bien sûr, car l’argent reste « sonnant et trébuchant » pour celui qui le récupère.

      J’aurais bien d’autres petites choses à dire, mais bon, je crois avoir déjà beaucoup abusé de l’hospitalité de monsieur Jorion.

       Crapaud Rouge dit :
    52. 22 mai 2009 à 15:35

      Dixit Roubini en personne sur ContreInfo : « Alors qu’au contraire, lorsqu’existe un problème d’endettement excessif, on doit convertir cette dette en participations. C’est ce que l’on fait lors des restructurations d’entreprises : convertir la dette non garantie en capital. C’est ce que l’on devrait faire avec les banques : inciter les créanciers à convertir leurs créances en actions. On pourrait procéder de même avec le marché du logement. »
      L’on comprend bien la manœuvre : une fois que la dette est devenue action, le créancier peut la vendre, mais au prix du marché, qui sera moindre. C’est une façon de lui faire partager une partie des pertes.
      Ce qui intéressant, dans ce tour de passe-passe, c’est que la reconnaissance de dette change d’état et de nature : la question de son remboursement ne se posant plus, elle cesse d’être dette pour devenir capital, (ce qui est bien une transmutation), tout comme elle aurait subi un autre changement d’état, et de nature, à l’échéance normale de son remboursement.

    Publié dans Débat monétaire | 2 commentaires

    41 – La dimensionnalité de la monnaie (Introduction)

    11 05 2009 Publié par Paul Jorion

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    J’ai connu l’« apologue de la Dame de Condé » à partir d’un commentaire de « La monnaie, c’est de la sueur (et du soleil) condensés », posté par A-J Holbecq le 16 juin 2008. J’ignore où lui-même l’a trouvé (il nous le précisera sans doute). Je le reprends car j’y vois une excellente introduction à un nouvel éclairage qu’il me semble essentiel d’introduire quand il s’agit de la monnaie : celle qu’essaie de capturer maladroitement la notion d’agrégat monétaire M1, M2, M3. Je commence donc par rappeler cet apologue en recopiant ce qu’A-J Holbecq nous en dit, y compris son commentaire quant à la morale de l’histoire.

    Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et sa discrétion…! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée. Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville. Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron : « Ça fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille. » Le patron lui donne le billet de bonne grâce. Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq nouvelles fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier… qui en devait autant au garagiste… lui-même débiteur de cette somme au boucher… qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida… lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 100 euros. Il redonne donc le billet au patron de l’hôtel. Notre Dame revient de promenade. Elle annonce, qu’ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt. « Il était faux », dit-elle en souriant.

    Moralité de cette histoire :

    – Le PIB du village a augmenté puisque les commerçants, ayant été payés, ont pu inclure leurs ventes dans leur comptabilité…

    – Ce faux billet a été capable de catalyser autant d’échanges parce qu’un billet est de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia : confiance). C’est exclusivement une « valeur de confiance » entre les membres d’une communauté. Dans un autre pays il n’aurait pas été accepté. Un billet faux perd « sa valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte. Dans cette histoire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon qu’il était faux.

    – La Dame de Condé, en réservant sa chambre, a accru de 100 euros la masse monétaire du village, ce qui a permis à six personnes d’éteindre réciproquement leur dette pour un montant total de 600 euros. La « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente, mais la quantité de monnaie en circulation dans une zone est importante.

    Dans son commentaire, A-J Holbecq écrit à juste titre que « La « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente » à la morale de l’histoire, ce qui est vrai et fait aussi qu’on se demande pourquoi celui qui l’a inventée a tenu à ajouter ce détail sans réelle pertinence. Il a dû se dire, je suppose, que la bizarrerie de l’effacement en moins de temps qu’il ne faut pour le dire d’un montant si élevé de dettes au sein d’une petite communauté à l’aide d’un seul billet de 100 €, apparaîtrait encore plus étonnant si ce billet s’avérait a posteriori avoir été faux et donc n’ayant en réalité rien valu du tout. Il y a là un raccourci certainement excusable mais inacceptable : un faux billet cesse de valoir quoi que ce soit aussitôt qu’il a été reconnu comme tel, ce qui interrompt sa circulation, mais tant que sa « dénonciation » n’a pas eu lieu, rien ne le distingue d’un vrai billet et il lui est strictement équivalent. Quand la Dame de Condé révèle que le billet de 100 € était contrefait et le brûle pour convaincre un public sans doute encore incrédule qu’elle ne ment pas, l’affaire est en fait déjà réglée : il lui a permis de réserver une chambre d’hôtel pour se dédire ensuite – usage on ne peut plus utile d’un billet de banque ! On pourrait alors s’interroger : pourquoi n’a-t-elle pas continué à l’investir dans des activités encore plus profitables ?

    Ce qui intrigue dans l’histoire, ce n’est donc pas qu’une petite communauté ait pu prendre pour vrai un billet qui était faux, ce qui est banal et ne permet de tirer aucune leçon, mais c’est qu’un unique billet (vrai ou faux) ait pu avoir un tel effet : transformer un village criblé de dettes en un autre libéré de toutes obligations d’un citoyen envers un autre.

    Essayons d’analyser l’apologue. Puisqu’il existe un hôtel et que l’hôtelier accepte les 100 € de la dame, on peut supposer que la petite communauté a dépassé le stade du troc et que de la monnaie y existe sous la forme de billets et de pièces. Le montant exact ne nous importe pas, appelons le A. Au moment où la dame offre son billet à l’hôtelier l’argent disponible dans le village passe de A à A + 100 €. C’est là le montant de la masse monétaire fiduciaire qui y est présente à partir du moment où la dame paie ses arrhes jusqu’au moment où elle annule sa réservation et où la masse retombe à A. La fausseté du billet, comme je l’ai dit, n’était connue que d’elle et était du coup sans impact : il n’est pas permis d’affirmer que la masse d’argent liquide ne fut jamais « en réalité » que de A : on ne parle en effet pas ici d’un produit tel que l’uranium, dont le fait qu’il soit faux empêche son action postulée, la fission, d’avoir lieu dans le réacteur : il s’agit de monnaie supposée vraie tant qu’il n’a pas été prouvé qu’elle soit fausse et qui s’acquitte fidèlement de sa tâche jusque-là.

    Alors que s’est-il passé ? On nous dit que le billet de 100 € déposé comme arrhes à l’Hôtel de la Gare à permis en quelques heures d’éteindre des dettes pour un montant de 600 € et le mécanisme nous en est connu : il existait une chaîne de dettes partant de l’hôtelier et lui revenant en fin de circuit et le billet de 100 € a permis de proche en proche l’annulation de toutes les dettes existantes. Ce que j’essaie d’extraire de l’apologue est indépendant du fait de savoir si la situation qu’il décrit a la moindre de chance de se rencontrer dans la réalité : la réponse est non, mais cela n’a aucune importance, il s’agit clairement d’une expérience mentale et de rien de plus.

    Pour ce qui est de l’argent, nous avons compris le circuit qu’il accomplit : le billet de 100 € passa de créancier remboursé en créancier remboursé, jusqu’à avoir opéré le circuit complet. Il demeura intact et sa valeur fut elle stable. Il en va de même pour la masse A telle qu’elle existait avant que la dame ne franchisse le seuil de l’hôtel de la Gare. C’est ce que j’ai appelé en d’autres circonstances le « principe de conservation des quantités » : en matière de finances, rien ne se crée, rien ne se perd. Si ce principe n’était pas universellement respecté, la finance n’aurait jamais pu exister. Il existe sans doute des individus qui enfreignent ce principe mais leur comportement est pris très au sérieux par la société, elle les traite sévèrement : pris, ils risquent la prison. Le « principe de conservation des quantités » en matière de finances n’est donc pas une norme que je postule à des fins théoriques : il s’agit d’une règle ayant valeur légale.

    J’ai expliqué il y a quelques jours quelle est la meilleure manière de conceptualiser une reconnaissance de dette. J’ai dit qu’il s’agit de la trace de deux transactions : l’une, passée, étant intervenue au moment Ti, impliquant le transfert de la somme Si de l’agent X à l’agent Y, l’autre, à venir, censée intervenir au moment Ti+n, impliquant le transfert en retour de la même somme Si, cette fois de Y vers X, accompagné du transfert de Y vers X d’un « cadeau » en argent, proportionnel à la durée Ti+n – Ti, appelé « intérêts ». Une reconnaissance de dette est donc essentiellement l’annonce de transactions à venir, justifiées par une transaction passée. La transaction passée est, comme son nom l’indique, passée, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un donné irréversible : elle a eu lieu, un point c’est tout. Les transactions à venir n’ont pas encore eu lieu et sont donc contingentes : il existe un risque qu’elles n’aient jamais lieu, autrement dit, la chance qu’elles se réalisent n’est pas de 100 %. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les sommes qui ne seraient pas remboursées se soient évanouies dans la nature, contredisant le « principe de conservation des quantités », elles auront seulement trouvé leur voie vers d’autres poches que celle stipulée par la reconnaissance de dette.

    Donc, lorsqu’on dit qu’il existait dans le village des reconnaissances de dette pour un montant total de 600 €, ce que l’on exprime ainsi, c’est qu’il existait des annonces de transactions à venir pour un montant total de 600 €, et celles-ci se situant dans le futur non pas nécessaire mais contingent, elles pourront avoir lieu ou pas. Le billet ayant circulé, la seconde transaction mentionnée par les reconnaissances de dette existantes, celle à venir, a eu lieu dans chacun des cas. L’annonce implicite s’est réalisée, et la reconnaissance de dette s’est éteinte. Le montant des reconnaissances est passé de 600 € à 0 €, ce qui est une autre manière de dire qu’il n’en existe plus.

    Il s’est donc passé bien passé quelque chose de significatif dans le village, que les sommes d’argent disponibles à chaque instant ne révèlent pas : l’argent disponible se montait en effet à A avant que la Dame de Condé ne franchisse la porte de l’Hôtel de la Gare et il est retombé à ce niveau lorsqu’elle repassa le seuil dans l’autre direction.

    Certains – dont je ne suis pas – considèrent une reconnaissance de dette comme l’une des manifestations possibles de la monnaie. Pour eux, la monnaie présente dans le village avant la venue de la Dame se montait à A + 600 € et s’est réduite à A à son départ, en raison de l’action qu’on pourrait appeler « catalytique » du billet de 100 € de la Dame sur l’économie du village.

    De mon point de vue, une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie, le terme tendant à suggérer qu’il y aurait une identité de nature entre la marchandise privilégiée dans la fonction d’échange qu’est l’argent et une « trace de transactions » contenant l’annonce de deux transactions à venir qu’est une reconnaissance de dette. Les deux phénomènes sont à mon sens incomparables, une reconnaissance de dette étant un objet d’une toute autre nature que les pièces et billets constituant l’argent « liquide » que l’on assimile spontanément à « la monnaie ». Bien sûr une reconnaissance de dette a un prix (reflétant son « degré de liquidité » et son risque de crédit) et peut être traitée comme une marchandise, au même titre que l’argent, mais chacun s’accordera à dire que toute chose à laquelle est associée un prix n’est pas pour autant une monnaie, sans quoi presque tout dans ce bas-monde serait de la monnaie.

    Du point de vue du « principe de conservation des quantités », rien ne s’est passé sans doute, mais il faut reconnaître que, comme l’affirment ceux qui assimilent reconnaissance de dette à monnaie, il s’est bien passé quelque chose. Mais comment en rendre compte ?

    La réponse que je vais apporter consiste à introduire le concept de dimensionnalité de la monnaie, une notion qui éclairera, comme on le verra, la question des agrégats monétaires et ce qu’ils représentent en réalité.

    (… à suivre)

    (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.

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    133 réponses à “La dimensionnalité de la monnaie (Introduction)”
    1. A. dit :
      11 mai 2009 à 22:44

      Paul,

      Vous dites qu’une reconnaisance de dette n’est pas de la monnaie. Pourtant, il est possible qu’elle ait provoqué une création monétaire. En reprenant l’un des exemples que vous donnez, on peut imaginer que chaque créditeur ait du avancer des fonds pour que réaliser l’objet du contrat pour lequel la reconnaissance de dette a été consentie.

      La reconnaissance de dette qui est une obligation et non à proprement parler de la monnaie a pu provoquer ainsi une création monétaire (par le biais du crédit à une banque par exemple). La monnaie créee par la circulation du billet de cent n’est donc pas de la monnaie « nette ». Une partie du profit dégagé par chaque créancier de cette histoire a servi à rembourser une part de l’argent prêté pour lui permettre de financer sa production.
      Ainsi, dans les 600 résultant du billet qui a fait l’objet d’un échange, une partie a été avancée à t et le reste à l’issue de toutes les transactions. La partie avancée a été remboursée si bien que cette avance n’existe plus (remboursement à la banque).

    2. Alain A dit :
      11 mai 2009 à 22:56

      Paul
      Je vais essayer de jouer à l’avocat du diable…
      Sans contester votre théorème de « la conservation des quantités », ceux qui pensent que les reconnaissances de dettes sont de la quasi monnaie ne détiennent-ils pas aussi une part de vérité puisque ces 6 reconnaissances de dette ont eu le pouvoir de créer une pièce montée (qui fut mangée), de faire moudre du grain, de réparer une voiture, de…, de louer une chambre d’hôtel.
      La confiance que se sont donné ces 6 personnes en acceptant les dettes des autres a permis un échange de travaux, ce que permet aussi, d’une autre manière, la monnaieAves la « vraie » monnaie la confiance n’est plus accordée au voisin et ami (?) mais au gouverneur de la banque centrale. Confiance chaude (et risquée) versus confiance froide, systémique et quand même moins risquée (sauf rares exceptions à l’Argentine).
      Désolé, mais j’en arrive encore à la conclusion que les polémiques qui irriguent le blog depuis des années sont liées à des différences d’acceptation de ce qui peut être un moyen de paiement ou ne peut pas en être. Monnaie = confiance impersonnelle ; reconnaissance de dette= confiance personnalisée… ? Fides, fides, quand tu nous tiens…

    3. Étienne Chouard dit :
      11 mai 2009 à 23:21

      Paul,

      Personne ne dit que toute dette est assimilable à de la monnaie.

      Ce sont les dettes des banques (et encore : seulement les dettes librement transmissibles, cad les provisions des DAV) qui sont de la monnaie (le critère étant qu’elles sont acceptées par tous pour solder les échanges).

      La dame de Condé et son billet pourraient être remplacés —sans rien changer aux mécanismes libératoires— par une banque privée et un crédit créant une provision de DAV — c’est-à-dire une (fausse) monnaie nouvelle et temporaire — (la même somme de (fausse) monnaie scripturale circulant ensuite et servant à solder les différents échanges par virements successifs) ; la fin du circuit se réaliserait par le remboursement du crédit à la banque par l’hôtelier et par la disparition de la (fausse) monnaie correspondante.

      Non ?

      Étienne.
      _______________

      « La plupart des législateurs ont été des hommes bornés, que le hasard a mis à la tête des autres, et qui n’ont presque consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies. »

      Montesquieu, Lettres Persanes, lettre CXXIX.

      Remarque : le « législateur », à l’époque, est l’auteur de la Constitution (pas celui des lois ordinaires).
      _______________

    4. Mikael EON dit :
      11 mai 2009 à 23:22

      Si le pâtissier avait endossé au bénéfice du garagiste la reconnaissance de dette de l’hôtelier à son égard, et que cette reconnaissance ait été endossée au bénéfice du suivant and so on, l’affaire se serait aussi bien réglée. Ma reconnaissance de dette eut fait office de monnaie (ce qu’elle était non?). Les écritures ont changé de poste au bilan, il n’y a pas eu de produit supplémentaire. Une bouteille d’Armagnac « hors d’âge »de 100€ eut rempli le même office. Belle monnaie, bien liquide.
      C’est la valeur accordée au moyen de payement, et la confiance dans son authenticité, pièce non rognée, endos d’une reconnaissance de dette, billet qu’on croît authentique, schmalaba…qui compte…….

    5. captainsky dit :
      12 mai 2009 à 01:36

      Et si la monnaie est convertible en matière première, le pétrole par exemple?

    6. tigue dit :
      12 mai 2009 à 03:35

      @Alain,
      Ce qui préexistait historiquement a la monnaie fiduciaire, c était l’ echange de biens. Un bien servant de « monnaie d’ echange » contre un autre bien.
      Toute chose ou service pouvait servir de « monnaie d’ echange ».
      La mauvaise monnaie chasse la bonne, qui est thésaurisée.
      Quels attributs, quelles dimensions de l’ ancienne monnaie, on été oubliées a l’ adoption de la nouvelle ?
      Ne pourrait on pas ainsi retrouver l’ essence de ce qu est la monnaie ? Ses rapports avec la puissance ?
      Y a t il des analogies entre le « crédit » accordé a un puissant notable de la société médiévale, et le « crédit » accordé par les
      banques aux fonds d’ investissements, le taux très bas leur permettant un endettement massif source de capacité d’ appropriation de pans entiers de l’ industrie, c est a dire source de puissance ?
      Le crédit personnalisé, est la nouvelle monnaie, la fonction « d’ appropriation pour moi » (et de privation-pénurie pour les autres), supplante aujourd hui la fonction de réserve de valeur de la monnaie.
      Notre attention est excessivement concentrée sur une dimension actuellement neutralisée de la monnaie (la fonction de réserve de valeur, est comme une composante nulle d’ un vecteur non nul).

    7. WB dit :
      12 mai 2009 à 03:39

      la morale de cette histoire, c’est que ça va bientôt faire un an que je vous lis…le temps passe vite.

    8. Dissonance dit :
      12 mai 2009 à 04:20

      Que se passe-t-il lorsqu’on introduit un créancier dans la ronde?

      Introduisons deux éléments nouveaux pour commencer: Le billet circulant de la Dame de Condé est vrai, et est issu des caisses du créancier. Imaginons ensuite que pour produire la pièce montée, le pâtissier ait du contracter un emprunt auprès du créancier. Celui-ci se retrouve avec une reconnaissance de dette supplémentaire de 100. Le minotier quant-à lui, à du lui aussi contracter un prêt de 100 pour acheter le stock de blé permettant de faire la farine. Le créancier a désormais investi 300. Et ainsi de suite, le garagiste (100), le boucher (100), le représentant (100). Il se trouve que le tavernier, lui aussi, avait fait un emprunt de 100 au créancier pour payer le ménage de ses chambres.

      Le créancier se retrouve avec un débit de 700, qu’il compte bien recouvrir. La ronde s’exécute comme dans l’histoire originale, à un détail près: Lorsque le billet de 100 revient au tavernier, celui-ci décide de solder ses comptes avec le créancier, et lui remet le billet. Il n’en reste pas moins que ce dernier dispose encore de 500 à recouvrir.

      Heureusement pour tout ce petit monde, le créancier n’est pas bien cupide. Il n’exige pas d’intérêt. Reste qu’à la fin de cette histoire, le seul homme heureux du village est le tavernier, qui a effacé toutes ses dettes. Comme tous les villageois, il avait une dette en cours de 200 au début de l’histoire. La ronde a permis à chacun de se défaire d’une créance de 100, sauf le tavernier, qui a « transféré » pour ainsi dire sa dette à sa cliente. Pour le créancier, toute cette ronde n’a strictement rien apporté. Avant l’arrivée de la Dame, il était débité de 600. Il en est toujours au même point à l’issue de l’histoire. La Dame pour sa part est la moins bien lotie puisqu’elle fini l’histoire avec une dette, là ou tous les autres en ont remboursé.

    9. Dissonance dit :
      12 mai 2009 à 04:22

      Erratum:

      « Il n’en reste pas moins que ce dernier dispose encore de 600 à recouvrir. »

    10. Jean-Louis dit :
      12 mai 2009 à 07:10

      De son vivant, Michel Tavernier, qui connaissait l’Oeuvre de Silvio Gesell et avait fondé l’AISE, association internationale pour le soutien à l’ Ecosophie, nous avait cité cette histoire, il y a plus de 10 ans.
      Merci pour le développement.

    11. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 07:24

      L’histoire raconte qu’un seul billet de 100 € (faux de surcroît) a effacé 600 € de dettes, et ça semble magique. Mais c’est oublier qu’il y avait 6 créanciers qui totalisaient 600 € de crédit. Si les villageois avaient fait un bilan, ils auraient constaté, AVANT le passage de la dame, que leurs dettes/crédits s’annulaient mutuellement. La circulation du billet a joué le rôle d’un calcul réparti sur des données elles-même réparties, alors que le bilan auraient exigé la centralisation préalable de ces données. Ma petite remarque n’est pas anodine : dans la réalité, il y a beaucoup d’informations réparties, (en particulier le prix des choses qui s’échangent), mais relativement peu d’informations centralisées. Si l’on considère que les secondes représentent les premières, la marge de déformation est importante.

    12. iGor milhit dit :
      12 mai 2009 à 07:27

      ces débats sur la monnaie me dépassent de beaucoup, c’est un peu dommage pour moi, un peu seulement, parce que j’apprends grâce à eux. néanmoins voilà ce que la lecture de ce matin m’a évoqué:
      si qqun voulait me rembourser qqch en me disant qu’un autre lui doit le même montant et donc qu’il faut que je m’adresse à lui, je me méfierais… juste pour dire que la confiance dans les reconnaissances de dette est un tantinet périlleuse. d’ailleurs il en faut de la pression morale et judiciaire pour que les reconnaissances de dettes puissent être utilisées comme réserve de valeur. ce qui fait penser à ce rêve auquel certain s’accrochent que les actifs toxiques reprennent un jour des couleurs. donc pour que les reconnaissances de dette soient une réserve de valeur, parfois il faut carrément l’intervention massive de l’Etat, jusqu’à la « facilité quantitative » ou planche à billet.
      franchement, d’un point de vue presque poétique, sans bien tout comprendre, j’aime bien l’idée finck, la monnaie périssable, je trouve qu’elle apporte un peu de justice dans ce bas monde.

      et puis un truc en passant: je me suis étonné de l’exemple utilisé pour montrer que si dans l’histoire racontée le caractère vrai ou faux du billet importe peu contrairement à d’autres choses : pourquoi l’uranium? c’est vrai qu’on parle bcp de nucléaire et l’uranium peut être enrichi ou appauvri et qu’il fait forcément penser aux « toxic waste »… (tiens, même la radioactivité « fond », à un rythme un peu lent il est vrai – je parle de la demi-vie)

      bonne journée…

    13. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 07:46

      @ A

      Vous dites qu’une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie. Pourtant, il est possible qu’elle ait provoqué une création monétaire.

      Il me semble que ce que vous voulez dire, ce n’est pas « création monétaire », c’est « création de richesse ». L’argent qui sera remboursé a pu être utilisé par son emprunteur comme « avance », grâce à laquelle il a pu créer une plus-value : le prix total de ce qui se retrouve à l’arrivée est plus grand que celui des éléments réunis au départ. C’est d’ailleurs grâce à cette plus-value qu’il pourra verser des intérêts et même conserver un profit pour lui-même.

      Si l’argent mentionné dans la reconnaissance de dette a été utilisé comme « avance », il y a bien eu « création de richesse »… mais pas « création monétaire ». À moins que vous n’appeliez « monnaie », toute « richesse », c’est-à-dire, comme je le dis, tout ce qui a un prix, autrement dit, potentiellement tout.

    14. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 08:08

      @ Alain A.

      Oui, une reconnaissance de dette peut être traitée comme une marchandise : il peut exister un marché (« marché secondaire ») où on échange des reconnaissances de dette à un prix qui reflète le risque que la dette ne sera pas honorée.

      Mais il existe de la même manière (à Chicago) un marché où des contrats portant sur des carcasses de porc sont achetés et vendus. Cela ne fait ni de ces carcasses de porc ni de ces contrats de la « monnaie », ces contrats sont une marchandise.

      Dit plus explicitement : le fait qu’un contrat porte sur une somme d’argent ne fait pas de ce contrat une monnaie : la seule monnaie impliquée est celle utilisée dans l’achat de ce contrat. X a promis à Y de lui payer 100 € le 1er août, la reconnaissance de dette est cessible et je l’achète à Y pour 97 €. C’est une marchandise que j’ai payée 97 €. Le 1er août je me présente à la porte de X. Soit il est là et me verse 100 €, me laissant un bénéfice de 3 €, soit il a disparu sans laisser d’adresse et j’ai perdu 97 €.

      La monnaie dans cette histoire, ce sont les 100 € reçus par X de Y, les 97 € reçus par Y de moi, et au bout du compte, les 100 € que je reçois de X, me laissant un bénéfice de 3 €, ou avec lesquels X s’est enfui. Aucune monnaie ne s’est créée : des transactions ont eu lieu autour d’un contrat portant sur une somme d’argent, c’est tout.

    15. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 08:09

      « une reconnaissance de dette n’est pas de la monnaie » : à graver dans le marbre !!! Il en résulte, si j’ai bien compris, que la valeur scientifique des « agrégats monétaires » est plus que douteuse.

      Mais il en résulte autre chose, me semble-t-il, à savoir: ce n’est pas la monnaie elle-même qui aurait une « dimensionalité », mais la dette, car celle-ci est une relation temporelle entre N acteurs comme le montre l’édifiante histoire du billet. A l’instant T, chaque acteur est en possession d’une certaine quantité de monnaie, mais indépendamment les uns des autres, ce qui ne confère aucune « structure » (aucune propriété supplémentaire). Que la circulation de la monnaie en révèle une, n’implique pas qu’elle soit de son fait. Au demeurant, rien ne condamnait le billet de la dame à revenir dans la poche du tavernier, cad à parcourir toute la structure.

      Le truc rigolo, c’est que si monnaie et dette ne sont pas de « même dimension », au sens mathématique bien sûr, alors, les ajouter pour en faire des « agrégats », est d’une absurdité totale qui fera bien rire les futurs élèves en économie.

    16. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 08:20

      @ Mikael EON

      L’illustration par la bouteille d’Armagnac montre bien qu’il ne s’agit pas de monnaie : toute marchandise aurait fait l’affaire. Le différend repose alors sur la question suivante : « Peut-on considérer toute marchandise comme une monnaie (du fait qu’elle a un prix, c’est-à-dire qu’elle peut être échangée contre de l’argent) ? »

      Je réponds non : « La masse monétaire n’est pas la somme du prix de toutes les choses qui ont un prix ». On pourrait imaginer un M14 par exemple qui ait cette définition : « somme du prix de toutes les choses qui ont un prix », mais quel intérêt ?

    17. Candide dit :
      12 mai 2009 à 08:51

      Le différend repose alors sur la question suivante : « Peut-on considérer toute marchandise comme une monnaie (du fait qu’elle a un prix, c’est-à-dire qu’elle peut être échangée contre de l’argent) ? »

      Pour répondre à cette question et simplifier le problème, ne peut-on faire intervenir la notion de « cours légal » ?

      Fascinant cette « dimensionnalité »… L’approche mathématique est prometteuse. Monnaie et reconnaissances de dette comme les deux faces d’une même chose ? (D’une pièce de monnaie, bien sûr. ) Ou bien comme le négatif d’une photographie ? On parle justement d’« argentique » pour la photo traditionnelle…

    18. Dissonance dit :
      12 mai 2009 à 08:59

      @Crapeau Rouge:

      « Le truc rigolo, c’est que si monnaie et dette ne sont pas de “même dimension”, au sens mathématique bien sûr, alors, les ajouter pour en faire des “agrégats”, est d’une absurdité totale qui fera bien rire les futurs élèves en économie. »

      Au sens physique également. Illustration:

      Addition de mètres et de mètres carré, ou encore addition des distances et des vitesses… Ça n’a effectivement pas le moindre sens. En revanche, dans ces disciplines on peut obtenir des valeurs significatives en multipliant des éléments de dimensions différentes, ce qui introduit une nouvelle dimension. On parle alors d’unité dérivée.

    19. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 09:05

      « J’ai expliqué il y a quelques jours quelle est la meilleure manière de conceptualiser une reconnaissance de dette. » : mais cette conceptualisation est incomplète, car on ne peut se contenter de voir dans l’intérêt un simple « cadeau ». Voilà bien une « représentation mentale » à bannir. Ailleurs, on parle de « loyer » de l’argent dont l’intérêt serait le prix. Cela suppose que la quantité de monnaie disponible pour le crédit est limitée, de sorte que l’emprunteur accepte de payer pour s’en réserver une fraction. On raconte aussi que cet intérêt récompenserait le risque pris par le prêteur : mais comme rien n’oblige le prêteur à prendre ce risque, et comme il n’est pas très malin de sa part d’augmenter ledit risque en le surchargeant l’emprunteur d’un intérêt, ça ne me semble pas très pertinent comme explication. Alors, qu’en est-il au juste ?

    20. JJJ dit :
      12 mai 2009 à 09:09

      La (vieille) parabole de la Dame de Condé donne une belle illustration de la création-destruction de monnaie au travers du crédit (que se sont mutuellement consenti les intéressés). Mais les conclusions qu’en tire A-J H. sont critiquables :
      – Le PIB n’a pas augmenté parce que les commerçants ont été payés ; il avait déjà augmenté lors de la prestation, constatée dans la comptabilité de chacun ;
      – Le faux billet n’a pas « catalysé les échanges », mais permis de solder, par compensation, les dettes qui résultaient d’échanges antérieurs, ce que les intéressés auraient pu faire d’eux-mêmes sans la médiation du billet en cause, s’ils avaient été informés des créances-dettes mutuelles ;
      – La masse monétaire est restée inchangée puisque le billet a été retiré de la circulation au bout du cycle, et de surcroît matériellement détruit car il était faux. C’est exactement ce qui se serait produit (la destruction) si l’ensemble de ces dettes avait été réglé au moyen d’un crédit consenti à l’hôtelier par son banquier, et remboursé au bout du circuit.

      Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que le « vrai crédit » et la « fausse monnaie » produisent exactement les mêmes effets (si l’on néglige les intérêts, bien entendu). Mais si l’hôtelier avait délivré une prestation à la Dame, l’histoire aurait été moins intéressante pour lui…

    21. Mikael EON dit :
      12 mai 2009 à 09:10

      L’Armagnac était là seulement pour évoquer la liquidité.
      Le fabliau illustre l’importance de la liquidité.
      Sans circulation de monnaie pas de mise à zéro des compteurs.
      Une chambre de compensation des « reconnaissances de dette » aurait aussi bien remis les pendules à l’heure.
      Ces reconnaissances de dette sont toutefois libellées en euros, pas en cauris.
      Comment les cauris fonctionnaient ils comme monnaie? Comment définissait on le cours du cauri?n’était-il pas variable en fonction de l’éloignement géographique des lieux de récolte?

    22. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 09:15

      @ Crapaud Rouge

      Le truc rigolo, c’est que si monnaie et dette ne sont pas de « même dimension », au sens mathématique bien sûr, alors, les ajouter pour en faire des « agrégats », est d’une absurdité totale qui fera bien rire les futurs élèves en économie.

      Vous êtes en train d’écrire mon prochain billet… En publiant mon billet La dimensionalité de la monnaie en deux parties, je savais courir ce risque !

    23. a113 dit :
      12 mai 2009 à 09:27

      @ PJ.

      » Au moment où la dame offre son billet à l’hôtelier l’argent disponible dans le village passe de A à A + 100 €.  »

      non , je ne pense pas ,la quantité d’argent reste de 100 euros …..

      il faudrait mettre au point un outil permettant de considérer la circulation de ces 100 euros comme une valeur++++

      on analyse de façon statique (quantité d’argent) un phénoméne dynamique , pourtant les outils mathématiques existent depuis longtemps pour quantifier un flux ,son intensité , sa vitesse , les variations de ses accélérations…etc
      donc , il doit ètre possible d’utiliser les possibilités du calcul différentiel pour rendre compte de ces phénomênes

    24. blackhole dit :
      12 mai 2009 à 09:30

      Le temps c’est de l’argent.
      Faux
      L’argent c’est du temps.
      L’argent sert à acheter le temps.
      Le temps des autres.

    25. EOMENOS dit :
      12 mai 2009 à 09:35

      Beaucoup, beaucoup de choses intéressantes dans ce qui précède mais aussi un énorme problème : aucune méthodologie scientifique. Le champ d’études est celui des sciences sociales et humaines, mais tout de même un peu de rigueur est nécessaire.

      L’histoire de la dame de Condé, repose sur toute une série de pré-supposés ou pré- définis et c’est à droit que Crapaud rouge relève que la compensation était possible dès avant la mise en circulation du billet. L’information comme toujours en matière financière est donc un élément fondamental.

      En ce qui concerne la notion de monnaie, la vérité, comme bien souvent, est sans doute à mi-chemin entre ceux qui affirment que toute chose ayant un prix peu se voir reconnaître ce statut et ceux qui ne sont pas d’accord.
      En effet, pour la communauté des amateurs de gnole, la bouteille d’Igor, pourra sans doute servir de monnaie, en revanche, les
      membres de la ligue des buveurs d’eau n’y trouvera pas son compte.
      Nous voici donc au coeur d’un des aspects de la monnaie, sa reconnaissance par un ensemble d’individus comme valeur digne d’intérêt/de confiance pour les échanges.
      Plus la communauté de ceux qui acceptent la valeur d’échange est grande, plus la monnaie devient un instrument incontournable d’échanges et devient LE support de ceux-ci.
      L’histoire démontre que les communautés d’échanges se sont sans cesse élargies prenant support sur les tribus, puis les états et aujourd’hui sur les fédérations d’états, le plus puissant de ces supports ayant naturellement tendance à imposer sa valeur
      d’échange, sa monnaie. Comme ce n’est pas toujours possible on a alors inventé des valeurs relatives aux monnaies entr’elles,
      les parités (elles même fondées sur une série de paramètres).

    26. a113 dit :
      12 mai 2009 à 09:43

      je ne crois pas m’ètre bien exprimé….

      il faut que l’approche quantitative des “choses de l’économie” sorte d’une approche massivement “arithmètique” (les 4 opérations fondamentales)
      c’est vrai qu’étant totalement inculte en ce qui concerne l’économie , je vous vois additionner , soustraire , multiplier,diviser , sans sentir où peut surgir un approche “révolutionnaire” des échanges humains , dont nous avons grandement besoin, eu égard à la faillite patente du systême de référence dit “capitaliste” , faute à plonger dans le déclin.

      je ne suis pas sùr qu’une “technique” économique puisse y répondre , mais si un projet politique alternatif s’impose enfin , il faudra bien lui associer des “méthodes” économiques…

    27. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 09:56

      « une absurdité totale qui fera bien rire les futurs élèves en économie. » : cette absurdité sera oubliée, tout comme on a oublié que les physiciens ont mis plus d’un siècle à se convaincre que l’énergie était proportionnelle, non à la vitesse, ce qui est le cas de la quantité de mouvement, mais au carré de la vitesse. Il paraît que le consensus à ce sujet a été officiellement établi au début du XXième, quelques années avant qu’Einstein ne pointe son nez. Mais on a oublié aussi que les opérations arithmétiques avec le zéro étaient à leurs débuts enseignées… à l’université ! Je dis tout ça pour rappeler mon dada, à savoir que les vérités les plus fondamentales sont aussi les plus simples et les plus difficiles à découvrir. Les économistes actuels n’en finissent pas de produire des modèles mathématiques ultra-sophistiqués, mais, dans le fond, ils n’inventent ni ne découvrent rien de neuf. Aussi suis-je ravi que certains d’entre eux cherchent plus en profondeur.

    28. ybabel dit :
      12 mai 2009 à 10:30

      « Ce que j’essaie d’extraire de l’apologue est indépendant du fait de savoir si la situation qu’il décrit a la moindre de chance de se rencontrer dans la réalité : la réponse est non, mais cela n’a aucune importance, il s’agit clairement d’une expérience mentale et de rien de plus. »

      Peut-être pas sous cette forme aussi simpliste ou tout le monde doit la même somme, mais ces « boucles de dettes » existent bel et bien dans la réalité. D’ailleurs, c’est bien l’apport principal de la monnaie vis à vis du troc : c’est une astuce pour éliminer ces boucles. C’est un « garbage collector » pour reprendre un terme informatique. Il y a exactement la même problématique dans les logiciels des « objets » qui ont des « dettes » (ça se nomme des références, ou des pointeurs) entre eux, parce qu’ils s’attendent a des transactions futures entre eux. Mais parfois, tout un groupe d’objets n’ont plus de raison d’être mais survivent uniquement parce qu’ils ont une boucle de dette qui fait qu’ils ne sont pas éliminés (un objet est éliminé quand aucun autre objet n’a besoin de lui en principe), sauf si un algorithme détecte ces boucles (cf théorie des graphes).

      Aujourd’hui, grâce a ce genre d’algorithme, on pourrait revenir à un système de troc (il faudrait que chaque individu référence ce qu’il entend troquer sur un site web global et que l’ordinateur calcule les « cycles »).

      Un exemple (très simpliste) :
      A veut échanger 3 carottes contre 3 patates
      B veut échanger 3 patates contre 3 concombres
      C veut échanger 3 concombres contre 3 carottes.

      Il y a 2 manières de résoudre ce problème : la monnaie qui circule. Un ordinateur qui regarde globalement la situation et repère qu’il y a une « boucle » et prévient les 3 personnes qu’elles peuvent s’échanger leurs biens.

      Évidement, les ordinateurs n’existaient pas à l’époque ou la monnaie à été créée.

      Tout ça pour dire que dans la réalité, même si les sommes ne sont pas équivalentes et qu’il y a des promesses d’échanges futures, ces « boucles » existent. C’est un peu le cœur du problème économique en fait.

    29. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 10:36

      C’est pas pour ramener un autre de mes dadas, la thermodynamique, mais il me semble que la notion de transaction, pendant d’une interaction entre particules, devrait conduire à un modèle apparenté à ceux de la physique statistique. Par exemple, la durée pendant laquelle une dette existe, entre deux transactions, (ou deux traites), me fait penser au parcours libre d’une particule entre deux interactions avec d’autres particules. Et comme une dette peut être vendue à n’importe quel créancier, rien n’oblige, dans le cas général, que la seconde transaction advienne avec le même agent que la première : ça complète la comparaison avec des interactions aléatoires entre particules. Cela dit, comparaison n’est pas raison… Je suis seulement avide de savoir si l’économie va enfin trouver sa loi fondamentale, car celle qui est actuellement donnée pour telle, dite de l’offre et de la demande, est une farce ridicule (me semble-t-il).

    30. Jimmy dit :
      12 mai 2009 à 10:51

      Je vous félicite Mr. Jorion ainsi que tous les intervenants de ce blog d’avoir persévéré et d’avoir mis le doigt sur l’intimité de la monnaie.
      Personnellement j’ai seulement les capacités et le recul nécéssaire à la compréhension de ce que vous avancez mais je suis impressioné par votre conceptualisation nouvelle.

      J’entrevois dans vos analyse (dites-moi si je me trompe), que notre société a choisi un mauvais modèle pour associer les notions de « monnaie », « dette », « interêt », « temps », « risque » et « marchandise ». Finalement, c’est la notion d’ « échange » résultant des notions précédentes qui serait à revoir…Et en particulier, le fait qu’une transaction est immédiate et définitive par la loi.

    31. Zoko dit :
      12 mai 2009 à 10:56

      @ Crapaud Rouge:

      L’économie n’est pas une science, elle s’apparente plus à l’astrologie et ne pourra donc jamais trouver sa loi fondamentale.

      En revanche, la monnaie est plus proche de la comptabilité qui, elle, est une science exacte et pourrait donc trouver sa loi fondamentale. Votre analogie avec la thermodynamique est intéressante, je vous suggère de la creuser. Les 2 lois fondamentales de la thermodynamique étant la 1ère (il faut au moins 2 sources de chaleur pour produire un travail) et la 2ième (l’entropie croit toujours, dS > 0).

      Comment traduiriez-vous cela en terme de monnaie ?

    32. TARTAR dit :
      12 mai 2009 à 10:56

      Trop fardée hein?
      Que se serait-il passé si la dame avait proposé une passe en lieu et place du billet de 100€ à l’hôtelier?
      C’est toute la ville de Condé qui eut été baisée.
      C’est ce qui nous arrive actuellement…dans les grandes largeurs.

      Dans ce c

    33. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 10:58

      Dernière question, (et après j’arrête, promis) @ monsieur Jorion : pensez-vous « la monnaie » comme on dit « le langage », ce qui vous conduirait aux propriétés générales des monnaies, ou comme ont dit « le français », ce qui vous mènerait plutôt vers les propriétés générales d’un système économique dans une monnaie donnée ?

    34. LDC dit :
      12 mai 2009 à 11:02

      Si je pressens bien, la monnaie est un fluide, alors le niveau de dettes représente l’altitude du lit de la rivière : plus il est haut plus l’argent s’en va. Dans l’hypothèse où l’argent est « conservatif », qui se marie bien avec l’analogie fluide, les « cycles » de dettes comme dans l’exemple seraient un ecalier de Penrose : une aberration de représentation par manque de « dimension(s) ».

    35. Moi dit :
      12 mai 2009 à 11:05

      @JJJ: « Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que le « vrai crédit » et la « fausse monnaie » produisent exactement les mêmes effets (si l’on néglige les intérêts, bien entendu).  »

      Est-ce à dire que vrai crédit = fausse monnaie?

      @Paul Jorion: merci pour cet article très amusant à lire et qui me donne l’impression d’enfin y voir clair dans ce débat.

    36. jean michel dit :
      12 mai 2009 à 11:07

      JJJ : Le faux billet n’a pas « catalysé les échanges », mais permis de solder, par compensation, les dettes qui résultaient d’échanges antérieurs, ce que les intéressés auraient pu faire d’eux-mêmes sans la médiation du billet en cause, s’ils avaient été informés des créances-dettes mutuelles.

      Cette remarque ainsi que les remarques similaires de Crapaud Rouge sont ici très importantes. Si on continue sur la métaphore physique, on pourrait dire que le billet (sa fausseté est une donnée parasite dans l’histoire) a moins « catalysé » les échanges (qui avaient déjà eu lieu) que « précipité » leur solde. C’est un peu comme de l’argile en suspension dans un tube : cette argile à l’état dispersé trouble l’eau et ne se dépose pas (les particules sont toutes chargées négativement). Si l’on verse quelques gouttes d’un acide (sels de Ca par exemple), la charges positives des ions Ca++ neutralisent les charges négatives des particules d’argile et l’argile se dépose (précipite).

      Dans l’histoire ci-dessus, le billet a joué le rôle de l’acide en précipitant le solde (qui était déjà là à l’état virtuel, mais que personne n’avait « précipité » faute d’information).

      Il faudrait vérifier, mais ça me rappelle certaines analyses récentes du fameux Kula étudié par Bronislaw Malinowski. Je recommande à Paul d’aller voir du côté du livre d’Alain Testart, Critique du don : études sur la circulation non marchande.

      En tous cas, la circulation marchande dont il est question ici n’est qu’un cas particulier à l’intérieur de l’ensemble plus général des transferts sociaux. Les transferts marchands (monétaires) ne sont pas d’une autre nature que les transferts non marchands. En tant que cas particulier, ils ont les propriétés des transferts sociaux + quelques propriétés particulières (un peu comme les carrés ont forcément les propriétés des quadrilatères + quelques propriétés particulières, ou comme en programmation orientée objet type C++ les classes dérivées ont les propriétés de la classe mère + quelques propriétés particulières). Le risque, si on l’ignore, est d’attribuer à la monnaie des propriétés qui sont en fait celles des transferts de niveau supérieur (i.e. plus général).

    37. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 11:09

      @Zoko : vous êtes aux antipodes de mes interrogations. J’ai la faiblesse de croire que l’économie deviendra une science « exacte », (ce qui ne veut pas dire que tout y sera prédictible), et je prends la comptabilité pour ce qu’elle est : un manuel de recettes de cuisine, un art si vous voulez. Et vous confondez les 2 premiers principes de la thermodynamique avec des lois. Sa loi fondamentale, pour les bacheliers, c’est PV = RT; pour les universitaires, c’est un truc analogue mais avec une intégrale compliquée. C’est du moins les vagues souvenirs que j’en ai.

    38. Zoko dit :
      12 mai 2009 à 11:27

      @ Crapaud Rouge:

      PV = nRT (il manquait un « n »)

      Par contre, le libre parcours moyen fait partie de la théorie cinétique des gaz, avec le mouvement Brownien. Ce n’est pas exactement la thermodynamique.

    39. 8119 dit :
      12 mai 2009 à 11:35

      Il y a quelques années je me suis fait expulser pour mes arriérés de loyer d’un montant de 2000 euros. En même temps un employeur qui m’en devais 2500 a disparu sans laisser d’adresse.
      Le juge m’a répondu que ce n’était pas son problème et que la sentence allait tomber sur moi.
      De là j’avais écris un article sur l’argent négatif, dont le but était de transférer les dettes de ma proprio à mon employeur. (contrairement à un commentaire lu ici, ce n’est pas un problème de confiance mais un problème de Droit)

      Si dans un micro-réseau de 5 personnes inter-endettées de 100 euros chacun, on cumule ces dettes pour dire « le village a 500 euros de dettes » alors là c’est stupide, en raison de l’incompatibilité des unités de mesure, on ne peut pas additionner des dettes interconnectées.

      De là la question, que se passerait-il si toutes les dettes du monde s’entre-annulaient ? Hypothèse : les banques ne serviraient plus à rien ? Chouette ! hypothèse 2 : tout retomberait sur les banques ? (chouette !)

    40. Candide dit :
      12 mai 2009 à 11:45

      @ 8119

      Ce qui tend à prouver ce que je proposais plus haut, à savoir que les dettes (reconnues, ou non dans votre cas), contrairement à la monnaie, n’ont pas cours légal et que leur transfert ne peut être effectué que de gré à gré.

    41. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 12:00

      @Zoko, suite: j’y connais rien, vous savez, la loi fondamentale que j’ai écrite serait celle des gaz parfaits, et en plus ma transcription est fausse ! C’est PV = nRT, voir ici :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_des_gaz_parfaits#.C3.89quation_d.27.C3.A9tat_:_la_loi_des_gaz_parfaits
      Cela dit, pour établir une loi, il faut établir une relation entre des termes qui étaient auparavant considérés comme indépendants, ou dont on ignorait les propriétés exactes de leur interdépendance. Actuellement, il y a bien une loi fondamentale de l’économie, c’est la première qu’on apprend et c’est celle de l’offre et de la demande. Je la trouve ridicule parce qu’elle n’explique rien, alors qu’on la fait passer pour celle qui explique tout. De la loi fondamentale de Newton on explique le mouvement des astres comme celui des poulies, mais qu’explique-t-on sur la base de la loi de l’offre et de la demande ? Strictement rien, ou peu s’en faut. Faut pas produire trop cher, sinon ça se vend mal. La belle affaire!

    42. Patriste dit :
      12 mai 2009 à 12:01

      Il existe un cas particulier : l’affacturage, qui est une sorte de transfert de créance (moyennant finance pour l’entreprise qui voit ses créances recouvertes « avant l’heure »). A partir de la date d’effet d’une facture, celle ci peut être considérée comme une dette jusqu’à ce qu’elle soit payée.

      Même si par contrat la société d’affacturage s’engage à racheter toutes les créances que ses clients lui proposent, on reste dans le domaine des transactions « gré à gré », suppose-je.

    43. CF dit :
      12 mai 2009 à 13:13

      Dimensionalité ou Dimensionnalité ?
      J’aurais bien mis deux n.

    44. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 13:22

      Wiktionnaire :

      Dérivé de dimension. Souvent écrit dimensionalité avec un seul n par les scientifiques français (anglicisme).

      Mea culpa : je corrigerai.

    45. CF dit :
      12 mai 2009 à 13:26

      @ 8119
      La compensation n’est pas autorisée en comptabilité.
      Je peux même citer un exemple concret et vécu.
      Il y a quelques années je dirigeais une société et mon premier client était l’un de mes principaux fournisseurs.
      A un moment un peu tendu en trésorerie, lui et moi avons envisagé de solder nos créances/dettes en compensant : je te dois 250 000 et tu me dois 310 000, plutôt que d’échanger des chèques ou des traites, tu me fais un chèque de
      60 000 (on parlait en francs à l’époque).
      Nos comptables respectifs nous ont expliqué que ceci était interdit.
      Nous avons donc échangé nos chèques et les avons déposés le même jour en prévenant nos banquiers respectifs.

      Ceci dit dans le cas donné par Paul, une chambre de compensation aurait pu solder le problème avant l’arrivée de la dame. C’est d’ailleurs la solution qui a été retenue aux USA il y a quelques mois pour éviter une crise majeure sur les CDO.

    46. ybabel dit :
      12 mai 2009 à 13:29

      Chambre de compensation = garbage collector (pour les informaticiens)

    47. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 13:30

      @ CF

      « … pour éviter une crise majeure sur les CDO ».

      … pour éviter une crise majeure sur les CDS (= credit-default swaps).

    48. CF dit :
      12 mai 2009 à 13:38

      @ Paul
      Plus tard je pourrai dire à mes arrières petits enfants que j’ai participé à la correction d’un texte Paul Jorion. Les copains ne vont pas y croire.
      Tournée générale.

    49. CF dit :
      12 mai 2009 à 13:40

      @ Paul
      Mea culpa également.
      1 partout.

    50. Philémon dit :
      12 mai 2009 à 13:59

      Particulièrement nul en comptabilité , il me semble que ces conclusions ne sont valables que si chaque négociation s’effectue hors comptabilité , de la main à la main , bien illustrée par la bouteille d’Armagnac . En partie double , ce n’est plus la même musique : aucune dette n’est remboursée si le billet est rendu . Idem , pour la bouteille , même rendue vide : à la bonne vôtre !

    51. CF dit :
      12 mai 2009 à 14:05

      @ Paul

      Si j’ai bien tout compris, la masse A serait toujours de A même si l’un des éléments de la chaine n’était pas du village.
      De même si les dettes respectives ne s’annulaient pas ou n’étaient pas de même montant.

      Cette masse A représente donc quoi : l’argent dans les caisses du patissier, du garagiste, … plus l’argent et les lingots cachés sous leurs matelas, dans leurs puits, … doit-on considérer que leurs comptes bancaires, plus les montants de leurs assurances vies sont à inclure dans A, ou doit-on considérer que les relevés de banques sont des reconnaissances de dettes des banques vis à vis des clients ? Auquel cas, si l’agence est dans le village on prends les montants dans A, si elle est en dehors, on ne les inclue pas.

    52. Candide dit :
      12 mai 2009 à 14:07

      @ Philémon

      Et ça se complique encore si la bouteille est consignée ! (Mais je ne crois pas que ce soit le cas pour l’Armagnac…)

      Cela dit, boire la bouteille en entier c’est l’assurance de voir complètement double la comptabilité que l’on ne voyait précédemment qu’en partie double…

      @ CF et Paul

      L’histoire ne dit pas si la chambre que la dame avait réservée était une chambre de compensation ou non ?!

    53. dit :
      12 mai 2009 à 14:31

      Vouloir passer de « la monnaie est du crédit/dette » à « le crédit/dette est de la monnaie » c’est confondre masse monétaire et les créances (ou dettes) de toutes les entreprises que ce soient des banques ou non.

      La particularité du système bancaire est qu’il a le privilège de créer de la monnaie en échange d’une reconnaissance de dette. C’est une possibilité, pas une obligation.

      Mais j’entends déjà Paul Jorion me dire que cela « confond tout ce qu’il entend distinguer et distingue tout ce qu’il entend confondre ».

      Pour approfondir.

      Une version simplifiée de cette chaine de transactions avec seulement deux acteurs, c’est du troc. Une entreprise A vend pour X à une entreprise B. Et l’entreprive B vend pour X à une entreprise A. Donc chaque entreprise doit la même somme X à l’autre. Elles ne sont pas obligées de transférer de la monnaie pour régler leurs dettes croisée, mais peuvent compenser leurs comptes client/fournisseur respectif. C’est tout à fait légal du moment que les entreprises établissent les factures et passent toutes deux les même opérations divers de compensation. En résumé, il y a eu 2 foix X d’activité économique sans aucun transfert de monnaie.

      C’est d’ailleurs un peu le principe des chambres de compensation entre banques.

      Pour la chaine de transactions entre les 6 commerçants, un de ceux ci pourrait émettre une traite/effet de commerce en règlement de sa dette. Le bénéficiaire l’escompte auprès de sa banque et peut payer sa propre dette, jusqu’à revenir au premier qui peut alors payer la banque (si c’est une banque phylantropique sans agios). En poussant plus loin, si tous les commerçants se connaissent et se font confiance, il n’est même pas nécessaire d’escompter la traite, celle ci peut servir de « monnaie ».

    54. CF dit :
      12 mai 2009 à 14:48

      @fujisan
      Aprés vérification auprés de comptables, je confirme que la compensation clients/fournisseurs n’est pas légale en comptabilité en France (hormis le cas de consolidation bien entendu).

    55. iGor milhit dit :
      12 mai 2009 à 15:13

      @ EOMENOS
      ch’ui pas en guerre avec les buveurs d’H20, ce n’était pas ma bouteille, mais si on me la passe, je veux bien me servir un petit verre comme dit la chanson:
      « il faut que j’aille voir mon médecin
      qu’il me prescrive un peu de vin

      moi je me soigne bien
      car je bois un peu de vin

      oui mais un peu quoi… »

      @ tout le monde
      ce matin je me demandais le pourquoi de l’uranium et maintenant, après avoir lu les commentaires, je me demande quel est le rôle de la dame, je veux dire ça marche la même chose si c’est un homme (un européen, un oriental, qui sais-je encore)? hein? c’est marrant cette histoire, les narrations et les récits. la dame, le maquillage et la chambre, on s’attend déjà à de l’extraordinaire…

    56. Eugène dit :
      12 mai 2009 à 15:14

      Lucien Pfeiffer racontait cette même histoire dans un de ses bouquins (je crois que c’était « capitalismes et socialisme » ds le titre ou le sous-titre) à partir d’un chèque au porteur émis par un sosie d’un quelconque d’un baron de R pour régler un achat, chèque qui circulait ensuite de main en main ds un même village US entre les commerçants et les artisans, pour atterrir finalement chez le banquier qui découvrait, lui, que ce n’était RIEN, qu’un chèque en bois!

      Les différences tenaient aux faits:
      1-que c’était le banquier (le vrai) qui déchirait le bout de papier, mais, MAIS MAIS MAIS qui créditait et débitait QUAND MEME les comptes de ses clients dans la mesure où il y avait bien eu travail, service, etc, càd création de richesses et qu’il fallait bien que çà apparaisse quelque part sous peine de ruiner le petit commerce dont le sien;
      2- les valeurs portées étaient amputées d’une fraction [valeur du chèque en bois divisé par le nombre des créateurs de richesses].

      Au bilan, les bénéfices de chacun d’entre eux n’étaient amputés que d’une partie presque négligeable, mais qui avait d’abord servi à alimenter le compte du naïf qui avait cru aux grands R (airs) du faux baron!

      Elle est pas belle la vie? Il n’y aurait donc aucune différence entre la bonne et la fausse monnaie, non plus qu’entre l’argent propre et l’argent sale (çà on commence à le comprendre avec l’opération lessiveuse des paradis)?

    57. ybabel dit :
      12 mai 2009 à 15:19

      « Aprés vérification auprés de comptables, je confirme que la compensation clients/fournisseurs n’est pas légale en comptabilité en France (hormis le cas de consolidation bien entendu). »

      Évidement puisque l’état perçoit des impôts sur les échanges « payants » … si on pouvait compenser, la perte serait énorme au final !!!

    58. fujisan dit :
      12 mai 2009 à 15:28

      @CF
      Je suis belge et ma toute petite entreprise a déjà pratiqué la compensation client/fournisseur à plusieurs reprises avec des clients et fournisseurs belges, français, anglais… Mon comptable a passé les Opérations Diverses sans broncher. Idem pour le contrôleur de contributions (mais je ne suis pas sûr qu’il ait inspecté ces OD).
      Aurais-je agit illégalement? Alors, je le revendique et c’est notre devoir d’exiger d’abroger cette règle illégitime.

    59. JJJ dit :
      12 mai 2009 à 15:34

      @ ybabel

      La compensation est interdite… en principe. La difficulté se situe au niveau du dépôt de bilan de l’une des entreprises (sa survivante perd probablement sa créance, mais reste débitrice de la faillie). Mais avec des pièces dûment contresignées par les parties, la difficulté est surmontable.

    60. Eugène dit :
      12 mai 2009 à 15:35

      @ iGor milhit,

      $, € ou fèces sont équivalents? Non? humainement RIEN? sauf pour ceux qui croient que c’est quelque chose d’important auquel ils veulent ensuite rendre les autres dépendants? une querelle de bigots universalistes en quelque sorte?

    61. JJJ dit :
      12 mai 2009 à 15:35

      @ fujisan

      Ce qui n’enlève pas l’obligation de passer les écritures comptables, et d’extérioriser la TVA, bien entendu…

    62. fujisan dit :
      12 mai 2009 à 16:00

      @ JJJ Oui, bien sûr, c’était fait dans les règles… du moins je le croyais. Il y a deux factures comptablilisées et déclarées… Et en effet, nous avons contresigné un justificatif de l’OD comme me l’avait conseillé mon comptable. C’était exceptionnel, la dernière fois c’était il y a plusieurs années. Prescription, votre honneur?

      Pour approfondir les chambres de compensation. Sauf erreur de ma part, c’est le principe utilisé par le système WIR en Suisse. Il a vu le jour il y a 75 ans en 1934 pendant la Grande Dépression pour faire face aux problèmes de liquidités. Le système WIR existe toujours aujourd’hui et couvrirait 1/4 des négoces en Suisse d’après Bernard Lietaer.
      Voir http://www.wir.ch/
      Et http://www.lietaer.com/

    63. emmanuel dit :
      12 mai 2009 à 16:30

      La référence de loin la plus complète sur Internet
      en matière de dictionnaire de langue (Française),
      et pas très connue, se trouve sur le site ATILF http://atilf.atilf.fr/
      (APPUYER SUR « ENTREZ DANS LE TLF »)

      eux, ils mettent au choix un « n » ou deux « nn » à dimensio…..alité !…

      voir aussi pour se distraire l’article « monnaie »……

    64. aldo haesler dit :
      12 mai 2009 à 16:32

      Il y a deux erreurs fatales dans cette histoire : 1. le PIB n’a pas augmenté, car chaque acteur a comptabilisé sa transaction selon l’écriture « Débiteur – Vente » ou « Achat – Créancier ». 2. comme il s’agissait d’une dette circulaire, une instance de clearing aurait pu réaliser ce que le (faux) billet a réalisé.
      La seule chose qui a changé grâce au billet, c’est la liquidité, ici prise comme vélocité dans la résolution des dettes.

      La magie de la création monétaire passe obligatoirement par l’instance bancaire qui crée des encours (après déduction des réserves obligatoires). Ces encours servent de base de crédit : A paie à B ses dettes de 100 qui les dépose à la banque L qui les prête à C, après avoir prélevé 10. C paie son créancier D qui les dépose à la banque M (on peut aussi prendre la même banque) qui les prête à E après avoir prélevé 9, etc. etc. Au bout d’un nombre infini d’opérations, nous aurons donc des encours bancaires de 100 + 90 + 81 + 72,9 + 65,61 + etc. qui font alors une véritable création monétaire de 900.

    65. Crapaud Rouge dit :
      12 mai 2009 à 17:13

      Pour moi, dimension(n)alité, c’est pas du français : ce n’est pas dans mon Petit Robert version CDROM 1.3 de 1997… Mais bon, puisque je supporte l’inflation monétaire, je peux bien tolérer celle du vocabulaire.

    66. Lemar dit :
      12 mai 2009 à 17:16

      Est-il courant d’additionner des carottes et des pommes de terre ?
      En France, depuis juillet 1998, la puissance fiscale dépend de la valeur normalisée d’émission de dioxyde de carbone (CO2) en g/km et de la puissance maximale du moteur en kW. Si on note C la quantité de CO2 rejetée et P la puissance du moteur (1 cheval DIN = 0.736 kW) exprimées dans ces unités, alors la puissance fiscale Pf vaut:

      Pf =C/45 + (P/40) ^1.6

      Je ne suis pas spécialiste, mais manifestement ça ne choque pas beaucoup le Trésor Public.

    67. maquis29 dit :
      12 mai 2009 à 17:48

      Bonsoir,
      cette histoire (robinsonnade? avec 2 n) n’apporte pas grand chose, ou alors j’ai manqué quelque chose. La madame sert uniquement d’instance de clearing. Le faux billet ne sert à rien.
      Avant le passage de la dame, le bilan de l’hôtel est:
      (D) Client 100 (dette du représentant de commerce ou créance sur ce VRP comme vous voulez)
      (C) Fournisseur 100 (dette auprès du pâtissier)
      Compte banque 512 à zéro
      Compte d’exploitation
      (D) Charges 100 (le gâteau pour l’activité de l’hôtel je présume)
      (C) Chiffre d’affaire 100 (la nuit du VRP)
      Profit = rien mais bon.
      A mon avis, le PIB a déjà bougé, soit bien avant la passage de la dame. Le PIB ne déduit-il pas les consommations?
      Après sa venue, le bilan de l’hôtel est:
      (D) Client 0 (dette du représentant de commerce payée)
      (C) Fournisseur 0 (dette auprès du pâtissier payée)
      Compte banque 512 à zéro
      Compte d’exploitation
      (D) Charges 100 (rien n’a bougé)
      (C) Chiffre d’affaire 100 (rien n’a bougé si en fait +100 lors de la réservation et – 100 pour l’annulation)

      Voilà les dettes ont été effacées. Madame = clearstream.
      Lorsque tout le monde consomme pour 100 et donc produit pour 100, ce petit village ne me semble pas créer beaucoup de richesses. L’économie est un peu plus compliquée que ces petites histoires… Le pâtissier achète ses oeufs en Chine et le VRP son pétrole en Russie…
      Bye.

    68. iGor milhit dit :
      12 mai 2009 à 17:48

      @ Eugène
      déjà vous avez répondu à mon interrogation sur la dame: un homme fait l’affaire pour autant qu’il se fasse passer pour un baron, c’est dire… il lui faut de l’extraordinaire à ce petit village, parce que c’est extraordinaire de se débarrasser de ses dettes?
      pour le reste je ne suis pas sûr de bien comprendre votre remarque. est-ce parce que j’ai parlé d’appréciation poétique de la monnaie fondante à la Gesell? ou parce que je m’attarde sur les « toxic waste »?
      €,$,£ ou fèces? je ne comprends pas… est-ce la même chose? on dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais comme fumier c’est peut-être pas terrible…

      qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui, j’ai ce sentiment qu’on me prend pour un autre…

    69. elmans dit :
      12 mai 2009 à 18:09

      @Lemar
      Il suffit de noter a= 45 et b= 40 puis de postuler la dimension qui convient pour redonner un sens à la formule …
      C’est pas beau la physique ?

    70. JJJ dit :
      12 mai 2009 à 18:27

      @ elmans

      La fiscalité, c’est (beaucoup) moins rigoureux que la physique !

    71. Moi dit :
      12 mai 2009 à 18:32

      @maquis29: « La madame sert uniquement d’instance de clearing. Le faux billet ne sert à rien. »

      Le clearing n’est pas rien. Et l’histoire sert à comprendre ce que font réellement les banques lorsqu’elles « créent de la monnaie » par le crédit. C’est comme mettre en circulation un faux billet qu’on brûlera lorsqu’il reviendra au point de départ.
      Sauf que le banquier contrairement à la dame va se prendre une commission dans l’histoire (les intérêts) et donc, à masse de monnaie fiduciaire inchangée, il y en aura de moins en moins pour les villageois (sauf à introduire de plus en plus de « faux billets »?).

    72. Ando dit :
      12 mai 2009 à 18:37

      Fiducia de »confiance ». La valeur de la monnaie, et donc celle de ses effets dans le circuit, dépendent totalement de la valeur, purement conventionnelle, qui est attribuée à cette monnaie. Cette attribution est subjective par nature. C’est donc bien une question de psychologie et plus précisément de psychologie sociale, collective. Il n’y a pas de mécanique de la monnaie comme il y aurait une mécanique du moteur à explosion, mais il y a peut-être une mécanique de la psychologie de la monnaie. La monnaie c’est ce qui arrange le plus grand nombre, c’est ce qui rend service au plus grand nombre. A l’image de l’ »économie » qui est du social et non pas une mécanique rationnelle, cohérente et prévisible. En ce sens, faire de l’ »économisme » ou du « monétarisme » c’est un peu comme vouloir imposer un carcan rigide à quelque chose de sans cesse fluctuant, changeant et versatile. Impossible et vain. La monnaie c’est une forme de fétichisme de la valeur.

    73. ho dit :
      12 mai 2009 à 18:41

      il faut realiser une cartographie de la monnaie, c est interessant et amusant
      monsieur jorion devait vraiment s’ emmerdé devant les trucs simplistes de financiers … ho la belle bleu …:)
      quel logiciel de visualisation cartographique de donnees asse souple pour aider a ceci .
      la modelisation par la cartographie c est vraiment amusant et puis les enfants jouent bien avec
      thebrain est sympa si on le parametre bien, mais il y manque la possibilite de creer des interliens entre espaces et la possibilite de creer des liens entre liens, cela reste jolie tout de meme .
      il doit bien y avoir le bon outil

    74. pitalugue dit :
      12 mai 2009 à 19:35

      la monnaie n’est elle pas elle-même une reconnaissance de dette ?

      il me semble que « les billets et pièces » le sont (dette de la BC envers le porteur des billets et pièces).

    75. Gérard P. dit :
      12 mai 2009 à 20:27

      Je ne comprends pas vos critiques à l’encontre de la comptabilité en partie double.
      Des exemples concrets pourraient sans doute aider.

      Et, j’essaie de comprendre votre principe de conservation des quantités.
      A ce sujet, je souhaiterais vous soumettre cette brève et caricaturale analyse juridique.

      La monnaie scripturale = monnaie immatérielle inscrite au crédit des comptes à vue dans les banques (ou des comptes du Trésor public).
      Ces inscriptions font partie de leur comptabilité.
      La comptabilité = une copie, la plus fidèle possible, des actes et faits juridiques.
      Si les actes et les faits juridiques à l’origine de ces inscriptions comptables = principal => la monnaie scripturale = l’accessoire de ces liens juridiques.

      Lorsqu’une banque accorde un crédit à un client, dans les livres comptables de la banque, lors de la mise à disposition des fonds, le client est :
      – d’un côté débiteur : il doit la somme à la banque, et il a un compte débiteur à la banque;
      – de l’autre créditeur : il a une somme à sa disposition et son compte à vue est créditeur (= monnaie scripturale).
      Donc, lors de l’exécution du contrat par les parties :
      1) mise à disposition de la somme créditée par la banque au client : la monnaie est créée;
      2) remboursement par le client à la banque : la monnaie est annulée.

      En cas de défaut d’exécution du contrat par le client devenu insolvable, la créance de la banque contre ce client n’a plus de valeur et, dans les livres comptables de la banque, elle va être portée en perte. D’un autre côté, la dette de la banque subsiste, mais elle peut également ne plus avoir de valeur si la banque n’a comme avoir que la créance contre le client : la banque n’a plus d’avoir pour payer cette dette.

      Tant que les quantités sont conservées, le système fonctionne, mais, dès que la créance de la banque perd sa quantité de valeur, la dette de la banque (= monnaie scripturale) perd également sa quantité de valeur.
      Bien qu’il ne soit pas toujours observé, le principe de conservation des quantités doit être respecté pour le maintien en vie de ce système monétaire.

      Au vu de divers billets sur la monnaie sur votre blog et de l’analyse caricaturale qui précède, je retiens :
      1) La monnaie scripturale est créée par deux personnes, une banque et son client, à partir d’un lien d’obligations entre elles. Elle est l’ »accessoire » de ce lien.

      2) Certes, elle n’est pas créée à partir de la matière (or ou autre), qui relève du droit de propriété, mais elle n’est pas créée à partir de rien. Le lien à l’origine de la monnaie relève du droit des obligations. Une obligation s’éteint par son paiement et perd sa valeur par son défaut de paiement (insolvabilité du débiteur).

      3) Il y a deux obligations :
      3.1) L’obligation de payer du client;
      3.2) L’obligation de payer du banquier (= monnaie).
      La valeur de la seconde (= monnaie) dépend de la valeur de la première et des autres avoirs de la banque.
      S’agit-il d’une application du principe de conservation des quantités ?

      4) Par contre la monnaie fiduciaire, non convertible en or, relève du droit de propriété. Le droit de propriété disparait par la perte du billet. Sa valeur dépend de la valeur des avoirs de la banque centrale autonome qui crée la monnaie fiduciaire.

      5) La monnaie fiduciaire déposée à la banque devient monnaie scripturale. De propriétaire de ses billets, le client devient créancier de la banque.

      6) Dans les livres comptable de la banque, lorsque la monnaie scripturale circule, les sommes créditrices changent de comptes, tandis que les sommes débitrices restent au compte des clients débiteurs.
      Selon le moyen de transfert utilisé, il y solidarité ou non entre les clients créditeurs (par exemple : lors du transfert d’un chèque par endossement, le bénéficiaire du chèque qui l’endosse (endosseur) est garant du paiement du chèque).

      7) Dans le cas d’une cession de créance par une banque (titrisation), les clients débiteurs restent identiques, mais ils ne sont plus obligés envers la même personne : ils sortent des livres comptables de la banque pour entrer dans ceux du cessionnaire (acheteur). Sauf convention contraire, la banque qui cède ne garantit pas la solvabilité de ses clients débiteurs.
      Les créances de la banque contre ces clients sont remplacées par de la monnaie.
      Par contre, les clients créditeurs restent créanciers de la banque (cédant) : les comptes créditeurs (= monnaie scripturale) restent dans les livres comptables de cette banque.

      La masse monétaire scripturale augmente par les nouveaux crédits convenus et elle diminue par leurs remboursements. Si les montants des nouveaux crédits augmentent plus vite que les montants des remboursements, la masse monétaire scripturale augmente.

    76. Oppossùm dit :
      12 mai 2009 à 20:28

      Variante … sans dettes

      Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses chambres feutrées et sa discrétion…! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée. Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va oeuvrer en vieille ville.
      Le patron va illico chez le patissier acheter le superbe gateau qui accompagnera le thé qu’il compte offrir à sa nouvelle amante. Le patissier court chez le minotier afin de reconstituer son stock , pour 100 €, lequel minotier va avec, faire son plein chez le garagiste dont la femme couche avec le patron de l’hotel de la gare , garagiste qui en passant devant chez le boucher en profite pour faire son plein de viandes , dont un magnifique gigot pouvant servir d’arme à la Hitchcock , une fois congelé . Et le boucher , ayant repéré une petite dame du trottoir, se présente discrètement avec icelle à l’hotel de la gare où il prend une chambre avec douche … 100 €
      C’est alors que notre Dame revient de promenade. Elle annonce, que , n’ayant fait aucune recontre , elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt. « Il était faux », dit-elle en souriant.

      Crapaud Rouge, vous devrez ré-analyser, tous les commentaires et les reconstituer en partant de cette nouvelle fable où MALHEUREUSEMENT il n’y a aucun concept de dette (ou presque …)

      PS/ Malheureusement une erreur de manipulation ayant amené le patron à rendre un autre billet que le sien à la Dame, celle ci en brule donc un vrai.
      Question subsidiaire : analyser les effets sur la masse monétaire suivant qu’un jour quelqu’un repère le faux billet … ou pas .

    77. Pierre dit :
      12 mai 2009 à 20:34

      Pas une seule fois le mot inflation dans l’espace temps de cette interessante lecture.
      Du temps, du temps fondant dans la monnaie fondante. Autres temps, autres moeurs? L’harmonie passe par la conscience des temps. Temps des jeunes, temps des vieux, temps des labours, temps des vendanges, temps des amours, temps des vidanges… La fracture sociale est avant tout une fracture spacio-temporelle, … et la monnaie l’arme sensée la réduire.

      Hyper-inflation, problème, ou solution?

    78. dag dit :
      12 mai 2009 à 21:18

      Un petit papier d’une autre ronde pour dire que cette petite histoire de la Dame de Condé fait supposer qu’elle s’y connaît donc aussi en chiffons

      « Les chiffons font le papier
      Le papier fait la monnaie
      La monnaie fait les banques
      Les banques font les emprunts
      Les emprunts font les mendiants
      Les mendiants font les chiffons
      Les chiffons font le papier »

      D’un anonyme anglais du XVIII°

      Triste est la chute de la dette , elle lui fait perdre beaucoup de son intérêt ( la pièce montée , les illusions etc…)

    79. Paul Jorion dit :
      12 mai 2009 à 21:20

      @ Gérard P.

      Je vous cite, je commente en caractères gras.

      Je ne comprends pas vos critiques à l’encontre de la comptabilité en partie double.
      Des exemples concrets pourraient sans doute aider.

      Et, j’essaie de comprendre votre principe de conservation des quantités.
      Votre temps est compté, mais, à ce sujet, je souhaiterais vous soumettre cette brève et caricaturale analyse juridique.

      La monnaie scripturale = monnaie immatérielle inscrite au crédit des comptes à vue dans les banques (ou des comptes du Trésor public).

      Ces inscriptions font partie de leur comptabilité.

      L’expression « font partie » est ambiguë : la monnaie immatérielle est inscrite au crédit des comptes à vue de DEUX manières : dans la langue comptable à l’intention des régulateurs et des investisseurs et dans la langue économique à usage interne et vis-à-vis des déposants. La langue économique est soumise au « principe de conservation des quantités ». Comment pourrait-il en être autrement ? si ce n’était pas le cas, le compte des clients des banques contiendrait des sommes arbitraires.

      La comptabilité = une copie, la plus fidèle possible, des actes et faits juridiques.

      Etes-vous sûr que la comptabilité vise à être la plus fidèle possible aux actes et faits juridiques ? Je dirais qu’elle vise à faire ressortir le plus clairement possible l’émergence de pertes et de profits.

      Si les actes et les faits juridiques à l’origine de ces inscriptions comptables = principal => la monnaie scripturale = l’accessoire de ces liens juridiques.

      Lorsqu’une banque accorde un crédit à un client, dans les livres comptables de la banque, lors de la mise à disposition des fonds, le client est :
      – d’un côté débiteur : il doit la somme à la banque, et il a un compte débiteur à la banque;
      – de l’autre créditeur : il a une somme à sa disposition et son compte à vue est créditeur (= monnaie scripturale).

      C’est effectivement la traduction en langue comptable du fait que la banque a versé la somme au client X. C’est l’inscription de la transaction au bilan de la banque. Cette inscription n’a cependant pas CREE (activement) la transaction, c’est son simple ENREGISTREMENT (passif).

      Donc, lors de l’exécution du contrat par les parties :
      1) mise à disposition de la somme créditée par la banque au client : la monnaie est créée;
      2) remboursement par le client à la banque : la monnaie est annulée.

      C’est effectivement la traduction en langue comptable du fait que 1) le principal (l’argent du prêt) est TRANSFERE au client ; 2) le client rembourse le principal : transfère cette fois l’argent dans la direction opposée.

      La langue comptable semble suggérer deux opérations : création de monnaie ex nihilo ; destruction de monnaie réelle (elle a permis de faire des tas de choses…). Cette « traduction en langue comptable » travestit la réalité économique : de véritables transferts de monnaie. Comme je l’ai déjà fait remarquer, la langue comptable est incapable en particulier d’expliquer ce qui se passe au remboursement : la disparition de la somme remboursée est encore plus mystérieuse que son apparition ex nihilo.

      Voyez mon commentaire :

      La banque A prête un million à B. « La banque inscrit donc simultanément un million à l’actif (crédit) et au passif (compte-courant) de son bilan ». Fort bien. B rembourse le prêt (en petites coupures, pas par une cyber-opération – je dis cela pour qu’on « visualise » l’opération : que faire de tous ces sacs ?). La banque A enregistre ce versement : elle élimine cette fois l’inscription du million en actif et en passif. L’affaire de l’enregistrement comptable du crédit est réglée.
      Maintenant, qu’advient-il du million ? S’il y a eu création de monnaie ex nihilo, le million remboursé est une manne : un profit net pour la banque – que les banquiers peuvent aussi bien se partager entre eux. Quelqu’un suggère-t-il que c’est cela qui se passe ? Et si non, que se passé-t-il en réalité ? (Je crois connaître la réponse).

      .

      Et celui-ci :

      Pardon pour ma petite provocation mais c’est précisément cela que je veux souligner : que le remboursement ait lieu par un « wire », une transaction électronique, ou que ce soient cinq millions de pièces de 20 centimes dans des sacs est strictement indifférent : c’est exactement la même opération. Si j’ai évoqué les sacs des Frères Raptout, c’est pour qu’on ne puisse pas éluder la question « Que font du million les banquiers le jour où il est remboursé ? ». Si c’était une transaction électronique, on pourrait toujours me rétorquer : « On n’en fait rien : c’est un simple jeu d’écritures ! ».

      En cas de défaut d’exécution du contrat par le client devenu insolvable, la créance de la banque contre ce client n’a plus de valeur et, dans les livres comptables de la banque, elle va être portée en perte. D’un autre côté, la dette de la banque subsiste, mais elle peut également ne plus avoir de valeur si la banque n’a comme avoir que la créance contre le client : la banque n’a plus d’avoir pour payer cette dette.

      Tant que les quantités sont conservées, le système fonctionne, mais, dès que la créance de la banque perd sa quantité de valeur, la dette de la banque (= monnaie scripturale) perd également sa quantité de valeur.

      Les quantités sont toujours conservées : l’argent que l’emprunteur n’a pas remboursé, il l’a conservé pour lui ou donné à quelqu’un d’autre. Comme le dit l’expression consacrée : « Il n’est pas perdu pour tout le monde ! »

      Bien qu’il ne soit pas toujours observé, le principe de conservation des quantités doit être respecté pour le maintien en vie de ce système monétaire.

      Au vu de divers billets sur la monnaie sur votre blog et de l’analyse caricaturale qui précède, je retiens :

      1) La monnaie scripturale est créée par deux personnes, une banque et son client, à partir d’un lien d’obligations entre elles. Elle est l’ »accessoire » de ce lien.

      2) Certes, elle n’est pas créée à partir de la matière (or ou autre), qui relève du droit de propriété, mais elle n’est pas créée à partir de rien. Le lien à l’origine de la monnaie relève du droit des obligations. Une obligation s’éteint par son paiement et perd sa valeur par son défaut de paiement (insolvabilité du débiteur).

      3) Il y a deux obligations :
      3.1) L’obligation de payer du client;
      3.2) L’obligation de payer du banquier (= monnaie).

      « Payer » a manifestement deux sens différents ici. L’obligation de payer du client, est-ce l’obligation de rembourser ? L’obligation de payer du banquier, est-ce l’obligation d’accorder un crédit ? Mais il n’y a jamais obligation d’accorder un crédit. Je ne comprends pas.

      La valeur de la seconde (= monnaie) dépend de la valeur de la première et des autres avoirs de la banque.
      S’agit-il d’une application du principe de conservation des quantités ?

      4) Par contre la monnaie fiduciaire, non convertible en or, relève du droit de propriété. Le droit de propriété disparait par la perte du billet. Sa valeur dépend de la valeur des avoirs de la banque centrale autonome qui crée la monnaie fiduciaire.

      Pourquoi sa valeur dépend-elle des avoirs de la banque centrale ? Il n’y a pas de rapport. La valeur du billet dépend seulement de son calibrage : le nombre d’unités monétaires inscrit dessus. Si la confiance dans la monnaie disparaît le troc réapparaît.

      5) La monnaie fiduciaire déposée à la banque devient monnaie scripturale. De propriétaire de ses billets, le client devient créancier de la banque.

      Oui mais il n’y a pas de rapport entre les deux. Le changement de support est une question de convenances. La perte de propriété par le déposant est une provision d’ordre juridique.

      6) Dans les livres comptables de la banque, lorsque la monnaie scripturale circule, les sommes créditrices changent de comptes, tandis que les sommes débitrices restent au compte des clients débiteurs.

      Selon le moyen de transfert utilisé, il y solidarité ou non entre les clients créditeurs (par exemple : lors du transfert d’un chèque par endossement, le bénéficiaire du chèque qui l’endosse (endosseur) est garant du paiement du chèque).

      7) Dans le cas d’une cession de créance par une banque (titrisation), les clients débiteurs restent identiques, mais ils ne sont plus obligés envers la même personne : ils sortent des livres comptables de la banque pour entrer dans ceux du cessionnaire (acheteur). Sauf convention contraire, la banque qui cède ne garantit pas la solvabilité de ses clients débiteurs.

      Les créances de la banque contre ces clients sont remplacées par de la monnaie.

      Par contre, les clients créditeurs restent créanciers de la banque (cédant) : les comptes créditeurs (= monnaie scripturale) restent dans les livres comptables de cette banque.

      Il n’y a pas de lien privilégié entre enregistrement comptable et monnaie scripturale : la comptabilité s’applique de la même manière à la monnaie fiduciaire. Le fait que l’un et l’autre soient écrits est fortuit.

      La masse monétaire scripturale augmente par les nouveaux crédits convenus et elle diminue par leurs remboursements. Si les montants des nouveaux crédits augmentent plus vite que les montants des remboursements, la masse monétaire scripturale augmente.

    80. Vulgum Pecus dit :
      12 mai 2009 à 22:59

      Très jolie histoire …
      En fait la dame de Condé se prénommait certainement Trésorerie!

      Dans ce cas l’avance de Trésorerie de Condé a permis à chaque intervenant de payer ses dettes.
      Cette création / Destruction de monnaie due à la Dame de Condé à permis d’assainir le système économique de ce village .

      Mais le village aurait pu arriver au même résultat en se rassemblant dans la salle des fêtes et en discutant suffisamment pour s’apercevoir que l’annulation de la dette ne lésait personne.

      Tout ceci m’amène à plusieurs observations :

      Un village organisé , structuré et communiquant (une société de fourmis) peut se passer de monnaie.

      La monnaie pour être efficace ne doit pas pouvoir être détournée de son utilisation (Si le billet de 100 euros est remplacé par une bouteille de vin de 100 euros , il y a beaucoup de chance que la monnaie soit bue avant de revenir à la dame de Condé.

      La Dame de Condé a joué le rôle d’une banque centrale . La monnaie créée , a permis à l’économie du village de continuer à tourner.

      C’est La circulation de cette monnaie qui a permis l’échange des heures de travail entre les artisans et finalement la création de richesses.

      Une fois le cycle de création de richesse terminé la monnaie a pu être détruite , les richesses créées sont restées.

      La richesse est donc une réalité , alors que la monnaie n’est qu’un moyen rapide d’échanger des richesses ou des heures de travail.
      (Les richesses sont toujours finalement des heures de travail condensées ).

    81. Gérard P. dit :
      12 mai 2009 à 23:53

      @ Paul Jorion

      Réponse partielle :

      La comptabilité est d’abord une copie des actes et faits juridiques avant d’être un outil de gestion.
      Elle fait d’ailleurs preuve contre celui qui la tient.

      Les juristes classe le prêt dans les « contrats réels » : Le prêt se réalise par la remise de la chose prêtée.
      A l’occasion d’un prêt, lors de la remise des billets, la banque doit déjà les posséder.
      En comptabilité, il n’y a donc que des opérations de transfert au sein de l’actif de la banque :
      Client débiteur (débit)
      @ Caisse (crédit)

      C’est pourquoi dans un précédent billet j’invitais à ne considérer qu’une situation où il n’y a que de la monnaie scripturale.

      Dans cette hypothèque avec une banque et deux clients X et Y.
      X s’est approprié un bien et Y achète ce bien à X pour le prix de 100. Pour payer X, Y obtient un crédit de 100 de la banque et paie X.
      Dans les livres comptables de la banque :
      1) Octroi du crédit
      Client débiteur Y (débit) 100 [Actif de la Banque]
      @ Client créditeur Y (crédit) 100 [Passif de la Banque]
      2) Paiement par Y de X
      Client créditeur Y (débit) 100 [Passif de la Banque]
      @ Client créditeur X (crédit 100 [Passif de la Banque]
      3) Défaut de paiement de Y
      Perte (débit) 100 [Actif de la Banque]
      @ Client débiteur Y (crédit) 100 [Actif de la Banque]
      La banque n’a plus d’actif et ne peut plus payer X (Client créditeur) [Passif de la banque].
      Le système s’arrête car « l’argent n’a plus de valeur » et ne peut plus servir : la banque doit se déclarer en faillite.
      Aujourd’hui, l’actif de certaines banques n’est-il pas « faussement enjoliver » pour conserver à la monnaie scripturale sa valeur ?

      Dans une ouverture de crédit, la première personne qui s’oblige est la banque : elle s’engage à mettre une somme à disposition du client.
      Le client s’oblige ensuite à rembourser la somme mise à sa disposition par la banque.

    82. johannes finckh dit :
      13 mai 2009 à 00:38

      àtous:
      échange passionnnant! Il me semble que Paul recentre très efficacement le débat!
      Il reste que la monnaie n’est monnaie que quand elle circule!
      Dit plus radicalement, elle l’est l’instant seulement où elle change de mais!
      Pour devenir inactive jusqu’à l’échange suivant!

      Pour créer une monnaie pleinement efficace, il faut séparer la fonction échangeante de la fonction réserve de valeur et ne conserver que la dimnsion échangeante, l’autre n’ayant pas lieu d’être attachée à lamonnaie mais seulement aux biens et services!
      jf

    83. JeanNimes dit :
      13 mai 2009 à 00:57

      @ tous, bravo! Cette fois le béotien de service peut comprendre ce qu’il ne comprend pas !

      1/ La richesse créée (le PIB…) est de 6 x 100, pour un seul billet de 100 : on sent déjà là un problème.

      2/ L’endettement du village est-il de 6 x 100 aussi ? Auquel cas sa richesse est nulle comme le fait remarquer marquis29 !
      Peut-être qu’il faudrait calculer un endettement moyen 600 / 6 = 100, dont le billet de 100 circulant va effacer les diverses dettes. C’est sûr qu’on ne peut manipuler cela sans précautions de « dimensions » (scalaires / vectorielles).

      3/ La monnaie circulante de 100 permet 600 de richesse, l’argent c’est quoi ici ? 600 (somme des valeurs des dettes ou de la richesse) ou zéro (différence dettes-richesse) ?

      4/ La conception de la comptabilité comme enregistrement des transactions de droits entre les parties prenantes me paraît juste : il reste à savoir quels droits, qui les définit, certains étant léonins, d’autres équitables, c’est le rapport de force entre les parties qui est déterminant en dernier ressort (le tribunal de commerce étant là pour limiter les excès).

      5/ On pourrait imaginer que le village, au lieu de se réunir en chambre de compensation, après consommation de la production, se réunisse avant la production pour organiser la chaîne de création des richesses : un business angel donnant 100 et le village accroît sa richesse de 600, qui rembourse alors les 100 au business angel ?

      6/ Pour que l’exemple soit véritablement paradigmatique d’une société capitaliste (je connais mal celles qui fonctionnent par le troc ou les échanges marchands directs…), il faudrait introduire l’avance de capital à l’entrepreneur et son utilisation et la vente après la production et l’extraction de la survaleur…
      Nous verrions alors certainement une monnaie qui devient marchandise à son tour et une industrie financière (sans guillemets) qui produit de l’argent sans production de richesse réelle.
      Toutes choses très jolies qui nous tuent aujourd’hui.

    84. CF dit :
      13 mai 2009 à 06:21

      @ Paul
      ……. »Le PIB du village a augmenté puisque les commerçants, ayant été payés, ont pu inclure leurs ventes dans leur comptabilité… »
      J’avoue ne pas comprendre :

      Les ventes sont enregistrées au moment de la réalisation de la prestation et non au moment de leur règlement, et c’est donc à ce moment là que le PIB augmente.
      Si le paiement intervient avant la fin de l’année cela n’a aucune influence sur le compte de résultat (sauf cas particuliers de type escompte). Si par contre le paiement n’intervient pas avant la fin de l’année, la constatation d’une provision pourra peut-être intervenir, et toucher de fait le compte de résultat.

      Si la dame n’était pas passée, chacun aurait envisagé de passer une provision sur la créance qu’il détenait. Cela aurait commencé à se savoir, les résultats annuels de chacun auraient été affectés, la confiance entre commerçants aurait commencé à disparaître, les crédits entre eux auraient été bloqués, …. tiens cela me rappelle quelque chose !!!!
      C’est curieux on en arriverait à se dire que la dame a sauvé le village avec une sorte de quantitative easing …. en n’oubliant pas qu’une fois la confiance revenue, la monnaie injectée a été sortie du circuit.

    85. Oppossum dit :
      13 mai 2009 à 08:28

      @ johannes finckh
      La fonction de réserve et celle d’échange ne sont antinomique que dans un système ou la monnaie est dans un système à création monétaire incontrôlable (Soit que la monnaie soit gagée sur une marchandise précieuse -or-, soit qu’on soit dans un système à ‘coquillage’)

      Dans un système « libéré » où l’introduction du ‘jeton-monnaie se fait à volonté par le système du crédit libre, ce n’est plus un problème fondamental.

      Et ceci même en admettant le principe sacro-’sain’ de la conservation des quantités : le crédit « libre » étant un système où l’on crée d’abord de la monnaie sans s’occuper -d’abord- de savoir si l’on a la somme en caisse (on se débrouille ensuite … )

      Je ne comprends pas votre obsession sur la fonction de « réserve » qui n’est un vrai problème qu’en temps de crise où effectivement la monnaie devient une « marchandise réserve de valeur »

    86. Eugène dit :
      13 mai 2009 à 08:42

      @ iGor milhit,

      Sur ton blog et sur l’affiche « let’s make money », dis moi un peu ce qu’on pousse du balai dans les caniveaux?

    87. Tzecoatl dit :
      13 mai 2009 à 09:35

      @Gérard P. :
      « La masse monétaire scripturale augmente par les nouveaux crédits convenus et elle diminue par leurs remboursements. Si les montants des nouveaux crédits augmentent plus vite que les montants des remboursements, la masse monétaire scripturale augmente. »

      C’est un peu plus compliqué que cela.

      Les banques émettant des crédits demandent plus de monnaie qu’elles en créent (du fait des intérêts). Dès lors, la sphère économique réelle a quelques possibilités :
      – repasser au guichet du crédit afin de réemprunter (aux moins les intérêts dus) avant de pouvoir rembourser. Le marché du crédit se réalimente automatiquement, et est donc inflationniste.
      – pratiquer la faillite, la monnaie temporaire bancaire devenant dès lors permanente (puisque la monnaie n’est pas détruite en cas de non-solvabilité d’une dette), rééquilibrant ainsi un peu le ratio dettes/masse monétaire.

      La monnaie d’endettement issue du crédit représente 85% de la monnaie scripturale émises par les banques secondaires en zone euro, le reste provient de la nécessité de monétiser en euros sur le marché des changes et également de la monétisation de titres d’états.

      On le voit, comme le décrit le site http://www.chomageetmonnaie.org, la monnaie d’endettement est facteur de cycles et de crises, du fait de l’insolvabilité systémique provoquée par notre système monétaire. On le constate, le rare facteur permettant de réduire l’exponentialité de l’endettement est la faillite, des taux d’intérêts peu élevés ne faisant que retarder l’échéance.
      Il aurait été souhaitable que les décideurs de notre système monétaire soient plus attentifs à cette notion de ratio dettes/masse monétaire (dettes que l’on trouve dans les contreparties de la BCE, soit 15000 milliards pour 9000 milliards de M3), et fassent en sorte que celui ci reste constant, au lieu de se corriger par la mise en cessation de paiements de nos entreprises et ménages les plus fragiles.

    88. iGor milhit dit :
      13 mai 2009 à 09:36

      @ Eugène
      ok. de l’argent sale?
      mais on met plein de choses différentes dans les caniveaux… jusqu’à une certaine presse, ou certains médias. ça ne veut pas dire que toutes ces choses sont équivalentes, elles se ressemblent par leur destination.
      au fond, hum, tout dépend de ce qu’on en fait, comme d’hab. en me référant à la pensée qui vous tient tant à cœur, je pense que vous serez d’accord que l’on peut en trouver des utilisations plus légitimes que d’autres…

    89. EOMENOS dit :
      13 mai 2009 à 09:46

      @ Igor,

      Tu me rappelles un excellent passage des Guignols de l’info :

      Dans un premier clip on voit Bernard Tapie, ministre, qui fait une conférence de Presse, très relayée.
      Dans le second on voit le même Tapie, ruiné, se couvrir d’une gazette avant de s’endormir sous un pont.

      La moralité était la suivante : Bernard Tapie se sert TOUJOURS de la presse.

    90. ybabel dit :
      13 mai 2009 à 09:47

      « Je recommande à Paul d’aller voir du côté du livre d’Alain Testart, Critique du don : études sur la circulation non marchande.  »
      J’ai lu l’introduction qui est en ligne.
      J’aime beaucoup l’approche.
      Mais il y a quelque chose de fondamental que j’ai retenu : il semble (c’est l’objet de la « critique » a proprement parler) que les ethnologues se sont complètement trompés en étudiant les sociétés « primitives ». Elles auraient/pourraient avoir un système économique aussi complexe que le notre ou même plus par bien des aspects.

      J’aimerai en savoir plus sur ce sujet. Est-ce que quelqu’un connait et peu nous faire un rapide résumé des autres systèmes économiques mis en place ailleurs ?
      Il y a peut-être des pistes pour un réforme pertinente de la notre… des idées à piocher, des choses qu’on n’a pas vu…

    91. Paul Jorion dit :
      13 mai 2009 à 10:16

      @ Gérard P.

      A l’occasion d’un prêt, lors de la remise des billets, la banque doit déjà les posséder.

      C’est important : cette étape préalable consistant à trouver l’argent qui sera prêté n’apparaît pas comme vous le dites dans la comptabilité du compte individuel, c’est cela sans doute qui donne l’impression – d’un point de vue purement comptable – que l’argent prêté ne vient de nulle part.

    92. JeanNimes dit :
      13 mai 2009 à 11:02

      Attention !

      La solution n’est probablement pas dans la recherche d’un énième modèle mathématique, plus ou moins performant, tant qu’on reste dans le système capitaliste : aucune issue de ce côté.

      Les soubresauts de la bête vont être violents, il faut nous en protéger et il nous faut réfléchir à comment recycler les restes de la bête : je crois quand même que la réalité des peuples sera plus forte que cette économie moribonde.

      Si les prévisions sont exactes, nous avons au moins trois ans de crise devant nous et un premier effet positif : réduction importante des GES, c’est peut-être ce qui nous permettra d’échapper au Cataclysme !

      C’est donc le moment de redéfinir nos instruments de mesure pour qu’ils nous donnent une véritable indication sur la santé de l’humanité dans son rapport à la planète (dégagement de carbone, empreinte écologique, satisfaction des besoins primaires et de l’éducation, de la santé, de la recherche, développement de la culture et protection du patrimoine de la planète-homme, etc.).

      Ensuite, de proche en proche, nous pourrons nos poser les bonnes questions, mais sur d’autres bases.
      Les sociétés humaines ont toujours trouvé les moyens d’échange qui correspondaient à leur niveau de développement, ce n’est pas un problème.

      Aujourd’hui, le problème n’est pas « la monnaie », isolée de ses usages, c’est le capitalisme qui a cru qu’il pouvait produire de la « valeur » industriellement (CDS, CDO et autres) comme si cela était une richesse concrète appartenant au développement réel des humains.

      « La monnaie » est une mauvaise abstraction idéaliste, vide de sens, hors histoire, qui nous ramène à du pré-Hegel.

    93. Tzecoatl dit :
      13 mai 2009 à 11:30

      @ Gérard P.

      A l’occasion d’un prêt, lors de la remise des billets, la banque doit déjà les posséder.

      C’est exact, les banques secondaires ne créent ni les billets ni les pièces, ce que l’on appelle monnaie fiduciaire ou M0, soit 5% de la masse monétaire de l’eurozone.

      Pour le reste, on pourra citer une source bancaire, en l’occurence Natixis :
      « Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir de 1000
      euros de monnaie banque centrale, leur capacité de création
      monétaire est tombée à 3500 euros depuis Lehman »

    94. Oppossùm dit :
      13 mai 2009 à 12:50

      @ JeanNimes

      Vous ne mesurez pas les restes de la bête …
      Vous ne mesurez pas non plus la puissance extraordinaire de la monnaie qui , toute vide de sens et hors de l’histoire, au travers de laquelle les équilibres geo-stratégiques et donc intra-nationaux vont être remodelés.

      Mais oui c’est sûr ça va tanguer plus que prévu mais moins que phillipulus le souhaiterait.

    95. fujisan dit :
      13 mai 2009 à 13:45

      @ Tzecoatl

      C’est un peu plus compliqué que cela.

      Les banques émettant des crédits demandent plus de monnaie qu’elles en créent (du fait des intérêts). Dès lors, la sphère économique réelle a quelques possibilités :
      – repasser au guichet du crédit afin de réemprunter (aux moins les intérêts dus) avant de pouvoir rembourser. Le marché du crédit se réalimente automatiquement, et est donc inflationniste.
      – pratiquer la faillite, la monnaie temporaire bancaire devenant dès lors permanente (puisque la monnaie n’est pas détruite en cas de non-solvabilité d’une dette), rééquilibrant ainsi un peu le ratio dettes/masse monétaire.

      C’est encore un peu plus compliqué que cela.

      En effet, les banques ne créent que le principal et non les intérêts. A tout moment, l’ensemble des dettes (avec intérêts) est donc toujours supérieur à la masse monétaire. Il est impossible que chacun paie toutes ses dettes en même temps car il manque l’argent pour les intérêts. C’est un système inflationiste par sa conception même. S’il n’y a pas d’inflation monétaire, le système s’effondre.

      Cependant, comme toute entreprise, une banque a aussi des frais de personnel, de fonctionnement, des investissements, paie des dividendes… Et donc les intérêts/profits retournent dans le circuit économique un jour ou l’autre, en partie du moins.

      En cas de faillite/défault de paiement d’un créditeur, la banque enregistre une perte. La monnaie ne devient pas « permanante », mais elle est « détruite » par la banque elle-même.

    96. Oppossum dit :
      13 mai 2009 à 14:44

      @ Fujisan et Tzecoatl
      Je pense que votre analyse (sauf erreur de ma part) concernant l’intérêt est mauvaise.
      La partie de l’intérêt qui ne couvre pas des frais de ‘gestion’ , correspond à un déplacement d’un bloc de richesse au travers d’un déplacement monétaire , mais dans l’encours monétaire permanent.
      L’intérêt n’est pas fondamentalement inflationniste mais plutôt concentrateur de richesses.

      PS/ Un des intérêts de ne pas être « ex-nihiliste » , est qu’on ne peut pas faire cette erreur de raisonnement. (Sans parler qu’on évite alors les pièges des multiplicateurs qui font comptabiliser plusieurs fois la même monnaie).

    97. Tzecoatl dit :
      13 mai 2009 à 15:17

      « Cependant, comme toute entreprise, une banque a aussi des frais de personnel, de fonctionnement, des investissements, paie des dividendes… Et donc les intérêts/profits retournent dans le circuit économique un jour ou l’autre, en partie du moins. »
      Les intérêts non monétisés ne peuvent être dépensés et ne peuvent retourner dans le circuit économique. Les profits, si.

      Je veux bien croire qu’une banque est une entreprise, mais une entreprise un peu particulière tout de même, notamment du fait qu’en France, il s’agit d’un oligopole, puisque si vous souhaitez créer une banque, il va falloir avoir l’aval de vos concurrents, au travers d’une commission bancaire. Oligopole ayant monopole d’émission de monnaie donc qui demande plus de monnaie qu’il n’en crée, systématique gain de cause en cas de pépin juridique. Quelle splendide affaire que voilà !

      « En cas de faillite/défault de paiement d’un créditeur, la banque enregistre une perte. La monnaie ne devient pas “permanante”, mais elle est “détruite” par la banque elle-même. »
      C’est bien ce qui me semblait au départ, désolé d’avoir colporté une erreur qui trainait sur le web. Vous remarquerez que notre système monétaire est pire qu’avec mon erreur.

      Je ne m’explique toujours pas l’avanie des concepteurs d’un tel système monétaire. Puisque même un libéral reconnaitra que seul le travail crée de la valeur, un système monétaire qui crée de la monnaie lors de la production et détruit la monnaie lors de la consommation me semble théoriquement plus cohérent. Enfin, remarquez jusqu’aujourd’hui, c’était plutôt l’inverse, les US créant de la monnaie lors de la consommation, et personne parmi leurs fournisseurs de par le monde pour détruire les dollars en trop lors de la production.

    98. Crapaud Rouge dit :
      13 mai 2009 à 19:25

      Paul Jorion écrit : « Maintenant, qu’advient-il du million ? S’il y a eu création de monnaie ex nihilo, le million remboursé est une manne : un profit net pour la banque – que les banquiers peuvent aussi bien se partager entre eux. Quelqu’un suggère-t-il que c’est cela qui se passe ? Et si non, que se passé-t-il en réalité ? (Je crois connaître la réponse). »

      Quelle est-elle cette réponse ? Je paierais cher pour le savoir ! En fait c’est très simple. Il suffit d’imaginer que la banque a prêté Q euros à un client X pour l’achat d’une voiture à Y qui se trouve avoir exactement la même banque. Une fois la vente effectuée, Y voit surgir Q euros sur son compte courant. Pour la banque, c’est une dette, elle doit payer toutes les dépenses de Y à hauteur de Q euros. Comme Y est un joyeux drille qui claque son fric à vive allure, les Q euros ont disparus bien avant que X, un petit salarié sans le sou, n’ait remboursé son crédit. Alors, quand le remboursement est terminé, il bouche une dette de la banque, à savoir l’argent qu’elle a dû ponctionner sur l’un de ces agrégats barbares pour financer le train de vie fastueux de Y. Elle n’a rien gagné, la pauvre!

    99. Paul Jorion dit :
      13 mai 2009 à 19:29

      @ Crapaud Rouge

      J’espère que vous n’êtes pas sérieux. Mais où est le ?

    100. Crapaud Rouge dit :
      13 mai 2009 à 21:37

      Heu… si j’étais sérieux ! Je croyais répliquer à votre assertion : « S’il y a eu création de monnaie ex nihilo, le million remboursé est une manne : un profit net pour la banque » : un tel profit étant invraisemblable, il faut que ce millions lui serve à rembourser une dette. Comme votre réponse me signifie clairement que tel n’est pas le cas, j’espère que vous voudrez bien me dire ce qu’il en est ! J’en ai vraiment l’eau à bouche ! (Mais que signifie la question ?  )

    101. Gérard P. dit :
      13 mai 2009 à 21:47

      @ Paul Jorion

      Entièrement d’accord avec vous sur la valeur de la monnaie fiduciaire qui dépend de son calibrage, sauf défiance.

      Par contre, je ne comprends pas votre extrême méfiance vis-à-vis de la comptabilité.
      « La langue comptable est incapable en particulier d’expliquer ce qui se passe au remboursement : la disparition de la somme remboursée est encore plus mystérieuse que son apparition ex nihilo. »

      Reprenons votre exemple :
      1) La banque A prête 1 million à B
      Les écritures ne seront passées qu’aux comptes faisant partie de l’actif de la banque : Client débiteur B @ Caisse.
      2) B rembourse la banque A
      Les écritures ne seront également passées qu’aux comptes faisant toujours partie de l’actif de la banque : Caisse @ Client débiteur B.

      Comme avant de prêter le million la banque devait l’avoir en caisse, elle a dû l’obtenir de la banque centrale. Si c’est sous forme de prêt, la banque A devra rembourser la banque centrale.
      A moins qu’elle ait gagné un pari, ou qu’elle ait fabriqué de la fausse monnaie ou que ce million lui ait été donné ou qu’elle l’ait volé …

    102. AAA+ dit :
      13 mai 2009 à 22:04

      Bonjour,
      L’intéressant dans l’histoire de la dame de Condé, c’est aussi, l’absence du banquier dans la chaine des créanciers. Si le premier a avoir vu le billet de 100 remis à l’hotelier par ladite dame, avait été le banquier, il se serait empressé de l’encaisser sur le compte de l’hotelier pour réduire son découvert…Il se serait rendu compte que le billet était faux, et l’aurait confisqué pour le remettre à la banque centrale pour destruction. Le compte de l’hotelier aurait été débité des 100 précédemment crédités, et l’hotelier n’aurait pas pu restituer les 100 à la dame de Condé, (sauf à accroitre son découvert bancaire), qui aurait pu réclamer le remboursement des arrhes versés…ou se retrouver dans une facheuse situation voire même être inquiétée pour recel et utilisation de fausse monnaie.
      AInsi, cet apologue n’est possible qu’en l’absence de banquier, étonnant non!

    103. Anne.J dit :
      13 mai 2009 à 22:05

      @Gérard P.
      Vous faites fausse route en pensant que les banques prêtent de la « monnaie centrale » qu’elles doivent obtenir de la banque centrale: elles n’ont besoin que 10 à 15% de cette monnaie là. Et quand les banques prêtent, la monnaie est inscrite au passif de la banque car e client bénéficiaire peut évidemment s’en servir immédiatement, et il n’y a rien de mystérieux, ni dans la création de ce prêt ni dans sa destruction comptable lorsqu’il est remboursé (et ce , sans passer par la banque centrale)
      Une banque ne crée évidemment pas de fausse monnaie en créant « sa » monnaie; c’est son droit légal
      (lisez donc le lien sur Natixis par exemple)

    104. fujisan dit :
      13 mai 2009 à 22:20

      @ Oppossum
      Je suis en partie d’accord que l’intétêt est plutôt concerntrateur de richesse qu’inflationiste. C’était d’ailleurs le but de mon commentaire concernant les frais de personnel, gestion… des banques.
      Cependant, une déflation monétaire est très problématique puisque cela augmente le risque de spirale déflationiste (des prix) et de faillites. C’est pouquoi les BC veulent éviter à tout prix la déflation. Trichet le répète assez, il veut une inflation des prix proche de 2%. C’est l’instabilité du système face à la déflation qui fait que l’inflation monétaire est une nécéssité.

      « ne pas être “ex-nihiliste” » et « les pièges des multiplicateurs qui font comptabiliser plusieurs fois la même monnaie »
      Je crois comprendre que vous ne considérez pas toute la masse monétaire comme étant de la « vraie » monnaie. Sans doute vous considérez qu’elle n’étant pas utilisée toute en même temps, seule une partie est de la « vraie » monnaie? Bref la justification donnée par les banques commerciales pour les réserves fractionnaires.

      Que penser alors de ceci :
      Imaginons une vente aux enchères avec plusieurs acheteurs potentiels, tous intéressés par un objet en particulier.
      S’ils ont tous des cartes de débit avec des comptes suffisemment provisionnés, ils vont surenchérir comme si leur argent était disponible immédiatement, en monnaie sonnante dans leur poche.
      Et si l’un d’entre eux avait un compte à zéro avec un découvert autorisé, il va également surenchérir, alors même qu’il n’a pas l’argent, mais seulement la possibilité de l’utiliser (s’endetter ?)
      S’il ont tous des cartes de crédit, ils vont également surenchérir. Le crédit sera accordé à la demande à l’acheteur et la monnaie créée pour l’occasion. Le fait même qu’ils aient la possibilité de s’endetter leur donne à tous le pouvoir de surenchérir.
      Pour moi cette monnaie est bien réelle, car chacun considère qu’il peut utiliser tous ses dépôts à tout moment. Ou bien s’endetter au besoin et créer ainsi la monnaie.
      On pourrait de même envisager une vente publique d’immeuble, avec plusieurs acheteurs potentiels ayant l’accord de leur banque pour contracter éventuellement un prêt hypothécaire.

    105. fujisan dit :
      13 mai 2009 à 22:40

      Paul Jorion écrit : “Maintenant, qu’advient-il du million ? S’il y a eu création de monnaie ex nihilo, le million remboursé est une manne : un profit net pour la banque – que les banquiers peuvent aussi bien se partager entre eux. Quelqu’un suggère-t-il que c’est cela qui se passe ? Et si non, que se passé-t-il en réalité ? (Je crois connaître la réponse).”

      Je crois connaîttre la réponse…
      Au remboursement, seul l’actif de la banque change. La créance qu’elle a envers l’emprunteur est éteinte (- 1 million) et le compte « billets » est augmenté de 1 million.

      … Et mon objection (smiley diablotin)
      Mais d’où provient ce millions en billets ? Mais d’une banque pardi!
      Par exemple, l’emprunteur recoit son salaire en billets de banque et va de suite remourser son emprunt. Mais son employeur a au préablable retiré les billets de sa banque.
      Les deux opérations ensemble font que la créance de la banque envers l’emprunteur est éteinte et le compte à vue de l’employeur est débité. Les billets sortent pour rentrer à nouveau dans la banque.

    106. johannes finckh dit :
      13 mai 2009 à 23:16

      @oppossum qui écrit:
      Je ne comprends pas votre obsession sur la fonction de “réserve” qui n’est un vrai problème qu’en temps de crise où effectivement la monnaie devient une “marchandise réserve de valeur”

      il me semble que nous sommes en crise! Non?

      Je maintiens donc, en étant bien de l’avis de Paul sur la conservation des quantités, qu’il se passe un phénomène tout à fait particulier au moment où un grand nombre de débiteurs font défaut:

      1) Je confirme que le crédit provient toujours d’un dépôt et que les deux phénomènes sont parfaitement concommitants!
      Autrement, je ne vois pas pourquoi les banques se fatigueraient à vouloir collecter l’épargne en la rémunérant par un taux d’intérêt d’épargne! Et une banque qui ne peut obtenir les fonds qu’elle souhaite prêter ne prêtera pas! cela avait longtemps été ainsi, cela a évolué depuis les années 70, simplement parce que l’épargne des riches est devenue à ce point abondante que le « manque de fonds » ne se posait plus guère. Mais, précisément, il s’agit bien d’épargne désormais disponible, en face de laquelle il existe évidemment une dette d’un montant exactement identique!
      2)Le débiteur ne fait jamais autre chose que se substituer au prêteur pour effectuer une dépense! La monnaie n’a pas de qualité « quantique », elle est toujors à un seul endroit à la fois (temps n) pour ensuite (temps n+1) changer de détenteur!
      3)En situation de crise, le prêteur ne veut plus prêter, car le débiteur est devenu insolvable!
      4)Le prêteur opère dès lors un retrait liquide ou un placement très liquide que la banque ne rémunère pas et ne prête donc quasiment pas (c’est trop risqué pour elle!)!
      5)Il en résulte qu’une part croissante d’épargne n’est plus recyclée via le crédit, car cette épargne cesse d’être « épargne » au sens où elle serait confiée à long terme à la la banque.
      6)La part ainsi retirée prend le nom de réserve liquide ou réserve de valeur!
      7)A cause de ce phénomène, nous observons très clairement un « gel » des circuits, où les actifs toxiques (c’est-à-dire du RIEN) sont rachetés par les BC (ou laissés en gage par les banques ou entreprises qui les avaient en portefeuille), et les néo-émissions ne servent qu’à constituer des trésors (de guerre?) SANS AUCUNE EFFICACITE ECONOMIQUE.
      8)C’est cela que veut dire concrètement « valeur refuge ultime »: la monnaie elle-même est refusée et ne peut plus rendre le service pourquoi elle est créée, à savoir transférer des biens et services réels. Ces biens et services, ainsi engagés dans une spirale déflationniste, ne changent plus de mains ou trop lentement.
      9)Autrement dit, cette possibilité qu’a la monnaie de « n’être plus monnaie » mais objet de collection des milliardaires a pour effet d’engendrer la crise de décroissance de l’économie dans le monde entier, en tout cas dans les pays les plus importants et les plus riches!
      10) Si la monnaie ne pouvait pas être ainsi détournée par des particuliers, alors qu’il s’agit d’un instrument public et légal de paiement, nous n’aurions plus de crise de liquidité, quand bien même certaines banques (et même les plus grosses) pourraient faire faillite! Il n’y aurait tout simplement plus de crise systémique possible!
      11)Il faut bien saisir ce que représente le fait de détourner, dans un but de non-usage immédiat, de la monnaie, censée circuler! Cela revient à accepter que les pouvoirs publics construisent de routes interdites à la circulation! Cela n’a tout simplement pas de sens!
      12)C’est pourquoi la monnaie, objet créé pour circuler ET en même temps pour NE PAS CIRCULER conduit à l’impasse actuelle nécessairement! Un objet à ce point contradictoire en lui-même provoque et génère la logique capitaliste que nos subissons! Et l’instabilité économique qui va avec!
      Une remarque à propos de l’or: c’est vrai que cette façon de « se comporter » (objet circulant et non circulant à la fois!)est un héritage de la monnaie-or. Mais je ne dis pas que c’est la même chose, car la quantité de monnaie circulante n’est plus limitée par un stock de métal préexistant, mais l’émission monétaire par les BC tente d’obtenir des prix stables. Et cela génère souvent un peu d’inflation, car en cas de non-inflation, nous aurions déjà une déflation du fait de la notion de réserve de valeur toujours opérante, pas seulement en temps de crise!
      Et le BC peuvent émettre ou retirer de la monnaie, mais elles n’ont quasiment pas les moyens de la faire circuler efficacement contre la volonté de certains particuliers!
      13)C’est bien pourquoi seule une monnaie anticrise (fondante) ou encore appelée « monnaie franche » (Freigeld) par Silvio Gesell peut véritablement et en toute circonstance remplir le service que l’on peut légitimement attendre d’elle.
      14)Et cette monnaie ayant ces excellentes qualités de circulation réaliserait en même temps le rêve fisherien du 100%money, car elle sera toujours disponible, un peu comme ce faux billet de la dame qui règle les dettes ouvertes.
      15)L’épargne sera puissamment favorisée et la thésaurisation rendue si coûteuse qu’elle se réduira comme peau de chagrin et n’entravera plus la circulation efficace, et elle organisera toujours l’écoulement complet des biens et services!
      16)Accessoirement, sa mise en pratique démontrera d’une façon éclatante que la monnaie circulante, la monnaie qui soit « monnaie », ne se confond absolument jamais avec le crédit!
      17)Cela invalidera rétroactivement tous les délires autour de la « création monétaire via le crédit bancaire » : elle n’a jamais et n’aura jamais existé et n’existera jamais , en un mot: l’empereur est nu!
      18)oui, tout à fait je suis parfaitement « obsédé » par ce problème, car avec sa résolution, le capitalisme tombera comme un château de cartes et laissera place à une économie de marché efficace où les richesses iront se déconcentrant et non plus l’inverse!
      jf

    107. Charles dit :
      13 mai 2009 à 23:59

      @Paul Jorion, JJJ, Gérard P. etc
      Que font du million les banquiers le jour où il est remboursé. Cet argument me convainc presque de la non création/destruction d’argent lors d’un prêt et de son remboursement.
      Et pourtant que se passerait-il si tout le monde ou même un grand nombre de gens voulait rembourser son emprunt en même temps en liquide? Il ne pourraient pas le faire, parce que cet argent n’existe pas sous forme de pièces et de billets, et l’argent des intérêts encore moins.
      Que se passerait-t-il si tout le monde voulait rembourser son emprunt en même temps et qu’il n’y ait que le liquide pour le faire? La banque demanderait à la banque centrale de le créer matériellement cet argent pour satisfaire la demande de ses clients. Que FERAIT du million les banquiers? Ils le rendraient à la banque centrale qui le détruirait puisque cet argent n’aurait été créé que pour le remboursement et non pour le prêt.
      J’en suis donc toujours à penser que la monnaie est cet agrégat de couches et de culottes, d’argent et de pièces, de cartes de crédit et de découvert, de tout ce qui sert au paiement et qui est reconnu comme ayant cette valeur par la communauté.
      @johannes finckh
      Mais que feraient les gens de leur argent au noir! Et vous-même, qu’en feriez-vous, de cet argent que vous ne pouvez pas sortir sans payer des taxes? (je ne sais pas me servir des emotikons…) Vous croyez que votre monnaie fondante accélérerait l’économie mais vous ne tenez pas compte de l’importance et de la vigueur du noir dans l’économie. L’argent au noir circule de la main à la main mais ne peut pas s’investir dans de l’épargne ou de l’investissement. Vous voulez foutre l’économie de la Belgique et de l’Italie par terre?

    108. Crapaud Rouge dit :
      14 mai 2009 à 00:44

      @Anne.J : « et il n’y a rien de mystérieux, ni dans la création de ce prêt ni dans sa destruction comptable lorsqu’il est remboursé » : sur le plan comptable, oui, ce n’est pas mystérieux, mais en termes de flux ça l’est beaucoup plus, car la question se pose de savoir où il commence et où il s’arrête. Pour ma part, j’arrive à la même conclusion que Gérard.P : la banque à dû emprunter le montant des crédits octroyés puisqu’il est admis qu’elle prête plus que ce qu’elle a en dépôt. Ca revient à avoir une dette, ou quelque chose qui en tient lieu, mais pas forcément envers la banque centrale : ce pourrait être envers le système interbancaire.

      On pourrait poser le problème autrement, à savoir : au moment où les crédits sont accordés, (et utilisés par les bénéficiaires), la banque trouve l’argent dans sa trésorerie, ou n’importe où sur le marché. Mais si les bénéficiaires ne remboursent pas comme prévu, que se passe-t-il pour elle ? Et bien, soit elle s’en fiche parce que la monnaie du crédit a été créée ex nihilo, soit elle est bien embêtée parce que, l’ayant prise quelque part, il faut qu’elle la remette à sa place.

    109. Crapaud Rouge dit :
      14 mai 2009 à 04:16

      @Paul Jorion: ça y’est, j’ai compris! Oh la la! Je ne m’arrange pas en vieillissant. Le gag était dans la forme. Le fond était sérieux, mais creux, j’en ai bien peur. Mais je me demande si votre assertion ne serait pas un peu vicieuse. Vous dites que « S’il y a eu création de monnaie ex nihilo, le million remboursé est une manne : un profit net pour la banque », mais si l’on raisonne en transactions selon vos propres hypothèses, ce « million remboursé » est une entrée qui compense une sortie antérieure. Une création ex nihilo changerait donc le niveau moyen du stock de monnaie, mais pas le bilan des entrées/sorties qui reste nul. Dans ces conditions, je présume que le niveau du stock est sans importance, et que les banques ont affaire à une problématique de baignoire qui se vide et se remplit : flux des prêts accordés, les sorties, et flux des remboursements, les entrées.

    110. ybabel dit :
      14 mai 2009 à 09:24

      @jf
      15)L’épargne sera puissamment favorisée et la thésaurisation rendue si coûteuse qu’elle se réduira comme peau de chagrin et n’entravera plus la circulation efficace, et elle organisera toujours l’écoulement complet des biens et services!

      bof …
      il suffira alors de thésauriser autre chose que de la monnaie (puisqu’elle se dégrade)… quelque chose qui ne se dégrade pas, comme l’or ou la terre, et de laisser ceux qui ont de la monnaie fondre, pour avoir exactement le même effet au final.
      la thésaurisation est nécessaire pour faire face à l’imprévu (assurance), sauf que ce « pouvoir » peut être dévié pour prendre le contrôle. Et il en sera toujours ainsi, monnaie fondante ou pas…

    111. antoine dit :
      14 mai 2009 à 13:03

      @Ybabel
      Ca fait toutefois un monde de différence, dès lors que ce qui est thésaurisé n’est plus immatériel… le rapport de force avec les « grandi » n’est plus du tout le même. Ce n’est pas qu’un problème technique. C’est un problème de répartition du rapport de force entre puissances.
      Par ailleurs il va de soi que la monnaie franche fait partie d’un dispositif plus vaste, qui inclue des lois sur la propriété foncière (autre secteur stratégique). On objectera qu’autre chose servira de refuge dans ce cas là. Ce point manque l’essentiel. L’important, c’est que la monnaie elle-même ne soit pas la valeur refuge. Car la perte d’avantage stratégique qui en découle pour les « grandi » est décisive.
      De ce point de vue, quand bien même la monnaie franche n’aurait que cet avantage là, elle aurait un avantage certains sur le modèle alternatif.

      Je retrouve ici une opposition qui m’intéresse beaucoup entre deux manière de faire de la philosophie politique:

      – ou bien mettre l’accent sur l’interdit, le pénal, et sur les organes de contrôle (on créé un comité d’éthique X contrôlé par la profession dès qu’il y a problème et qu’on ne veut pas voir les citoyens regarder de trop près ce qui s’y fait). Dans une telle perspective on ne fait qu’ajouter une strate au dessus ou à côté de la structure existante;

      – ou bien mettre l’accent sur la coopération, en faisant en sorte que l’organisation de la coopération sociale réalise par elle-même, pour ainsi dire dans le dos des agents, l’idéal politique fixé au départ.
      ex: la prison panoptique de Foucault… ou le système de la coopérative agricole… ou la monnaie franche.
      Ici rien n’est ajouté « au dessus » ou « à côté ». L’idéal est incorporé dans le système de base, qui « l’incarne ».

      Bien sûr la séparation n’est pas aussi tranchée que ça: on peut toujours définir n’importe quelle institution politique/juridico-légale (faut se méfier du mot « institution »: dans le sens ou je l’utilise la famille n’en est pas une… je ne l’emploie jamais au sens que lui donne une certaine psychologie sociale) comme un complexe de micro-autorisations et de micro-interdictions, et on a toujours besoin, in fine, de la sanction. Je cherche toujours le critère de différenciation exact ente les deux approches (je suis sûr qu’il y en a un).

    112. Crapaud Rouge dit :
      14 mai 2009 à 14:50

      @fujisan: « La créance qu’elle a envers l’emprunteur est éteinte (- 1 million) et le compte “billets” est augmenté de 1 million. » : ben oui, mais c’est comptable, ça marche toujours, aucun mystère. Il n’empêche que cette créance a été créée ex nihilo. Elle surgit du jour au lendemain, donne lieu à création monétaire, laquelle se retrouve, après remboursement, comme de la monnaie « sonnante et trébuchante » alors que la créance est « éteinte ». Pffff ! La créance représentait de la monnaie « à venir », donc à valeur « potentielle », (à tout le moins conditionnelle ou probabiliste, et l’on sait aujourd’hui que bien des créances sont « toxiques »), mais le remboursement en fait de la monnaie « acquise », « sûre et certaine », dûment estampillée « réelle » et liquide, genre « cash flow ». C’est-à-dire du pouvoir d’achat. Mais qui donc s’est tapé le boulot pour la métamorphoser ainsi, pour transmuter le plomb (toxique) de la créance en or de bon aloi ? Sûrement pas la banque! C’est l’emprunteur qui a trimé pour honorer sa dette. Et comme le pouvoir d’achat global du système est limité, ça veut dire que cette création ex nihilo est justifiée par un transfert du pouvoir d’achat créé par le travail. Pourquoi faudrait-il s’en étonner ? Le remboursement d’une dette n’est pas sans accointances avec l’impôt.

    113. Eugène dit :
      14 mai 2009 à 15:10

      @ antoine,

      bien sûr qu’il y en a un critère de différenciation des deux approches: c’est le même que celui qui permet de ne pas vouloir expliquer les pathologies du vouloir (névroses et psychopathies) dans la même grille conceptuelle que les pathologies de la socialité (psychoses et perversions), bien que les effets des unes se répercutent dans le plan où les autres peuvent apparaitre!

    114. fujisan dit :
      14 mai 2009 à 15:17

      jf a écrit:

      3)En situation de crise, le prêteur ne veut plus prêter, car le débiteur est devenu insolvable!
      4)Le prêteur opère dès lors un retrait liquide ou un placement très liquide que la banque ne rémunère pas et ne prête donc quasiment pas (c’est trop risqué pour elle!)!

      3) Et l’emprunteur ne veux plus emprunter car l’avenir est incertain.
      4) Le risque de « bank run » est déjà limité par les garanties des états sur les dépôts. Mais il est aggravé par les réserves obligatoires ridicules: 2% zone euro pour les dépôts à vue, 0% – rien – pour les dépôts à terme > 2 ans. Je constate que les banques déposent malgré tout des réserves exédentaires auprès des BC. Alors, est-ce réellement trop risqué pour les banques?

      5)Il en résulte qu’une part croissante d’épargne n’est plus recyclée via le crédit, car cette épargne cesse d’être “épargne” au sens où elle serait confiée à long terme à la la banque.

      5) Qui placait à terme? Il faudrait étudier les aggrégats M2 et M3, mais AMHA ce sont les assurances vie, fonds de pension, fonds de placement… Je ne pense pas que bcp de particuliers placent à terme eux même en toute connaissance de cause. La réduction de croissance de M2 et M3 est due AMHA aux pertes sur les produits structurés, faillites… Et aux plans de sauvetage: rachats par les états de produits toxiques (M2 ou M3 diminue) contre des liquidités (M1 augmente).

      6)La part ainsi retirée prend le nom de réserve liquide ou réserve de valeur!
      7)A cause de ce phénomène, nous observons très clairement un “gel” des circuits, où les actifs toxiques (c’est-à-dire du RIEN) sont rachetés par les BC (ou laissés en gage par les banques ou entreprises qui les avaient en portefeuille), et les néo-émissions ne servent qu’à constituer des trésors (de guerre?) SANS AUCUNE EFFICACITE ECONOMIQUE.

      7) Pas d’accord. AMHA la liquidité des dépôts n’est pas la cause. Le “gel” des circuits a pour cause la perte de confiance, l’incertitude en l’avenir pour tous les acteurs: banques, particuliers, entreprises. Les banques refusent de prêter et sont d’ailleurs insolvables car elles n’ont pas encore provisionné toutes leurs pertes. Les particuliers et entreprises qui en auraient les moyens refusent d’emprunter de peur de ne pouvoir rembourser.

      8)C’est cela que veut dire concrètement “valeur refuge ultime”: la monnaie elle-même est refusée et ne peut plus rendre le service pourquoi elle est créée, à savoir transférer des biens et services réels. Ces biens et services, ainsi engagés dans une spirale déflationniste, ne changent plus de mains ou trop lentement.

      On est loin de la spirale déflationniste! Les « planches à billets » tournent à vitesse supersonique, donc pas de déflation monétaire en vue. Certes il y a déflation des prix pour certaines classes de produits : immobilier, autos, biens durables, investissements des entreprises, énergie… Notons les bulles sur bcp des ces produits, bulles qui éclatent comme c’est inévitable. Mais les services et biens de consommation courants continuent d’augmenter bon train. Cela dénote simplement un changement de comportement du consommateur et des entreprises. Ils ne s’engagent pas dans des projets futiles, coûteux ou à long terme. Notons aussi que l’ICP est honteusement manipulé à la baisse: pondération géométrique, substitution, ajustement « hédonistes » et autres joyeusetés. L’inflation officielle est plus basse que la réalité, ce qui pourrait laisser penser à tord qu’il y a déflation des prix.

      9)Autrement dit, cette possibilité qu’a la monnaie de “n’être plus monnaie” mais objet de collection des milliardaires a pour effet d’engendrer la crise de décroissance de l’économie dans le monde entier, en tout cas dans les pays les plus importants et les plus riches!

      9) Pas si vite, pourquoi seulement les miliardaires? Le citoyen moyen ne fait-il pas aussi des économies? En quoi est-ce un mal d’être une fourmi? Sommes nous tous condamnés à être des cigales, à vivre au jour le jour, insouciants de l’avenir, sans aucune sécurité en cas de coup dur?
      Au passage : et si la décroissance nous était imposée par les limites physiques de notre planète?

      10) Si la monnaie ne pouvait pas être ainsi détournée par des particuliers, alors qu’il s’agit d’un instrument public et légal de paiement, nous n’aurions plus de crise de liquidité, quand bien même certaines banques (et même les plus grosses) pourraient faire faillite! Il n’y aurait tout simplement plus de crise systémique possible!
      11)Il faut bien saisir ce que représente le fait de détourner, dans un but de non-usage immédiat, de la monnaie, censée circuler! Cela revient à accepter que les pouvoirs publics construisent de routes interdites à la circulation! Cela n’a tout simplement pas de sens!
      12)C’est pourquoi la monnaie, objet créé pour circuler ET en même temps pour NE PAS CIRCULER conduit à l’impasse actuelle nécessairement! Un objet à ce point contradictoire en lui-même provoque et génère la logique capitaliste que nos subissons! Et l’instabilité économique qui va avec!
      Une remarque à propos de l’or: c’est vrai que cette façon de “se comporter” (objet circulant et non circulant à la fois!)est un héritage de la monnaie-or. Mais je ne dis pas que c’est la même chose, car la quantité de monnaie circulante n’est plus limitée par un stock de métal préexistant, mais l’émission monétaire par les BC tente d’obtenir des prix stables. Et cela génère souvent un peu d’inflation, car en cas de non-inflation, nous aurions déjà une déflation du fait de la notion de réserve de valeur toujours opérante, pas seulement en temps de crise!
      Et le BC peuvent émettre ou retirer de la monnaie, mais elles n’ont quasiment pas les moyens de la faire circuler efficacement contre la volonté de certains particuliers!

      10) D’accord la monnaie est un bien public au même titre que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons…
      11) Une monnaie qui a pour unique fonction de circuler interdit toute épargne et investissement. Impossible de construire et d’investir dans quoi que ce soit de tant soit peu durable. Aucune entreprise ne pourrait exister puisque l’argent aurait pour unique fonction de circuler. Aucune sécurité pour l’avenir, à la merci du moindre coup dur. Pas de pension, obligation de gagner sa vie jusqu’à la fin de ses jours… Merci bien!

      13)C’est bien pourquoi seule une monnaie anticrise (fondante) ou encore appelée “monnaie franche” (Freigeld) par Silvio Gesell peut véritablement et en toute circonstance remplir le service que l’on peut légitimement attendre d’elle.
      14)Et cette monnaie ayant ces excellentes qualités de circulation réaliserait en même temps le rêve fisherien du 100%money, car elle sera toujours disponible, un peu comme ce faux billet de la dame qui règle les dettes ouvertes.
      15)L’épargne sera puissamment favorisée et la thésaurisation rendue si coûteuse qu’elle se réduira comme peau de chagrin et n’entravera plus la circulation efficace, et elle organisera toujours l’écoulement complet des biens et services!

      Heu… épargne et thésaurisation, c’est du pareil au même pour moi.

      16)Accessoirement, sa mise en pratique démontrera d’une façon éclatante que la monnaie circulante, la monnaie qui soit “monnaie”, ne se confond absolument jamais avec le crédit!
      17)Cela invalidera rétroactivement tous les délires autour de la “création monétaire via le crédit bancaire” : elle n’a jamais et n’aura jamais existé et n’existera jamais , en un mot: l’empereur est nu!
      18)oui, tout à fait je suis parfaitement “obsédé” par ce problème, car avec sa résolution, le capitalisme tombera comme un château de cartes et laissera place à une économie de marché efficace où les richesses iront se déconcentrant et non plus l’inverse!

      OK pour la déconcentration des richesses. Mais vous allez vite en besogne à vouloir tuer le capitalisme. Il me semble que vous confondez capitalisme et ploutocratie voire cleptocratie. Sans capitalisme point d’économie de marché efficace. Comment faire pour financer l’immobilier, les investissements, les entreprises…? Les multinationales et grandes banques ont suffisemment prouvé leur nuisance, leur irresponsabilité et impunité, voire leur collusion avec le pouvoir (lobbies, chaises-musicales). Là est bien le problème. Ne pourrait-on pas empêcher les entreprises « Too Big To Fail » de se former, pour mettre effectivement l’empereur à nu? Par ex en instaurant une taxation progressive sur les profits et/ou le capital des entreprises elles-même. Ou par des lois anti-trust en en les forçant à se diviser.

    115. ybabel dit :
      14 mai 2009 à 16:36

      @Antoine :
      questions surement idiotes, mais ça m’aidera à mieux comprendre :
      ok, mais sans concentration des richesses, sans accumulation, thésaurisation, comment fait-on pour :
      * les retraites
      * les assurances
      * l’investissement en général et les gros projets qui demande beaucoup d’investissement d’un coup en particulier

      @Crapaud Rouge
      Qu’est-ce qui empêche dans ce cas n’importe qu’elle banque de créer autant d’argent qu’elle veut « ex-nihilo » et de racheter la planète entière ? (et si l’objection est qu’elle ne peut pas créer pour elle même, c’est facilement levé en disant qu’elle crée pour un quelconque ami de connivence )

    116. pitalugue dit :
      14 mai 2009 à 17:51

      et Shiva, pas de réaction ?
      les bras lui en tombent ?

    117. Crapaud Rouge dit :
      14 mai 2009 à 18:25

      @ybabel: « Qu’est-ce qui empêche dans ce cas n’importe qu’elle banque de créer autant d’argent qu’elle veut “ex-nihilo” et de racheter la planète entière ? » Ben, parce que le crédit a besoin d’emprunteurs qui doivent rembourser avec intérêts, ça limite le nombre de candidats.
      Cela dit, il n’y a pas création ex nihilo pour tout le monde, ou bien alors de façon temporaire, suivie d’une destruction. Aucune des théories en lice n’emporte ma conviction.

    118. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 18:57

      Question de charles @ johannes finckh
      Mais que feraient les gens de leur argent au noir! Et vous-même, qu’en feriez-vous, de cet argent que vous ne pouvez pas sortir sans payer des taxes? (je ne sais pas me servir des emotikons…) Vous croyez que votre monnaie fondante accélérerait l’économie mais vous ne tenez pas compte de l’importance et de la vigueur du noir dans l’économie. L’argent au noir circule de la main à la main mais ne peut pas s’investir dans de l’épargne ou de l’investissement. Vous voulez foutre l’économie de la Belgique et de l’Italie par terre?

      Réponse: L’argent au noir? où est le problème? soit, je le garde, s’agissant de billets traditionnels, et cela ne pose pas de problèmes particuliers dès lors que la BC n’émet plus que des billets fondants. Je peux toujours m’en servir pour acheter ce que je veux et quand je veux!
      En y réfléchissant beaucoup, je me suis aperçu que les sommes thésaurisées ne poseront plus de problème dès que l’on met en circulation la monnaie fondante, sans même rendre obligatoire les vieux billets, car ceux-ci peuvent rester où ils sont ou reviennent tranquillement vers la BC pour y être peu à peu remplacés par des billets fondants.
      Il convient de préciser que les anciens billets devront garder leur validité jusqu’à leur retour en banque!
      Le banquier sera alors chargé, en les enregistrant sur un DAV (si cela est demandé par le déposant) de lui appliquer la « fonte » à partir de ce moment-là. Le banquier, heureux de posséder ces beaux billets, ne le rendra certainement plus au public, cela ne l’intéresse pas, ils sont trop « beaux », alors, qu’en fait-il? Il les ramène nécessairement à la BC qui les enregistre comme avoir de monnaie centrale.
      Par contre, la banque centrale ne les reémettra évidemment plus! Car il est dt qu’elle ne sortira plus que des billets fondants!
      pour les billets « taxés »: où est le problème? La « taxe » intervient le 10 du mois par exemple, alors, je dépense avant, ou alors, je le mets en banque avant cette date sur un DAV ou un compte d’épargne! Libre à moi aussi de le garder en assumant la petite perte de 0,4% mensuels (en actualisant les billets d’une façon adéquate!)
      Quant à l’économie « au noir », il me semble que la monnaie fondante est a priori neutre quant à l’usage « légal » ou « noir » des transactions!
      Les moyens de « blanchir » existent déjà, et ils continueront de la même façon sans doute.
      Tout achat en liquide par exemple, étant anonyme pour l’acheteur, blanchit du fait que cet achat passe par la caisse enregistreuse!
      Je ne vois absolument pas un problème là pour l’usage de la monnaie fondante!
      Au contraire, il est fort à parier que l’économie « noire » perdrait peu à peu de son attrait quand les conditions économiques de tous s’améliorent du fait que le racket capitaliste cesse!
      jf

    119. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 19:11

      @ybabel:
      merci pour votre réaction: antoie vous répond d’une façon très pertinente!

      Et il a raison que la propriété foncière et la spéculation avec certaines matières premières pourraient devenir un problème qu’il conviendrait de traiter d’une façon adéquate (taxe foncière notamment).
      Ceci dit, se réfugier dans d’autre valeurs que la monnaie liquide est au contraire un objectif visé par cette réforme, car favoriser les biens durables ne peut qû’être bénéfique à tous!
      Et celui qui spécule avec le petrole ne pourra de toute façon « réaliser » ses gains qu’en remettant le petrole sur le marché en vendant, moyennant quoi, il devra utiliser ses gains fodants à nouveau!
      La circultion dela monnaie ne sera jamais interrompue!
      De plus, dès que la monnaie n’est plus valeur refuge, il n’y a plus rien qui puisse faire obstacle à une circulation libre (franche!) de la monnaie et, de ce fait, la conjoncture deviendra très stable!
      jf
      @ antoine: vous semblez connaître Gesell! Félicitations!

    120. vulgum pecus dit :
      14 mai 2009 à 19:45

      @ jf :

      L’inflation a le même effet que la monnaie fondante puisque celui qui garde son argent au lieu de l’échanger voit sa capacité d’achat diminuer au rythme du temps. Non ?

    121. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 21:01

      @fujisan: puisque vous avez la gentillesse de répondre point par point, voici ce que je peux vous répliquer, en vous remerciant sincèrement!

      point4): le prêt est-il réellement trop risqué pour les banques? Il faut croire que les dits « garanties » ne valent pas tant que que cela comme « garantie »!
      Il y a quelque chose d’incongru que les pouvoirs publics doivent ainsi se porter « garants »! C’est proprement inouï et impensable il y a encore peu de temps. le fait de se positionner ainsi sonne comme un « démenti de faillite », en on sait que les promesses engagent ainsi ceux qui les reçoivent…Car, comme vous dites: « e constate que les banques déposent malgré tout des réserves excédentaires auprès de la BC.
      Oui, tout investissment réel comporte plus de « risques » que le non-investissement, en tout cas, aussi longtemps que la monnaie n’est pas « fondante »!
      POINT5): Si les particuliers ne plaçaient pas « à terme » comme vous pensez, comment les banques le feraient-elles alors?
      (petite question: que veut dire AMHA?); les particuliers y consentent quand même en échange d’une promesse de bon rendement! Quan M1 augmente, les placements longs sont plus compliqués à faire.
      POINTS6 et7): « le « gel » des circuits a pour cause la perte de confiance ». Votre analyse rejoint la mienne, bien sûr, je ne vois pas pourquoi vous écrivez « pas d’accord! »
      POINT8) « on est loin de la spirale déflationniste »: pas si sûr! voyez le Japon!
      Pour les produits courants, les prix tiennent ici encore, c’est vrai, je crains que cela ne durera pas, mais cessons de spéculer lur cela! je mentione néanmoins les « bonnes affaires » dans les stocks de faillite et des saisies, ainsi que le hard discount – on verra bien!
      Vous écrivez: « cela dénote simplement un changement de comportement du consommateur et des entreprises. Ils ne s’engagent plus dans des projets futiles, coûteux ou à long terme. » Futile, coûteux, à long tereme – eh bien, ces trois adjectifs résument paraitement le problème! Ils ne s’engagen plus tout court!
      Quant à la manipulation de l’ICP, je ne suis pas compétent, mais admettons. En un sens, si l’inflation réelle est plus forte que les données « données », nous n’aurions peut-être pas tant de faillites que cela! Mais je n’insiste pas, car je n’ai pas la compétence, j’avoue!
      POINT9) « sommes-nous tous condamnés à être des cigales…? »
      Je e dis pas du tout cela! Quand je parle d’objet de « collection », je ne vise pas du tout l’épargne! Car l’épargne implique prêt, et la consommation est inchangé macroéconomiquement.
      Par contre, la « collection » d’argent EST la thésaurisation, c’est-à-dire la part de monnaie qui ne se réinvestit pas, comme nous avons vu plus haut quand les banques retournent lesliquidités à la BC. Et cette « non-consommation » implique autant de produits (biens et services et actifs financiers) réellement produits mais qui ne trouvent plus preneur!
      Comme je le dis ailleurs, j’encourage parfaitement l’épargne, mais je conteste la thésaurisation, deux choses très différentes!
      POINTS10-12)
      je récuse totalement votre objection du point 11)! Une monnaie uniquement circulante pousse, au contraire, de la libérer (c’est la monnaie « franche »!) en se plaçant notamment sur des comptes d’épargne (non fondants!), afin que ces sommes puissent servir aux investisseurs dans des conditions plus favorables: pratiquement sans intérêts, mais sans « fonte »! Epargner veut dire retrouver à terme (un an, 5 ans, 10 ans plus tard), la somme épargnée INTACTE.
      En régime de monnaie fondante, avec des prix rigoureusement stables, comme je le montre ailleurs, cela représente un excellent placement pour les fourmis!
      Rien n’interdit les retraites par répartition comme maintenant. les retraites par capitalisation, par contre, seraient plus problématiques. Mais elles le sont encore plus maintenant quant il y a « déflation » du prix des actions par exemple!
      POINTS13-15):
      « heu…épargne et thésaurisation, c’est du pareil au mêmepour moi. »
      Dommage que vous puissiez dire cela! Il faut sans doute recommencer la leçon!
      Je distingue ferment la thésaurisation de l’épargne!
      Avec l’épargne, nous avons réalisé le « principe de conservation des quantités » cher à Paul Jorion;
      avec la thésaurisation, par contre, nous avons une soustraction plus ou moins massive de monnaie circulante, et le rapport entre monnaie et biens/services change en faveur de la monnaie, devenu plus rare (en tout cas pour sa fraction circulante!).
      Par exemple, quand on joue au monopoly, on finit prsque toujours par faire « sauter » la banque, car les masses « liquides » sont accumulées chez le gagnant. Concrètement, ces sommes ne servent àplus rien, et le jeu s’rrête!
      POINTS16-18):
      « sans capitalisme, point d’économie de marché efficace… », dites vous!
      Je m’attendais à cette objection un peu, et cla me donne l’occasion de développer!
      Je dis qu’économie de marché est une chose et capitalisme en est une autre!
      Déjà, le langage l’indique, car ce sont deux mots et donc deux concepts!
      L’économie de marché (de concurrence disons « impure » et « imparfaite ») se développe en proposant au marché des biens et services en échange de monnaie effectivement circulante et demandante. Les bonnes affaires propspèrent, et les mauvaies périssent. Ainsi va le monde.
      Vient alors le « capitalisme »! Les conditions, ou plutôt les « contraintes » capitalistes font la monnaie ne peut être offerte que moyennant intérêts! L’intérêt monétaire net est la rente du capital qui impose à tous les échanges des contraintes capitalistes!
      Si une personne a un capital de 100 000 (une « fourmi »), cette personne peut plcer cette somme en banque et retirer, disons, modestement, 4% d’intérêts annuels par exemple.
      Cela implique que tout investissemnt doit au minimum dégager un « profit » de 4%, sinon, il ne se fait pas!
      S’agissant de mon affaire et qui rapporterait moins que 4%, je serais plus avisé de ne rien faire et de m’enrichir en dormant!
      Autrement dit, cette contrainte capitaliste s’exerce sur absolument tout ce qui se fait en régime capitaliste!
      Pour « caper » cet intérêt monétaire net, il s’git, au fond, que soit obtenu que le rendement monétaire cesse d’être!
      C’est alors, seulement, avec une monnaie anticrise (fondante et franche) que les entrepreneurs peuvent subsister dans des conditions « égales » vis à vis des capitalistes en monnaie!
      Le marché ne sera en rien entravé, bien au contraire.
      Contrairement au régime capitaliste qui finira par toujours confisquer les richesses produites par d’autres. Et ce fait cause bien que les richesses s’accumulent d’un côté d’une façon de plus en plus obscène auprès d’une petite minorité, et, en face, l’immense majorité de plus en plus insolvable! Et cette situation, après avoir prospéré grâce au marché concurrentiel, génère ensuite les oligopoles et les monopoles que nous connaissons et qui confisquent de plus en plus le « marché ».
      En clair: marché et capital sont deux movements allant, au début, dans la même direction, pour finir par s’opposer, toujours au déttriment du marché!
      J’espère vous avoir éclairé? et encore merci pour la patience de me lire!
      Je suis toujours très peiné de constater que les français confondent toujours autant « libéralisme » et « capitalisme »!
      jf

    122. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 21:05

      @ybabel (question @antoine):
      la déconcentration des richesse n’empêche en rien les retraites par répartition, bien aucontraire, elles serot infiniement plus sûres!
      @(question @ crapaud rouge):
      Eh bien, ce qui empêche les banques de faire cela, c’est qu’elle ne peuvent pas créer ne serait-ce un centime!
      jf

    123. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 21:09

      @vulgum pecus:
      excellente remarque, mais cela ne fonctionne pas aussi bien que la monnaie fondante, car le
      s capitaux frappés de la dépréciation inflationniste exigent d’autant plus d’intérêts, moyennant quoi, la rente du capital n’est en rien entamée.
      De plus, la surstimulation inflationniste génère une surchauffe conjoncturelle qui finira par éboucher sur une crise!
      Deux écueils parfaitement neutralisés par la monnaie fondante, monnaie en fait reamrquablement stable et toujours circulante!jf

    124. vulgum pecus dit :
      14 mai 2009 à 21:44

      @ JeanNimes :

      « 1/ La richesse créée (le PIB…) est de 6 x 100, pour un seul billet de 100 : on sent déjà là un problème. »

      Le calcul du PIB est correct , mais il n’y a pas de problème ; si la masse monétaire est de 100 elle aura circulé 6 fois.

      « 2/ L’endettement du village est-il de 6 x 100 aussi ? Auquel cas sa richesse est nulle comme le fait remarquer marquis29 !
      Peut-être qu’il faudrait calculer un endettement moyen 600 / 6 = 100, dont le billet de 100 circulant va effacer les diverses dettes. C’est sûr qu’on ne peut manipuler cela sans précautions de “dimensions” (scalaires / vectorielles). »

      La richesse du village n’est pas nulle puisque des biens existent.
      Chaque intervenant devait 100 euros d’un coté et attendait 100 euros de l’autre côté . La situation était donc gérable. On dira que d’un point de vue comptable les bilans étaient équilibrés.
      Je pense que l’on peut dire que le total des dettes du village est de 600 . Mais il faut préciser que le total des reconnaissances de dette est aussi de 600. C’est le rôle du bilan comptable.

      « 3/ La monnaie circulante de 100 permet 600 de richesse, l’argent c’est quoi ici ? 600 (somme des valeurs des dettes ou de la richesse) ou zéro (différence dettes-richesse) ? »

      La monnaie n’est que l’huile qui permet d’échanger des heures de travail.
      Suivant les époques , les circonstances , il en faut plus ou moins…

      Par exemple on peut penser que le village ayant une masse monétaire trés faible , les habitants attendaient d’être payés avant de rembourser leur dette , par crainte de l’avenir .
      Il aura fallu à la fois l’ augmentation de la masse monétaire et le fait que cela se sache pour que l’argent se mette à circuler.
      Mais si l’aubergiste et tous ses collègues dans un excès d’optimisme avait craqué leur dernier billet de 100 la dame de Condé n’aurait pas été utile.

      Il ne faut pas confondre richesse et monnaie.

      « 5/ On pourrait imaginer que le village, au lieu de se réunir en chambre de compensation, après consommation de la production, se réunisse avant la production pour organiser la chaîne de création des richesses : un business angel donnant 100 et le village accroît sa richesse de 600, qui rembourse alors les 100 au business angel ? »

      C’est effectivement le rôle de la banque .

      « 6/ Pour que l’exemple soit véritablement paradigmatique d’une société capitaliste (je connais mal celles qui fonctionnent par le troc ou les échanges marchands directs…), il faudrait introduire l’avance de capital à l’entrepreneur et son utilisation et la vente après la production et l’extraction de la survaleur…
      Nous verrions alors certainement une monnaie qui devient marchandise à son tour et une industrie financière (sans guillemets) qui produit de l’argent sans production de richesse réelle.
      Toutes choses très jolies qui nous tuent aujourd’hui. »

      Peut’être avez vous raison …A réfléchir …
      J’ai tendance à penser que c’est par accident que la monnaie devient réserve de valeur.

    125. Charles dit :
      14 mai 2009 à 22:01

      @johannes finckh
      L’argent qui rentre dans l’économie au noir vise à se soustraire à la solidarité nationale (sans aller plus loin).
      Il va circuler au noir, ressortir sous forme de petits achats en liquide, séjourner sous un matelas, dans une lessiveuse et éventuellement ressortir blanchi un jour. Si cette monnaie fondante apparaît, il faudra légaliser le blanchiment d’argent, ou tolérer un certain blanchiment d’argent comme se fut le cas par exemple lors du passage à l’euro.
      Qui n’a jamais travaillé au noir ou n’a jamais payé personne au noir!
      Si pour repeindre les 544 volets de votre somptueuse villa vous me payez 20 000€ en monnaie fondante que je doive dépenser en pâtes et en patates dans les 6 mois, il y a fort à parier que je change immédiatement l’excédent en lei roumain avec lequel je pourrai payer un ouvrier au noir pour me construire pendant 2 ans mon home sweet home.
      Plus probablement je vous demanderai 60 000€ déclarés et vous trouverez peut-être que vos volets peuvent encore tenir quelques années.
      Où est l’accélération de la circulation de la monnaie?
      Par ailleurs je suis toujours très heureux de constater que tout le monde ne confond pas libéralisme et capitalisme!

    126. johannes finckh dit :
      14 mai 2009 à 23:22

      merci beaucoup, charles:
      Qui vous interdirait de placer les 20 000 euros « noirs » en banque sur un compte d’épargne? Evidemment, au « noir », certaines précautons s’imposent!
      Ceci dit, pourquoi se focaliser sur le travail au « noir »?
      Il s’agit quand même d’une exploitation au sens que les cotisations sociales et les impôts, normalement dus, ne sont pas payés, alors que tout le monde veut bien bénéficier de ce que payent ces charges!
      Encore une fois, bien sûr, les roumains coûtent moins cher, et alors? Ils sont aussi moins productifs, il me semble, en tout cas, la Roumanie et beaucoup plus pauvre que la France par exemple!
      Et notre richesse est bien notre productivité, non?
      Et pourquoi pas « blanchir » par ailleurs de temps en temps!
      Je maintiens qu’en régime de monnaie fondante le goût pour le travail au noir ne disparaîtra pas d’un coup, mais peu à peu, car nous assisterons à une élevation générale des revenus du travail au détriment de la rente du capitale qui, elle, n’est autre chose qu’un prélèvement sur le travail … des autres (au noir ou pas!)
      jf

    127. Charles dit :
      15 mai 2009 à 00:34

      @johannes finckh
      Si on peut blanchir de temps en temps, tout va bien. Je suggère pour ma part tous les 2 jours!
      Il n’est demandé à personne de payer la tva ou les impôts qu’il devrait payer selon les règles, et personne ne le fait, sauf les gens qui ne peuvent pas faire autrement: les fonctionnaires. Et encore… Aucun prof ne va déclarer les cours particuliers qu’il donne, aucun facteur ne va déclarer l’argent qu’il touche pour entretenir les jardins. Il suffit de présenter une comptabilité… présentable et on a un rattrapage fiscal tous les 7/8 ans si on a une société, un peu plus rarement si on est indépendant, une fois dans sa vie si on est un salarié. En gros il suffit de ne pas prendre l’administration pour des débiles profonds et on s’en tire bien. On tire son plan comme on dit en Belgique.
      Mon arrière-grand-père déchirait un timbre quand il faisait porter une lettre par un coursier, pour ne pas léser l’état.
      Le noir dans l’économie est tout bonnement une réalité, ni bonne ni mauvaise à mes yeux. Ce n’est pas une réalité marginale et ce n’est pas un fléau ou un bienfait. C’est une réalité intégrée à l’économie et à ce titre il faut l’intégrer à votre réflexion.
      Le problème de l’économie au noir pour moi ce n’est pas qu’elle se développe ou qu’elle disparaisse, c’est qu’on fasse comme si elle n’existait pas. Elle est tolérée et ignorée. Si je suis choqué que des gens riches, et on peut même dire les gens riches rechignent à payer 50% d’impôts c’est parce qu’ils peuvent très bien avoir des sommes équivalentes qu’ils ne déclarent pas et que l’on ne leur demande pas de déclarer.
      (Des entreprises anglaises sont venues « investir » en Roumanie pour créer des centres commerciaux. Des milliers de gens ont trouvé du travail dans la construction et on contracté des prêts pour construire leurs maisons. Aujourd’hui les anglais sont repartis, Les gens sont sans emploi et ne peuvent pas rembourser leurs prêts. Les banques roumaines ne peuvent pas se nantir sur les maisons dont le prix s’est effondré. Tout le monde est endetté et le lei s’effondre. Voilà pour la Roumanie.)
      C’est une réponse par la bande, merci d’avoir pris la peine de me lire.

    128. Ybabel dit :
      15 mai 2009 à 13:15

      Autre question sur la monnaie fondante :
      peut-on passer a la monnaie fondante dans un contexte international sans que ce soit un mouvement « universel » ?
      c’est a dire, si seulement l’euro devenait fondant ? ca serait possible sans que tout le monde ne se réfugie vers … disons, le Yuan ? (il est admis que le dollar est en sursis ! lol)
      c’est peut-être ça l’inconvénient principal, non ?

      c’est comme les paradis fiscaux, a moins qu’on ne les élimines tous d’un coup, s’il en reste un, tout le monde se réfugie dedans, et ca ne change rien à la donne, sauf a perdre une « avantage concurrentiel » …

    129. fujisan dit :
      16 mai 2009 à 15:15

      @johannes finckh

      Merci pour la réponse. J’avoue ne pas avoir parcouru tout le blog et les très nombreuses discussions, alors certaines précisions m’ont sans doute échappé.

      point 4): J’avais compris le risque de retrait massif des dépôts (bank run), vous paliez du risque de prêt. Clair maintenant.

      point 5): Ce décalage d’échéance entre dépots (CT) et prêts (LT) est en effet un des problèmes, comme l’a soulevé Maurice Allais pour qui « Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme ».

      (petite question: que veut dire AMHA?)
      A Mon Humble Avis (IMHO en anglais)

      points 6 et 7): J’avais perdu le fil votre raisonnement allant de « perte de confiance » à « liquidité ». On est d’accord. Pour moi, la cause est la perte de confiance, la liquidité des dépôts en est le symtome. J’avais compris le contraire.

      point 9): Je comprends maintenant que quand vous parlez d’épargne vous ne retenez QUE l’épargne investie et non l’épargne liquide.

      En 11) vous dites:
      je récuse totalement votre objection du point 11)! Une monnaie uniquement circulante pousse, au contraire, de la libérer (c’est la monnaie “franche”!) en se plaçant notamment sur des comptes d’épargne (non fondants!), afin que ces sommes puissent servir aux investisseurs dans des conditions plus favorables: pratiquement sans intérêts, mais sans “fonte”! Epargner veut dire retrouver à terme (un an, 5 ans, 10 ans plus tard), la somme épargnée INTACTE.

      Et en 5) vous dites: « Oui, tout investissment réel comporte plus de “risques” que le non-investissement, en tout cas, aussi longtemps que la monnaie n’est pas “fondante”! »

      Pour que l’épargne investie garde son pouvoir d’achat, on est obligé de prêter/réinvestir et donc de prendre des risques. Une entreprise peut tomber en faillite, un particulier peut perdre son emploi… Qui va supporter ces risques bien réels? Pas l’épargant, j’imagine. Si c’est la banque, sa solidité est ébranlée, elle risque de faire faillite et donc le risque retombe sur les épargants, en partie du moins. Si c’est l’état, ça donne toute impunité aux banques pour prendre tous les risques, puisque ça rapporte plus.
      Il n’y a donc pas de garantie de retrouver à terme la somme épargnée intacte.

      Ne vous méprenez pas, je soutiens cette idée de monnaie fondante qui a d’énormes avantages: répartition démocratique des richesses, réelle stabilité des prix et des salaires, moindre risque de spirale déflationiste… Et puis, comme le dit Patrick Viveret, la « fonte » modifie profondément notre rapport à la monnaie qui n’est plus vue comme une assurance contre l’angoisse de la mort.
      Voir cette vidéo. Tout cette conférence est passionnante, mais si vous êtes pressé, son analyse de la monnaie commence vers 44:00.

      points 16-18) vous dites:
      Si une personne a un capital de 100 000 (une “fourmi”), cette personne peut placer cette somme en banque et retirer, disons, modestement, 4% d’intérêts annuels par exemple.
      Cela implique que tout investissemnt doit au minimum dégager un “profit” de 4%, sinon, il ne se fait pas!

      Traduisons en monnaie fondante:
      Si une personne a un capital de 100 000 (une “fourmi”), cette personne peut placer cette somme en banque et retirer, disons, modestement, 0% d’intérêts annuels par exemple.
      Cela implique que tout investissemnt doit au minimum dégager un “profit” de 0%, sinon, il ne se fait pas!

      Les modestes 4% ne sont que la compensation de l’inflation des prix. Il faut les déflater. Dans notre système inflationiste actuel, l’argent thésaurisé perd de son pouvoir d’achat, il dévalue. Avec 4% d’inflation, ce qui coûte 96€ le 1er janvier va coûter 100€ le 31 décembre (en arrondissant). Avec la monnaie fondante à 4% par an, le prix reste le même, mais valeur nominale fond : 100€ le 1er janvier deviennent 96€ le 31 décembre. Le résultat est la même perte de pouvoir d’achat de 4€. Dans les deux cas, on est obligé de placer/investir pour garder le même pouvoir d’achat. Comme tout investissement comporte des risques, on est donc obligé de prendre des risques pour avoir un petite chance de garder son pouvoir d’achat. Et ce tout aussi bien dans notre système actuel que pour une monnaie fondante.

      En 11) vous dites:
      afin que ces sommes puissent servir aux investisseurs dans des conditions plus favorables: pratiquement sans intérêts

      C’est tout relatif, il faut considérer la différence (spread) entre intérêts perçus sur un prêt et entre intérêts dus sur un dépôt ou une épargne, c’est ça qui fait la marge de la banque. Quand cette différence est abusive, il y a usure, que ce soit en monnaie fondante ou non n’y change rien.

      points 16-18) vous dites:
      Les conditions, ou plutôt les “contraintes” capitalistes font la monnaie ne peut être offerte que moyennant intérêts!

      Heu… ?
      Avec des associés, j’ai fondé ma toute petite entreprise dont le capital provient en totalité de notre épargne personelle. Nous nous sommes développés par auto-financement. Aucun emprunt ici, aucun intérêts à payer. Ne serais-je pas capitaliste?

      Plus loin vous dites:
      C’est alors, seulement, avec une monnaie anticrise (fondante et franche) que les entrepreneurs peuvent subsister dans des conditions “égales” vis à vis des capitalistes en monnaie!
      Le marché ne sera en rien entravé, bien au contraire.
      Contrairement au régime capitaliste qui finira par toujours confisquer les richesses produites par d’autres. Et ce fait cause bien que les richesses s’accumulent d’un côté d’une façon de plus en plus obscène auprès d’une petite minorité, et, en face, l’immense majorité de plus en plus insolvable! Et cette situation, après avoir prospéré grâce au marché concurrentiel, génère ensuite les oligopoles et les monopoles que nous connaissons et qui confisquent de plus en plus le “marché”.
      En clair: marché et capital sont deux movements allant, au début, dans la même direction, pour finir par s’opposer, toujours au déttriment du marché!
      J’espère vous avoir éclairé? et encore merci pour la patience de me lire!
      Je suis toujours très peiné de constater que les français confondent toujours autant “libéralisme” et “capitalisme”!

      Désolé, mais comme vous ne donnez aucune définition de ce que vous entendez par libre marché en opposition au capitalisme, je n’ai tjs pas compris en quoi précisément vous opposez les 2. Qu’ententez vous exactement par capitalisme? Le capitalisme purement financier, l’économie vituelle, spéculative… à l’exclusion des multinationales ? Une PME ne serait pas capitaliste selon vous ? Si c’est ça alors, vous avez une définition tout personnelle du capitalisme!

      Et puis, vous n’expliquez pas quels mécanismes précis permettraient d’empêcher des oligopoles et monopoles de se former. Je ne vois pas en quoi une monnaie fondante permettrait par elle seule une concurence loyale par ex entre des petits argiculteurs et Monsanto? En quoi une monnaie fondante empêcherait une multinationale de grandir démesurément pour finalement imposer sa loi?

    130. ohannes finckh dit :
      16 mai 2009 à 21:57

      @ybabel:
      émettre la monnaie anticrise (fondante) dans un seul pays, tout comme localement ou régionalement, n’est ps un problème particulier pour la région qui l’intyroduit!
      Au contraire, cette région se trouvera rapidement en meilleure position que les voisins du fait fe la bonne tenue conjoncturelle!
      Accessoirement, la monnaie anticrise aurait plutôt tendance à se diffuser autour, car, à supposer de l’importation, la monnaie fondante quitterait sa zone d’origine. le vendeur de la zone concenée tentera, évidemment, à se débarasser prioritairement de cette monnaie, soit en achetnt dans la zone émettrice de mf, soit en trouvant un autre plus près de lui qui accepterait cette « mauvaise » monnaie destinée à chasser la (trop) « bonne »
      jf

    131. johannes finckh dit :
      16 mai 2009 à 22:13

      @fujisan:
      Merci beaucoup d’accepter ainsi le débat!
      point11): il me semble que le risque d’un défaut de remboursement n’est pas spécifique au régime de mf (monnaie franche); déjà actuellement, il y a des assurances et réassurances pour cela qui ne sont pas à remettre en question, me semble-t-il.
      l’être humain n’aura pas changé avec la mf, les mauvais payeur non plus. Toutefois, le risque sera probablement moindre (non nul, éidemment!), car les intérêts de la monnaie n’écraseront plus le débiteur!

      Dommage que mon « envolée » vouant distinguer »capitalisme » et « libéralisme » ne soit pas mieux passée. Je « me » comprends sans doute trop bien et trop vite…
      Je recommence donc!

      1)le capitalisme est le régime de la rente du capital. Le capital originel est la monnaie comme je l’ai exposé, et elle génère, du fait d’être à la fois objet échangé et RESERVE DE VALEUR ULTIME, ce que Silvio Gesell appellait l’intérêt originel ou fondamental (Urzin en allemand). Chez Keynes, cela s’appelle l’intérêt monétaire net!
      Ce régime capitaliste est une contrainte qui s’exerce constamment, sans relâche avec la monnaie traditionnelle et finit par écraser les peuples en le ruinant au bénéfice d’une oligarchie financière/

      2)Le libéralisme est le libre jeu de la concurrence qui fonctionne bien, tant que le capitalisme n’aura pas encore fait sentir ses effets destructeurs.

      En résumé donc: libéralisme et capitalisme collaborent bien pendant un premier temps (par exemple les dite « trente glorieuses!), mais l capitalisme domine ensuite t écrase de plus en plus ce qui subsiste de la libre etreprise!
      Fatigué, je vous en dirai davantage prochainement, bien à vous, jf

    132. Crapaud Rouge dit :
      19 mai 2009 à 09:01

      Pour en avoir le cœur net, j’ai posé la question de la création ex nihilo à quelqu’un de très haut placé dans une grande banque française, (entré comme guichetier, eh oui…) : la réponse est catégoriquement NON.

    133. Anne.J dit :
      26 juin 2009 à 07:31

      Même Attali est capable de comprendre en redécouvrant cette histoire d’utilisation circulaire de la monnaie
      http://www.slate.fr/story/6973/le%C3%A7-d%C3%A9conomie

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    40 – Nous avions raison!

    J’avais raison de sous titrer ce blog  » Paul Jorion censure  » , il le fait et le reconnais maintenant !

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=5476   »

    Le blog : l’âge adulte

    Enfin, heureusement qu’il y a les articles de François Leclerc, toukours beaucoup plus intéressants que ceux de Jorion.

    Postjorion

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    39 – Deux articles

    Je voulais vous signaler deux excellents « papiers » sur 2 sites proches de notre « philosophie »

    Le premier,  » L’arnaque de la dette publique » est une réactualisation et une nouvelle présentation d’un article déjà ancien d’A-J Holbecq

    Le second sur  » Economie Sociétale  » est un article de Jacques Sapir  » Benoît Hamon est-il idiot?  » .

    Bonne lecture!

    Postjorion

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    38 – Les limites de la croissance

    Parce que le sujet m’intéresse et que je vois apparaitre deux points de vue, je reprends ici les échanges des commentaires du billet 37.

    Je pense qu’avant tout il est important de lire les 2 liens données par « ar.blanc » (les résumés des « rapports Meadows »)

    ar.blanc dit :
    1 septembre 2009 à 18:47 |

    Bonjour Jean Bayard

    Vous écrivez “Vous avez mis le doigt sur le plus puissant frein de l’activité économique, que la panne actuelle du crédit précipite vers la récession, dont on n’est pas près de sortir.

    Je ne pense pas que le problème du crédit soit le vrai problème… les banques offrent du crédit actuellement, mais tous les intervenants hésitent à s’endetter. Bref, pour moi, on ne manque pas d’argent (non, terme mal venu sur ce blog ;) .. disons “monnaie”)

    j’ai écrit justement aujourd’hui sur le blog de Jorion (cette fois mes messages, après “modération” plus ou moins longue ont été acceptés) ” Le problème vient plutôt des « limites de la croissance » comme l’a bien montré Meadows (lire : http://www.societal.org/docs/cdr1.pdf et http://www.societal.org/docs/cdr2.pdf ) et on verra toute tentative de relancer la croissance immédiatement suivie (ou précédée) d’une augmentation conséquente du prix des matières premières, de l’énergie et de l’alimentaire, faisant immédiatement retomber cette velléité de croissance.”

    • Jean Bayard dit :
      5 septembre 2009 à 13:57 |

      Bonjour ar.blanc,
      On se tutoie.
      Si ! De mon point de vue, le vrai problème est le crédit, parce qu’il n’y a pas de croissance sans crédit : rappel de la loi macroéconomique définissant l’allure de marche de toute activité nationale: l’épargne fait effet de frein, tandis que le crédit en est l’accélérateur.
      Je doute que les banques offrent du crédit, car elles craignent de ne pas être remboursées. Mais, les agents économiques hésitent à emprunter, les entreprises parce qu’elles n’investissent qu’à la condition que les affaires marchent (ce qui n’est pas le cas actuellement) et les ménages s’endetteraient plus facilement s’ils le pouvaient.
      C’est peut-être une réponse de Normand, mais c’est ma vision actuelle de l’économie.
      L’inondation de monnaie centrale n’a pas les effets supposés, car elle ne sort pas de l’Institut d’émission où elle est enfermée. Elle ne peut s’échanger qu’entre titulaires de comptes ouverts chez lui.
      C’est tout le problème.
      Amicalement à toi
      jean

      • postjorion dit :
      • 5 septembre 2009 à 17:11 |

        Jean

        je m’immisce dans cet échange. Je serais relativement de l’avis d’ar.blanc: Bien sur il n’y a pas de croissance sans crédit, mais ce qu’il(elle?) veut dire, c’est qu’il n’y a plus de possibilités de croissance, avec ou sans crédit, car les “limites (physiques) de la croissance” comme le fait remarquer Meadows, sont largement atteintes et comme le montre les résumés de ces deux livres cités, sauf “miracle” nous sommes devant de vraies impasses.

        • Jean Bayard dit :
          6 septembre 2009 à 09:48
        • Salut postjorion,
          Je ne suis absolument pas d’accord avec toi, pour 2 raisons :
          – la première est vitale : comment accepter que des gens continuent à souffrir de la misère et du chômage ? ils ont les mêmes droits que ceux comme toi et moi mieux nantis,
          – la seconde est que l’esprit humain disposent de ressources incommensurables pour maîtriser la matière.
          Les projections faites par nos têtes pensantes ne prennent pas en compte les ressources futures, ils ne les connaissent pas !
          Amitiés
          jean
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    37 – Allais: la masse monétaire

    Après le « 35 – Qu’est-ce que la monnaie ? (C.Gomez) »  je reprends ici un extrait (il  y en aura d’autres je pense) de cette communication tellement importante  de Christian Gomez sur le sujet qui nous intéresse particulièrement pour le moment .

    Vous pouvez télécharger cette communication en totalité sur le site “oeconomia.net”.

    La définition de la monnaie chez Allais : une importance capitale mais un objet difficile à cerner sur le plan empirique car de nature essentiellement psychologique

    Les réflexions de Maurice Allais sur la monnaie, bien que toujours présentes dans son oeuvre, ont reçu une impulsion nouvelle avec les premières applications de la théorie HR et de l’EFDM à la période d’après-guerre aux Etats-Unis. En effet, il apparaissait clairement que les innovations financières (cf, supra, p3) de cette période avaient eu une influence considérable et « exogène » sur le comportement d’encaisses et que M1 en tant que telle ne pouvait plus être considérée comme un indicateur fiable dans les études empiriques. La dérive fortement haussière de la vitesse de circulation calculée à partir de M1 illustrait parfaitement cette constatation (cf, supra, p7). Dès lors, en montrant le caractère psychologique de ce concept appelé « monnaie », l’économiste français faisait oeuvre de pionnier en allant finalement beaucoup plus loin que ses collègues/concurrents anglo-saxons et en développant une ligne de pensée qui se révèle d’une grande puissance théorique tant pour approfondir la demande et l’offre de monnaie que pour comprendre des phénomènes concrets, comme la Crise d’aujourd’hui par exemple..

    1. La définition psychologique de la monnaie chez Allais

    Par rapport aux courants dominants outre-atlantique, Allais va bénéficier d’un avantage certain : le fait précisément de développer une approche totalement originale, qui ne se préoccupe pas des idées préconçues de type keynésien ou Friedmanien. Pour lui, l’encaisse d’un agent économique n’entre pas en concurrence ou ne s’arbitre pas seulement contre d’autres actifs financiers dans le cadre d’arbitrages spéculatifs contre des actifs risqués (Keynes) ou d’une allocation patrimoniale entre actifs financiers (Friedman). Compte tenu d’une perception donnée de la conjoncture, les agents économiques choisissent de maintenir en moyenne un certain niveau d’encaisse en relation avec les dépenses (décaissements) prévues dans leurs plans de trésorerie élaborés sur leur horizon décisionnel (l’intervalle de temps entre la réception de deux revenus pour un salarié par exemple). En agissant ainsi, ils cherchent à satisfaire les échéanciers prévus mais aussi de faire face à tous les aléas qui pourraient se produire en matière de dépenses ou de recettes et les mettre ainsi en risque de liquidité, c’est-à-dire dans une situation où il serait impossible de faire face à leurs engagements. Il faut donc comprendre de manière aussi approfondie que possible comment ils vont prendre en considération l’ensemble des éléments caractérisant leur situation financière pour déterminer ce niveau d’encaisses qu’ils jugeront adapté aux circonstances.

    Dans les approches dominantes de la littérature d’aujourd’hui, les individus ont une structure de préférence psychologique entre la liquidité et le rendement et ils vont ajuster leurs choix selon le rendement relatif de chaque actif. Pour Allais, la construction d’un agrégat le plus représentatif possible du concept de « monnaie » et donc le choix des actifs entrant dans sa composition doivent s’appuyer sur un critère précis qui ne peut être que de nature psychologique : «A mon avis, du point de vue économique, la quantité de monnaie dont dispose un opérateur est la part de son actif qu’il considère (à tort ou à raison) comme susceptible de lui permettre d’effectuer ses paiements sans délai et sans restriction. Si on adopte cette définition, la masse monétaire qu’il y a lieu de considérer pour l’analyse des phénomènes monétaires est la somme des actifs qui sont considérés comme susceptibles d’être utilisés pour effectuer des paiements sans délai et sans restriction» (Allais, 1975, p120)

    Cette définition conduit à sélectionner les différents actifs dont dispose un individu par rapport à leur « substituabilité » aux dépôts à vue (et, accessoirement aujourd’hui, à la monnaie fiduciaire), l’actif liquide et disponible par excellence. Si un agent considère qu’un actif donné peut être placé/investi car non nécessaire pour équilibrer les flux de trésorerie prévus à l’instant de la prise de décision, mais peut être mobilisable en cas de besoin sans coût « exorbitant » et sans risque trop « important », soit en tirant des chèques sur lui, soit en le faisant facilement virer sur le compte à vue , soit en obtenant en contrepartie des « facilités de caisse » (prêts contre collatéral mis en garantie), il va réduire d’autant ses dépôts à vue. Il vient donc que pour chaque type d’actifs, il est possible de définir un «coefficient de substituabilité» à l’encaisse, noté s * dans les articles d’Allais, qui donne la proportion de l’actif que chaque individu considère comme « mobilisable » rapidement. Bien entendu, ce coefficient égal à 1 pour la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue, sera d’autant plus proche de l’unité que l’actif sera mobilisable dans des délais réduits et avec des coûts de transaction modérés. Pour les actifs les plus illiquides, il se rapprochera bien sûr de 0 : «En tout état de cause, le coefficient de substituabilité s * pour chaque actif i dépend des intentions et des jugements des opérateurs. C’est donc essentiellement un coefficient de nature psychologique qui ne peut être déterminés que par l’étude du comportement des détenteurs [de ces actifs]» (Allais, 1975, p. 121)

    Par rapport aux autres études de la littérature passées en revue plus haut, nous voyons que la définition d’Allais va beaucoup plus loin. Certes, elle inclut les actifs financiers habituels, des dépôts à vue (coefficient 1 par définition) jusqu’aux dépôts à terme et d’épargne (coefficients nécessairement inférieurs à 1 car non totalement substituables aux dépôts à vue), mais elle implique de prendre en compte aussi tous les autres catégories d’actifs financiers ou réels : « Si des bons du Trésor sont déposés dans une banque, celle-ci acceptera généralement sur un simple coup de téléphone du détenteur de lui ouvrir un compte courant créditeur pour un montant relativement proche. De même, un riche propriétaire foncier pourra généralement, le cas échéant, faire appel à la même possibilité. Cela signifie que ses biens immobiliers peuvent être affectés d’un coefficient de substituabilité non nul» (Allais, 1975, p. 125).

    On trouve dans la littérature postérieure à Allais quelques tentatives en ce sens mais, à notre connaissance, elles n’ont pas été poursuivies.

    [Ici l’équation d’Allais du concept de Masse monétaire que nous ne sommes pas obligé de connaitre pour poursuivre notre réflexion]

    Comme conclut Allais (1975, p. 126-127) : « On voit ainsi que dans la structure institutionnelle du crédit, la Masse Monétaire M doit être considérée comme incluant à la fois la masse monétaire au sens étroit, une fraction des dépôts à terme, et une fraction des autres actifs. Elle apparaît comme une moyenne pondérée des différents actifs… De ce point de vue, la Masse Monétaire M apparaît comme un concept pour une grande part psychologique et parait échapper ainsi à toute détermination objective ».

    Ainsi, bien que les approches de Chetty et d’Allais paraissent à première vue se fonder sur des intentions proches et des visées comparables, la puissance de déduction du Prix Nobel français ouvrent des perspectives incomparablement plus riches et puissantes car elle s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle théorie complètement originale des phénomènes monétaires.

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    36 – Le Glass-Steagall Act

    Le Glass-Steagall Act (introduit aux USA en 1933) distinguait deux métiers bancaires :

    a)     la banque de dépôt (commercial banking, en anglais), activités de prêts et de dépôts,

    b)     la banque d’investissement (investment banking, en anglais), opérations sur titres et valeurs mobilières,

    et les déclarait incompatibles. Les banques existantes durent choisir d’abandonner l’un des deux métiers.

    En plus, il créa le système fédéral d’assurance des dépôts bancaires et introduisit le plafonnement des taux d’intérêt sur les dépôts bancaires

    Contourné par l’ensemble de la profession bancaire, il fut  abrogé le 12 novembre 1999 par le Gramm-Leach-Bliley Act.

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    35 – Qu’est-ce que la monnaie ? (C.Gomez)

    Je viens de découvrir un document passionnant « Qu’est-ce que la monnaie ? Les courants contemporains et Maurice Allais« , communication de Christian Gomez dans le cadre d’un colloque sur le thème des “Contributions de Maurice Allais à la Science économique”, qui s’est tenu à la Maison des Sciences Economiques, le 24 juin 2009.

    Vous pouvez télécharger cette communication en totalité sur le site « oeconomia.net ».

    J’en extrait deux passages

    celui-çi

    L’augmentation des moyens de paiement dans l’économie : les deux formes historiques et la confusion monnaie-crédit

    Du point de vue de la création monétaire et de la génération de pouvoir d’achat ex nihilo dans l’économie, la présentation d’Allais s’articule autour de deux axes.

    D’abord, une réflexion sur les formes qu’a prise la création monétaire dans l’histoire afin de cerner l’essence même de ce processus. C’est ainsi qu’il montre que l’augmentation des moyens de paiement a pris deux formes depuis l’origine des banques, qui n’ont pu se développer que grâce à une caractéristique essentielle des systèmes bancaires : statistiquement, il y a compensation entre les entrées et les sorties d’espèces (ou de monnaie banque centrale) et une partie seulement de la monnaie en circulation donne lieu à des paiements interbancaires dans une monnaie que les banques commerciales « classiques » ne peuvent pas créer (les espèces métalliques à une certaine époque, la monnaie « banque centrale » dans les systèmes monétaires modernes):

    – Première forme : le prêt de sommes que la banque ne possède pas car résultant de dépôts d’espèces (pour des raisons de sécurité et de commodité) considérés par leurs détenteurs comme immédiatement disponibles.
    C’est ainsi que les premières banques, comme la Banque d’Amsterdam par exemple, ont effectué leurs opérations de prêts à l’insu de leurs clients et donc dans le plus grand secret, de crainte que tout ébruitement de cette « malversation » ne conduise à des retraits intempestifs auxquels la banque ne pourrait faire face en raison de l’immobilisation de son actif. Dans ce cas, l’augmentation des moyens de paiement résulte du fait qu’il y a duplication car, au même moment, deux agents économiques considèrent les mêmes sommes comme immédiatement disponibles et établissent leurs projets de dépenses en conséquence.

    – Deuxième forme : La création de monnaie ex nihilo par simple jeu d’écritures, la banque prêteuse se reconnaissant débitrice vis-à-vis de l’agent emprunteur des sommes prêtées contre la promesse de rembourser à terme de la part de ce dernier.

    Comme l’emprunteur a besoin de ces sommes pour dépenser et que celles-ci vont se retrouver à l’actif d’autres agents économiques, l’augmentation de la dépense globale est évidente et immédiate ceteris paribus.

    Ces deux formes fournissent une grille de lecture incomparable du processus de génération du pouvoir d’achat par le crédit bancaire, quelles que soient les époques, y compris celle d’aujourd’hui.

    La deuxième idée directrice est que l’évolution monétaire et la génération du pouvoir d’achat dans l’économie dépendent essentiellement du mécanisme du crédit bancaire.

    Elles vont donc être soumises à deux aléas : Le désir des Banques de prêter et l’envie des agents économiques non bancaires d’emprunter. Or, ces deux propensions vont dépendre de l’appréciation de la conjoncture par les uns et par les autres. Quand l’ambiance générale tourne à l’optimisme, les banques vont chercher à prêter autant que possible à des emprunteurs avides de « nouvelle monnaie » pour investir, consommer,…spéculer.

    Au contraire, quand l’atmosphère générale de l’économie devient plus lourde, les banques peuvent devenir plus réticentes à prêter face à des emprunteurs eux-mêmes devenus plus timorés, voire totalement inhibés. Ce système crée donc une instabilité potentielle du système économique et c’est cette confusion de la monnaie et du crédit qui en est la seule cause.

    et celui-ci:

    Comment réguler les innovations financières et maîtriser les évolutions monétaires ?

    Par des changements institutionnels adéquats selon Allais…Dans les courants dominants de la pensée économique, les innovations financières sont essentiellement analysées du point de vue de leur impact sur la demande de monnaie définie de manière traditionnelle, en fonction du revenu et du taux d’intérêt. Les questions sont toujours les mêmes : est-il possible de continuer à représenter de manière acceptable l’indicateur choisi? Quelle est leur influence potentielle sur l’élasticité entre ce dernier et les taux d’intérêt et donc sur la relation d’équilibre entre les deux quantités, point clef des schémas théoriques traditionnels? Comme nous venons de le voir, les limites du modèle sous-jacent laisse hors du champ les questions qui devraient être essentielles si l’on suit Allais :
    · En quoi, les innovations introduites modifient-elles les coefficients de substituabilité à l’encaisse?
    · Quel est l’impact potentiel sur l’encaisse désirée et donc sur la dynamique monétaire ?
    · Quelles sont les mesures adéquates à prendre pour maîtriser les évolutions monétaires ?

    Cela laisse ouverte la question fondamentale : Alors que, dans le système actuel, la concurrence interbancaire laisse le champ libre à toutes sortes d’innovations pour attirer les dépôts et promouvoir les crédits, avec des conséquences souvent imprévisibles car trop d’interactions aux incidences inconnues sont à prendre en compte, comment convient-il de réguler le système pour éviter les écueils (inflation, récession, dépression) que nos économies rencontrent régulièrement ?

    Pour Allais, la réponse est depuis longtemps formulée, dans une ligne inaugurée par Irving Fisher (1935), L’Ecole de Chicago34, Milton Friedman (1959) et sous la forme un peu différente du « Narrow banking », par James Tobin (1985)35. Elle s’appelle la réforme du « 100% money » qui permettrait, en dissociant la monnaie du crédit et les actifs monétaires des actifs d’épargne, de construire un système financier totalement transformé dans lequel cohabiteraient 3 types de structures formellement indépendantes :

    · Des banques de dépôts qui ne géreraient que les encaisses (dépôts à vue) des agents économiques en faisant rémunérer leurs services (cash management) et qui couvriraient celles-ci à 100% par de la monnaie de base (monnaie banque centrale), sans pouvoir faire aucun crédit.

    · Des banques de crédit qui récolteraient des dépôts d’épargne à différents termes pour les replacer sur des échéances légèrement inférieures (pas de transformation pour éviter toute création monétaire), afin de financer les besoins d’investissement ou les autres dépenses des agents économiques.

    · Les banques d’investissement qui s’occuperaient des opérations de marché et de fusions/acquisitions des entreprises et de l’Etat.

    Dans un tel système, plusieurs objectifs d’une extrême importance pourraient être atteints simultanément :

    · La masse monétaire, qui évoluerait en fonction de la monnaie de base introduite par la banque centrale, serait complètement sous contrôle d’où une maîtrise renforcée sur la conjoncture et l’inflation ;

    · Les taux d’intérêt ne seraient plus perturbés par des incidences monétaires et reflèteraient exactement les équilibres épargne-investissement sur les différentes échéances, ce qui ne peut qu’améliorer le fonctionnement de l’économie en le rapprochant d’une situation d’efficacité maximale ;

    · La capture de la « rente monétaire » résultant de la création monétaire et qui était auparavant appropriée par les banques, permettrait de corriger la distribution des revenus et fournirait des ressources supplémentaires au Trésor.

    Ces réflexions nous permettent de prendre conscience du caractère fondamental de cette question de la définition de la monnaie et combien les réponses apportées non seulement peuvent nous conduire à mieux comprendre la réalité et mais aussi à chercher à la transformer.

    Voilà donc de quoi réfléchir et aller « plus loin que Jorion », ce qui est bien le but de ce blog.

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    34 – Sujets divers …

    Je m’aperçois que quelques commentaires sont un peu trop hors sujet du blog, et même du fil « à propos » .

    Comme je ne veux surtout pas modérer ou censurer je vous remercie de les poster à la suite de ce « sujet divers » .

    ============================

    Le 5 février  2010 : les commentaires dépassant 200, j’ouvre la suite de ce fil sur  » sujets divers 2… « 

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    33 – Monnaie et monnaies

    J’ai profité de ces quelques vacances pour remettre le nez dans deux des quelques livres qui ont été proposés par les uns et les autres dans les commentaires chez Jorion, en particulier Plihon  (« la monnaie et ses mécanismes ») et Caire (pour la partie concernant la monnaie, qu’il a écrite dans  « Économie monétaire et financière »)

    On peut expliquer simplement que les banques peuvent émettre des crédits (monétiser) dans certaines limites qui sont les conséquences de plusieurs paramètres: leur part de marché, la demande habituelle en billets de banque, les réserves obligatoires, leurs disponibilité en monnaie centrale.:.

    Par exemple :

    Un réseau bancaire (enseigne bancaire) détenant 20% de part de marché (les autres réseaux bancaires détiennent donc 80% de part du marché bancaire total), un taux de réserves obligatoires de 2% des dépôts et compte tenu d’une demande statistique de billets de 12% des crédits qu’il accorde ; peut, dans cet exemple, créer 12 100 € si ses disponibilités en monnaie centrale sont de 10 000 €.
    k = 1 / b + f (1-b) + h (1-b-f (1-b))

    Mais ce pouvoir multiplicateur, lorsqu’il concerne l’ensemble du système bancaire commercial (tous réseaux bancaires commerciaux confondus), est largement supérieur à celui d’un établissement ou d’un réseau isolé puisqu’il correspond en fait au pouvoir de création monétaire d’une seule banque dont la part de marché serait de 100%.
    Le multiplicateur de crédit global est alors : k = 1 /b+ h(1 – b),

    Dans ces mêmes hypothèses d’une demande habituelle de billets (monnaie centrale) de 12% des dépôts et d’une obligation de 2% de réserves obligatoires, le même apport initial  de 10 000 €  permet en théorie à l’ensemble du système bancaire d’accorder au total 83 500 € de crédits nouveaux (lors d’un nombre N de vagues de crédits)

    Cette capacité du système bancaire de « créer la monnaie » augmente lorsque les demandes de billets de la part du public et les réserves obligatoires diminuent

    Cette monnaie de crédit, émise par les banques commerciales,  est t’elle de la vraie monnaie ?

    La réponse est : oui et non
    La monnaie des banques commerciales est une «  promesse de transformation en monnaie banque centrale », que les banques promettent de nous échanger sur simple demande en « billets de banque », en sachant que les habitudes de la population font qu’il y a préférence à au moins 85% pour la monnaie scripturale (moins de risque de perte ou de vol, tenue de la trésorerie et de la comptabilité recettes/dépenses personnelle, facilités d’utilisation du chèque, du virement ou de la carte bancaire))

    Pour en revenir à nos définitions de la monnaie, on peut donc préciser qu’il existe :

    1 – une monnaie permanente : la monnaie banque centrale (pièces, billets pour le public, monnaie scripturale d’échanges entre banques commerciales et banques commerciales <=> banque centrale) , également appelée monnaie de base  et comptabilisée dans l’agrégat M0 (mais attention M0 n’est pas inclus en totalité dans M1), est, pour la partie qui nous intéresse particulièrement, c’est-à-dire les pièces et billets, une monnaie permanente sur laquelle nous n’avons pas d’intérêts à payer aux banques commerciales

    2 – une monnaie temporaire : la monnaie de crédit, monnaie « secondaire » uniquement scripturale, émise « ex nihilo » (ce qui ne veut pas dire sans règles ou contreparties) en totalité par les entreprises agréées que sont certains types d’établissements bancaire (les banques commerciales et coopératives) sous forme de « monétisation » d’actifs. Cette monnaie demande intérêt et, les crédits étant en permanence créés et remboursés, on peut dire qu’il s’agit de monnaie temporaire.

    La caractéristique de cette monnaie secondaire est que les banques s’engagent à la transformer en monnaie permanente de banque centrale sur simple demande, et, heureusement pour elles, les habitudes de consommation font que seuls environ 10 à 15% (selon les lieux, les périodes de l’année, la confiance dans le système bancaire) sont généralement transformés en cette monnaie permanente, les billets de banque.

    En conséquence, cette monnaie temporaire est simplement une reconnaissance de dette que l’emprunteur a envers sa banque, laquelle « monétise » cette reconnaissance de dette sous la forme d’une avance en monnaie (par crédit du compte) à l’emprunteur.

    La caractéristique est que les chiffres représentatifs de cette monnaie (appelés « dépôts »), utilisée pour les échanges, sont positionnés dans le passif des banques (dette de la banque au titulaire), et que les paiements sont donc un transfert des dettes de banque, d’une personne à une autre, aboutissant à ce que la dette (envers les titulaires des comptes de dépôts) circule d’une banque à une autre, les titulaires de compte ayant, par cette opération, effacés une dette entre eux.

    Dis autrement, cette monnaie « n’existe pas » ; dans tous les cas elle est seulement représentative d’une dette qui est valorisée en euros, dollars ou autres, mais qui pourrait l’être en n’importe quoi d’autre, si toute la population l’accepte ou que l’État l’impose.. sous une forme tautologique, la monnaie bancaire est acceptée parce qu’elle est acceptée.

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    32 – Goldman Sachs, la machine à bulle

    J’interromps une heure de mes vacances pour transférer ici un remarquable article de Matt Taibbi pour le magazine Rolling Stone, paru sur divers blogs en français et en particulier sur « Agoravox » . Vraiment tous des gangsters, je vous le dis!


    La grande machine à bulles américaine

    Matt Taibbi
    Rolling Stone – juillet 2009
    Traduit de l’anglais par J.L.

    Des actions technologiques au prix élevés de l’essence, Goldman Sachs a fabriqué toutes les manipulations du marché depuis la Grande Dépression – et elle s’apprête à recommencer.

    La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le Who’s Who des diplômés de Goldman Sachs.
    Aujourd’hui, la plupart d’entre-nous connaît les principaux acteurs. En tant que dernier ministre des finances de George Bush, l’ancien PDG de Goldman Henri Paulson a été l’architecte du renflouage, un plan louche pour détourner des milliers de milliards de VOS dollars vers une poignée de ses vieux copains de Wall Street. Robert Rubin, ex-ministre des finances de Bill Clinton, passa 26 ans chez Goldman avant de devenir président de Citigroup – banque qui, en retour, reçut de Paulson 300 milliards de dollars d’argent public. Il y a John Thain, cet enfoiré de patron de Merryl Lynch, qui s’offrit un tapis à 87.000 $ pour son bureau alors que sa société implosait. Ancien de chez Goldman, Thain bénéficia d’un don de plusieurs milliards de dollars de Paulson, lequel utilisa aussi des milliards d’argent public pour aider Bank of America à sauver la société sinistrée de Thain. Il y a Robert Steel, ancien de Goldman et patron de Wachovia, qui s’est accordé 225 millions de dollars de parachutes dorés, pour lui et ses cadres dirigeants, tandis que sa banque s’autodétruisait. Il y a Joshua Bolten, directeur de cabinet de Bush durant le renflouage, et Mark Patterson, en charge des finances dans le cabinet de Bush, qui était encore un lobbyiste de Goldman un an avant. Et Ed Liddy, un ancien directeur de Goldman que Paulson a chargé du renflouage du géant de l’assurance AIG[1]. Après l’arrivée de Liddy, AIG a versé 13 milliards de dollars à Goldman. Les directeurs des banques centrales du Canada et d’Italie sont des anciens de Goldman, comme le sont le directeur de la Banque Mondiale, le directeur du New York Stock Exchange[2], les deux derniers directeurs de la Réserve Fédérale de New York – laquelle est, à propos, maintenant chargée du contrôle de Goldman – sans parler de…
    Mais toute tentative de construire la narration autour de tous les anciens de Goldman qui occupent des positions influentes devient un exercice absurde et sans objet, un peu comme essayer d’établir la liste de toutes les choses sur Terre. Ce que vous devez voir est le plan d’ensemble : si l’Amérique est aspirée par un siphon, Goldman Sachs a trouvé le moyen d’être ce siphon – une lacune extrêmement malheureuse dans le système capitaliste occidental, qui n’a jamais prévu que, dans une société qui se laisse passivement gouverner par le Marché libre et des élections libres, la rapacité organisée gagne toujours sur la démocratie désorganisée.
    La puissance et le pouvoir sans précédent de la banque lui ont permis de transformer l’Amérique en une pompe à fric géante, manipulant pendant des années des secteurs économiques entiers, déplaçant ses pions quand tel ou tel marché s’effondre, et tout le temps se gorgeant de coûts cachés qui brisent des familles partout – prix du pétrole, taux des crédits à la consommation, fonds de pension à moitié mangés, licenciements massifs, futurs impôts pour rembourser les renflouages. Tout cet argent que vous perdez, il va quelque part et, au sens propre comme au figuré, il va à Goldman Sachs. Cette banque est une immense machine, hautement sophistiquée, pour convertir la richesse utile en la substance la moins utile, la plus gâchée qui soit – le pur profit d’individus déjà riches.
    Ils réalisent cela en utilisant encore et toujours le même protocole. La formule est relativement simple : Goldman se place au milieu d’une bulle spéculative, vendant des investissements qu’ils savent être de la merde. Ils aspirent alors de vastes sommes des classes moyennes et basses de la société, avec l’aide d’un État invalide et corrompu qui leur permet de réécrire les règles en échange de quelques pourboires que la banque jette aux politiciens. À la fin, quand la bulle éclate, laissant des millions de citoyens ordinaires sur le carreau, ils recommencent tout le processus, venant à notre rescousse pour nous prêter avec intérêt notre propre argent, tout en se présentant comme des hommes désintéressés, juste une bande de chics types qui sont là pour aider la machine à tourner. Ils nous ont fait le même coup encore et encore depuis les années 1920 – et aujourd’hui, ils se préparent à le faire encore en créant ce qui pourrait bien être la plus grande et plus impudente bulle de tous les temps.
    Si vous voulez comprendre comment nous sommes entrés dans cette crise financière, vous devez d’abord comprendre où tout l’argent est allé – et pour comprendre ça, vous devez comprendre comment Goldman s’est débrouillé dans le passé. C’est une histoire longue de cinq bulles exactement – y compris le pic du prix du pétrole l’an dernier, étrange et apparemment inexplicable. Il y eut beaucoup de perdants dans chacune de ces bulles, ainsi que dans le renflouage qui suivit. Mais Goldman n’était pas parmi eux.
    Bulle n° 1
    La grande Dépression
    Goldman n’a pas toujours été le colosse de Wall Street, trop-gros-pour-faire-faillite, qu’il est devenu depuis longtemps. La banque a été fondée en 1869 par un immigrant allemand du nom de Marcus Goldman, qui l’a développée avec son gendre Samuel Sachs. Ils ont été les pionniers de l’utilisation du « papier commercial », ce qui est juste une façon chic de dire qu’ils ont fait de l’argent en prêtant à court terme à des emprunteurs occasionnels de Manhattan.
    Vous pouvez probablement deviner l’évolution de Goldman dans ses 100 premières années : la courageuse banque, dirigée par des immigrants, gagne ses paris, se développe et se fait des tonnes de fric. Dans cette histoire ancienne, il n’y a vraiment qu’un épisode qui mérite l’intérêt, à la lumière des récents événements : la désastreuse incursion de Goldman dans la folie spéculative de Wall Street durant les années 1920, avant le crash.
    Ce grand Hindenburg de l’histoire financière a quelques caractéristiques qui semblent familières. À l’époque, le principal instrument financier utilisé pour traire les investisseurs s’appelait un « investment trust[3] ». Semblables aux actuels fonds mutualisés, les trusts prenaient l’argent liquide des investisseurs, petits et grands, et (au moins en théorie) l’investissaient dans une palette de valeurs de Wall Street, mais les valeurs et leur montant étaient souvent cachés du public. Ainsi, un type normal pouvait investir 10 ou 100 $ dans un trust et se sentir comme un grand joueur. A peu près comme dans les années 1990, quand de nouveaux instruments tels que la spéculation intraday[4] ou la spéculation en ligne attirèrent des wagons de nouveaux pigeons qui s’imaginaient des caïds de la finance, les investment trusts attirèrent une nouvelle génération de types normaux dans le jeu spéculatif.
    Débutant un processus qui se répètera encore et toujours, Goldman entra dans le jeu de l’investment trust tardivement, puis y plongea à fond et se goinfra. La première étape fut la Goldman Sachs Trading Corporation ; la banque émit un million d’actions à 100 $ pièce, acheta toutes ces actions avec son propre argent, puis en revendit 90 % à 104 $ à un public affamé. La Trading Corporation acheta alors sans relâche des actions, faisant monter les prix toujours plus haut. Finalement, elle se débarrassa d’une partie de ses avoirs et finança un nouveau trust, la Shenandoah Corporation, émettant des actions de ce fonds pour des millions de dollars – lequel à son tour finança encore un nouveau trust, la Blue Ridge Corporation. De cette façon, chaque investment trust servait de façade à une pyramide infinie d’investissements : Goldman se cachant derrière Goldman se cachant derrière Goldman. Sur les 7.250.000 actions initiales de Blue Ridge, 6.250.000 étaient en fait détenues par Shenandoah – laquelle, bien sûr, était en grande partie détenue par Goldman Trading.
    Le résultat final (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?) était une guirlande d’argent emprunté, du genre délicieusement vulnérable à une baisse de performance en n’importe quel point de la chaîne. L’idée de base n’est pas difficile à voir : vous apportez un dollar et en empruntez neuf ; puis vous utilisez ces 10 $ pour en emprunter 90 ; puis ces 100 $ servent à emprunter et investir 900 $, tant que le public continue à prêter. Si le dernier trust de la chaîne commence à perdre de la valeur, vous n’avez plus l’argent nécessaire pour rembourser vos investisseurs et tout le monde est massacré.
    Dans un chapitre intitulé « En Goldman Sachs nous croyons » de son livre The Great Crash, 1929, le célèbre économiste John Kenneth Galbraith prend les trusts Blue Ridge et Shenandoah comme des exemples classiques de la folie de l’endettement par effet de levier[5]. Les trusts, écrit-il, ont été une cause majeure du crack historique ; en dollars d’aujourd’hui, les pertes des banques s’élevèrent à 475 milliards. « On ne peut s’empêcher de s’émerveiller de l’inventivité qui a conduit à cette gargantuesque folie », observe Galbraith, comme un Keith Olbermann en tenue de soirée[6]. « Dans le domaine de la folie, l’échelle de celle-ci relève de l’Épopée. »
    Bulle n° 2
    Les valeurs technologiques (la bulle de l’Internet)
    Avance rapide d’environ 65 ans. Non seulement Goldman survécut au Crack [NdT : de 1929] qui balaya tant d’investisseurs qu’elle avait grugés, mais elle est devenue la principale mandatrice[7] des plus riches et puissantes compagnies du pays. Grâce à Sidney Weinberg, qui s’éleva du rang de concierge jusqu’à la tête de la firme, Goldman a été pionnière de l’introduction en bourse des sociétés, un des principaux et plus efficace moyen par lequel les sociétés lèvent de l’argent. Durant les décennies 1970 et 1980, Goldman n’était peut-être pas encore l’Etoile de la Mort dévoreuse de planètes, politiquement influente, qu’elle est devenue aujourd’hui, mais elle était déjà dans le haut du panier, avec la réputation d’attirer les plus brillants talents de Wall Street.
    Étrangement, la banque avait la réputation de respecter la déontologie bancaire et d’avoir une approche patiente de l’investissement excluant le profit rapide ; ses cadres étaient entraînés à intégrer le mantra de la firme : « avide de long terme ». Un ancien banquier de Goldman qui a quitté la firme au début des années 1990, se souvient d’avoir vu ses supérieurs renoncer à une affaire très profitable sur la base qu’elle serait perdante sur le long terme. « Il nous est arrivé de rendre de l’argent à des grandes sociétés adultes qui voulaient mener des opérations non éthiques avec nous », dit-il. « Tout ce que nous avions fait était légal et honnête – mais notre crédo « avide de long terme’’ nous imposait de ne pas faire tel profit si le prix collectif à payer était de nuire à la place financière. »
    À cette époque, quelque chose se passa. Il est difficile de dire quoi exactement ; c’est peut-être le fait que le co-président de Goldman au début des années 1990, Robert Rubin, suivit Bill Clinton à la Maison Blanche où il dirigea le Conseil économique national et devint finalement le ministre des Finances[8]. Tandis que les médias américains tombaient amoureux de la paire de baby-boomers nichant à la Maison Blanche, des yuppies ayant eu 20 ansdans les années 60, il y eut aussi un franc béguin pour Rubin, qui fut présenté comme la plus brillante personne qui ait jamais existé, sans l’ombre d’un doute laissant Newton, Einstein, Mozart et Kant loin derrière.
    Rubin était l’archétype même du banquier de Goldman. Il était probablement né dans un complet à 4.000 $, il avait sur le visage une expression qui semblait signifier « pardon d’être tellement plus intelligent que vous » et, tel un monsieur Spock, il ne semblait éprouver aucune émotion. Le seul sentiment humain qu’on aurait pu lui attribuer serait le cauchemar d’avoir à voyager en classe touriste. Il devint un cliché national que tout ce que Rubin pensait était le mieux pour l’économie – un phénomène qui atteint son apogée en 1999, quand Rubin fit la couverture du Time avec son adjoint aux Finances Larry Summers et le patron de la Fed[9], Alan Greenspan, sous le titre LE COMITÉ POUR SAUVER LE MONDE. Et « ce que pensait Rubin » essentiellement, c’était que l’économie américaine et en particulier les marchés financiers, étaient sur-règlementés et avaient besoin d’être libérés.
    Durant son passage aux Finances, la Maison Blanche de Clinton prit une série de mesures qui eurent des conséquences radicales sur l’économie mondiale – à commencer par l’échec complet de Rubin à contrôler son ancienne firme quand elle se lança dans sa première course folle aux profits immédiats et obscènes.
    Le principe de l’escroquerie de la bulle Internet est très facile à comprendre, même pour les nuls en finance. Des sociétés, qui ne valaient guère plus que des idées trouvées sous l’influence du cannabis et écrites sur un coin de nappe par des fumeurs de joints attardés, furent introduites en bourse[10], leur promotion assurée par les médias et vendues au public pour des milliards. C’était comme si les banques, dont Goldman, avaient emballé dans un joli papier-cadeau des pastèques, les avaient lâchées du 50e étage tout en décrochant les téléphones pour les mettre aux enchères. Dans ce jeu, vous ne gagnez que si vous récupérez votre argent avant que la pastèque n’atteigne le trottoir.
    Ça semble évident maintenant, mais ce que l’investisseur moyen ne savait pas à ce moment-là, c’est que les banques avaient changé les règles du jeu pour améliorer l’apparence de ces affaires. Elles avaient mis au point un système d’investissement à deux classes – une pour les initiés qui connaissaient les vrais chiffres et l’autre pour les profanes qui étaient invités à suivre des prix gonflés que les banques elles-mêmes savaient être irrationnels. Alors que l’ancien fonctionnement de Goldman était de profiter des changements législatifs, son innovation clé durant les années Internet a consisté à abandonner ses propres normes de contrôle de qualité.
    « Depuis la Grande Dépression, il existait de strictes règles de mandatement financier que Wall Street suivait lors de l’introduction en bourse », dit le gérant d’un des premiers hedge-funds[11]. « La société doit exister depuis au moins 5 ans et elle doit avoir dégagé un bénéfice pendant au moins 3 années consécutives. Mais Wall Street a jeté ces règles à la poubelle ». Goldman a complété le rideau de fumée en gonflant les actions contrefaites : « leurs analystes disaient partout que Connerie.com valait 100 $ l’action ».
    Le problème c’est que personne n’avait dit aux investisseurs que les règles avaient changé. « Tout le monde dans les banques savait », dit le gérant. « Il est absolument sûr que Bob Rubin connaissait les règles de l’introduction en bourse. Elles n’avaient pas bougé depuis les années 1930 ».
    Jay Ritter, professeur de finances à l’Université de Floride, spécialiste des introductions en bourse, dit que les banques comme Goldman savaient parfaitement que de nombreuses sociétés qu’elles introduisaient en bourse ne feraient jamais un centime de bénéfice. « Au début des années 1980, les plus grandes banques exigeaient 3 années bénéficiaires. Puis, ça a été un an, puis un trimestre. Au moment de la bulle Internet, les banques ne demandaient même pas une prévision de rentabilité ».
    Goldman a nié avoir changé les normes de l’introduction en bourse durant les années Internet, mais ses propres statistiques démentent son affirmation. Comme elle avait fait pour les investment trusts dans les années 1920, Goldman commença doucement les années Internet et finit surexcité. Après avoir introduit en bourse en 1996 une société peu connue, Yahoo !, Goldman devint ensuite rapidement le roi de l’introduction en bourse de l’ère Internet. Parmi les 24 sociétés que la banque introduisit en bourse en 1997, un tiers perdaient de l’argent au moment de l’introduction. En 1999, au sommet de la bulle, la banque introduisit en bourse 47 sociétés, parmi elles des mort-nées comme Webvan et eToys, des offres d’investissement qui ressemblaient beaucoup à Blue Ridge et Shenandoah. Dans les quatre premiers mois de l’année suivante, Goldman introduisit en bourse 18 sociétés dont 14 perdaient de l’argent à ce moment-là. Comme premier mandataire des actions Internet durant la bulle, Goldman produisit un résultat beaucoup plus volatile que ses concurrents : en 1999, les actions des sociétés introduites en bourse par Goldman montèrent de 281 % au dessus de leur prix d’introduction, comparé à une moyenne de 181 % pour Wall Street.
    Comment Goldman réalisa-t-elle des résultats aussi extraordinaires ? Une réponse est qu’ils utilisèrent une pratique appelée « laddering[12] », ce qui n’est qu’un mot chic pour dire qu’ils ont manipulé les prix des actions offertes. Voici comment ça marche : disons que vous êtes Goldman Sachs et que la société Connerie.com vient vous voir pour vous demander de l’introduire en bourse. Vous vous mettez d’accord sur les conditions habituelles : vous évaluez l’entreprise, déterminez le nombre d’actions offertes au public et embarquez le PDG de Connerie.com en tournée pour papoter avec les investisseurs, tout ça pour une commission substantielle (typiquement 6 à 7 % du capital récolté). Vous promettez alors à vos meilleurs clients le droit d’acheter de gros paquets d’actions au prix d’introduction – disons que Connerie.com débute à un prix de 15 $ l’action – en échange de la promesse que ces clients achèteront encore d’autres actions plus tard, sur le marché. Cette exigence, apparemment innocente, vous donne une connaissance d’initié de l’évolution du prix de l’action, connaissance qui n’était pas partagée avec les couillons de traders banals, lesquels n’avaient que le prospectus pour se faire une idée. Vous savez que certains de vos clients qui ont acheté X actions à 15 $ vont aussi en acheter Y de plus à 20 ou 25 $, ce qui garantit pratiquement que le prix va monter jusqu’à 25 $ et au-delà. De cette façon, Goldman pouvait faire monter artificiellement le prix de l’action, ce qui, évidemment, profitait à la banque – une commission de 6 % sur 500 millions de dollars, c’est de l’argent.
    Goldman fut poursuivi plusieurs fois par des actionnaires pour s’être livré au laddering à l’occasion de l’introduction en bourse de plusieurs sociétés Internet, dont Webvan et NetZero. Ces manœuvres frauduleuses attirèrent aussi l’attention de Nicholas Maier, manager de Cramer & Co., le hedge fund dirigé à l’époque par le maintenant célèbre animateur de télévision, cet enfoiré de Jim Cramer, lui-même un ancien de Goldman. Maier dit à la SEC[13] que, quand il travaillait pour Cramer entre 1996 et 1998, il a été forcé à plusieurs reprises de participer à des opérations de laddering pour les introductions en bourse de Goldman.
    « D’après ce dont j’ai été témoin, Goldman était la pire délinquante », dit Maier. « Ils ont complètement nourri la bulle. Et c’est précisément ce genre de comportement qui a causé l’effondrement du marché. Ils ont bâti ces actions sur une base illégale – ont manipulé le prix à la hausse – et, vers la fin, ce sont les petits qui ont fini par acheter ». En 2005, Goldman accepta de payer 40 millions de dollars pour ses fraudes de laddering – une amende ridicule comparée aux énormes profits que la banque a réalisés. (Goldman, qui a nié avoir mal agi dans tous les procès qu’elle a arrêtés par une négociation, a refusé de répondre aux questions concernant cette histoire.)
    Une autre pratique à laquelle Goldman s’est livrée durant la bulle Internet était le « spinning », mieux connu sous le nom de corruption. Dans ce cas, la banque offrait aux cadres dirigeants de la société mise en bourse des actions à un prix très préférentiel, en échange de leur clientèle future. Les banques qui pratiquaient le spinning sous-estimaient le prix initial d’introduction, s’assurant ainsi que ce prix bas, dont elles faisaient profiter les initiés, allait très probablement monter rapidement, apportant ainsi des gains immédiats aux cadres favorisés. Ainsi, au lieu de Connerie.com offert à 20 $, la banque approchait le PDG de Connerie.com et lui offrait un millions d’actions de sa propre société à 18 $ en échange de sa clientèle – avec comme effet de voler tous les nouveaux actionnaires de Connerie.com en détournant vers le compte privé du PDG des liquidités qui, sinon, seraient allées sur le compte de la société.
    Dans un cas, on prétend que Goldman aurait ainsi offert plusieurs millions de dollars au PDG d’eBay Meg Whitman, lequel rejoignit plus tard le directoire de Goldman, en échange de la clientèle future d’eBay. D’après un rapport du comité des services financiers de la Chambre des représentants, Goldman a fait cette offre spéciale aux cadres dirigeants de 21 sociétés qu’elle a introduites en bourse, y compris le cofondateur de Yahoo ! Jerry Yang et deux des plus grands gredins de l’âge des scandales financiers – Dennis Kozlowski de Tyco et Ken Lay d’Enron. Goldman dénonça avec colère le rapport, le qualifiant de « flagrante distorsion des faits » – peu de temps avant de payer 110 millions de dollars pour mettre fin à une enquête sur le spinning et autres malversations lancée par les autorités de l’État de New York. « Le spinning lors des introductions en bourse n’était pas une peccadille sans importance », dit le procureur général de l’époque, Eliot Spitzer. « Au contraire, c’était une partie intégrante d’un schéma frauduleux destiné à gagner des parts du marché de la banque d’affaires. »
    De telles pratiques ont contribué à faire de la bulle Internet un des plus grands désastres de l’histoire : quelques cinq mille milliards de dollars de richesse furent effacés sur le NASDAQ seulement. Mais le vrai problème n’est pas l’argent perdu par les actionnaires, c’est l’argent gagné par les banquiers d’affaires, qui reçurent de copieuses primes pour avoir faussé le marché. Au lieu d’avoir appris à Wall Street que les bulles finissent toujours par dégonfler, les années Internet ont démontré aux banquiers que, à l’âge du capital circulant librement et des sociétés financières privées, les bulles sont incroyablement faciles à créer et les primes individuelles sont en fait plus grosses quand la folie et l’irrationalité l’emportent.
    Nulle part ceci n’a été plus vrai que chez Goldman. Entre 1999 et 2002, la firme a versé 28,5 milliards de dollars de primes – en gros une moyenne de 350.000 $ par an et par employé. Ces montants sont importants parce que l’héritage clé de la bulle Internet est que l’économie est maintenant conduite en grande partie par le maintien des énormes salaires et bonus que de telles bulles rendent possibles. Le mantra de Goldman, « avide de long terme », s’est évanoui quand le jeu est devenu toucher son chèque avant que la pastèque ne touche le trottoir.
    Le marché n’était plus un lieu gouverné par la raison pour développer des entreprises rentables : il était devenu l’immense océan de l’argent des autres où les banquiers attiraient de vastes sommes par tous les moyens imaginables, pour essayer de convertir cet argent en bonus et salaires le plus vite possible. Vous avez fait du laddering et du spinning avec 50 introductions de sociétés Internet, et alors ? Le temps que la SEC vienne vous mettre une amende de 110 millions de dollars, le yacht que vous avez acheté avec vos bonus avait déjà 6 ans. De plus, vous n’étiez probablement plus chez Goldman à ce moment-là, en charge des finances du pays ou de l’État du New Jersey. (Un des moments vraiment comiques de l’histoire de l’effondrement de la bulle Internet fut quand le gouverneur du New Jersey Jon Corzine, qui dirigea Goldman de 1994 à 1999 et partit avec 320 millions de dollars grâce aux introductions en bourse, affirma en 2002 : « Je n’avais jamais entendu le terme laddering jusqu’à aujourd’hui. »)
    Pour une banque qui paye 7 milliards de dollars par an en salaires, 110 millions d’amendes à payer 5 ans plus tard étaient rien moins que dissuasives – c’était une plaisanterie. Une fois que la bulle Internet avait éclaté, Goldman n’avait aucune incitation à réexaminer sa nouvelle stratégie de recherche du profit ; la banque chercha juste une autre bulle à gonfler. Il s’avéra que, en grande partie grâce à Rubin, une autre était prête.
    Bulle n° 3
    La vogue de l’immobilier
    Le rôle de Goldman dans le désastre absolu que fut la bulle immobilière n’est pas difficile à retracer. Là aussi, la combine de base fut une dégradation des règles bancaires, bien que dans ce cas il ne s’agissait pas des règles d’introduction en bourse, mais de celles des prêts immobiliers. Maintenant, presque tout le monde sait que, pendant des décennies, les prêteurs exigeaient des emprunteurs qu’ils soient capables de fournir au moins 10 % d’apport personnel, qu’ils aient des revenus réguliers, une bonne côte de crédit ainsi qu’un vrai prénom et patronyme. Mais, à l’aube du nouveau millénaire, les prêteurs jetèrent subitement tout ce caca par la fenêtre et commencèrent à signer des prêts sur des serviettes en papier à des serveuses et d’ex-taulards ayant en poche cinq balles et une barre de Mars[14].
    Rien de cela n’aurait été possible sans les banquiers d’affaires comme Goldman, qui créèrent des véhicules pour emballer ces adorables prêts et les vendre en masse à des compagnies d’assurance et des fonds de pension sans défiance. Ceci créa un marché de masse pour la dette toxique qui n’aurait jamais existé avant. Dans l’ancien temps, aucune banque n’aurait voulu avoir en portefeuille le prêt d’un quelconque ex-taulard camé, sachant la probabilité qu’il ne soit pas remboursé. En d’autres mots, vous ne pouvez signer de tels prêts que si vous avez quelqu’un à qui les vendre, quelqu’un qui ignore ce qu’ils sont en réalité.
    Goldman utilisa deux méthodes pour dissimuler la saleté qu’ils vendaient. En premier lieu, ils ont fait des liasses de centaines de différents prêts immobiliers dans des instruments appelés CDO[15]. Ensuite, ils ont vendus aux investisseurs l’idée que, parce qu’une liasse de ces prêts se comporterait bien dans l’ensemble, il n’y avait pas de raison de s’inquiéter trop des « adorables[16] ». Le CDO, dans son ensemble, était solide. Ainsi, les prêts notés comme des déchets ont été transformés en investissements notés AAA[17]. En second lieu, pour se couvrir contre le risque sur ses propres paris, Goldman obtint une assurance de compagnies comme AIG[18] – assurance connue sous le nom de CDS[19] – sur les CDO. Les CDS étaient fondamentalement un pari sur une course de chevaux entre AIG et Goldman : Goldman parie que les ex-taulards vont faire défaut sur leur prêt, AIG parie qu’ils le rembourseront.
    Il y avait un seul problème avec ces affaires : toute leur mécanique était exactement le genre de spéculation dangereuse que les agences fédérales sont supposées refréner. Les produits financiers dérivés comme les CDO et les CDS avaient déjà provoqué une série de catastrophes financières : Procter & Gamble et Gibson Greetings y perdirent tous deux des fortunes. En Californie, le comté d’Orange fut forcé de se déclarer en cessation de paiement en 1994. Cette année-là, un rapport du bureau de comptabilité du Gouvernement[20] recommandait de réglementer strictement ce type d’instruments financiers – et, en 1998, la présidente de la commission des transactions à terme sur les matières premières[21] [CFTC], Brooksley Born, confirma cette recommandation. En mai 1998, elle écrivit une lettre à l’administration Clinton et aux dirigeants économiques suggérant que les banques soient tenues de fournir plus de détails sur le négoce des dérivés et qu’elles soient aussi tenues de faire des provisions pour amortir les pertes.
    Plus de règlementation n’était pas exactement ce que Goldman avait en tête. « Les banques sont furieuses – elles veulent bloquer la réforme », dit Michael Greenberger, qui travaillait pour Born comme directeur des marchés et des transactions financières à la CFTC et qui est maintenant professeur de droit à l’université du Maryland. « Greenspan, Summers, Rubin et [le patron de la SEC Arthur] Levitt veulent aussi la bloquer. »
    Cette bande des quatre de Clinton régnant sur l’économie – « spécialement Rubin », selon Greenberger – convoqua Born pour une réunion et ils plaidèrent leur cause. Malgré cela, Born refusa de faire machine arrière et continua à demander une meilleure règlementation des dérivés. Aussi, en juin 1998, Rubin dénonça publiquement la position de Born, recommandant finalement que la CFTC soit privée de son pouvoir de règlementation. En 2000, le dernier jour de sa législature, le Congrès adopta la – maintenant fameuse – loi de modernisation des transactions à terme sur les matières premières[22], loi qui fut insérée à la dernière minute dans un collectif budgetaire de plus de 1000 pages, avec presqu’aucun débat au Sénat. Les banques étaient maintenant libres d’échanger des CDS en toute impunité.
    Mais l’histoire ne se termina pas là. En 2000, AIG, le principal fournisseur de CDS, approcha le département des assurances de l’État de New York pour lui demander si les CDS seraient règlementés en tant qu’assurances. À l’époque, le bureau des assurances était dirigé par Neil Levin, un ancien vice-président de Goldman. Celui-ci décida que les CDS ne seraient pas règlementés. Devenue libre d’émettre des CDO et d’acheter des CDS autant qu’elle voulait, Goldman se jeta frénétiquement dans le marché du prêt immobilier. En 2006, à l’apogée de la bulle, Goldman avait émis pour 76,5 milliards de dollars de produits dérivés basés sur des prêts immobiliers – un tiers de ces prêts étant des subprime -, la plus grande part de ces produits étant vendue à des investisseurs institutionnels comme des fonds de pension et des compagnies d’assurance. Et, dans ces émissions massives, il y avait de vastes marécages de merde.
    Prenons une émission de cette année-là, GSAMP Trust 2006-S3 pour 494 millions de dollars. De nombreux prêts correspondaient à un second emprunt par les emprunteurs et leur capital moyen ne valait que 0,71 % de leur emprunt. De plus, 58 % des prêts étaient peu ou pas documentés – pas de nom de l’emprunteur, pas d’adresse, juste le code postal. Malgré cela, les deux principales agences de notation, Moody’s et Standard & Poor’s, donnèrent à 93 % de l’émission la note « qualité pour investisseur »[23]. Moody’s prédisait que moins de 10 % des prêts feraient défaut. En réalité, 18 % furent en défaut de paiement dans les 18 mois.
    Mais Goldman n’était pas exposée au risque. La banque pouvait acheter ces prêts affreux, complètement irresponsables, à des firmes pires que des gangsters comme Countrywide et les revendre à des municipalités et des retraités – des vieux, bon sang ! – en affirmant que ce n’était pas la pire bouse de vache qu’on ait jamais vue. Mais tout en faisant cela, la banque prenait des positions à la baisse sur ce marché. En clair, elle pariait contre la merde qu’elle-même vendait. Pire encore, Goldman s’en félicitait publiquement. « Le secteur du prêt immobilier continue à être faible », se vantait David Viniar, responsable financier de la banque, « en conséquence, nous avons subi des pertes sur nos positions acheteuses… Cependant, notre gestion du risque sur ce marché consistait à être baissier et notre position nette vendeuse a été bénéficiaire ». En d’autres termes, les dérivés de prêts immobiliers que Goldman vendait étaient pour les crétins. On ne pouvait gagner de l’argent qu’en pariant contre ces mêmes prêts immobiliers.
    « Voilà jusqu’où ces salopards ont osé aller », dit le gérant d’un hedge fund. « Au moins, avec les autres banques, vous pouviez dire qu’elles étaient seulement stupides – elles croyaient à ce qu’elles vendaient et elles ont implosé avec la bulle. Goldman savait ce qu’elle faisait ». Je demande au gérant comment il se peut que vendre quelque chose et parier contre – surtout si vous en savez plus sur les faiblesses des produits que le client – ne soit pas considéré à un délit d’initié.
    « C’est exactement un délit d’initié », dit-il, « c’est le cœur même du délit d’initié ».
    Finalement, de nombreux investisseurs fâchés se sont regroupés. Après l’éclatement de la bulle immobilière, comme une répétition virtuelle de la bulle Internet, Goldman fut touché par une vague de procès, dans lesquels la banque fut accusée d’avoir caché l’information pertinente sur la qualité des prêts immobiliers qu’elle émettait. Les autorités de l’État de New York poursuivent Goldman ainsi que 25 autres courtiers pour avoir vendu des liasses des prêts merdeux de Countrywide à des fonds de pension de fonctionnaires, lesquels ont perdu 100 millions de dollars sur leur investissement. Le Massachusetts aussi a enquêté sur Goldman pour les mêmes raisons, agissant au nom de 714 détenteurs de prêts prédateurs. Mais cette fois encore, Goldman s’en est sortie pratiquement indemne, écartant les menaces en acceptant de payer une somme dérisoire, 60 millions de dollars – environ ce que son département des CDO gagnait en un jour et demi pendant le boom immobilier.
    Les conséquences de la bulle immobilière sont toutes bien connues – elle a conduit, plus ou moins directement, à l’effondrement de Bear Stearns, Lehman Brothers et AIG, dont le portefeuille toxique de CDS était composé, pour une part significative, d’assurances que des banques comme Goldman avaient achetées pour couvrir le risque de leur propre portefeuille immobilier. En fait, au moins 13 milliards de dollars d’argent public, donnés à AIG pour son renflouage, sont allés à Goldman, ce qui signifie que la banque a gagné deux fois sur la bulle immobilière : elle a d’abord arnaqué les investisseurs qui ont acheté ses CDO pourris en pariant contre ses propres produits merdeux, puis elle s’est retournée et a arnaqué le contribuable en le faisant payer ces mêmes paris.
    Et de nouveau, tandis que le monde s’effondrait autour de la banque, Goldman s’assura que tout irait très bien du côté des rémunérations. En 2006, le montant des rémunérations grimpa à 16,5 milliards de dollars – une moyenne de 622.000 $ par employé. Comme l’expliqua un porte-parole de Goldman, « Nous travaillons très dur ici ».
    Mais le meilleur était encore à venir. Tandis que l’effondrement de la bulle immobilière expédia la plupart du monde financier vers la sortie ou la prison, Goldman doubla la mise – et, presque seul, créa encore une autre bulle, une dont le monde ignore encore que la firme y est impliquée.
    Bulle n° 4
    4 $ le gallon
    Au début de 2008, le monde financier était en plein désarroi. Wall Street avait passé les 25 dernières années à provoquer un scandale après l’autre, ce qui ne laissait pas grand-chose à vendre qui ne fût avarié. Les termes junk bond[24], IPO, subprime mortgage[25] et autres mets financiers qui furent en vogue un temps, étaient maintenant fermement associés à des escroqueries dans l’esprit du public. Les termes CDS et CDO allaient bientôt les rejoindre. Les marchés de crédit étaient en crise et le mantra qui avait sous-tendu l’économie fantasmatique des années Bush – la croyance que les prix de l’immobilier ne baissent jamais – n‘était plus qu’un mythe effondré, laissant Wall Street réclamer à grand cris un nouveau paradigme de connerie à lancer.
    Où aller ? Avec un public réticent à mettre de l’argent dans quoi que ce soit qui ressemble à un investissement papier, la Street déménagea en douce le casino vers le marché des matières premières physiques[26] – les trucs que vous pouvez toucher : maïs, café, cacao, blé et, avant tout, les matières premières énergétiques, surtout le pétrole. En conjonction avec la baisse du dollar, la restriction du crédit[27] et l’effondrement de l’immobilier provoquèrent une « fuite vers les matières premières »[28]. En particulier, le prix du pétrole à terme[29] est monté en flèche, le baril passant de 60 $ mi-2007 à un plus haut de 147 $ à l’été 2008.
    Cet été là, tandis que la campagne présidentielle montait en puissance, la raison donnée pour expliquer la montée du prix de l’essence jusqu’à 4,11 $ le gallon[30] était que le monde faisait face à un problème d’approvisionnement en pétrole. Dans un classique exemple de la façon dont Républicains et Démocrates répondent aux crises par de féroces polémiques sur des points stupides et hors-sujet, John McCain prétendait que mettre fin au moratoire sur l’exploitation en mer[31] serait « très utile à court terme », tandis qu’Obama, en bon yuppie libéral, défendait l’idée qu’un investissement fédéral dans la voiture hybride était la solution.
    Mais tout était mensonger. Il est vrai que la production pétrolière globale va finir par s’épuiser, mais la production à court terme était en fait en augmentation. Selon l’administration pour l’information sur l’énergie[32], dans les six mois qui ont précédé l’envolée des prix, l’offre mondiale de pétrole était passée de 85,24 millions de barils par jour à 85,72 millions. Sur la même période, la demande avait chuté de 86,82 millions de barils par jour à 86,07 millions. Non seulement l’offre à court-terme avait augmenté, mais la demande avait baissé – ce qui, en termes économiques classiques, aurait dû faire baisser les prix à la pompe.
    Alors d’où provenait l’énorme hausse des prix du pétrole ? Devinez. Évidemment, Goldman a été aidé – il y avait d’autres joueurs dans le marché des matières premières physiques – mais la cause initiale a tout à voir avec le comportement d’un petit nombre de puissants acteurs déterminés à transformer en casino spéculatif ce marché qui avait été, jusque-là, sérieux. Goldman procéda en convaincant des fonds de pension et d’autres grands investisseurs institutionnels d’investir dans le marché à terme du pétrole[33] – en acceptant d’acheter du pétrole à un certain prix à une date fixée à l’avance. L’initiative transforma la nature du pétrole : d’une matière première rigidement soumise à la loi de l’offre et de la demande, il devint un objet de paris, comme les actions. Entre 2003 et 2008, le volume d’argent spéculatif dans les matières premières passa de 13 milliards à 317 milliards de dollars, un accroissement de 2.300 %. En 2008, un baril de pétrole changeait de main, sur le papier, 27 fois en moyenne avant d’être livré et consommé.
    Comme c’est souvent le cas, il existait une loi, datant de la Grande Dépression, pour empêcher spécifiquement ce genre de choses. Le marché des matières premières était d’abord destiné à aider les agriculteurs. Un cultivateur préoccupé par une éventuelle future baisse des prix pouvait signer un contrat de vente de son maïs à un certain prix, pour une livraison plus tard ; grâce à cela, il lui était moins utile de stocker lui-même sa récolte. Quand personne n’achetait du maïs, l’agriculteur pouvait vendre à un intermédiaire appelé « spéculateur traditionnel », lequel stockait le grain pour le vendre plus tard, quand la demande était plus forte. De cette façon, il y avait toujours quelqu’un pour acheter à l’agriculteur, même quand le marché n’avait pas besoin, temporairement, de sa récolte.
    Cependant, en 1936, le Congrès reconnu qu’il ne devait jamais il y avoir plus de spéculateurs dans ce marché que de producteurs et de consommateurs. Si cela arrivait, les prix seraient alors affectés par autre chose que l’offre et la demande et la manipulation des cours s’ensuivrait. Une nouvelle loi donna le pouvoir à la CFTC[34] – le même organisme qui tenta vainement plus tard de règlementer les CDS – d’imposer des limites aux opérations spéculatives sur les matières premières. Grâce à la supervision de la CFTC, la paix et l’harmonie régna sur les marchés de matières premières pendant plus de 50 années.
    Tout cela changea en 1991 quand, à l’insu de presque tout le monde, J. Aron, une filiale de Goldman spécialisée dans le négoce des matières premières, écrivit à la CFTC en utilisant un argument inhabituel. Les agriculteurs possédant de gros stocks de maïs, argumentait Goldman, n’étaient pas les seuls qui avaient besoin de se couvrir contre le risque de baisse des prix – les négociants de Wall Street qui font de gros paris sur le prix du pétrole avaient, eux aussi, besoin de se couvrir contre leur risque, parce que, eh bien, eux aussi risquaient de perdre beaucoup d’argent.
    C’était vraiment n’importe quoi – la loi de 1936, rappelez-vous, avait été écrite pour faire spécifiquement la distinction entre les négociants qui achetaient et vendaient une marchandise réelle, tangible et ceux qui traitaient seulement du papier. Mais la CFTC, étonnamment, accepta l’argument. Elle donna à la banque un laissez-passer, appelé « exemption pour couverture de bonne foi »[35], permettant à la filiale de Goldman de se prétendre négociant de matières premières réelles et d’échapper ainsi à toutes les limites imposées aux spéculateurs. Dans les années qui ont suivi, la commission accorda discrètement des exemptions à 14 autres compagnies.
    Goldman et d’autres banques étaient alors devenues libres d’attirer plus d’investisseurs dans les marchés de matières premières, permettant aux spéculateurs de faire des paris de plus en plus gros. Cette lettre de Goldman en 1991 conduisit plus ou moins directement à la bulle pétrolière de 2008, quand le nombre des spéculateurs sur le marché – motivés par la crainte de la chute du dollar et l’effondrement de l’immobilier – submergea finalement producteurs et consommateurs. En 2008, les trois quarts au moins de l’activité sur les marchés de matières premières était spéculative, selon un employé du Congrès qui a étudié les chiffres – et ce chiffre est probablement sous-évalué. Vers le milieu de l’été 2008, malgré une offre en hausse et une demande en baisse, nous payions 4 $ le gallon chaque fois que nous nous arrêtions à la pompe.
    Ce qui est encore plus stupéfiant c’est que la lettre d’exemption à Goldman, ainsi que la plupart de celles qui ont suivi, furent données plus ou moins en secret. « J’étais le chef de la division des marchés et Brooksey Born était la patronne de la CFTC », dit Greenberger, « et ni elle ni moi ne connaissions l’existence de cette lettre ». En fait, les lettres ne furent connues que par accident. L’année dernière, un employé du comité pour l’énergie et le commerce de la Chambre[36] se trouvait à une réunion quand des officiels de la CFTC firent une référence impromptue aux exemptions.
    « J’avais été invité à une réunion que la commission organisait sur l’énergie », raconte l’employé, « et, soudain, au milieu de la réunion, ils commencent à dire « Ouais, nous écrivons ces lettres depuis des années maintenant’’. J’ai levé la main et dit « Vraiment ? Vous avez écris une lettre ? Puis-je la voir ?’’ Ils firent des « Hum, hum’’ d’embarras, la discussion tourna en rond un moment et à la fin, ils ont dit « Il nous faut l’accord de Goldman Sachs’’. J’ai demandé « Qu’est-ce que vous voulez dire par `demander l’accord de Goldman Sachs ?’’’ »
    La CFTC cita un règlement qui interdisait de communiquer toute information concernant la position courante d’une société sur le marché. Mais la demande de l’employé concernait une lettre écrite 17 ans plus tôt. Elle n’avait plus aucun rapport avec la position courante de Goldman. De plus, l’article 7 de la loi de 1936 sur les matières premières donne au Congrès le droit d’obtenir de la CFTC toute l’information qu’il veut. Pourtant, dans une parfaite illustration de la mainmise totale de Goldman sur le gouvernement, la CFTC attendit l’accord de la banque avant de transmettre la lettre.
    Armée de son exemption à moitié secrète conférée par le gouvernement, Goldman était devenu l’architecte en chef d’une gigantesque salle de paris. Son Goldman Sachs Commodities Index – indice qui suit les prix des 24 principales matières premières, mais dans lequel le pétrole est surpondéré – devint le lieu où les fonds de pension, les compagnies d’assurance et d’autres investisseurs institutionnels pouvaient placer des paris massifs à long terme sur les prix des matières premières. Tout aurait été très bien s’il n’y avait eu quelques petits problèmes. L’un de ces problèmes était que les spéculateurs sur indice font surtout des paris à la hausse[37] et rarement sur la baisse[38]. Si ce type de comportement est bon pour un marché d’actions, il est désastreux pour les matières premières, parce qu’il fait continuellement monter les prix. « Si les spéculateurs sur l’indice avaient aussi pris des positions à la baisse comme à la hausse, vous auriez vu les prix monter et descendre », dit Michael Masters, gérant d’un hedge fund qui a contribué à révéler le rôle des banques d’affaires dans la manipulation du prix du pétrole. « Mais ils poussent les prix dans une seule direction : vers le haut. »
    Pour aggraver encore le problème, Goldman elle-même a utilisé toute sa puissance pour encourager la hausse du prix du pétrole. Arjun Murti, un analyste de Goldman, salué comme un « oracle du pétrole » par le New York Times, prédit un « super pic », pronostiquant un prix du baril à 200 $. Dans le même temps, Goldman était lourdement investie dans le pétrole, à travers sa filiale J. Aron ; la banque possédait aussi une part d’une des plus grandes raffineries dans le Kansas, où elle stockait le brut qu’elle achetait et vendait. Bien que l’offre de pétrole suivît la demande, Murti lançait en permanence des alertes de pénurie mondiale de pétrole, allant jusqu’à révéler publiquement qu’il possédait deux voitures hybrides. Le prix élevé, prétendait la banque, est d’une certaine façon la faute de ce cochon de consommateur américain. En 2005, les analystes de Goldman répétaient qu’on ne saurait pas quand le prix allait cesser de monter tant qu’on ne saurait pas « quand les consommateurs américains arrêteront d’acheter des SUV[39] gouffres à essence et chercheront des alternatives moins gourmandes. »
    Mais ce n’était pas la consommation réelle de pétrole qui faisait monter les prix – c’était le négoce du pétrole papier. À l’été 2008, les spéculateurs sur les matières premières avaient acheté et empilé assez d’options sur le pétrole[40] pour remplir 1,1 milliards de barils de pétrole ; ce qui signifie que les spéculateurs possédaient plus de pétrole à terme, sous forme papier, qu’il n’y avait de pétrole physique stocké dans toutes les cuves de stockage du pays, y compris celles de la Réserve Stratégique[41]. C’était une répétition à la fois de la bulle Internet et de la bulle immobilière, quand Wall Street faisait exploser les profits du jour en vendant à des idiots des parts d’un avenir fantasmatique où les prix monteraient éternellement.
    Dans ce qui était devenu un processus douloureusement familier, la pastèque du pétrole frappa brutalement le trottoir durant l’été 2008, causant une perte massive de richesse ; le prix du brut plongea de 147 $ à 33 $[42]. À nouveau, les grands perdants étaient des gens ordinaires. Les retraités, dont les fonds de pension avaient investi dans cette merde, furent massacrés : CalPERS[43], le fonds de pension des fonctionnaires de Californie, avait 1,1 milliard de dollars investi dans les matières premières quand la chute arriva. Et les dégâts ne provenaient pas que du pétrole. Gonflés par la bulle des matières premières, les prix alimentaires provoquèrent des catastrophes sur toute la planète, réduisant à la famine environ 100 millions de personnes et allumant des émeutes de la faim dans tout le tiers-monde.
    Aujourd’hui, le prix du pétrole monte à nouveau : il a pris 20 % au mois de mai et a, jusqu’à présent, doublé cette année. À nouveau, le problème n’est pas l’offre et la demande. « L’offre de pétrole est au plus haut des 20 dernières années », dit Bart Stupak, député démocrate du Michigan, membre du comité sur l’énergie de la Chambre. « La demande est au plus bas des 10 dernières années. Et pourtant, le prix est à la hausse. »
    Quand on lui demande pourquoi les politiciens continuent à rabâcher des choses comme forer de nouveaux puits ou les voitures hybrides, alors que l’offre et la demande ne sont pas la cause du prix élevé, Stupak secoue la tête. « Je pense qu’ils ne comprennent pas très bien le problème », dit-il. « Vous ne pouvez pas l’expliquer en 30 secondes, donc les politiciens l’ignorent. »
    Bulle n° 5
    La magouille du renflouage
    Après l’implosion de la bulle pétrolière à l’automne 2008, il n’y avait plus de nouvelle bulle pour faire ronronner la machine – cette fois, l’argent semble vraiment parti, comme dans une dépression mondiale. Le safari financier a donc déménagé ailleurs et le gros gibier de la chasse a été le seul tas de capital restant, bête et non gardé : l’argent des impôts. C’est ici, dans le plus grand renflouage de l’Histoire, que Goldman Sachs a vraiment commencé à montrer ses muscles.
    Ça a débuté en septembre 2008, quand le ministre des finances d’alors, Paulson, prit une série de décisions essentielles. Bien qu’il ait déjà organisé le renflouage de Bear Stearns quelques mois auparavant et qu’il ait aussi renfloué les prêteurs quasi-privés Fannie Mae et Freddie Mac, Paulson choisit de laisser Lehman Brothers – un des derniers concurrents réels de Goldman – s’effondrer sans intervention. (« Le statut de super héros de Goldman resta intact », dit l’analyste du marché Eric Salzman, « et un concurrent dans la banque d’affaires, Lehman, disparaissait. ») Le lendemain même, Paulson donna le feu vert au renflouage massif – 85 milliards de dollars – d’AIG, lequel se retourna immédiatement et paya à Goldman 13 milliards de dollars qu’il lui devait[44]. Grâce au sauvetage, la banque finit donc par être payée en totalité pour ses mauvais paris. Par contraste, les retraités de l’industrie automobile qui attendent le renflouage de Chrysler auront de la chance s’ils reçoivent 50 cents sur chaque dollar qui leur est dû.
    Immédiatement après le renflouage d’AIG, Paulson annonça le sauvetage de l’industrie financière par le gouvernement fédéral, un plan de 700 milliards de dollars appelé le TARP[45], « programme de soulagement des avoirs en déshérence » et plaça un banquier de Goldman, Neel Kashkari, âgé de 35 ans et jusqu’alors inconnu, en charge de gérer ce fonds. Afin de profiter de l’argent du sauvetage, Goldman annonça qu’elle se transformait en une holding bancaire, cette conversion lui donnait accès non seulement à 10 milliards de dollars du TARP, mais aussi à toute une galaxie de financements publics moins voyants – notamment des prêts à taux réduits de la Réserve Fédérale. Fin mars 2009, la Fed aura prêté ou garanti au moins 8.700 milliards de dollars, pour une série de nouveaux renflouages – et grâce à une obscure loi autorisant la Fed à refuser la plupart des audits du Congrès, les montants versés et leurs bénéficiaires demeurent presqu’entièrement secrets.
    Se convertir en holding bancaire présente également d’autres avantages : l’organisme chargé du contrôle de Goldman est maintenant la Réserve fédérale de New York, dont le président au moment de l’annonce de la conversion était Stephen Friedman, un ancien co-président de Goldman Sachs. Friedman violait les principes de la Réserve fédérale en conservant son poste chez Goldman alors qu’il était supposé contrôler la banque. Pour régler le problème, il demanda et obtint du gouvernement une exonération pour conflit d’intérêts. Friedman devait aussi se débarrasser de ses actions de Goldman après que la banque soit devenue une holding[46], mais, grâce à l’exonération, il fut autorisé à acquérir 52.000 actions supplémentaires de son ancienne banque, ce qui le rendit plus riche de 3 millions de dollars. Friedman quitta son poste en mai 2009, mais l’homme qui est maintenant responsable du contrôle de Goldman – le président de la Fed de New York William Dudley – est encore un ancien de Goldman.
    Le message global de tout ceci – le renflouage d’AIG, l’approbation immédiate de la conversion en holding bancaire, les fonds du TARP – est que quand il s’agit de Goldman Sachs, il n’est plus question de marché libre. Le gouvernement pourrait laisser d’autres joueurs du marché mourir, mais il ne laissera tout simplement pas Goldman échouer, en aucun cas. Son emprise sur le Marché est soudain devenue une déclaration publique de privilège suprême. « Dans le passé, c’était un avantage implicite », dit Simon Johnson, professeur d’économie au MIT[47] et ancien officiel du Fonds monétaire, qui compare le renflouage au capitalisme de copinage qu’il a vu dans les pays du tiers-monde. « Maintenant, c’est plus un avantage explicite. »
    Une fois les renflouages en place, Goldman retourna immédiatement aux affaires habituelles, rêvant à des schémas toujours plus alambiqués pour nettoyer la carcasse américaine de son capital mal gardé. Un de ses premiers actes de la période d’après renflouage a été de repousser discrètement le calendrier qu’elle suit pour annoncer ses résultats, essentiellement pour effacer de ses comptes décembre 2008 et ses pertes de 1,3 milliard de dollars avant impôt. En même temps, la banque annonça un profit hautement suspect de 1,8 milliards de dollars pour le premier trimestre 2009 – profit qui incluait apparemment une grosse part d’argent payé par les contribuables via le renflouage d’AIG. « Ils ont complètement truqué les résultats du premier trimestre », dit un gérant de hedge fund. « Ils ont caché les pertes dans le mois orphelin et appelé bénéfice l’argent du renflouage. »
    Deux chiffres de plus ressortent de ce stupéfiant retournement au premier trimestre 2009. La banque a payé la somme incroyable de 4,7 milliards de dollars en bonus et primes, soit une augmentation de 18 % par rapport au premier trimestre 2008. Elle a aussi levé 5 milliards de dollars par émission de nouvelles actions juste après avoir publié son résultat trimestriel. Considérés ensemble, ces deux chiffres montrent que, au bout du compte, Goldman a emprunté pour payer 5 milliards de dollars de primes à ses cadres, et cela au beau milieu d’une crise économique mondiale qu’elle a contribué à provoquer, usant d’artifices comptables douteux pour embobiner des investisseurs, quelques mois à peine après avoir reçu des milliards des contribuables.
    Encore plus stupéfiant, Goldman fit tout ça juste avant que le gouvernement n’annonce les résultats de son nouveau « test de stress » pour les banques cherchant à rembourser l’argent du TARP – ce qui suggère que Goldman savait exactement ce qui allait arriver. Le gouvernement essayait de planifier soigneusement les remboursements pour tenter de prévenir de futurs problèmes dans les banques qui ne pourraient pas rembourser immédiatement. Mais Goldman balaya ces préoccupations, étalant effrontément son statut d’initié. « Ils semblaient connaître tout ce dont ils avaient besoin avant que le test de stress ne sorte, contrairement à tous les autres qui devaient attendre la sortie du test », dit Michael Hecht, directeur de gestion chez JMP Securities. « Le gouvernement vint déclarer « Pour rembourser le TARP, vous devez avoir émis de la dette à 5 ans qui ne soit pas assurée par le FDIC[48] – ce que Goldman venait de faire une semaine ou deux plus tôt. »
    Et voici le coup de grâce. Après avoir joué un rôle central dans quatre bulles catastrophiques, après avoir contribué à faire disparaître du NASDAQ 5.000 milliards de dollars de richesse, après avoir refilé des milliers de prêts immobiliers toxiques à des retraités et des municipalités, après avoir contribué à pousser le prix de l’essence jusqu’à 4 $ le gallon et provoqué la faim de 100 millions de personnes dans le monde, après avoir mis la main sur des dizaines de milliards de dollars des contribuables à travers une série de renflouages gérés par son ancien PDG, combien Goldman Sachs rendit au peuple des États-Unis en 2008 ?
    Quatorze millions de dollars.
    C’est ce que la firme a payé en 2008, un taux effectif d’imposition d’exactement un, vous lisez bien, un pourcent. La banque a payé 10 milliards de dollars en primes et bonus la même année et a fait un bénéfice de plus de 2 milliards de dollars – pourtant, elle a payé au Trésor moins d’un tiers de ce qu’elle a casqué à son PDG Lloyd Blankfein, qui a reçu 42,9 millions de dollars l’année dernière.
    Comment est-ce possible ? Selon le rapport annuel de Goldman, le faible niveau d’impôts est dû en grande partie à des changements dans la « répartition géographique des profits ». En d’autres mots, la banque a déplacé son argent de manière à ce que ses profits soient situés dans des pays étrangers ayant de faibles taux d’imposition. Parce que notre système d’imposition des grandes sociétés est complètement foutu, des sociétés comme Goldman peuvent expédier leurs revenus dans des paradis fiscaux et reporter indéfiniment les impôts sur ces revenus, même si elles réclament par avance des déductions sur ces mêmes revenus non imposés. C’est pourquoi n’importe quelle grande société avec un expert-comptable qui soit à jeun au moins de temps en temps, peut, en général, trouver une façon de réduire à zéro ses impôts. En fait, un rapport du bureau de Comptabilité du gouvernement[49] a trouvé qu’entre 1998 et 2005, environ deux tiers de toutes les grandes sociétés opérant aux États-Unis n’y ont payé aucun impôt.
    C’est un scandale qui justifierait une levée de fourches – mais je ne sais comment, quand Goldman publia son imposition d’après le renflouage, c’est à peine si quelqu’un le commenta. Un des peu nombreux qui remarquèrent le scandale fut le représentant Llyod Doggett, un Démocrate du Texas qui siégea au comité des moyens et solutions[50] de la Chambre. « Tandis que la main droite mendie l’argent du renflouage », dit-il, « la gauche le cache dans des paradis fiscaux ».
    Bulle n° 6
    Le réchauffement global
    Avance rapide jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes début juin à Washington D.C., Barack Obama, un jeune politicien populaire dont le plus important contributeur privé à sa campagne électorale fut une banque d’affaires du nom de Goldman Sachs – ses employés ont donné quelques 981.000 $ pour sa campagne – occupe la Maison Blanche. Ayant navigué sans encombre dans le champ de mines politique de l’ère du renflouage, Goldman est à nouveau retournée à ses affaires habituelles, cherchant des failles dans un nouveau marché créé par le gouvernement, avec l’aide d’un nouveau groupe d’anciens de la banque occupant des positions clé au gouvernement.
    Hank Paulson et Neel KashKari sont partis ; à leur place se trouvent le directeur du cabinet des Finances Mark Patterson et le patron du CFTC Gary Gensler, tous deux anciens de Goldman (Gensler était le co-directeur financier de la firme). Et à la place des dérivés de crédit ou des CDO ou des options sur le pétrole, les crédits de carbone sont le nouveau jeu à la mode – un marché de mille milliards de dollars en plein essor, qui existe encore à peine, mais qui existera si le Parti Démocrate, qui a reçu 4.452.585 $ de ce marché lors de la dernière élection, se débrouille pour créer une nouvelle bulle de matières premières qui fera trembler la Terre, déguisée en « plan environnemental » appelé cap-and-trade[51].
    Le nouveau marché des crédits de carbone est une répétition virtuelle du casino des matières premières qui a été si bon pour Goldman, sauf qu’il a une savoureuse nouvelle particularité : si le plan avance comme attendu, la montée des prix sera imposée par le gouvernement. Goldman n’aura même pas à truquer le jeu. Il le sera dès le départ.
    Voici comment ça marche : si la loi passe, pour les usines et installations fonctionnant au charbon, les distributeurs de gaz naturel et de nombreuses autres industries, il y aura des limites sur les émissions de carbone (dioxyde de carbone, gaz à effet de serre) qu’elles peuvent produire chaque année. Si une société dépasse son quota, elle pourra acheter des « allocations » ou crédits à d’autres sociétés qui ont produit moins d’émissions de carbone. Le président Obama estime qu’au minimum 646 milliards de dollars de crédits de carbone seront mis aux enchères dans les sept premières années. Un de ses principaux conseillers économiques prédit que le chiffre réel sera deux, voire trois fois plus élevé.
    La particularité de ce plan qui lui confère un attrait spécial pour les spéculateurs, c’est que le contingent[52] sera continuellement diminué par le gouvernement, ce qui signifie que les crédits de carbone deviendront, année après année, de plus en plus rares. Il s’agit donc d’un marché tout à fait inédit, où il est garanti que la matière première négociable verra son prix monter au cours du temps. Le volume en valeur de ce nouveau marché s’élèvera jusqu’à dépasser mille milliards de dollars par an. Pour comparaison, le chiffre d’affaires combiné de toutes les compagnies d’électricité aux États-Unis est de 320 milliards de dollars par an.
    Goldman veut cette loi. Le plan est (1) d’entrer sur terrain d’une législation qui change de paradigme, (2) de s’assurer que la banque aura bien la part rentable de cette législation et (3) de s’assurer que cette part sera une grosse part. Goldman a commencé à faire pression pour l’adoption du cap-and-trade il y a longtemps, mais les choses n’ont vraiment décollé que l’année dernière, quand la firme a dépensé 3,5 millions de dollars pour du lobbying sur les questions climatiques (un de leurs lobbyistes à ce moment était Patterson, maintenant directeur du cabinet des Finances). En 2005, quand Hank Paulson était PDG de Goldman, il participa personnellement à la rédaction de la politique environnementale de la banque, un document qui contient des éléments surprenants pour une firme qui, dans tous les autres domaines, a été constamment opposée à toute règlementation gouvernementale. Le rapport de Paulson défendait l’idée que « l’action volontaire seule ne peut résoudre le problème du changement climatique ». Quelques années plus tard, le chef du secteur carbone de la banque, Ken Newcombe, soutenait que le cap-and-trade seul ne serait pas suffisant pour régler le problème du climat et demandait des investissements publics en recherche et développement. Ce qui est pratique si l’on considère que Goldman a investi tôt dans l’énergie éolienne (elle a acquis une filiale du nom de Horizon Wind Energy), le biodiesel (elle a investi dans une société appelée Changing World Technologies) et l’énergie solaire (elle a un accord de partenariat avec BP Solar), exactement le genre d’affaires qui vont prospérer si le gouvernement force les producteurs d’énergie à utiliser de l’énergie plus propre. Comme Paulson l’avait dit à l’époque, « nous ne faisons pas ces investissements pour perdre de l’argent. »
    Goldman possède une part de 10 % dans la bourse d’échange de carbone de Chicago[53], où les crédits de carbone seront négociés. De plus, la banque possède une part minoritaire dans Blue Source LLC, une société de l’Utah qui vend le type de crédits de carbone qui sera très recherché si la loi passe. Le lauréat du prix Nobel Al Gore, qui est intimement impliqué dans la programmation du cap-and-trade, a cofondé une société du nom de Generation Investment Management avec trois anciennes huiles de Goldman Sachs Asset Management, David Blood, Mark Ferguson et Peter Harris. Leur domaine ? Investir dans les crédits de carbone. Il y a aussi un fonds de 500 millions de dollars, Green Growth Fund, créé par un ancien de Goldman pour investir dans les technologies vertes… La liste peut continuer ainsi indéfiniment. Goldman est à nouveau en avance des annonces, attendant juste que quelqu’un fasse pleuvoir au bon endroit. Ce marché sera-t-il plus gros que le marché à terme sur l’énergie[54] ?
    « Oh, il va le dépasser de plusieurs têtes », dit un ancien membre du comité sur l’énergie de la Chambre[55].
    Bon, vous pourriez dire, quelle importance ? Si le cap-and-trade réussit, ne serons-nous pas tous sauvés de la catastrophe du réchauffement global ? Peut-être – mais le cap-and-trade, vu par Goldman, est juste un impôt sur le carbone bâti de telle façon que des intérêts privés en collectent le produit. Au lieu d’imposer simplement une taxe gouvernementale fixe sur la pollution par le carbone et obliger les producteurs d’énergie sale à payer pour la pollution qu’ils engendrent, le cap-and-trade va permettre à une petite tribu de Wall Street de se goinfrer comme des porcs en transformant encore un autre marché de matière première en système de collecte privée d’un impôt. Ceci est pire que le renflouage : ça permet à la banque de capter l’argent du contribuable avant même qu’il soit collecté.
    « Si ça doit être une taxe, je préfèrerais que Washington la mette en place et la collecte », dit Michael Masters, le directeur de hedge fund qui a dénoncé la spéculation sur le marché à terme du pétrole, « mais nous sommes en train de parler de Wall Street déterminant la taxe et Wall Street la collectant. C’est la dernière chose au monde que je veuille. C’est complètement dingue. »
    Le cap-and-trade va arriver. Ou, sinon, quelque chose du même genre arrivera. La morale est la même que pour toutes les autres bulles que Goldman a contribué à créer, de 1929 à 2009. Dans presque tous les cas, la même banque qui s’est comportée de manière irresponsable pendant des années, surchargeant le système par des prêts toxiques et de la dette mortelle, ne produisant rien d’autre que des bonus énormes pour quelques patrons, cette même banque donc a été récompensée par des montagnes d’argent pratiquement donné et la garantie du gouvernement – tandis que les vraies victimes de ce désordre, les contribuables ordinaires, sont ceux qui payent pour lui.
    Il n’est pas toujours facile d’accepter la réalité de ce que nous laissons faire impunément à ces gens ; il y a une sorte de déni collectif qui s’enclenche quand un pays traverse ce que l’Amérique a subi ces derniers temps, quand un peuple perd autant de son prestige et de son statut que nous ces dernières années. Vous ne pouvez pas vraiment prendre acte du fait que vous n’êtes plus un citoyen d’une démocratie prospère de premier plan, que vous n’êtes plus à l’abri de vous faire voler en plein jour ; parce que, tel un amputé, vous pouvez encore sentir des choses qui ne sont plus là.
    Mais c’est ainsi. C’est le monde dans lequel nous vivons maintenant. Et dans ce monde, certains doivent jouer suivant les règles, tandis que d’autres obtiennent un mot du Principal les dispensant de faire leur travail jusqu’à la fin des temps, plus 10 milliards de dollars dans un sac en papier pour s’acheter leur déjeuner. C’est un État gangster, vivant sur une économie de gangster où même les prix ne signifient plus rien : dans chaque dollar que vous payez se cachent des taxes. Et peut-être bien que nous ne pouvons plus l’arrêter, mais nous devons au moins savoir où tout cela nous conduit.

    [1] NdT : American International Group, AIG, géant de l’assurance.
    [2] NdT :le New York Stock Exchange, NYSE, est la principale bourse de New York.
    [3] NdT : un investment trust était l’équivalent d’un fonds d’investissement.
    [4] NdT : la spéculation intraday est une méthode de spéculation avec laquelle toutes les positions sont ouvertes en début de séance et fermées en fin de la même séance.
    [5] NdT : l’effet de levier désigne le mécanisme consistant à emprunter 9 avec 1, par exemple.
    [6] NdT : Keith Olbermann est le chroniqueur de l’émission Countdown sur la chaîne du câble MSNBC. Libéral au sens américain, il est connu pour ses critiques sans concession des politiques.
    [7] NdT : underwriter, mandataire.
    [8] NdT : Treasury Secretary, l’homologue d’un ministre des Finances.
    [9] NdT : la Fed, ou Federal Reserve, est la banque centrale – privée – des États-Unis.
    [10] NdT : Initial Public Offering, IPO, introduction en bourse avec levée de capital par vente d’actions au public.
    [11] NdT : un hedge-fund, ou « fonds de couverture » est en fait souvent un fonds spéculatif.
    [12] NdT : laddering pourrait se traduire par « échelonnement ».
    [13] NdT : Securities and Exchange Commission, SEC, le gendarme de la bourse new-yorkaise.
    [14] NdT : il s’agit ici d’une description, volontairement caricaturale, des souscripteurs des fameux prêts « subprime », considérés comme déclencheurs de la crise financière de 2008.
    [15] NdT : Collateralized Debt Obligations, CDO, des obligations garanties sur de la dette, en l’occurrence des prêts immobiliers.
    [16] NdT : il s’agit des prêts « subprime ».
    [17] NdT : la note AAA est la plus élevée, en principe réservée aux investissements les plus sûrs.
    [18] NdT : American International Group, AIG, géant de l’assurance.
    [19] NdT : Credit-Default Swap, CDS, assurance couvrant le risqué de défaillance de l’emprunteur.
    [20] NdT : Government Accountability Office.
    [21] NdT : Commodity Futures Trading Commission, CFTC.
    [22] NdT : Commodity Futures Modernization Act.
    [23] NdT : la note investment grade, qui est une bonne note.
    [24] NdT : obligation pourrie.
    [25] NdT : prêt immobilier subprime.
    [26] NdT : commodities, les matières premières minières et aussi agricoles : or, fer, pétrole, gaz, charbon, uranium, blé, maïs, etc.
    [27] NdT : credit crunch.
    [28] NdT : flight to commodities.
    [29] NdT : oil futures.
    [30] NdT : le gallon US est un volume de 3,785 litres.
    [31] NdT : offshore, il s’agit ici d’un moratoire sur l’installation de nouvelles plateformes pétrolières sur le plateau continental le long des côtes états-uniennes.
    [32] NdT : Energy Information Administration, EIA, une des deux agences de référence sur l’énergie.
    [33] NdT : oil futures.
    [34] NdT : Commodity Futures Trading Commission, CFTC.
    [35] NdT : BonaFide Hedging Exemption.
    [36] NdT : House Energy and Commerce Committee.
    [37] NdT : to make a long bet ou to be long signifie parier sur la hausse.
    [38] NdT : to take a short position ou to be short signifie parier sur la baisse.
    [39] NdT : sport utility vehicles, SUV.
    [40] NdT : oil futures, options d’achat (ou de vente) de pétrole à terme.
    [41] NdT : Strategic Petroleum Reserve.
    [42] NdT : la baisse de 147 $ à 33 $ a pris moins de cinq mois…
    [43] NdT :California Public Employees’ Retirement System, CalPERS.
    [44] NdT : cette somme correspond aux CDS que Goldman avait achetés à AIG pour couvrir son risque dans l’immobilier.
    [45] NdT : Troubled Asset Relief Program, TARP.
    [46] NdT : En devenant une holding, Goldman Sachs tombait sous la juridiction de Friedman en tant que président de la Réserve fédérale de New York.
    [47] NdT : Massachussetts Institute of Technology, MIT, une des universités et centres de recherche les plus réputés au monde.
    [48] NdT : Federal Deposit Insurance Corporation, FDIC, institution qui assure les dépôts bancaires des particuliers ainsi que, désormais, certaines dettes des institutions financières.
    [49] NdT : Government Accountability Office, GAO.
    [50] NdT : House Ways and Means Committee.
    [51] NdT : il s’agit d’une législation, non encore définitivement adoptée, qui organise le commerce (trade) d’une marchandise – en l’occurrence l’autorisation d’émission de gaz carbonique – tout en contingentant cette marchandise (cap).
    [52] NdT : the « cap ».
    [53] NdT : Chicago Climate Exchange.
    [54] NdT : energy-futures market.
    [55] NdT : House Energy Committee.
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    Vacances..

    Je pars ce soir en vacances, j’ignore encore combien de temps exactement: 1, 2, ou 3 semaines…

    Profitez-en pour vous reposer ou, si vous avez l’esprit à ça pour relire  surtout les commentaires de chaque article de Jorion; c’est là où l’on trouve les bonnes explications..

    Je laisse les commentaires ouverts sur ce blog, au cas où vous auriez quelque chose à dire,  et j’essayerai de passer néanmoins une fois par semaine.

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    31 – Définissons « la monnaie »…

    Comment se comprendre si nous ne donnons pas aux mots la même définition ?

    La monnaie : Même si le terme monnaie fait parfois penser à « la petite monnaie », c’est également celui qui est utilisée par les banques, dans les publications desquelles l’on ne trouve jamais le terme « argent ».

    Le mot anglais « money » a exactement la même signification.

    Les espèces sont la monnaie émise par la banque centrale d’un pays sous forme de billets de banque et de pièces de monnaie dites aussi monnaie divisionnaire.

    En anglais, les espèces sont du « cash » (Money in the form of notes/bills and coins, as opposed to cheques/checks or electronic transactions. )

    Le compte courant est un compte de dépôt en banque qui fait office de compte pivot des relations courantes entre la banque et son client. On rencontre également les appellations : compte à vue, compte de dépôt et compte chèque.
    En anglais,  les termes utilisés sont aux USA ;   transactional account ou checking account et en  Angleterre( et dans quelques autres pays): current account or cheque account. On trouve aussi demand accounts or demand deposit accounts.

    Currency = devise : (W.P.)In economics, the term currency can refer either to a particular currency, for example the US Dollar, or to the coins and banknotes of a particular currency, which comprise the physical aspects of a nation’s money supply. The other part of a nation’s money supply consists of money deposited in banks (sometimes called deposit money), ownership of which can be transferred by means of checks (cheques in the United Kingdom and Australia) or other forms of money transfer such as credit and debit cards. Deposit money and currency are ‘money’ in the sense that both are acceptable as a means of exchange, but money need not necessarily be ‘currency’.

    Définitions de la monnaie

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie

    La monnaie est un instrument de paiement accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d’une dette. Elle a comme caractéristiques principales :

    • la fonction d’intermédiaire dans les échanges (achats et paiements),
    • la fonction d’expression des valeurs et d’unité pour le calcul économique et la comptabilité,
    • la fonction de réserve de valeur (épargne).
    • la capacité d’éteindre des dettes et des obligations (pouvoir libératoire).

    Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d’échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques.

    Les 4 formes actuelles de la monnaie

    1-  La monnaie divisionnaire (pièces de métal)

    2 – La monnaie de papier (fiduciaire)

    Les deux siècles qui suivront la création de la banque de France en 1800 verront la monopolisation de l’émission des billets dans des banques centrales à capitaux exclusivement publics mais devenues largement indépendantes des États.

    Les banques privées n’ont désormais plus le pouvoir d’émettre des billets, mais en contrepartie, elles ont conservé et étendu celui d’émettre de la monnaie de crédit.

    3 –  La monnaie scripturale

    Il a fallu une longue maturation pour que les agents économiques confient leur monnaie aux banques sous forme de dépôt.

    Le crédit permet de créer de la monnaie dans la mesure où l’écriture créditée sur le compte de l’emprunteur est acceptée comme base de paiement par les commerçants et d’autres banquiers.

    4 –  La monnaie électronique

    La monnaie électronique est une monnaie stockée sur des dispositifs électroniques mobiles permettant également des paiements. La monnaie stockée dans ces appareils type Monéo ne figure plus dans les dépôts bancaires. Il s’agit bien d’une forme sui generis distincte des trois précédentes.

    La FED de Chicago :  « Qu’est-ce que c’est la monnaie? »

    Si la monnaie est considéré comme un simple outil utilisé pour faciliter les transactions, il ne faut considérer que les intermédiaires qui sont facilement acceptés en échange de biens, de services, et d’autres actifs. Beaucoup de choses – des pierres aux cartes de baseball – ont servi à cette fonction monétaire à travers les âges. Aujourd’hui, aux États-Unis, la monnaie utilisée dans les transactions est de trois types – la monnaie (papier-monnaie et pièces), les dépôts à vue (ne portant pas intérêt et de contrôle des comptes dans les banques) ; et d’autres dépôts contrôlables, […] Les chèques de voyage sont également inclus dans la définition de la monnaie de transactions. Depuis que 1 $ en devises et de 1 $ en dépôts sur lesquels les chèques peuvent être tirés sont librement convertibles l’un envers l’autre et les deux peuvent être utilisés directement pour les dépenses, ils sont de la monnaie au même degré.

    Ce concept des opérations de monnaie est celui désigné comme M1 dans les statistiques monétaires de la Réserve fédérale. Les notions plus larges de la monnaie (M2 et M3) incluent M1 ainsi que d’autres actifs financiers (comme l’épargne et des dépôts à des institutions de dépôt et les parts de fonds communs de placement du marché monétaire), qui sont relativement liquides, mais représentent principalement des investissements aux yeux de leurs titulaires et non que des moyens d’échange. Bien que les fonds puissent assez facilement être déplacés entre les soldes et les transactions de ces autres actifs liquides, le processus de création de l’argent se fait principalement par le biais de comptes de transactions.

    La répartition entre les espèces et le dépôt de monnaie dépend en grande partie des préférences du public. Lorsque le déposant encaisse un chèque ou effectue un retrait d’argent par le biais d’un guichet automatique, il ou elle a réduit le montant des dépôts et augmente la quantité de monnaie fiduciaire détenu par le public. Inversement, lorsque les gens ont plus d’espèces que ce qui est nécessaire, certains sont retournés aux banques en échange des dépôts.

    DEUX TYPES DE MONNAIE :

    Voici ce que dit la Banque de France dans son étude sur le concept de banque centrale (Bulletin de la Banque de France n° 70 – octobre 1999) «  la monnaie centrale aussi appelée aussi monnaie à haute puissance ou base monétaire, est émise par la banque centrale sous deux formes :

    – des billets de banque, que la banque centrale remet aux banques qui, à leur tour, les délivrent à leurs clients ;

    – des avoirs en compte auprès des banques centrales déposés par les banques commerciales et par le Trésor. Ces avoirs constituent une monnaie particulière qui n’est détenue que par les intermédiaires financiers et ne sert pas aux transactions »

    La monnaie secondaire (ou monnaie de banque commerciale, souvent simplement dénommée « monnaie scripturale » bien que la banque centrale utilise également de la monnaie scripturale) est une monnaie scripturale émise par monétisation (Obtenir de la monnaie grâce à …) d’actif existants ou espérés ou de garanties, portés sous forme de créances à l’actif de la banque.

    Une banque est une « productrice «  de monnaie secondaire : sa propre monnaie (exprimée en euros) qui circulera dans l’économie, car elle est acceptée par les membres de la communauté. La création de monnaie, c’est la transformation de créances en moyen de paiements

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    Vous pouvez aussi jeter un coup d’oeil sur

    http://www.cultureco.com/blog/blog/p_thiberge_et_ses_etudiants/cours_eco_generale/la_monnaie

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